1933 SALAZAR, le dictateur de glace... et de feu (3)

Publié le par Bernard Gasnot

1933  SALAZAR, le dictateur de glace... et de feu (3)
1933  SALAZAR, le dictateur de glace... et de feu (3)
1933  SALAZAR, le dictateur de glace... et de feu (3)
1933  SALAZAR, le dictateur de glace... et de feu (3)
1933  SALAZAR, le dictateur de glace... et de feu (3)

Début des années 50 : premières fissures, derniers feux

 

Ainsi, la contestation (qui n’a en fait jamais vraiment cessé) de son pouvoir personnel par les militaires se traduit-elle par l’éphémère candidature du général Norton de Matos aux élections présidentielles de 1949 (contre l’indéboulonnable général-président Carmona, évidemment candidat officiel à sa propre succession et dûment soutenu par Salazar). Dans l’immédiat, cette « rébellion » n’aura ni suite ni conséquence. Mais, au vrai, aussi bien dans les rangs de l’armée que dans ceux de l’Eglise, une forme de lassitude s’installe. La chape de plomb sous laquelle vit le Portugal depuis plus de vingt ans n’est certes pas encore prête à être soulevée mais, au fond, sous le couvercle, la température monte...

 C’est durant la décennie 1950 que le mouvement de protestation va (timidement) démarrer et s’amplifier progressivement. Il n’est pas garanti toutefois que Salazar s’en aperçoive réellement. Agé de plus de soixante ans, désormais  maître total du pays (il assure même, durant quelques mois, la présidence de la république après la mort du vieux général Carmona, en place depuis 1926), Salazar va, plutôt, laisser (un peu) libre cours à sa vie personnelle.

 

En 1951, il va faire la rencontre d’une femme qui va suffisamment bouleverser son existence pour que le prudent et secret dictateur accepte de lui livrer des informations, d’en accepter la diffusion et de se montrer ostensiblement en public avec elle. S’il n’y avait qu’une seule liaison affective de Salazar à retenir, ce serait celle-là.

 

Et nous allons en parler, évidemment !

 

En 1951, donc, Christine Garnier, une journaliste française, se rend au Portugal afin d’écrire un livre sur Antonio Salazar. A cette époque, aucun des détails sur la vie privée de ce dernier, que je vous ai livrés (veinards) et qui seront été divulgués ultérieurement, n’est encore connu. « Christine Garnier », au vrai, est un nom de plume. La journaliste française s’appelle en réalité Raymonde Germaine Cagin et est née 23 janvier 1915 (elle mourra en 1987). Elle est originaire des Flandres et est la fille d’un officier de marine. Christine Garnier a d’abord été mannequin pour des magazines féminins tel Marie-Claire. Elle est ensuite devenue journaliste pour Le Figaro et a fait plusieurs voyages en Afrique, d’où elle a rapporté des articles de type colonial assez conventionnel. Elle a également épousé Raymond Bret-Koch (apparenté à l’éminent médecin allemand docteur Koch qui avait, fin XIXème, donné son nom au bacille de la tuberculose).

 

 

 

Voilà pour le CV.

 

Au moment où elle rencontre Salazar (qui a 62 ans), elle en a donc 36.

 

Pour elle, c’est un reportage de type « grands reporters ». Pour lui, cette rencontre s’inscrit dans la politique de communication générale de la dictature salazarienne. Cette dernière est soigneusement encadrée et mise en œuvre par le Secrétariat à la Propagande (dirigé par António Ferro) qui fait publier de nombreux ouvrages après en avoir confié la rédaction à des écrivains connus. Christine Garnier ne l’est pas encore beaucoup mais elle écrit dans un quotidien national français (Le Figaro). Salazar a alors à cœur de trouver un relais de communication pour toucher la nombreuse population portugaise qui émigre en France (contrairement à d’autres dictateurs, il n’a pas fermé les frontières et laisse partir ceux qui veulent quitter le pays : un flot qui enfle dès le début des années 50). Christine Garnier, comme le demande la procédure, a préalablement soumis son projet journalistique au dictateur, qu’il a accepté : il s’agit d’écrire un livre, non pas sur l’homme politique, mais sur l’homme tout court, en l’interrogeant sur son parcours et sa vie intime. Rien ne sera publié qui n’aura évidemment préalablement été visé par Salazar. Elle a ensuite demandé audience au dictateur qui, après quelques réticences, a accepté de la recevoir.

