2 La vie de Mitterrand ou la vie d’un caméléon

Publié le par Bernard Gasnot

2  La vie de Mitterrand  ou la vie d’un caméléon

1939-1945 : Pendant la seconde guerre mondiale

 
« Par le hasard de la petite histoire, j’ai connu successivement, en l’espace de ces quatre à cinq ans, les camps de prisonniers de guerre en Allemagne, la France occupée, l’Angleterre, l’Afrique du Nord, de nouveau l’Angleterre et de nouveau la France, quelques mois avant la libération de mon pays. Tout cet itinéraire a préparé, il faut bien le dire, tout naturellement, une nouvelle étape de réflexion. » 

Les cinq années qu’il a passées à Paris ont affermi la personnalité de François Mitterrand. Mais ce n’est pas là l’expérience décisive de sa vie. Certes, le jeune catholique de province a grandi. À vingt-deux ans, ses goûts et ses choix se sont assurés. Ses diplômes en poche lui permettent d’espérer une carrière. Mais laquelle ? Rêve-t-il d’écriture, lui qui fréquente la presse ? Sans doute. Se passionne-t-il pour le barreau ? Peut-être. Il ne néglige pourtant aucune piste, passant plusieurs concours et même celui de la marine marchande où il est reçu cinquième. Le jeune homme qui se cherche est donc sur le point de trouver. Mais, comme pour beaucoup de sa génération, la guerre en décide autrement. François Mitterrand pressent-il l’événement ? En avril 1938, quelques semaines après l’Anschluss, il rédige son premier texte politique : « Jusqu’ici et pas plus loin. » Texte prophétique – même s’il n’est pas le seul à réagir de la sorte –, où il dénonce la résignation des démocraties face au coup de force d’Hitler. « Je sais quel sacrilège se prépare – écrit-il – et malgré moi j’éprouve une sorte de honte, comme si je m’en reconnaissais responsable. » 5

 

 

Pendant la durée du conflit, François Mitterrand aura été au front et dans un camp de prisonniers en Allemagne pendant près de 850 jours. Nous le retrouvons ensuite contractuel de l’administration française, à Vichy, pendant 350 jours. Enfin, il est résistant, dans la clandestinité, pendant 580 jours, avant de devenir secrétaire général de l’éphémère gouvernement de De Gaulle. Cette rapide comptabilité permet de comprendre – au-delà des polémiques – que l’épreuve majeure de ces années noires pour François Mitterrand, ce n’est pas Vichy, mais bien son expérience du milieu « prisonnier ». Depuis l’automne 1938, François Mitterrand est sous les drapeaux. Il a 23 ans lorsque la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre au Reich suite à l’invasion de la Pologne. Il est incorporé au 23e Régiment d’infanterie coloniale et gagne le devant de la ligne Maginot. Le sergent Mitterrand est à la tête d’une petite section qui prépare et occupe des postes en attendant l’offensive générale. Là, il médite sur sa condition, celle de ses compagnons. La guerre est une bêtise, pense-t-il.

10 mai 1940 : l’offensive allemande. Un mois plus tard, le 14 juin, après de terribles combats pour lesquels il sera décoré, un éclat d’obus le blesse à Verdun. Il frôle la mort, est évacué de justesse vers un hôpital militaire où les Allemands le capturent. Quelques jours plus tard, comme près de deux millions de soldats français, il est envoyé dans un camp de prisonniers. Voilà François Mitterrand « K.G. », pour Kriegsgefangener, c’est-à-dire prisonnier de guerre ou P.G. Il est le matricule 27716-968 du Stalag IX-A, près de Ziegenhain, en Thuringe. Lorsqu’il y arrive, le camp se trouve dans le dénuement le plus total. Les conditions de vie y sont déplorables. Les prisonniers, livrés à eux-mêmes, voient s’installer la loi du plus fort mais pour peu de temps. François Mitterrand assiste en effet à un événement qui le marque à jamais : la naissance d’une société. Car au « règne du couteau » et de l’anarchie ne tarde pas à se substituer la règle du partage. Les hommes se regroupent. Des lois se créent. Ce qui l’étonne, aussi, c’est que ceux qui sont à l’origine de tout cela ne sont pas forcément de son milieu. Voilà qui ébranle ses valeurs et ses croyances.

