Otto Skorzeny, ancien lieutenant-colonel de la Waffen-SS devenu un des espions les plus actifs du Mossad

Publié le par Bernard Gasnot

Chefs des commandos de Hitler » qui en dit long sur les œuvres de Skorzeny à la fois pendant la guerre mais surtout son parcours bien après. À la reddition allemande en 1945, il est emprisonné pour ses activités nazies mais il sera acquitté des charges retenues contre lui, ne purgera aucune peine et mourra à l’âge de 67 ans d’un cancer après de nombreux autres trafics, meurtres et exactions:

« Otto Skorzeny. Autrichien. Né à Vienne le 12 juin 1908. Mort à Madrid le 7 juillet 1975. « L’homme le plus dangereux d’Europe », l’instigateur du terrorisme international. C’est en 1943, après avoir combattu sur le front russe, qu’Otto Skorzeny entre dans les services secrets SS. Hitler lui confie alors la mission qui va le rendre célèbre dans le monde entier: retrouver et délivrer Mussolini, qui vient d’être renversé et de disparaître. Sa réussite spectaculaire lui vaut instantanément la confiance illimitée du Führer. Mais son histoire ne s’arrête pas avec la guerre.

Évadé en 1948 avec la bénédiction des Américains, il met sur pied une fantastique organisation baptisée ODESSA, qui s’emploie à la fois à récupérer les restes épars du trésor nazi, à protéger les anciens SS, à noyauter le gouvernement de la jeune République fédérale allemande, à répandre enfin dans le monde de nouvelles méthodes subversives et les idéaux du nazisme. Dès lors, Skorzeny est partout: gérant les portefeuilles de grandes sociétés allemandes, monopolisant des ventes d’armes, il est en Argentine, aux côtés de Juan et Evita Peron, en Egypte au service de Nasser, structurant ses forces militaires et policières, entraînant les premiers commandos palestiniens destinés à détruire Israël, contribuant largement à l’installation d’un complexe d’armement dirigé contre l’Etat hébreu. Plus passionnant que le plus captivant des romans « noirs », ce livre, riche en révélations, démontre et dévoile une stratégie globale à l’échelle internationale, menace non négligeable pour nos libertés.

Selon le quotidien Haaretz, Heinz Krug, un scientifique mystérieusement disparu en 1962, a été tué par Otto Skorzeny, un ancien Waffen SS de haut niveau débauché par les services secrets israéliens.

Selon une enquête menée par le quotidien israélien Haaretz, Heinz Krug, un scientifique allemand disparu en septembre 1962 alors qu’il collaborait avec les Égyptiens sur la conception d’armes, a été tué par un ancien officier nazi débauché par les services secrets israéliens. L’identité du tueur est révélée par le journal à partir d’entretiens avec d’anciens officiers du Mossad et des personnes ayant accès à ses archives: il s’agit d’Otto Skorzeny, un ancien lieutenant-colonel de la Waffen SS. Ce dernier est notamment connu pour avoir fait s’évader Mussolini en septembre 1943, ce qui avait permis à ce dernier de reconstituer un régime fasciste fantoche, la République de Salo –il avait aussi été envoyé à Vichy pour surveiller Pétain et empêcher que ce dernier ne parte en Afrique du Nord.

D’après les auteurs, le jour de sa disparition, Krug –lui-même ancien cadre du régime nazi puisqu’il avait partie de l’équipe de Wernher von Braun– devait rencontrer Skorzeny pour obtenir son aide alors qu’il faisait l’objet de menaces en raison sa collaboration avec les Égyptiens. C’est là qu’il a été sommairement exécuté, dans une forêt près de Munich, avant que son corps soit dissous à l’acide et enterré dans une fosse couverte de chaux. Une opération coordonnée à distance par Yitzhak Shamir, alors à la tête des opérations spéciales du Mossad et futur Premier ministre Likoud (1983-1984, 1986-1992).

«Quand des alliances de court terme pouvaient se révéler utiles, les Israéliens étaient disposés à dîner avec le diable si cela semblait nécessaire», écrit Haaretz. Acquitté par les Alliés de crimes de guerre en 1947, Skorzeny avait été maintenu en détention et s’échappa finalement en 1948. En 1962, après une approche rocambolesque du Mossad que l’article narre par le menu, il accepta de collaborer à condition (qui ne sera finalement pas remplie) que le chasseur de nazis Simon Wiesenthal retire son nom de la liste des fugitifs nazis les plus recherchés, ce qu’il voyait comme une incitation à l’assassiner.

L’implication d’Israël dans la déstabilisation de savants allemands collaborant avec le régime israélien (alias Opération Damoclès) était déjà connue des historiens, de même que la participation d’Otto Skorzeny à celle-ci. Dans leur livre Israël Secret Wars: A History of Israel’s Intelligence Services (1991), Ian Black et Benny Morris écrivaient ainsi que «traiter avec des vétérans SS dégoûtait les Israéliens, mais […] ils constituaient clairement une source à ne pas sous-estimer», comme le prouvent «les informations importantes au sujet de scientifiques allemands fournies par le légendaire colonel de commando Otto Skorzeny».