 

Cette première audience est une surprise pour Christine Garnier, elle le confiera. Habillée sobrement de noir, elle est conduite au palais où elle est accueillie par un civil élégamment vêtu de lin blanc éclatant qui vient la chercher à son automobile, au pied de l’escalier du palais de Sao Bento. L’homme (qu’elle suspecte être le secrétaire particulier de Salazar, ou quelque chose comme ça) la conduit dans une pièce toute simple où ne se trouvent que deux chaises. Mais Salazar n’y est pas. Christine Garnier s’impatiente et le fait savoir à son étrange cicérone : elle a déjà beaucoup attendu Salazar, où est-il, enfin ?

Il est… devant elle !

 

Salazar est un monstre d’habitude et de conservatisme mais, quand il s’agit des femmes, il aime à surprendre… Elle, elle confiera sa fascination en décrivant « les yeux très noirs, triangulaires, intenses », « le teint légèrement basané », les « cheveux gris et lustrés » et les « dents qui brillent d’un éclat minéral » de son interlocuteur.

 

 

 

Au début, Salazar endosse naturellement pour elle le personnage public fabriqué par la propagande officielle et qu’il maîtrise parfaitement : « Je n’ai pas, assure-t-il, le loisir d’accorder audience à [toutes les femmes] qui me le demandent. Les minutes dont je prive mon travail, je les vole à l’Etat »… Ses idées sur la famille et la place des femmes, restent rigoureuses et invariables par rapport à l’organisation de la société portugaise : « Persuadé qu’une épouse qui a en tête le souci de son foyer ne peut faire du bon travail au-dehors, je lutterai toujours contre l’indépendance des femmes mariées » Ainsi la loi portugaise empêche-t-elle les épouses d’être infirmières ou d’appartenir au Ministère des Affaires Etrangères, l’Eglise portugaise fustigeant de son côté le travail féminin qui, selon elle, conduit à « l’immoralité ». Au bout de quelques jours d’audiences quotidiennes et de conversations, une étape de plus dans l’intimité entre Salazar et Christine Garnier est franchie. Salazar l’invite à venir, aux prochaines vacances d’été (1952), dans sa propre maison familiale de Santa Comba, à Vimieiro. Est-ce qu’elle viendra pour les vacances ? Lui, il n’a pas changé d’adresse… Elle accepte. En se rendant à Vimieiro, quelques mois plus tard, Christine Garnier reconnaitra imaginer une impressionnante villa à la gloire de l’homme le plus puissant du pays. Ce serait logique et tout à fait conforme au culte de la personnalité tel que tous les dictateurs en mettent en place. Rien de tel, pourtant. Salazar est d’origine modeste, il en a d’ailleurs toujours tiré une fierté ouvertement assumée. La journaliste découvre donc une maison de campagne plutôt petite, aux pièces étroites et chichement garnie d’un mobilier fort simple, essentiellement utilitaire, avec peu de décoration, très peu de livre, pas de bibliothèque et aucune photographie. Seule une vieille gouvernante revêche tient lieu de personnel.