Dans ce camp, puis dans le petit kommando où il travaille, il ne tarde pas à se faire connaître. On apprécie son esprit, ses analyses. L’éloquence fonctionne, une fois de plus. Il prend part à toutes sortes d’activités intellectuelles et se constitue un réseau d’amis qui l’aideront plus tard dans la résistance ou dans sa vie politique. François Mitterrand n’a pourtant qu’une idée : s’évader. Il veut être libre… ou peut-être revoir « Béatrice ». Première évasion, en mars 1941. Après 22 jours d’un épouvantable calvaire à pied dans l’hiver allemand, lui et son compagnon d’évasion sont repris à dix kilomètres de la frontière suisse. Retour au camp. Cachot. Il recommence sept mois plus tard, en novembre 1941. L’affaire est mieux préparée : faux papiers, argent allemand et billets de train lui permettent de rejoindre Francfort, Sarrebruck et enfin Metz, ville annexée au Reich. Mais, là encore, à la suite d’une imprudence, il est repris. Récidiviste, c’est la déportation en Pologne qui l’attend. La chance lui sourit pourtant. Alors qu’il attend son transfert, profitant d’une occasion, il fausse compagnie à ses gardiens à quelques kilomètres de la frontière française. Quelques jours plus tard, il est de retour en France. Après un court repos dans le Jura, sur la Côte d’Azur, à Jarnac puis à Paris – il passe la ligne de démarcation dans tous les sens –, il y prend, en janvier 1942, la direction de Vichy.

Faut-il s’étonner de le retrouver là ? Jeune homme de droite, ambitieux, évadé, cherchant travail et papiers officiels – n’oublions pas qu’il reste un évadé –, il n’y a rien de surprenant à le voir rejoindre ce qui est alors le centre de la vie politico-administrative du pays. Il y retrouve d’ailleurs bon nombre de ses camarades d’avant-guerre et plusieurs relations de famille.

Rien d’étonnant, non plus, à le voir adhérer à l’idéologie pétainiste de la « Révolution nationale » et à sa devise, « Travail, famille, patrie », dont il faut rappeler qu’elle a été empruntée par le Maréchal aux Croix de feu du colonel La Rocque et qu’elle a repris nombre des thématiques d’une partie de la droite de l’entre-deux-guerres. La Rocque a d’ailleurs apporté son soutien au régime avant d’entrer en résistance (il sera finalement déporté). François Mitterrand travaille quelque temps à la Légion des combattants et des volontaires de la Révolution nationale qu’il quitte pourtant assez vite pour entrer au Commissariat au reclassement des prisonniers. Dès son arrivée à Vichy, François Mitterrand a en effet repris contact avec le milieu « Prisonniers ». Il participe, avec d’autres, à la structuration de ce milieu. Qu’est-ce à dire ? On aide par exemple ceux qui sont restés en Allemagne à s’évader. François Mitterrand est un faussaire de première. Il fabrique des faux papiers qui sont ensuite envoyés dans des colis de la Croix-Rouge.

Ainsi – chose qu’il est difficile de concevoir aujourd’hui –, le jeune pétainiste fait-il acte, dès son retour, depuis Vichy, sinon de résistance du moins de désobéissance. Il est ce que les historiens appellent aujourd’hui un vichysto-résistant,.

