3 La Phalange nord-africaine  un instrument d’humiliation de la Gestapo envers les institutions et les forces de l’ordre

Publié le par Bernard Gasnot

 

(Extrait)

 « Le 22 juillet, un Nord-Africain brandissant un pistolet obligeait le chef d’escadron commandant la gendarmerie de la Dordogne à remonter dans la voiture de Mr le Préfet qu’il venait de quitter, et à se présenter à la Police allemande avec ce haut fonctionnaire, le Secrétaire général de la Préfecture et un chef de division ».

 

Rapport du chef d’escadron Girardin, commandant la compagnie de gendarmerie de la Dordogne, 29 juillet 1944 

 

Lors d’une de ses auditions, Michaël Hambrecht déclara à propos des membres de la Phalange qu’ils « voulaient travailler seuls et [qu’il ne lui] était guère possible de les contrôler ». Cet argument grotesque fut contredit par le colonel Sternkopf lui-même qui indiqua à propos de la relation qui unissait Hambrecht aux Nord-Africains : « Ils étaient très fidèles à Hambrecht qui par la suite eut peur des proportions que prenait leur activité. Ces Nord-Africains n’étaient pas placés sous ma responsabilité, mais sous celle du chef du SD Hambrecht qui avait le droit de les punir et de les faire traduire devant un tribunal militaire allemand ». Interrogé sur ses rapports avec le SD, le Colonel Sternkopf fit également part des relations plutôt distantes qu’il avait avec Michaël Hambrecht et ses subordonnés à cause de leur attitude : « Avec le SD je devais travailler en liaison étroite, mais le colonel Wienkoop, à mon arrivée à Périgueux,  me mit au courant de la mentalité de Hambrecht, des membres de son service et aussi de la conduite des Nord-Africains. Aussi dès le début les relations furent-elles peu cordiales avec le SD».

 

 Un rapport de police rédigé après la Libération a indiqué comment Hambrecht utilisait ses mercenaires nord-africains pour terroriser la population :

 

 « Hambrecht était très souvent accompagné de bicots Hilfspolizei qui pillaient tout ce qu’ils trouvaient sans qu’Hambrecht ne fasse rien pour les retenir. Bien mieux, il poussait le cynisme jusqu’à dire qu’il n’y pouvait rien, telle fut sa déclaration à Monsieur Bricos, directeur de la maison de repos COJASOR à Bassillac qui, le 22 avril 1944, a reçu la visite du chef de la Gestapo. Les pensionnaires de l’établissement furent pillés et volés par les Marocains qui profitaient de l’impunité dont ils jouissaient pour accomplir les pires forfaits».

 Hambrecht instrumentalisait la Phalange avec sadisme sadique, ne perdant jamais une occasion d’humilier les Périgourdins comme l’illustrent les propos du policier Henri Merle à l’occasion d’une confrontation avec le chef du SD : « Pour vous donner une idée du caractère d’Hambrecht, qui était abordable le matin, mais inabordable l’après-midi parce qu’il avait bu, je vous indique que, le 3 ou le 4 juin, peu satisfait de voir la population [une dizaine de personnes] regarder avec insistance les Nord-Africains aux environs de leur cantonnement, il m’appela en me secouant par les revers de mon veston, me donna cinq minutes pour faire évacuer les environs, sans quoi il ferait tirer sur la population. Je rassemblais en hâte quelques gardiens de la paix pour faire exécuter ces ordres, mais, néanmoins, sur l’ordre de Hambrecht, les Nord-Africains tiraillèrent un peu partout aux environs à coup de mousquetons mais heureusement n’atteignirent personne. Schmidt se trouvait là à ce moment-là avec Gerspacher, Collin, Villaplane et d’autres ».

 

 

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