 

Qu’on le veuille ou non (et qu’on y croit ou pas, familiers que nous sommes avec les excès ornementaux d’Hitler, Mussolini, Staline, Franco, Mao et tous les autres) Salazar ne pratique pas, n’a jamais pratiqué le culte de sa personnalité. Il se considère (ou feint de l’être) comme un « dictateur malgré lui ». Il joue à Christine Garnier un rôle savamment étudié et parfaitement au point : celui du dirigeant austère, vaguement timide, solitaire dans sa tâche et, à ses heures perdues, modestement préoccupé de la santé de ses fleurs (glycines, orchidées de Madère, œillets rose d’Estoril…) « Au lieu de gouverner, se navre-t-il, j’aimerais vivre ici, parmi les champs et les vignes,  […] dormir sans souci, enfin libéré des mille mesquineries qui sont le prix de toute œuvre gouvernementale […].

Pour un peu, on pourrait le plaindre. Mais passer de longues heures à deviser, assis à l’ombre devant une fontaine ou à marcher le long des plates-bandes, des buis, des figuiers, fatalement, cela crée une certaine intimité. Pour ne pas dire une intimité… certaine.

 

  

 

De son séjour en compagnie de Salazar durant l’été 1952, Christine Garnier va tirer un livre : « Vacances avec Salazar ». Cette soigneuse et très conventionnelle hagiographie tout à fait dans la ligne de la propagande d’Etat tente de faire plus ou moins croire au lecteur qu’il pénètre dans l’intimité jamais vue d’un homme célèbre. Pour en assurer le succès et de rendre la dictature salazariste aussi fréquentable que possible, le gouvernement portugais demande, comme à son habitude, à un intellectuel célèbre et pas trop regardant de préfacer l’ouvrage (le célèbre poète Paul Valéry l'avait fait en 1934 pour l'ouvrage Salazar, le Portugal et son chef, éd. Grasset). Ca ne peut pas nuire… A partir de 1952, Christine Garnier devient, sans s’en cacher ni lui ni elle, la maîtresse de Salazar.

 

Années 50 - 60 : du déclin inéluctable à la fin rapide

 

Salazar qui commence à oublier sa réserve historique vis-à-vis des femmes pour se montrer follement épris et d’une prodigalité, certes limitée, mais jamais observée chez lui jusque-là. Salazar se « lâche », contrairement à la retenue dont il avait fait preuve avec ses précédentes maîtresses. Il n’hésite pas à combler Christine de cadeaux et d’attentions, petites ou grandes, comme un amoureux le fait ordinairement. Il fait ainsi parvenir à la Française (toujours mariée), à son domicile parisien, des fleurs, des fruits exotiques (des ananas des Açores), du vin  ou de simples confitures.

C’est charmant.

 

D’autant plus que, pour cela, Salazar utilise parfois des moyens d’état, mettant par exemple personnellement à contribution tel ou tel fonctionnaire des chemins de fer portugais. Tout cela n’est guère excessif et relève, convenons-en, un peu de l’anecdote, telle l’occasion où il charge un ami diplomate séjournant à Paris, Marcello Mathias, d’accompagner Christine chez les joailliers de la capitale pour qu’elle s’y choisisse une bague. Coût final du bijou, supporté par Salazar : USD 420 de cette époque. J’ignore quel est le coefficient d’érosion monétaire du dollar depuis cette date mais, pour ce qui est du Franc/Euro, par exemple, le bulletin officiel des Finances Publiques-Impôts (que j’ai consulté pour vous) nous informe que ce coefficient se monte, pour la période allant de 1952 à 2012, à 12.9. En clair : il vous faut 12.9 Franc/Euro de 2012 pour acheter ce que vous pouviez vous payer avec 1 Franc/Euro de l’époque. Raisonnons grossièrement : USD 420 de l’époque représenterait un peu plus de 5 400 Euro de 2013. Ce montant n’a rien d’extravagant (le célèbre Cartier, place Vendôme, vendant ses bagues d’entrée de gamme à moins de 500 Euro (une misère) même si, évidemment, cette petite emplette se fait aux frais du contribuable portugais…

 

