De tout temps … les lois sociales ont fait hurler les patrons !

Publié le par Bernard Gasnot

Dans l’histoire politique de la France, l’arrivée de la gauche au pouvoir a toujours comporté d’importantes conquêtes sociales. Ce fut le cas du Front Populaire à la Libération, en 1981 et même sous le gouvernement Jospin en 1998, avec

L’abaissement de la durée légale du temps de travail hebdomadaire à 35 heures. Certes les sociaux-démocrates, à la manœuvre presque malgré eux, y ont été poussés par le mouvement populaire et, l’idéologie réformiste du compromis reprenant le dessus, des reculs n’ont pas tardé à se manifester :

  • Blum décrète la « pause » en 1937, les ministres communistes sont chassés du gouvernement Ramadier dès 1947.
  • Mitterrand prend, en 1983, le « tournant de la rigueur » qui n’est que l’euphémisation de la capitulation devant les marchés financiers .Mitterand déjà supprime les conventions collectives et sabre les mutuelle malgres qu’on commence une hibernation collection dura jusque en 2016
  • Jospin renonce lamentablement avec son « l’Etat ne peut pas tout » face à ce qui serait une fatalité du capitalisme…

C’est cependant la première fois que l’accession de la gauche -ou supposée telle- à la tête de l’Etat non seulement n’a généré aucun acquis social nouveau mais a, au contraire, permis de théoriser et mettre en pratique une authentique politique de régression sociale, allant jusqu’à tirer de la naphtaline une vieillotte « loi de Say » du début du XIXème siècle travestie en « socialisme de l’offre » pour justifier 40 milliards de cadeaux au patronat.

Et ce patronat du coup, devenu la catégorie la plus « assistée » de la société, n’en finit plus de fulminer et de réclamer toujours plus, faisant du chantage à l’emploi et rejetant toutes responsabilités sur les autres. Jusqu’à l’outrecuidance d’exhiber une pseudo « souffrance » en quelques attroupements où le ridicule le dispute à l’impudence, où même le buraliste du coin, entre lodens et fourrures, se prend pour feu Christophe de Margerie et s’enivre de croire avoir les mêmes intérêts que des grandes entreprises et des banques qui le grugent et le méprisent. Ce sont des attaques en règle, violentes, incessantes, contre tout ce qui peut être une protection contre la toute-puissance patronale :

La justice du travail, « justice des pauvres et parente pauvre d’une justice elle même pauvre », comme dit Pierre Joxe, est attaquée et les prudhommes mis en cause du fait même de la faiblesse des moyens qui leur sont attribués. Là on ne dit rien

L’inspection du travail, garante du respect du code du travail, est mise au pas et en voie de démantèlement. Là on ne dit rien

La médecine du travail, chargée de veiller sur la santé des salariés, doit être, sur injonction directe du MEDEF, réduite, sous prétexte de simplification, à sa plus simple expression. Là on ne dit rien

Comble de bassesse, M. Gattaz se gausse de la pénibilité au travail et ose proférer qu’avec la reconnaissance de la pénibilité « on donne le signal à nos jeunes, à nos salariés, que le travail est pénible » ! Sans blague ! Crétinisme ou cynisme, allez savoir… Pour M. Gattaz, comme la guerre, la vie au travail est toujours fraîche et joyeuse. La lutte la plus emblématique porte sur la durée du travail. Sa diminution constante est une donnée anthropologique avérée. Ainsi que le rappellent les économistes G. Colletis et P. Griou, « les êtres humains pour mieux vivre ont toujours cherché à économiser du temps de travail ou à travailler moins pour un même résultat ». Et pourtant les lois sociales qui y contribuent ont de tout temps fait hurler les patrons : Là on ne dit rien

  • 1841 : interdiction du travail des enfants de moins de 8 ans et limitation à 8 heures pour les 8-12 ans. Une entrave insupportable à la liberté d’entreprendre !
  • 1874 : interdiction du travail des enfants de moins de 12 ans. « Une contrainte inapplicable empêchant de « libérer l’activité » ! »
  • 1906 : instauration d’un repos hebdomadaire de 24 heures. « Une prime à la paresse ! »
  • 1919 : journée de travail de 8 heures, durée hebdomadaire fixée à 48 heures. « Ignorance des lois de l’économie ! »
  • 1936 : semaine de 40 heures et congés payés. « Encouragement de l’alcoolisme et incitation à la licence chez les femmes des basses classes ! »
  • 1998 : durée de la semaine de travail ramenée à 35 heures. « Catastrophe économique et haine de la réussite ! »

C’est toujours le même discours que tiennent les patrons, le pur discours d’une lutte des classes que par ailleurs ils nient. Un discours archaïque et rabâché, forgé par l’arrogance et la cupidité, le mensonge et la vanité…

conclusion

Et là en 2016 sort de notre hivernation le mal est l’otan revient en France en force, puis de code de travail est remplacé par le code patronal, les 35 qui s’envole, les mutuelles prives qui poussent, 2017 ils s’attaquent à la sécurité sociales vers le privé a croire que les moutons francais adorent le système americain

Il y à temps c’est les Allemands qui nous bottaient le CUL, maintenant c’est les Americains on doit aimer se faire botter le CUL

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