le pape jean paul I assassiné?

Publié le par Bernard Gasnot

le pape jean paul I assassiné?
le pape jean paul I assassiné?

 

28 Septembre 1978. Albino Luciani, mieux connu sous le nom de Jean Paul Ie meurt d'un infarctus. Seulement 33 jours après être ordonné Pape de l'église catholique Romaine. C'est le plus court pontificat de l'Histoire, et malgré la proximité temporelle de cet évènement, peu de gens en France se souviennent de son passage au Vatican juste avant Jean Paul II.
Albino Luciani est né en 1912 dans une région pauvre du Nord de l'Italie. Son père était un travailleur saisonnier, socialiste. Malgré cela il devint prêtre en 1935, évêque en 1958 et Cardinal en 1973. Albino Luciani avait des positions très orthodoxe sur le plan doctrinal, toutefois il était adoré par les catholiques de par sa personnalité populaire, et sa sensibilité aux problèmes sociaux. Il prêchait pour un retour aux valeurs originelles du catholicisme, la pauvreté en particulier.

Son élection s'est décidée en seulement 26 heures. Elle fut le fruit d'une médiation entre les franges orthodoxes et les partisans d'une réforme du concile Vatican. Comme un présage, lors de l'Habemus Papam, la fumée qui -comme le veut la tradition- devait être blanche  fut dans un premier temps grise, puis noire, probablement à cause d'une erreur lors du déclenchement de la fumée. Luciani fut élu parce qu'il était italien, et surtout parce que les deux factions n'arrivaient pas à se mettre d'accord sur les deux favoris au poste suprême (le Cardinal Giuseppe Siri et le Cardinal Giovanni Bennelli). C'est ainsi qu'à la surprise générale, Albino Luciani devint Jean Paul I.

 

Dès les premiers jours du pontificat, un vent nouveau se fait sentir sur le Vatican. Jean paul I demande à parler à la foule, ce qui lui est interdit (2 mois plus tard, Jean Paul II sera le premier à le faire). Il abandonne le plurale maiestatis, et s'adresse aux gens en utilisant la première personne du singulier, il refuse le trône ainsi que la chaise à porteurs encore en usage à l'époque. Il fut le premier Pape à se présenter comme un simple être humain, ce qui peut sembler normal aujourd'hui ne l'était pas à l'époque. Sa première phrase, prophétique, en tant que Pape fut "Tempestas magna est super me", une grande tempête est sur moi, comme pour révéler la peur qu'une telle charge implique à un homme seul. Sur la Vidéo publié à la fin de l'article, on se rend bien compte de son coté "populaire». La plus grande tempestas éclate lorsque Jean Paul I rappelle l'Eglise aux valeurs de base du catholicisme. II était très sensible à la misère du Sud du monde, et il soulignait l'inutilité de l'opulence de l'occident, sans mâcher ses mots même à l'encontre des richesses de l'Église Catholique et de la Banque Vaticane. Il voulait que Humilitas redevienne la devise de l'Église.  D'un point de vue politique, certains ont cru voir une tendance socialiste chez Jean Paul I, qui lorsqu'il parla de la question sociale, évoqua le devoir de donner le juste salaire aux travailleurs. Jean Paul I avait commencé à élaborer une politique de redistribution des richesses de l'Église Catholique Italienne.

Avec ce Pape, la politique et la gestion économique de l'Église prennent le chemin d'un grand bouleversement. Luciani veut redistribuer la quasi-totalité des richesses de l'Eglise. Du côté de la Banque vaticane, on s'inquiète.

 

33 jours après sa nomination, Albino Luciani fait un infarctus du Myocarde.


La version Officielle:

D'après le communiqué du Vatican, Luciani est mort entre 21h30 et 4h45, à cause d'un infarctus du myocarde. C'est John Magee, second secrétaire personnel du Pape qui l'a découvert dans son lit. Après le décès du Pape, le collège des cardinaux prennent la décision de refuser l'autopsie du corps, ce qui fut fortement contesté à l'époque, car une autopsie aurait permis de définir clairement et précisément les causes du décès.

Une deuxième version corrigea quelques inexactitudes. Ce ne fut pas John Magee mais Soeur Vincenzo Taffarel qui découvrit le corps du Pape, sur la table de chevet se trouvait non pas le livre "L'imitation de Jésus Christ" mais  des notes prises à la main par le Pape lui-même, une liste de noms.

La cause du décès enfin fut contestée: un infarctus du myocarde doit en théorie laisser des traces de douleur sur le corps de la victime, Luciani n'en avait pas. Jusque-là rien de bien intriguant, la plupart  des gens pensent (y compris la famille de Albino Luciani) qu'il est mort d'une embolie pulmonaire, due au stress, à ses antécédents médicaux, et à sa personnalité fragile et peu adaptée à gérer une forte pression.