François Mitterrand a la fin 1942 1943 rompu avec Vichy. En décembre 1943, il gagne secrètement Londres. Puis de Londres, il part pour Alger où il rencontre le général de Gaulle. Rencontre décisive pour le jeune homme. L’entrevue est sèche mais François Mitterrand reçoit instruction de fusionner son mouvement avec celui des gaullistes. De retour en France, après d’autres péripéties, en février-mars 1944, celui qui est désormais le capitaine Morland s’exécute. Les « mitterrandistes » – si l’on veut, mais il n’est pas seul à agir dans cette affaire –, les gaullistes et, à l’étonnement de quelques-uns, les communistes, créent alors le Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés. François Mitterrand en devient l’un des trois dirigeants. Il était temps. Le débarquement intervient trois mois plus tard. Dans l’intervalle, François Mitterrand et plusieurs de ses compagnons échappent à plusieurs rafles de la Gestapo. D’autres de son mouvement n’auront pas cette chance. Paris est libéré en août 1944. François Mitterrand prend part aux combats dans la capitale. Désigné par de Gaulle commissaire général correspondant du ministère des Prisonniers, il assure l’intérim du gouvernement français en attendant le retour de l’homme de la France libre en France. Il n’a pas 28 ans, le voilà ministre…

1946-1957 : Le plus jeune des ministres de la IVe République.

 
 

« J’ai été un très jeune ministre […] je m’étais habitué à entendre dire : “le plus jeune” […], il arrive très vite le moment où l’on ne peut plus le dire. » 

Avec la Libération, la vie de François Mitterrand change, y compris sur le plan privé. La passion « Béatrice » a pris fin en 1941, alors que François Mitterrand est en Allemagne. La belle a rompu. Trois ans plus tard, du fait des hasards de la résistance, François Mitterrand découvre la photo d’une jeune femme sur le piano d’une maison où il est de passage. Elle s’appelle Danièle. Danièle Gouze : fille d’une famille de résistants. « J’épouse », aurait-il déclaré ! Effectivement, le mariage a lieu en octobre 1944. De cette union naîtront trois fils : Pascal, Jean-Christophe et Gilbert. Le premier, malheureusement, ne survivra que trois mois. Il décède prématurément en 1945. François Mitterrand est effondré. Seconde épreuve, le décès de son propre père, au printemps 1946.
La famille s’installera bientôt rue Guyemer, dans le VIe arrondissement. Les Mitterrand y resteront jusqu’en juillet 1973, date à laquelle ils déménagent rue de Bièvre.

En 1945, François Mitterrand n’est plus ministre. De Gaulle l’a remplacé. Pendant quelques mois, il cherche à vivre de sa plume. Il dirige Libres, l’organe de presse de la Fédération nationale des prisonniers de guerre. Il collabore un temps au journal Votre beauté, du groupe L’Oréal. Il publie son premier livre : Les Prisonniers de guerre devant la politique. Mais le virus de la politique est plus fort. Depuis 1945, il s’est rapproché des équipes de l’Union démocratique et socialiste de la résistance (UDSR) où se retrouvent bon nombre d’anciens résistants prisonniers de guerre. L’UDSR noue des alliances à gauche et au centre droit. Après un échec aux élections législatives de Neuilly-sur-Seine, le voilà parachuté dans la Nièvre. Sa campagne est courte ; très anticommuniste. Le 10 novembre 1946, François Mitterrand devient député de la Nièvre.

Député à 30 ans, il s’apparente immédiatement au groupe UDSR. Le catholicisme social, l’expérience de la guerre, ses amitiés nouvelles nouées dans la résistance l’ont débarrassé de son conservatisme. Pas suffisamment pour le voir entrer au Parti communiste – « je ne mange pas de ce pain-là » –, ni à la Section française de l’Internationale socialiste (SFIO). Assez, toutefois pour le voir défendre l’héritage humaniste de la résistance, son programme social, ses ambitions de réformes, sa croyance en un État volontaire.

