2ème partie Les origines secrètes de la Première Guerre Mondiale  autre  info

Publié le par Bernard Gasnot

L’arme de propagande de l’Élite Secrète : la presse

Le contrôle de la politique n’a jamais été un problème, pas plus que celui de la presse.

Lord Northcliffe, le baron de la presse le plus puissant, fut d’une contribution très valable pour l’Élite Secrète en encourageant les calomnies envers l’Allemagne et en préparant la nation à une éventuelle guerre. Propriétaire du Times et du Daily Mail [deux journaux existant toujours aujourd’hui], il lui fut possible de créer l’impression que l’Allemagne était l’ennemie à abattre.

Article après article, le message du danger allemand pour l’empire britannique, pour les produits britanniques, pour la sécurité nationale britannique, allait être répété encore et encore. Tous les journaux ne suivirent pas, mais la presse de l’aile droite fut particulièrement virulente. Une grande et influente section de la presse britannique travailla pour cet agenda enragé conçu pour empoisonner les esprits de la nation. Il faisait partie d’une directive de propagande soutenant à fond la première guerre mondiale et ce pendant toute sa durée. Si le Times était leur base intellectuelle, les quotidiens populaires répandirent comme parole d’évangile une haine anti-germanique parmi les classes laborieuses. Entre 1905 et 1914, des récits d’espionnage et des articles anti-allemands frisèrent la démence dans une tentative scandaleuse de générer peur et ressentiment.

L’exploitation des colonies pour la chair à canon

Sir Alfred Milner se mit à l’écrasante tâche de préparer l’empire à la guerre. La Grande-Bretagne possédait une petite force expéditionnaire hautement entraînée, mais l’empire restait une vaste source inexploitée avec plus de six millions d’hommes en âge de faire la guerre. Milner savait que lorsque la guerre arriverait, il devait être certain que l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Canada se tiennent aux côtés de la Grande-Bretagne.

Une conférence coloniale fut organisée à Londres en 1907 pour rassembler l’empire autour de l’Union Jack [le drapeau du Royaume-Uni].Le premier ministre australien, Alfred Deakin, fut la première cible de Milner. Ils partagèrent une tribune au Queen’s Hall pendant laquelle Milner loua Deakin et l’engagement de l’Australie pour l’empire et il insista sur les liens raciaux et la loyauté qui liaient les deux nations. Ils adoptèrent un plan pour définir un territoire militaire aligné avec l’armée britannique réorganisée afin que l’Australie puisse être intégrée « en cas d’urgence ». Ce qui conduisit à la réorganisation complète des forces australiennes et néo-zélandaises.

Le Canada avait de même une énorme réserve de jeunes hommes et en 1908 Milner entreprit une tournée par chemin de fer d’une côte à l’autre en faisant l’éloge de l’esprit canadien, de son patriotisme et de sa loyauté à l’empire. En juin 1909, il mit toute son énergie dans une conférence de presse à Londres qui rassembla plus de 60 propriétaires de journaux, des journalistes et des écrivains, tous venus des quatre coins de l’empire. Tous les efforts furent faits pour impressionner l’auditoire par d’abondants compliments et une hospitalité somptueuse. Il était déterminé à rallier le soutien de l’empire envers la mère patrie en temps de guerre. Voyageant en train privé, les hôtes visitèrent des usines d’armement à Manchester et un chantier naval à Glasgow où étaient construits des destroyers pour l’Australie. Des diplômes honorifiques furent décernés à plusieurs journalistes renommés du Canada, d’Australie, d’Inde et d’Afrique du sud.