En revanche, l’ouvrage date son approche par le Mossad de début 1963, après l’enlèvement de Heinz Krug: il semble que l’implication de Skorzeny dans l’exécution de Krug n’avait pas été révélée jusqu’ici. À l’époque, Israël avait tenté de faire croire que le savant avait été enlevé par les Égyptiens eux-mêmes pour l’empêcher de traiter avec Tel-Aviv.

Comment le protégé d’Hitler a commencé à travailler pour le Mossad

Considéré comme un criminel de guerre, petit protégé d'Adolf Hitler en personne, Otto Skorzeny, lieutenant-colonel dans la Waffen SS, est aujourd'hui encore un bien mystérieux personnage. Son rôle pendant la guerre froide reste particulièrement obscur. Approché par la CIA pour sa connaissance des milieux nazis et fascistes, l'homme est finalement « tamponné » par le Mossad au début des années 60, dans des conditions qui relèvent du meilleur James Bond. Disponible à partir de jeudi dans les librairies et les grandes surfaces culturelles, le deuxième et passionnant numéro de la revue Sang-froid raconte qu'Otto Skorzeny est l'assassin du docteur Heinz Krug, un scientifique allemand embauché par l'Égypte pour mettre au point un programme secret de missiles stratégiques.

En 39-45, Skorzeny est un militaire zélé. Il s'engage rapidement dans la Wehrmacht et se montre d'une fidélité sans borne au Führer. Hitler le charge d'un certain nombre d'opérations sensibles qui feront sa renommée. La propagande nazie répandra notamment la rumeur que c'est lui, le jeune Otto, qui réussit l'exploit en 1943 de faire libérer Benito Mussolini des Abruzzes sans même tirer un coup de feu. Une version contredite par plusieurs historiens, mais qui contribuera largement à façonner sa légende. À la fin de la guerre, Skorzeny est présenté comme l'homme « le plus dangereux d'Europe ». Son histoire ne fait que commencer.

Une drôle de soirée de libertinage…

Après l'armistice, il trouve refuge dans l'Espagne de Franco et devient un indispensable relais pour les nazis en fuite. Ses activités le conduisent à voyager un peu partout dans le monde, mais surtout en Égypte, où il conseille plusieurs dignitaires du régime du roi Farouk. Il y fait la connaissance de scientifiques allemands qui se sont mis au service de l'armée égyptienne et qui participent à un programme militaire top secret. L'information n'échappe pas au Mossad qui va répondre à la menace par des assassinats ciblés. En 1960, Otto Skorzeny, qui joue les entremetteurs des puissances arabes, est placé en tête de la liste des personnes à abattre. Il le restera jusqu'à l'été 1961.

Cette année-là, le Mossad change d'avis et se met en tête… de le recruter. Lui, l'ancien nazi, va devenir un agent secret à la botte d'Israël. Un soir, alors qu'Otto Skorzeny boit des verres avec son épouse, un couple les séduit. Elle, Anke, terriblement attirante, lui, Yosef, beau parleur. Les deux sont en réalité des espions. Otto et sa femme se laissent approcher et convient le couple à leur domicile pour une soirée libertine. Arrivé à son appartement, l'ancien militaire SS met en joue Yosef, lui indiquant qu'il l'a démasqué. Les discussions commencent entre les deux hommes. Skorzeny affirme qu'il collaborera en échange d'une seule chose : que son nom soit rayé de la liste des criminels de guerre. « Je ne suis pas un criminel de guerre, dit-il, selon des propos rapportés par Sang-froid. [...] J'étais un simple soldat. »

Le docteur Heinz Krug assassiné

S'ensuivra une rencontre avec l'état-major du Mossad, une visite du Yad Vashem (le mémorial dédié à la mémoire des millions de juifs victimes de l'Holocauste), et une longue et fructueuse collaboration. Laquelle mènera notamment à l'assassinat du docteur Heinz Krug, le 11 septembre 1962. Ce jour-là, le scientifique allemand rejoint sa voiture, dans une rue du Caire, lorsqu'il croise la route d'Otto Skorzeny. Les deux hommes se connaissent et se jettent l'un l'autre dans les bras. Krug s'engouffre dans le véhicule de l'ancien haut gradé nazi sans savoir qu'il a retourné sa veste. Skorzeny lui tirera trois balles dans le corps, selon Sang-froid, qui a recueilli plusieurs témoignages en Israël. Le corps du scientifique sera ensuite aspergé d'acide, puis enterré.

Commenter cet article

timpouce 02/09/2016 17:16

ok

DEHEE 02/09/2016 15:12

Pourquoi ne pas citer votre source française, la revue Sang-froid, qui a publié une version plus complète que Haaretz de de cette enquête ?