 

La version crapuleuse:

 Pendant les années suivantes, une autre théorie prend place: celle de l'assassinat. Le Vatican est, à l'image de l'humanité, rempli de gens parfois peu scrupuleux. Voici la principale thèse. L'élection de Albino Luciani a mécontenté certains représentants de l'Église ayant à faire avec l' "institut pour les oeuvres de religions" I.O.R., la banque Vaticane, certains hommes d'affaires, banquiers, et certains hommes de pouvoir faisant partie de la Loge Maçonnique  dévié P2 (cette loge fera l'objet d'un article prochainement). Parmi ces représentants, notons un nom, Monseigneur Paul Marcinkus (photo), président de la Banque Vaticane. Les changements que voulait introduire Jean Paul I furent si important que Marcinkus se laissa aller à un commentaire "ce Pape n'est pas comme le précédent, vous verrez que les choses vont changer". En effet, comme nous l'avons déjà vu, dès ses premiers discours Luciani avait émis le désir de reconduire l'Église Catholique à ses idéaux de charité Chrétienne, refusant l'ingérence de l'Église dans les affaires économiques internationales, et repoussant toutes spéculations de ses biens comme le ferait une banque quelconque, et aussi, de contraster fermement l'appartenance d'ecclésiastiques à des loges maçonniques. Un de ces cardinaux franc-maçons était Jean-Marie Villot (Cardinal secrétaire d'état, un des premiers à être entré dans la Chambre le jour du décès. Sur le bureau on a trouvé la revue "Il mondo" ouverte sur un article intitulé "Votre Sainteté... est-ce juste?", un document détaillé sur la moralité douteuse de la Banques Vaticane. D'autre part, il y a plusieurs in congruences entre la version officielle et la version rapporté par les témoins direct:

 

- Luciani, aurait été retrouvé mort avec en main le texte l'imitation de Jésus Christ, alors qu'ensuite on dit qu'il avait en main des feuilles manuscrites, avec une liste de noms importants de la curie, nom de personnes qui auraient été destitués.

  • - L'heure de la mort, au début on parle de 23h, ensuite de 4h du matin.
  • - La découverte du corps, d'abord par John Magee, pour ensuite découvrir qu'il a été découvert par une sœur.
  • - La disparition de tous les objets personnels de la chambre du Pape, (lunettes, pantoufles, notes écrites, le flacon d'effortil etc.)

L'enquête du journaliste David Yallop conclut que les coupables seraient Licio Gelli, Grand Maître maçonnique de la loge P2 aidé de:

  • - Michele Sindona (banquier de la Mafia, nommé par Paul VI conseiller financier du Vatican et membre de la Loge P2) et Roberto Calvi (Président du Banco Ambrosiano, étroitement lié à la Banque Vaticane, et membre de la Loge dévié P2, c'est le fameux "Banquier de Dieu" qu'on retrouvera assassiné et pendu sous un pont à Londres en 1982) 
  • - Paul Marcinkus, Président de la banque Vaticane, le prétendu chef d'orchestre de l'opération.
  • - John Patrick Cody, Cardinal de Chicago, auquel la court Fédéral des USA s'intéressait pour une gestion financière discutable.
  • - Jean-Marie Villot (photo), qui aurait appuyé l'opération. 

Le témoignage d'un repentit de Cosa Nostra (que vous pouvez lire ici), Vincenzo Calcara, fait à Paolo Borsellino et rendu publique en 2008  vient confirmer en partie les thèses de David Yallop. On y lit que un complot de 4 cardinaux (Jean Marie Villot, Pasquale Macchi, Giovanni Benelli et d'un certain "Gianvio", tous membre, comme Paul Marcinkus, de l'ordre du Saint Sepulcre et en contact direct avec Antonio Albano, le notaire de Giulio Andreotti, Luciano Liggio et Franck Coppola, ces 4 cardinaux donc auraient utilisé Marcinkus pour assassiner le Pape avec une très forte dose de calmants, avec l'aide de son médecin personnel. Calcara dit que les motivations sont à rechercher dans l'aversion de Jean Paul I envers l'idée que les cardinaux administrent d'énormes richesses à travers le IOR. Il avait d'ailleurs déjà décidé de débouter certains cardinaux qui se servaient de la position de Marcinkus et de ses contacts pour le manipuler.

L'idée révolutionnaire de Luciani était de redistribuer 90% des richesses de l'Église dans le monde, en construisant des Églises, des écoles, des hôpitaux etc. alors que le 10% restant aurait été réservé pour le fonctionnement de l'Église.

 

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