Autre document  Mitterrand le menteur

Publié le par Bernard Gasnot

Il a toujours régné une omerta sur les liens de François Mitterrand, ancien président de la République française, avec le régime de Vichy pendant la deuxième guerre mondiale. Pour la version officielle, Mitterrand a été blessé à Verdun et détenu prisonnier dans un camp en Allemagne. Ensuite, il serait entré dans la Résistance pour finir à Alger en compagnie du Général De Gaulle.

Cependant, il demeure une grosse zone d’ombre pour la période qui s’étend après la détention dans le camp de prisonniers jusqu’avant l’entrée dans le maquis.
Avant sa mort, Mitterrand a éclairci les faits dans le livre de Pierre Péan Une jeunesse française. C’est cet ouvrage que Serge Moati a pris en référence pour réaliser le docu-fiction « Mitterrand à Vichy ». L’affection de Mitterrand pour le régime de Vichy me dérange. En fait, tout ce qui concerne la carrière politique de Mitterrand me dérange. Cet homme était à la tête  de l’Etat pendant 14 ans, et il portait avec lui des secrets, des non-dits et des ombres qui ne sont pas dignes du chef d’Etat d’une démocratie. Tous ces mensonges autour de la vie trépidante de Mitterrand ne valident pas l’idée que je me fais du représentant d’une démocratie. Pour moi, le représentant ultime du peuple se doit de présenter une morale à toute épreuve, illustrée par une vie respectable à tous points de vue.
Il est trop tard pour taper sur Mitterrand puisque cela ne va pas l’atteindre six pieds sous terre, cependant il préfigure la race de présidents qui me donne la nausée. Ce genre de président ressemble plus à un parrain de la Cosa Nostra qu’à un démocrate convaincu.
Plus grave encore, le mensonge était entretenu par le triptyque : politiciens, journalistes, experts. Tout le monde savait et quasiment personne ne s’est offusqué.


Enfin bon, il y a eu des tentatives de dénonciation comme en 1981 lorsque Alain de Boissieu a refusé de remettre la légion d’honneur à Mitterrand. La tradition veut que le nouveau président de la République soit décoré du collier de Grand Maître de l’Ordre de la Légion d’Honneur. Alain de Boissieu était Grand Chancelier de la Légion d’Honneur quand Mitterrand fut élu président. À ce titre, il a démissionné avec éclat pour ne pas être obligé de remettre la décoration au président entaché d’un passé de collaborateur.


Malgré les tentatives éparses pour dénoncer le passé trouble de Mitterrand, personne n’a bronché outre mesure. Il a terminé ses deux mandats sans trouble et ce n’est qu’à la fin de sa vie que les secrets ont été dévoilés. C’est troublant d’observer que cet ancien collaborateur du régime le plus abject que la France ait connu une carrière politique si brillante. De plus, l’épisode Vichy n’est qu’un détail parmi les scandales entourant Mitterrand. Je répète que Mitterrand n’était pas un démocrate. Il s’est habilement pris pour un monarque qui utilisait les rouages démocrates afin de satisfaire sa gloire personnelle.

Les défenseurs de Mitterrand iront dire que le rôle de Mitterrand au sein du régime de Vichy était occulte puisqu’il a créé un réseau de soutien aux prisonniers de guerre. En fait, il a joué un double rôle puisqu’il a effectivement œuvré pour la cause des prisonniers de guerre, mais il a aussi activement participé à la chasse aux opposants du régime de Vichy. Quant à la question juive, cela ne semblait pas du tout préoccuper Mitterrand. Concernant le fait qu’il ait rejoint la résistance en 1943, cela s’explique simplement car Mitterrand, en fin limier politique, a senti le vent tourner, et n’a pas hésité à retourner sa veste au bon moment. Il faut souligner que Danielle Mitterrand, veuve de l’ancien président, a déclaré que le film de Moati ne respectait pas la mémoire de son mari, et qu’il pouvait tromper les spectateurs à propos des faits. La morale que je retire de la vie politique de Mitterrand est qu’il est tout à fait possible d’élire en France des candidats au passé extrêmement trouble, mais aussi à la morale douteuse. Mitterrand n’a pas transformé la démocratie en dictature, mais finalement il n’en avait pas besoin. Il a conduit sa présidence comme un simili monarque qui utiliserait les institutions pour assouvir ses ambitions personnelles, et laisserait l’intérêt du pays au second plan.


Mais Mitterrand c’est du passé ; il faut se tourner vers le présent et l’avenir. La question est de savoir si nous sommes aujourd’hui dans ce même système où se cache un système pervers sous couvert démocratique. Est-ce que la France est réellement la démocratie qu’elle prétend être ? Il faut commencer à sérieusement se poser la question à propos de la validité des institutions du plus haut niveau de l’Etat.
Pour être franc, je n’ai pas besoin de chercher bien loin pour trouver des symptômes qui suggèrent que les têtes dirigeantes continuent de se foutre de notre gueule. Il suffit de regarder du côté des
dérapages pour comprendre que la France est une fausse démocratie. Un petit groupe d’individus dirigent le pays et finalement les institutions ne sont qu’un leurre pour assouvir leur soif d’ambition. Ce débat n’est pas nouveau, et peut-être même que c’est lassant de répéter toujours les mêmes choses. Chacun s’insurge que nous soyons manipulés, mais rien ne change vraiment. Je trouve qu’il est dangereux de savoir qu’il est possible pour des similis monarques de se glisser parmi les plus hautes institutions du pouvoir.

 

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