0 Les conditions de vie des parisiens sous l'occupation allemande

Publié le par Bernard Gasnot

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Hitler et les nazis à Paris, photos de Paris pendant l'Occupation allemande de la 2nde Guerre Mondiale, monuments historiques modifiés, détournés ou détruits par les nazis, pillage des ressources, détournement et liberté de la presse française sous Vichy.



1. Paris se met à l’heure allemande

1.1. L’arrivée des allemands à Paris

Les allemands pénètrent Paris par une démonstration rigoureuse de la Wehrmacht organisée par le général von Bock, le 14 juin 1940, jour de pluie. Les unités d’avant-garde descendent la rue de Flandres à 5h35, et se dirigent en direction de la Gare du Nord. Trois divisions traversent la capitale pour se positionner dans la banlieue Sud.

   

 Après la parade, une division s’installe au centre ville pour parer à toute aggravation de la situation militaire et afin de maintenir l’ordre ; ayant en mémoire les turbulences de 1870-1871, les Allemands n’excluent pas un accès de colère des parisiens, ou du moins des actes de malveillance. Alors, les soldats soufflent un peu, se répartissent, prennent du repos. Les officiers supérieurs échangent, comme à l’accoutumée, des saluts de façon très réglementaire.

        

 Les rues, d’abord vides, se remplissent peu à peu. Ou plutôt, dès qu’il fut établi que les vainqueurs ne fusillaient pas à tous les coins de rue. Ces vainqueurs honorables laissent les habitants perplexes : beaucoup sont partagés entre la honte et la lâcheté du soulagement. Une quinzaine de parisiens préfèrent se suicider plutôt que de voir leur ville prise par l’ennemi.

Le 23 juin à l’aube, le Führer en personne s’empresse de visiter Paris. Il atterrit avec ses proches au Bourget. Tout d’abord, il se rend à l’Opéra, puis parcourt les Champs-Élysées avant de s’arrêter devant le Trocadéro et la tour Eiffel. Plus tard, il se dirige vers les Invalides, où il médite longuement sur le tombeau de Napoléon. Néanmoins, le Sacré-Cœur, la place des Vosges et la Sainte Chapelle ne sont pas à son goût.

           À 9 h, la visite est déjà terminée. Il déclare le même jour à Albert Speer, futur Ministre de l’Armement : « C’était le rêve de ma vie de pouvoir visiter Paris », tout en précisant plus tard : « Je me suis souvent demandé s’il ne fallait pas détruire Paris. Mais lorsque nous en aurons fini avec Berlin, Paris ne sera plus que son ombre. Alors pourquoi la détruire ? ».

1.2. L’installation du Haut commandement militaire

La Gestapo et la Wehrmacht sont au service du pouvoir hitlérien, mais le sort des parisiens se trouve surtout entre les mains de deux militaires de haut rang qui constituent le « Militärbefehlshaber in Frankreich » (le Haut commandement en France). Ce dernier dépend directement du commandant en chef du front Ouest, siégeant à l’hôtel Majestic. Ses compétences à la fois militaires et administratives s’étendent à toute la zone occupée (à l’exclusion de trois départements de l’Est, du Nord et du Pas-de-Calais).

Les titulaires furent successivement les généraux Streccius, Otto et Karl Heinrich von Stülpnagel. Par ailleurs, un « ambassadeur d’Allemagne » est détaché auprès du Militärbefehlshaber pour s’occuper des affaires politiques ; Otto Abetz est nommé à ce poste pour y rester pendant presque toute l’Occupation. Quant au commandant du « Gross-Paris » (englobant la Seine, la Seine-et-Oise et la Seine-et-Marne), un autre militaire de poids, il est installé dans l’hôtel Meurice ; c’est d’abord le général Shaumbourg, puis Dietrich von Choltitz qui lui succéderont.

  1.3. Les premières mesures

Le premier négociateur allemand fut tué par étourderie à Saint-Denis dans la nuit du 13 au 14 juin. Le général von Küchler décida un bombardement punitif sur Paris, mais se laissa fléchir par son Chef d’état-major, un nommé Marx. Le deuxième négociateur attendit ses homologues français à Sarcelles, qui arrivèrent avec une heure de retard : en effet, ceux-ci ignoraient que les montres allemandes avançaient d’une heure sur les leurs.