Pendant que le vieillissant Salazar coule des jours heureux d’amoureux (presque) débutant avec sa fiancée française, le Portugal change à un rythme de plus en plus rapide. En 1953, les évènements contraignent Salazar à mettre fin à la politique d’autarcie fondée sur le développement agricole et menée depuis 25 ans. Certes, depuis cette date, le portugais moyen a mangé à sa faim. Mais, au tournant des années 50, ce n’est plus suffisant. La croissance galope en Europe et il faut investir massivement dans l’industrie pour produire des biens de consommation (le Portugal exporte peu et n’a pas suffisamment de devises pour importer). On met alors en place un « Plan de développement » et on fait appel aux capitaux étrangers. Ailleurs dans le monde, les choses changent progressivement. Staline est mort (en mars 1953) et un dégel s’amorce même si la « guerre froide » continue partout ailleurs (spécialement dans le Tiers monde). En Europe, on se calme et on campe sur ses positions. Ainsi, fin 1956, une révolte populaire a-t-elle lieu en Hongrie contre le Parti Communiste au pouvoir : 2 000 morts exécutés sans jugement par les Soviétiques après que leurs chars aient déferlé dans les rues de Budapest. L’Occident, lui, attend que les Kalachnikov se taisent.

 

Il est d’ailleurs occupé avec le mouvement de décolonisation qui se poursuit : en 1954, les Français quittent le Vietnam après la défaite de Dien Bien Phu (mai) au nord, sont remplacés (au sud) par les Américains et s’emploient désormais à « maintenir l’ordre » dans les départements français d’Algérie, suite au déclenchement de l’insurrection armée (novembre). Les deux « grands » de cette époque (Etats-Unis et Union Soviétique), globalement, actent leur partage du monde et s’efforcent de calmer le jeu : ainsi, en 1956, obligent-ils leurs alliés Français et Anglais à se retirer des positions occupées en Egypte par ceux-ci en réaction à la nationalisation forcée du canal de Suez (octobre).

 

 

 

Pendant ce temps, le Portugal de Salazar reste le Portugal de Salazar : un ilot de stabilité politique. Il tente, au moins, de l’être en se réfugiant dans une attitude déni face aux réalités du mouvement de décolonisation. Pour paraphraser ce qu’a dit François Mitterrand en 1954 à propos de l’Algérie, la conception de Salazar tient en un seul principe : les colonies, c’est le Portugal et le seul dialogue, c’est la guerre. Ainsi réaffirme-t-il sa position en 1956 : « Une nation s’est constituée aux quatre coins du monde [rappelons que le Portugal fut le premier empire colonial et demeurera, dans les années 70, le dernier à été démantelé, ndlr] Pour le Mozambique et l’Angola, la question ne se pose pas de savoir s’ils sont autonomes ou non ».

« La question ne se pose pas… » Circulez, donc.

 

Plus pour longtemps. A l’été 1958, l’évêque de Porto rédige une lettre qui montre que l’Eglise commence maintenant à réprouver les méthodes de gouvernement employées (mieux vaut tard que jamais !). C’est la première fois que les ecclésiastiques, qui ont largement profité d’une place éminente de l’Eglise au sein de la société portugaise depuis 1933 et la mise en place de l’Estado Novo), regimbent ainsi. Toujours en 1958, ont lieu les élections présidentielles : une pure formalité pour un poste honorifique dans un état à Parti unique ? C’est ce que croit Salazar qui promeut le candidat officiel de l’état, le général Tomas mais qui a la surprise de voir… la candidature spontanée (qui sera finalement malheureuse) du général Delgado ! Un vent de contestation soufflerait-il sur la Lusitanie ? Salazar entend étouffer rapidement la contestation et accroît la répression policière, les arrestations, les tortures, les emprisonnements, les exils. Rien n’y fait, la contestation continue sournoisement, l’entourage des technocrates de Salazar commençant à se plaindre des lenteurs et du manque de réactivité du Doutor.

