Tarana l’Amérique Noire

Publié le par Bernard Gasnot

Tarana l’Amérique Noire

Tarana est le nom de l’Amérique avant l’arrivée des Blancs. Ce nom lui vient des Africains qui s’étaient installés dans ce vaste continent pour y développer une civilisation urbaine et agraire, à une époque où l’Amérique sauvage était peuplée de chasseurs-cueilleurs à la peau rouge, et l’Europe sauvage, de chasseurs-cueilleurs à la peau blanche. Il semble que des populations noires importantes aient partagé le continent américain avec les populations asiates, les Indios, qui étaient arrivés en Amérique du nord par le détroit de Behring lors d’une période glaciaire. C’est du moins la version officielle de l’archéologie dominante… qui refuse toute idée de navigation hauturière dans la préhistoire, ce qui n’est plus une position tenable. Ces populations natives africaines auraient fondé les grandes civilisations d’Amérique. (source)

Et d’abord la plus ancienne d’entre les civilisations précolombiennes, celle des« Têtes de nègres géantes » de La Venta. Ces populations afro-américaines s’appelaient marranes, marronnes ou nègres marrons. Elles sont restées en contact avec l’Afrique de leurs origines, grâce à une navigation séculaire permanente.  Il semble même qu’elles aient fonctionné comme des colonies, payant tribut à la mère-patrie d’Afrique. Cette colonisation existait déjà au 2e millénaire AEC.Mais elle pourrait être beaucoup plus ancienne. Et elle s’est poursuivie jusqu’à une époque assez récente, laissant de nombreuses traces dans la littérature arabe, même si les historiens européens n’ont pas semblé y prendre garde.

 

« Les migrations natives africaines ont commencé très tôt à peupler les terres de l’Outre-Atlantique, à partir des corridors de navigation du nord et du sud équatorial, balisés par des vents et des courants marins favorables et permanents. Dès la préhistoire et l’antiquité, au contact des migrations océano-eurasiennes, les Africains y organisent des territoires de peuplement grâce à une navigation continue. Ils y développent, à l’époque du Sahara fertile, des cultures caractéristiques »   Il est vrai que ça bouleverse un peu trop nos habitudes racialistes. Pour les historiens du siècle des lumières, il est impensable, voire obscène, d’accorder trop d’importance à des êtres si proches de l’animal comme en témoigne le Code Noir, qui n’est hélas pas si ancien. Les temps sont venus de rendre au peuple noir la maîtrise et la légitime fierté de son histoire, aussi riche que la nôtre, voire davantage… En tout cas, beaucoup plus ancienne… Bâtisseurs de villes majestueuses quand nous vivions sous des huttes de branchages… 

Cultivateurs et éleveurs prospères quand nous ne vivions que de chasse, de cueillette et de pêche. Mais alors les Noirs ont déjà dépassé le stade où nous en sommes ? Oui. De quoi donner la nausée à bon nombre de racistes. L’Amérique fut jadis un pays développé.

Les indices ne manquent pas : ces routes dites Mayas, à travers la jungle du Vénézuela, sans doute bien plus antiques ; les voies surélevées faites sans doute pour y faire rouler des engins ; les tunnels aux parois parfaitement polies qui parcourent une bonne partie de l’Amérique du Sud et de l’Amérique centrale ; le qualificatif de « serpents volants » utilisés par les Rouges pour désigner les Dieux Blancs et les Dieux Noirs ;  l’usage de la roue connu et maîtrisé en Amérique depuis les Olmèques ; chez ces mêmes Olmèques, les têtes négroïdes gigantesques, présentant des guerriers nobles et farouches, aux traits typiquement négroïde, coiffés de casques métalliques à jugulaire ; l’incroyable connaissance des astres et des routes spatiales démontrée par les Olmèques, encore eux, comme s’ils en avaient été instruits par une civilisation de voyageurs extraterrestres…

 Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire.

 Sur le continent africain, les signes d’un antique développement sont eux aussi présents, même si les archéologues blancs les ont largement passés sous silence. Tout se passe comme si l’Afrique, berceau présumé de l’humanité, avait connu un développement précoce tandis que d’autres races en étaient encore à la vie saine et sauvage du chasseur-cueilleur. Je pense quant à moi que les Noirs d’Afrique et d’Amérique ont longtemps représenté un oasis de civilisation dans un océan de sauvagerie primitive. Et puis, le temps a passé sur le peuple Noir. Les ethnies se sont jalousées, les magies se sont exacerbées, les guerres ont déchiré ce continent prospère où se trouvent encore aujourd’hui tant de ressources minières, agricoles, énergétiques… Doucement, au fil des siècles, les Noirs ont fui les villes pour retrouver le contact revigorant de la nature. Victimes du syndrome de Max, ils sont revenus à la sauvagerie par choix de vie, parce que c’est ainsi qu’ils voulaient vivre et pas autrement. Les Noirs dans leur sagesse devraient montrer la voie juste aux Blancs dans leur sottise. Les imbéciles – blancs – qui les ont méjugés n’ont montré que leur ignorance, leur suffisance et leur racisme.