L’UDSR est l’une de ces petites formations charnières de la ive République. Très favorable à l’intégration européenne, aux réformes dans les possessions françaises d’outre-mer, à la modernisation économique et sociale, elle est de toutes les combinaisons gouvernementales. François Mitterrand en prendra la direction en 1953. Fin tacticien, orateur brillant, il sera nommé onze fois ministre de 1947 à 1957 : ministre des Anciens Combattants et Victimes de Guerre dans les gouvernements Ramadier puis Schuman, de 1947 à 1948 ; secrétaire d’État à la Présidence du Conseil chargé de l’information dans les gouvernements Marie, Schuman et Queuille, de 1948 à 1949 ; ministre de la France d’Outre-Mer puis ministre d’État des gouvernements Pleven, Queuille et Faure, de 1950 à 1952 ; ministre délégué au Conseil de l’Europe du gouvernement Laniel, de 1952 à 1953 ; ministre de l’Intérieur du gouvernement Mendès France, de 1954 à 1955 ; enfin ministre d’État de la Justice dans le gouvernement de Guy Mollet et cela jusqu’en juin 1957.

À chacun de ces postes, il met en œuvre d’importantes réformes. Ministre des Anciens Combattants, il fait adopter le principe de l’ajustement des pensions de guerre sur le traitement des fonctionnaires. À l’Information, il choisit le format d’image de la future télévision française. À la Justice, il fait adopter un nouveau Code de procédure pénale, etc. Adhérent, dès la fin de la guerre, au Mouvement européen, il se déclare favorable à la construction européenne et vote tous les grands traités en ce sens, à l’exception notable de la très controversée Communauté européenne de défense à laquelle il s’oppose en 1954.
Mais la grande affaire de ces années-là, pour le pays comme pour lui, celle qu’il considère comme « l’expérience majeure de  sa vie politique, dont elle a commandé l’évolution », c’est la question coloniale.
Après l’intermède des deux gouvernements de Georges Bidault, François Mitterrand retrouve un poste ministériel en juillet 1950 lorsque René Pleven – alors président de l’UDSR – devient président du Conseil. Ce dernier nomme François Mitterrand ministre de la France d’Outre-Mer, un poste convoité mais sensible au moment où les gouvernements de la ive République, un à un, s’enferrent dans les problèmes de décolonisation. Lorsqu’il accède à ce poste, François Mitterrand – comme le reste du personnel politique de l’époque à quelques exceptions près – n’est aucunement acquis à l’idée d’indépendance. En revanche, il se situe résolument dans le camp des progressistes pour lesquels le « colonialisme de papa », inhumain, meurtrier, n’a plus lieu d’être. Ministre de la France d’Outre-Mer, il engage plusieurs réformes, tant d’infrastructures que juridiques, tentant de transformer la société coloniale et de rapprocher ce qu’on appelle alors l’Union française de la Métropole.

Parallèlement, malgré les accusations et les menaces de la droite qui stigmatisent ce qu’elle considère comme un « abandon », il mène, avec l’accord de René Pleven, une courageuse politique d’ouverture à l’égard des leaders nationalistes africains tels qu’Houphouët-Boigny. Il ouvre ainsi la voie à la loi cadre Defferre de 1956 et, finalement, aux indépendances africaines des années soixante. Lorsque François Mitterrand quitte le ministère de la France d’Outre-Mer, la ive République entre dans une phase de turbulences. François Mitterrand occupe alors, pendant quelques semaines, un poste de ministre d’état dans l’éphémère gouvernement d’Edgar Faure. Chargé du dossier tunisien, il se prononce pour l’accession de ce pays à une plus large autonomie. Un an après la chute du gouvernement Faure, François Mitterrand entre dans le gouvernement de Joseph Lainiel. La situation en Afrique du Nord est tendue. Les militaires, contrevenant aux ordres de Paris, destituent le sultan du Maroc. C’est un véritable pronunciamiento que le président du Conseil choisit pourtant d’entériner. François Mitterrand menace de démissionner. On le retient… mais quelques jours seulement. Lorsque Bidault fait nommer en Tunisie un gouverneur répressif, François Mitterrand quitte le gouvernement. Cette démission n’a rien d’étonnant. Depuis plus d’un an, François Mitterrand s’est en effet rapproché de Pierre Mendès France. À son contact, il a durci son discours et dénonce désormais sans ménagement la guerre d’Indochine et les brutalités commises au Maroc et en Tunisie. L’indépendance ? S’il l’imagine, c’est dans le cadre d’un processus démocratique, lent et négocié, préservant des liens étroits entre la France et ses anciennes colonies. En tous les cas, ce qui est clair pour lui, c’est que le statu quo est impossible.