Lors d’une allocution d’ouverture, Lord Rosebery, membre de l’Élite Secrète, avertit que jamais auparavant dans l’histoire du monde n’avait existé de « préparation aussi écrasante pour une menace de guerre ». Bien que le nom de l’Allemagne n’ait pas été cité, on pouvait déduire clairement que le Kaiser se préparait à la guerre et que la Grande-Bretagne et l’empire devaient rapidement être prêts. Lord Rosebery fit appel aux délégués « pour ramener dans leurs jeunes territoires au-delà des mers » le message que « le devoir personnel de défense nationale repose sur tous les hommes et tous les citoyens de l’empire ». Milner envoya plus tard ses acolytes les plus dignes de confiance pour organiser des groupes d’influence locaux à travers l’empire. Leur message répétait le mantra de loyauté, devoir, unité et avantages de l’empire… l’empire… l’empire. Dans une analyse finale, l’Australie mit sa marine sous commandement britannique et un total de 332.000 australiens allèrent à la guerre. La Nouvelle-Zélande envoya 112.000 hommes. L’empire fit « son devoir », pourtant qu’avez-vous entendu dire sur Lord Alfred Milner ?

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Un assassinat bien opportun

Deux conditions devaient être remplies avant que l’Élite Secrète puisse démarrer sa guerre.D’abord, la Grande-Bretagne et l’empire devaient être prêts. Puis, pour faire porter le blâme sur l’Allemagne, il fallait qu’on la pousse à faire le premier pas. L’assassinat de l’héritier du trône austro-hongrois, l’archiduc François-Ferdinand, le 28 juin 1914, fournit le prétexte d’une monstrueuse manipulation. On l’a souvent cité comme la cause de la première guerre mondiale. Quelle sottise. Ce n’était en soi qu’un autre assassinat politique dans une époque de meurtres de ce genre. La responsabilité en revenait à un groupe d’officiers serbes qui entrainèrent, armèrent et assistèrent les assassins et le châtiment autrichien fut généralement accepté comme une réaction valable. Ce que nous avons démontré dans notre livre Hidden History (L’histoire cachée), est que des connexions liaient des serbes, l’ambassadeur russe à Belgrade, le ministère des Affaires Étrangères de Saint-Pétersbourg et l’Élite Secrète de Londres. L’Autriche demanda au gouvernement serbe de prendre des mesures spécifiques contre les auteurs du crime et d’autoriser la participation de l’Autriche dans l’enquête. La Serbie refusa. La Russie, ayant adopté le faux rôle de protecteur, exprima son total soutien à la Serbie.

À Londres, l’Élite Secrète attisa à dessein les antagonismes pour déclencher une crise. Quand la Serbie et l’Autriche réglèrent mutuellement leurs comptes avec le risque d’un conflit localisé, la Russie, avec le plein appui de Londres et de Paris, commença en secret à mobiliser ses massives troupes sur la frontière orientale de l’Allemagne. Tout le monde savait que dès lors qu’une mobilisation générale d’une armée a démarré, cela signifiait une guerre et qu’il n’y avait pas de retour en arrière. L’Allemagne fit face à l’invasion le long de sa frontière de l’est et, pendant que l’armée française se mobilisait vers l’ouest, le Kaiser fit plusieurs vaillantes tentatives pour persuader son cousin le tsar de retirer ses armées. Sachant pertinemment que la France avait promis de se joindre à la Russie immédiatement et que la Grande-Bretagne, bien que n’admettant pas ouvertement sa collusion, était secrètement engagée dans la guerre, le tsar refusa. Le rêve russe de prendre Constantinople pourrait au moins être réalisé.

Acculée et contrainte à une guerre défensive, l’Allemagne fut la dernière puissance européenne à mobiliser son armée. Pour s’occuper des français qui avaient secrètement mobilisé à l’ouest, le Kaiser ordonna que l’armée allemande pénètre en France en passant par la Belgique. Il n’avait guère d’autre option. L’Europe continentale était en guerre.

L’Élite Secrète observait et attendait.