 T’es con et t’es méfiant. Parce que tu ne me crois pas quand je te dis que t’es con. (Michel Audiard)

 La traite négrière est une des pages les plus injustes de notre histoire. Si tant d’Africains ont été déportés en terre d’Amérique, c’est parce que des noirs Africains y vivaient déjà, bien avant l’arrivée des Blancs. Ils s’appelaient entre eux les Maranes, ou Marounes, ce qui a donné le qualificatif de Nègres Marrons. Alors s’instaura le commerce triangulaire, où les bateaux négriers quittaient Nantes, Bordeaux ou Saint-Malo pour emplir en Afrique leurs cales de « bois d’ébène » ; ainsi nommait-on les esclaves noirs. Les colons blancs du jeune continent ont usé et abusé de cette main d’oeuvre gratuite, corvéable à merci.  L’Eglise de Rome lui apporte son concours actif. Pire encore, et c’est là que l’on peut parler de complot : les Noirs indigènes furent assimilés aux Noirs déportés d’Afrique par la traite des esclaves. Résultat : les Noirs d’Amérique, pourtant résidents libres et de plein droit de la terre américaine, furent assimilés aux esclaves et traités comme tels.

On les considère aujourd’hui encore comme des descendants des esclaves importés. Or les esclaves venus d’Afrique sont, pour la plupart, morts sans progéniture. Leur descendance peu nombreuse ne saurait expliquer à elle seule le pourcentage actuel de population noire, y compris dans des secteurs qui ne furent jamais concernés par la traite. Pathé Diagne enfonce le clou : les indigènes noirs américains s’appelaient eux-mêmes des Mara ou Marrounes et non des Noirs

.

« C’est leur nom, Mara ou Maya qui a nommé le peuple Maya. C’est leur nom, Marana ou Marroune, qui est à l’origine du terme de nègres marrouns ou nègres marrons. » J’ai appris au lycée, dans le Mallet et Isaac, que les nègres marrons étaient des esclaves évadés qui formaient des îlots de résistance où ils vivaient retranchés. Encore une invention pudique du Bon Blanc. Leur sort fut celui des Amérindiens, chassés de leurs terres, ensuite massacrés ou parqués dans des réserves. Les Marrounes ou Mayas étaient des Africains, ils ont conquis ces terres qui étaient les leurs, ils y ont bâti des villes et fait prospérer plusieurs civilisations avancées, comme celle des Mara/Mayas, et celle des Toromagen/Olmèques. A preuve, les têtes géantes d’Africains, sans doute celles de monarques divinisés, qui sont le fleuron et la signature de la civilisation olmèque, réputée la plus ancienne du continent américain. La civilisation afro-américaine est antérieure de plusieurs millénaires à la naissance de la civilisation gréco-romaine, et même antérieure à Sumer, le berceau supposé de nos cultures. Elle fut florissante à la fin de la première Egypte, celle des pharaons nubiens, noirs de peau. En ces temps-là l’Afrique était prospère et développée, grâce à ses colonies américaines. L’espace nilo-transatlantique est alors habité par les adeptes du dieu Ra ou Ro des Nubo-Egyptiens.

« Les Mara-Maya, les Taragen, Touareg ou Aztek ont fondé outre atlantique la culture Mehewa, Toromagen/Olmèque ou Mara-Maya. Ce sont les mêmes populations de culte ramanique qui des deux côtés de l’Atlantique ont fondé des métropoles aux mêmes noms. Elles ont bâti les mêmes permar ou pyramides que l’on identifie comme des Mbanu, elles ont sculpté le colosse de Memnon, œuvre nubo-égyptienne, et les têtes géantes olmèques, qui sont de même facture et se rapportent à une seule culture. On retrouve les pyramides africaines nommés Mbanu, Torogale ou Teocali des deux côtés de l’atlantique : à Kulikuli, capitale du Jolof sénégambien, comme à Cuilicuili, métropole du Mehewa mexicain ; mais aussi à Warakas/Warhol, autre métropole du Jolof, comme à Oaxaca/Warakas, autre métropole du Mehewa mexicain. » écrit Pathé Diagne. Je ne puis rendre ici les quelques mille pages de ses trois volumes.

En utilisant la génétique, l’onomastique et l’étude des esclaves de la traite, Pathé Diagne vient d’achever une trilogie érudite, magistrale, qui demande à être relayée et amplifiée par des auteurs plus accessibles. D’ores et déjà, grâce à ses recherches, nous savons qu’on nous a menti sur l’Amérique et son passé. Formons le vœu que grâce à ces racines nouvelles, autrement plus nobles que celles de la traite négrière, les populations noires américaines retrouvent

Commenter cet article