En juin 1954, le choc de Diên Biên Phu et ses suites politiques rendent possible l’accession à la présidence du Conseil de Pierre Mendès France. Naturellement, « PMF » fait appeler « FM » qui le rejoint à l’Intérieur. À 37 ans, le voilà donc « premier flic de France ». À ce titre, il est chargé du territoire algérien, alors département français. À peine est-il nommé place Beauvau qu’il fait part à Mendès France de ses inquiétudes à l’égard de la situation en Algérie. François Mitterrand presse le nouveau président du Conseil à mener une vaste politique de libéralisation. Parallèlement, il cherche une solution politique au conflit et fait venir à Paris Ferhat Abbas, nationaliste modéré. Mais la droite se déchaîne contre lui, alors que de l’autre côté de la Méditerranée, le parti colonialiste bloque toutes les tentatives de réforme.

En réalité, il est déjà trop tard. Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954, de sanglants attentats ont lieu en Algérie. Pierre Mendès France et François Mitterrand réagissent dès le lendemain : « L’Algérie, c’est la France », déclarent-ils. Il s’agit, de leur part, d’un slogan très différent de celui d’ » Algérie française » lancé par les ultras. Rappeler que l’Algérie c’est la France – une évidence puisqu’il s’agit de trois départements –, c’est rappeler que les lois de la République doivent s’y appliquer. C’est-à-dire, à leurs yeux : assurer, d’une part, le respect de l’ordre, donc empêcher les attentats et en poursuivre les auteurs ; affirmer, d’autre part, la justice sociale et l’égalité de tous, Algériens compris. Ils annoncent pour cela de nouvelles réformes. Mais le gouvernement Mendès tombe lui aussi, après neuf mois. Simples députés, Pierre Mendès France et François Mitterrand s’attellent à la constitution d’un vaste Front républicain, à gauche, comprenant la SFIO. Cette stratégie permet au socialiste Guy Mollet, à la suite des élections législatives de janvier 1956, de prendre la présidence du Conseil. François Mitterrand devient Garde des Sceaux.
À la suite d’une visite à Alger où il a été conspué, Guy Mollet décide, contre toute attente, de durcir sa politique en Algérie. Pour cela, il confie, par décret, la justice civile aux militaires. Ces pouvoirs spéciaux légalisent la politique de répression de l’armée. Or, sur ce décret figure la signature de François Mitterrand. Certes, il agit sous l’autorité de Guy Mollet. Certes, en conseil des ministres, il critique sévèrement ce changement de cap. Mais il ne démissionne pas, contrairement à Mendès France. Pourquoi ? Mille raisons ont été avancées. Sans doute pense-t-il encore pouvoir changer les choses. Devenir à son tour président du Conseil ? Il n’en reste pas moins qu’en ne démissionnant pas, le voilà lié, pendant quelques mois, aux dérives de la politique algérienne. Plus tard, il reconnaîtra son erreur : « J’avais cru que la société coloniale pourrait se transformer autrement que par la violence. À l’expérience, j’ai compris qu’elle était, en soi, la violence, que la violence la gouvernait, que la violence lui répondait et que pour sortir du cercle de la violence il fallait sortir de la société coloniale, qu’il n’y avait pas de solution moyenne. L’ayant compris, j’avais mis du temps à l’admettre ». Sur ces questions coloniales, François Mitterrand publiera deux ouvrages : Aux Frontières de l’Union française, en 1953, et Présence française et abandon, en 1957.

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