 

Arrivent les années 60. Les baby-boomers d’Europe sont encore adolescents, ils écoutent des disques vinyles et attendront encore quelques années avant de monter sur les barricades. Pas au Portugal, toutefois. Au début des années 60, Christine Garnier, de son côté, divorce. Pas pour Salazar, avec lequel les relations ne sont plus passionnelles. Elle se remarie et a un enfant avec son second mari. Progressivement, ses liens avec le dictateur portugais Salazar s’estompent, bientôt définitivement. Elle le déplore ouvertement. Mais, au fond, quelle place réelle n’a-t-elle jamais tenu dans le cœur de l’énigmatique personnage ? Nul ne le saura jamais. Pour le régime, les années 1960 vont être celles du crépuscule du régime salazariste, attaqué de toutes parts. Dans un contexte général d’accession à l’indépendance (1956 et l’accession à l’indépendance de la Tunisie et du Maroc, 1960 et la décolonisation générale de l’Afrique noire française par le général De Gaulle), l’Angola entame sa guerre de libération en 1961. La même année, l’Inde (indépendante depuis 1948) occupe le territoire de Goa (portugais depuis 450 ans !) et le propre ministre de la guerre de Salazar, Botelho Moniz tente même un coup d’état contre ce dernier au mois de mars ! En 1962, le Mozambique se soulève.

 

De défections en méfiance, de contestations populaires en révoltes sporadiques, le Portugal de Salazar, miné par une émigration massive de ses forces vives (venues faire ouvriers, artisans, femmes et ménage et concierges en France) va s’affaiblir sans discontinuer durant les années 60. Nous ne nous attarderons guère sur cette période durant laquelle la vie de Salazar, elle-même, est un long déclin. En 1967 (Salazar a 78 ans), les choses s’accélèrent brutalement. Un jour, alors que le vieux dictateur s’assoit tranquillement dans un transat, sur une terrasse, la toile du fauteuil… cède sous son poids et Salazar tombe la tête en arrière, se cognant assez fort contre le sol. Le lendemain, saisi de vertiges, il est transporté à l’hôpital, les médecins lui diagnostiquent un hématome au cerveau. Quelque temps plus tard, il fait un accident vasculaire cérébral. Il ne peut plus gouverner, dans les faits.

 

A partir de septembre 1968, le pouvoir passe, sur la forme, entre les mains de Marcello Caetano et, sur le fond, entre les mains d’une caste de militaires de haut rang qui s’appuient sur les technocrates de la haute administration portugaise. Reclus dans la résidence officielle de Sao Bento, Salazar, hors course, reçoit pourtant encore des visites, telle celle d’un journaliste français du journal L’Aurore en septembre 1969, qui décrit une « étrange et dramatique situation ». Le temps semble suspendu. On attend la mort du roi Celle-ci intervient le 27 juillet 1970. Caetano reste au pouvoir et tente de timides réformes (le "printemps marceliste" comme on l’appellera pompeusement) qui vont s’enliser. Le 25 avril 1974, une poignée de capitaines rebelles balaiera son régime en moins de 24 heures, des œillets au bout des fusils, et remettra les clés du pouvoir aux civils deux ans plus tard. Le 27 juillet 1970, l’écrivain Miguel Torga exprime sa frustration de la mort de l’oppresseur honni de toute une génération de jeunes intellectuels. Il résumait son long règne en indiquant que Salazar « avait vécu à froid, consciemment, sous une cloche de sévérité glacée, en inspirant la peur ».

Ce n’est pas totalement inexact mais Torga, cependant, avait moins fréquenté que d’autres les alcôves de l’hôtel Borges, à Lisbonne…

 

Voilà, c’est la fin, en la refermant, vous vous direz, comme le prestidigitateur espagnol portugais Garcimore qui, dans les années 1970 – 1980, animait « Les visiteurs du mercredi » de notre enfance sur TF1 : « Eh ! Pas mal… ! »

 

 

Commenter cet article