Alors que des préparations concertées pour la guerre étaient au point depuis 1905, elles avaient été tenues si secrètes que seuls cinq membres sur vingt du ministère du gouvernement britannique avaient connaissance des agissements de la Grande-Bretagne. Sir Edward Grey s’adressa à la Chambre des Communes le 3 août et promit qu’aucune action ne serait entreprise sans l’approbation du parlement, cette approbation ne fut pourtant jamais mise aux voix. Le point central de son argumentation était la neutralité belge alors qu’il savait parfaitement qu’une telle neutralité était une grotesque comédie. Parmi d’autres, l’écrivain américain Albert J. Nock révéla ensuite que la Belgique avait été une alliée secrète mais solide de la Grande-Bretagne, de la France et de la Russie longtemps avant août 1914. La fiction de la neutralité belge fournit une excuse légale et populaire pour que la Grande-Bretagne déclare la guerre à l’Allemagne le 4 août 1914. Sir Edward Grey, en loyal serviteur de l’Élite Secrète, engagea l’empire britannique dans la guerre.

Des preuves documentaires détruites et l’histoire falsifiée

Depuis un siècle les faits ont été déformés et falsifiés par les historiens de cour. Les membres de l’Élite Secrète prirent particulièrement soin d’effacer les traces de leur conspiration et lettres, télégrammes, rapports officiels et minutes de cabinet qui auraient révélé la vérité, ont disparu. Les courriers reçus et envoyés par Alfred Milner furent éliminés, brûlés ou sinon détruits. Les lettres compromettantes envoyées par le roi Édouard VII furent soumises à un ordre spécifiant qu’à sa mort, elles devaient être immédiatement détruites. Lord Nathan Rothschild, un membre fondateur de l’Élite Secrète, ordonna pareillement que ses notes et sa correspondance soient brûlés après son décès par crainte que son influence politique et son affiliation ne soient connues. Comme l’a commenté son biographe officiel, on ne peut que « se demander à quel point le rôle politique de Rothschild est resté irrévocablement caché à la postérité ».

Le Pr Quigley a pointé un doigt accusateur sur ceux qui ont monopolisé « si complètement la rédaction et l’enseignement de l’histoire de leur propre époque ». Il n’y a aucune ambivalence dans son accablante accusation. L’Élite Secrète a contrôlé les écrits et l’enseignement de l’histoire grâce à de nombreux canaux, mais aucun ne s’est montré aussi efficace que l’université d’Oxford. Ils contrôlaient le Dictionnaire de Biographie Nationale, ce qui voulait dire que l’Élite Secrète rédigeait les biographies de ses propres membres. Ils ont créé la propre histoire officielle de leurs membres clé à l’attention du public en éliminant toute preuve compromettante et en leur fabriquant la meilleure apparence civique possible. Ils ont financé de nouvelles chaires d’histoire, de politique, d’économie et, comble d’ironie, d’études sur la paix.

C’est par une méthodique conspiration que le gouvernement britannique a camouflé toute trace de ses tortueuses machinations. Les mémoires officiels relatant les origines de la guerre ont été minutieusement décortiqués et censurés avant publication. Les archives gouvernementales de juillet 1914 parlent presque exclusivement de l’Irlande, sans aucune mention de la crise mondiale imminente. Aucun effort n’a été fait pour expliquer l’absence d’archives aussi cruciales. Au début des années 1970, l’historien canadien Nicholas d’Ombrain a noté que les archives du ministère de la guerre avaient été éliminées. Il réalisa durant sa recherche que presque les trois quarts des dossiers « sensibles » avaient été enlevés. Pourquoi ? Où sont-ils allés ? Qui a autorisé leur déplacement ? Ont-ils été envoyés à Hanslope Park, l’entrepôt du gouvernement entouré de barbelés derrière lequel plus d’un million de dossiers secrets, dont une bonne partie concerne la première guerre mondiale, restent cachés aujourd’hui ? Chose incroyable, ce n’est pas le pire épisode de larcin et d’imposture.