Le problème le plus pressant est celui du maintien de l’ordre ; les allemands veulent imposer un couvre-feu général de 48 h. Quand les premières unités allemandes sont entrées dans Paris, des voitures équipées de haut-parleurs avaient diffusé ce texte : « Parisiens, pendant 48 h les troupes allemandes vont défiler dans Paris. Que chacun s’approvisionne et reste chez lui ; aucune manifestation ne sera tolérée ». La mesure fut néanmoins rapidement levée, car les services publiques n’auraient pas pu continuer à fonctionner correctement.

Le préfet de Police Roger Langeron, qui n’est plus sous les ordres du « juif Mandel », Ministre de l’intérieur en titre, a fait évacuer les dossiers de la préfecture par péniche (avec 25 kg de dynamique : « saborder plutôt que laisser prendre » ). Cette mesure rendra le travail de l’Occupant plus difficile.

Le général Dentz, gouverneur militaire de Paris, répond à la demande de l’aide de camp du général von Sutnitz – le nouveau commandant militaire de Paris – qui consiste à lui réclamer les drapeaux capturés par la France en 1918, en guise de revanche.

2. L’emprise de l’Occupant sur les parisiens

2.1. La mise en place de la propagande pro-allemande

Joseph Goebbels s’efforce tout d’abord de prouver à travers sa propagande nazie – au besoin en truquant les dates des photographies ou des films – que la population avait collaboré spontanément et chaleureusement avec les allemands.

L’Occupant entend aussi démontrer à la France que si elle collabore sans arrière pensée, elle pourra se faire une place de choix dans « l’Europe nouvelle ». Sur ce thème, en mai 1941 et en avril 1942 deux expositions sont inaugurées au Grand Palais. Les « ancêtres européens » ont aussi leur place : Charlemagne, Napoléon, Victor Hugo, Jeanne d’Arc sont mis à l’honneur. On exalte la « vie nouvelle » avec le Reich en tant que grand frère qui gagne sur tous les fronts, si l’on en croit le grand V de Victoria apposé sur le fronton de la Chambre des députés.

      

La presse, elle, est totalement contrôlée : c’est la « Propaganda Abteilung » qui s’en charge, en montant sa propre agence d’information, en rationnant la distribution du papier, en surveillant la distribution des journaux, et en achetant par l’intermédiaire du « Groupe Hibbelen » la moitié de la presse écrite de la capitale. La censure est instaurée dès l’entrée de la Wehrmacht. Même si un petit nombre de journaux reste à distance, d’autres prennent parti (L’ŒuvreLe Petit ParisienJe Suis Partout, etc.). Jean Luchaire, patron des Nouveaux Temps (un quotidien qui subsistait grâce aux aides d’Otto Abetz) était particulièrement impliqué.

      

 C’est aussi une véritable guerre des ondes (en 1943, 5 300 000 postes de TSF) : pour lutter contre les émissions françaises de la BBC, le gouvernement de Vichy déploie dès 1941 de gros efforts pour accroître l’audience de la « Radiodiffusion nationale ». Les services de la radio de l’État français, totalement contrôlés par les allemands, sont regroupés à Paris an printemps 1943, car l’émetteur y est le plus puissant. On y diffuse des variétés, des concerts de musique classique (la moitié du temps d’antenne) afin de mieux faire passer les sept puis dix bulletins d’information. Depuis le 4 janvier 1942, la chronique journalière de Jean Herold dit Herold-Paquis (militant de Doriot) est diffusée. Il termine toujours avec le même rituel : « …car, comme Carthage, l’Angleterre sera détruite ».


2.2. Paris change

L’Occupant multiplie les réquisitions pour loger ses services et les permissionnaires : il s'agit des casernes, mais également des édifices publiques (comme le Palais-Bourbon qui abritera les bureaux du commandant du Gross-Paris, et le Sénat qui deviendra le quartier général de la Luftwaffe), les hôtels (comme le Prince de Galles avenue George-V). Quatre « Soldatenheim » (des foyers pour les officiers et les hommes de troupe) sont ouverts, comme celui du café Wepler place de Clichy par exemple. Les allemands se réservent aussi les restaurants, les cinémas (les Soldatenheim du Marignan ou du Rex), et les maisons closes.

Le drapeau à croix gammée fut hissé sur l’Arc de triomphe le 14 juin à 9h45. L’emblème nazi qu'arbore la façade de l’Hotel Meurice, rue de Rivoli, symbolise de même la toute-puissance nazie.

Les parades à l’ordonnance impeccable deviennent le lot quotidien des parisiens. Elles se terminent le plus souvent par des défilés « mit klingendem Spiel » (musique en tête).

Enfin, la place de l’Opéra, le parvis de Notre-Dame et le jardin des Tuileries s’animent tous les dimanches au son de Wagner et de Strauss.

Au début de l’Occupation, les autorités allemandes organisent systématiquement des visites culturelles pour les permissionnaires : Versailles, le Louvre, l’Arc de triomphe. Le personnel militaire était même tenu, contre toute attente, de rendre les honneurs au tombeau du Soldat inconnu.

Un sentiment de quiétude envahit Paris pendant une bonne année : les touristes affluent, flânent et visitent. Mais les premiers attentats contre le personnel de la Wehrmacht (en été 1941) incitent les responsables à adopter des règles plus strictes : interdiction de se promener seul, surtout la nuit, mise en garde contre les relations trop intimes avec des Françaises (en public, les militaires allemands n’avaient pas le droit de tenir le bras d’une personne de sexe féminin).

          

 

 

 

              


Le « Paris bis zum Nacht » reprend ses activités, à la joie des autorités allemandes qui furent bien libérales en matière de cabarets et de boites de nuit. Les endroits les plus prisés comprennent Montmartre (dont les Grand Jeu et Tabarin), les Champs-Élysées et Montparnasse. Les spectacles du Moulin de la Galette et du Shéhérazade sont les plus prisés ; le champagne millésimé coule à flots.

2.3. Le pillage

Les allemands disposent de trois armes économiques : le tribut, l’accord de clearing et le cours forcé du Reichsmark. En effet, la France doit subvenir aux frais d’entretien des forces d’Occupation, et verser à ce titre :

·                     400 millions de francs par jour, de juin 1940 à mai 1941 ;

·                     300 millions de francs par jour, de mai 1941 à novembre 1942 ;

·                     500 millions de francs par jour, après l’occupation de l’ex-zone libre.



Quant à l'« accord de compensation » signé le 14 novembre 1940, il obligeait la Banque de France à financer le déséquilibre continu de la balance commerciale avec le Reich, alors que l’Allemagne n’exportait quasiment vers la France.

Enfin, le Reichsmark a été volontairement surévalué : 1RM = 20F (soit le double de sa valeur), ce qui octroyait aux membres de l’armée d’Occupation un pouvoir d’achat démesuré. Pour conserver cet avantage, il sera aussi exigé de conserver les prix à un niveau artificiellement bas.

Dans un premier temps, la Wehrmacht a donc tout pillé : les officiers et les soldats achètent tous les produits pour ensuite les envoyer de l’autre côté du Rhin. Les vins et la lingerie fine sont les plus prisés. Les produits luxueux qui font de Paris la capitale du raffiné et du bon goût, furent bradés aux allemands. En pénurie de matières premières, les allemands décident aussi de procéder à la fonte des statues de la capitale afin de récupérer les métaux non ferreux : le sergent Bobillot (qui s’est illustré dans les campagnes du Tonkin) et Victor Hugo n’ont pas été épargnés.

          Destruction des statues de Victor Hugo et du Sergent Bobillot 

par les allemands pendant la Seconde Guerre Mondiale.


Parallèlement à cette politique officielle, des bureaux d’achat clandestin se mettent en place, disposant d’une couverture commerciale et de protections efficaces. On les dénomma les « bureaux Otto », du nom d’un agent de l’Abwehr (service du contre-espionnage) qui avait monté la première officine dans la capitale. En vingt mois d’existence, l'officine va acheter les marchandises les plus diverses pour une somme évaluée à environ 50 milliards de francs (il faut multiplier par 60 pour obtenir les prix actuels en anciens francs)

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Commenter cet article

Dona 18/11/2016 13:20

bien mpn article !