Herbert Hoover, l’homme qui était à la tête de la Belgian Relief Commission et devint plus tard le 31ème président de l’Amérique, était en lien étroit avec l’Élite Secrète. Ils lui confièrent l’importante tâche d’éliminer d’Europe des preuves compromettantes, tout en lui conférant une apparence de respectabilité. Hoover persuada le général John Pershing de détacher 15 professeurs d’histoire et environ 1000 étudiants au service des Forces Américaines en Europe et de les envoyer, en uniforme, dans les pays que son agence entretenait. De la nourriture d’un côté et des paroles rassurantes de l’autre, ces agents ne rencontrèrent que peu de résistance. Ils trouvèrent les bons contacts, « fouinèrent » pour découvrir des archives et ils en dénichèrent tellement que Hoover « fit rapidement rapatrier les documents aux US en tant que ballast pour les bateaux d’aide alimentaire repartant à vide ».

Enlever les documents d’Allemagne présenta quelques problèmes. Quinze chargements de matériel furent saisis, dont « les minutes secrètes intégrales du Conseil de guerre allemand » – un « cadeau » de Friedrich Ebert, le premier président de la république allemande après la guerre. Hoover expliqua qu’Ebert était « un radical n’ayant aucun intérêt dans le travail de ses prédécesseurs », mais que l’homme affamé échangerait même son droit de naissance pour de la nourriture. Où se trouve aujourd’hui la preuve vitale de la culpabilité de l’Allemagne dans la guerre, si tel est bien le cas ? S’il y avait eu des preuves, elles auraient été publiées immédiatement. Il n’y en a eu aucune. Ce qu’on a dissimulé ou détruit ne sera jamais connu et c’est un fait étonnant que si peu d’historiens de la guerre, voire aucun, n’aient un jour relaté ce vol manifeste des documents européens : des documents qui se réfèrent probablement à l’un des évènements le plus décisif dans l’histoire de l’Europe et du monde. Pourquoi ?

On peut trouver des preuves de toutes les déclarations de cet article dans notre livre. Nous avons de plus écrit régulièrement des articles sur notre blog [en anglais, ICI] depuis juin 2014 sur ce qui s’est passé il y a un siècle, mais pas l’histoire pré-emballée que le gouvernement britannique voudrait nous voir gober. Parmi les « récits » mensongers dérangeants, il y a la scandaleuse campagne de Gallipoli [la guerre du détroit des Dardanelles], une « distraction » sordide et indigne qui résulta en tragiques conséquences pour tant de jeunes garçons de l’Anzac [Australian and New Zealand Army Corps, corps d’armée australien et néo-zélandais].

Quelques historiens se sont demandés pourquoi l’attaque sur les détroits avait été si mal supervisée, mais nous allons plus loin, beaucoup plus loin. Nous prouvons que le désastre de Gallipoli n’était pas dû à un mauvais jugement de Londres ou à l’incompétence des chefs sur place. Des jeunes hommes venant de Grande-Bretagne, de France, d’Australie et de Nouvelle-Zélande furent sacrifiés vainement sur les plages et collines maudites des Dardanelles pour servir un but très différent. Gallipoli était délibérément conçu pour échouer.

Après un siècle de propagande, de mensonges et de lavage de cerveau à propos de la première guerre mondiale, le paradoxe nous met trop mal à l’aise pour supporter la vérité, que ce fut un petit groupe socialement avantagé de patriotes anglais autoproclamés, soutenu par de puissants industriels et financiers de Grande-Bretagne et des Etats-Unis, qui furent la cause de la première guerre mondiale. La détermination de cette Élite Secrète basée à Londres à détruire l’Allemagne et prendre le contrôle du monde fut finalement responsable de la mort de millions d’honorables jeunes gens qui furent trahis et sacrifiés dans une boucherie sans nom pour faire avancer une cause ignominieuse.

Aujourd’hui, des dizaines de milliers de monuments aux morts à travers le monde sont les témoins du grand mensonge, de la trahison, de ces morts pour « la plus grande gloire de Dieu » et « la liberté ». C’est un mensonge qui les rend prisonniers d’un mythe. Ils furent des victimes. On se souvient d’eux à travers des listes sans âme érigées pour cacher le vrai but de la guerre. Ce qu’ils méritent, c’est la vérité et nous ne devons pas faillir à ce devoir par égard pour eux.

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