1. Premières implantations et colonies americaines

Publié le par Bernard Gasnot

1. Premières implantations et colonies americaines

"Heaven and earth seemed never to have agreed better for man's commodious and delightful habitation. «Captain John Smith

"Le Ciel et la terre ont semblé ne jamais avoir été d'accord mieux pour l'habitation spacieuse et délicieuse de l'homme." Capitaine John Smith

En 1492, la découverte des "Indes occidentales" (appelées aussi les Indes, qui est le nom donné par les conquistadores espagnols à l’Amérique), révolutionne la perception du monde en Occident. Le cosmographe allemand Martin Waldseemüller (1470-1521) baptisera ces territoires aux contours encore flous "Amérique", en 1507, en hommage au navigateur florentin Amerigo Vespucci (1454-1512) qui dans une lettre décrit quatre voyages qu'il aurait fait vers le Nouveau Monde. En septembre 1504, il publie une lettre, "Mundus Novus", dans laquelle il prétend avoir touché le premier le continent en 1497. Le moine géographe de Saint-Dié, Waldseemüller, publia son "Ptolemaei Geographia" d'après une série de portulans sur lesquels les nouvelles découvertes géographiques étaient indiquées. Il applique pour la première fois le nom "America" au Nouveau Monde et plus précisément à la partie méridionale; "du nom Amerigo de son découvreur, Amerige en tant que terre d'Amerigo, ou America, puisque l'Europe et l'Asie ont acquis leur nom de personnages féminins". Au moment d'écrire ce texte Waldseemüller n'était pas encore informé du rôle de Christophe Colomb dans la découverte du Nouveau Monde. Trompé par Amerigo Vespucci, il dessina un globe terrestre et une carte du monde à plat, le Nouveau Monde : "Americi Terra". Lorsqu'il voulut corriger l'erreur, il était trop tard, le nom était déjà largement diffusé.

Un autre continent, inconnu jusqu'alors, mais dont l'existence était envisagée par certains, s'offre aux Européens. Il va enflammer leurs esprits, jusqu'à ce que les premiers colons viennent le peupler et le piller, après avoir décimé les populations indigènes.

Découvreurs et explorateurs des Amériques et des Antilles

De 1492 à 1585, c'est la période pendant laquelle les premiers européens arrivent en Amérique du Nord

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Plusieurs siècles après les expéditions des Scandinaves, l'Amérique caraÏbe est découverte en octobre le 12 octobre 1492 par le Génois Christophe Colomb(1451-1506), parti à la recherche d'une route maritime occidentale vers les Indes fabuleuses. En 1492, deux mille tribus d'Indiens peuplaient le continent américain. Lui-même à bord de la "Santa Maria", il arriva aux Bahamas (sur l'île Guanahami rebaptisée San Salvador) et en fait ne mit jamais les pieds sur le territoire continental des États-Unis. Les deux frères Pinzon commandaient les deux autres caravelles, la "Pinta" et la "Nina" qui accompagnaient Christophe Colomb.

Christophe Colomb effectua trois autres voyages en 1493, 1498 et 1502 et sera suivi par de nombreuses "sentinelles du nouveau monde".

C'est le 24 juin 1497, que l'italien Giovanni Cabotto (Jean Cabot), accompagné de ses fils, mandaté par le roi Henri VII d'Angleterre, touche l'île de Cap Breton, longe le Labrador, et atterrit sans doute à Terre-Neuve. Il est à l'origine de la colonisation anglo-saxonne en Amérique du Nord. Cabotto fera un autre voyage en 1498. L'intérêt des Européens pour le Nouveau Monde est né. Il ne va plus jamais se démentir. Dans le sillage de Cabot, tout au long du XVIe siècle, navigateurs portugais, britanniques, italiens, espagnols et bien sûr français multiplient les expéditions outre-Atlantique, tandis que baleiniers et morutiers bretons, normands ou basques exploitent déjà les bancs de poissons au large de Terre-Neuve.

En 1524, le florentin Giovanni da Verrazano (1481-1528) , voyageant sous pavillon français pour le compte de François Ier, aborde la côte atlantique Est de l'Amérique du Nord, il remonte vers l'estuaire de l'Hudson, site actuel de New-York qu'il baptisa du nom de "Terre d'Angoulème", en l'honneur de François Ier qui était comte d'Angoulème avant de monter sur le trône. De retour à Dieppe, il donne aux terres littorales qu'il a explorées le nom de Nouvelle-Gaulle (c'est à dire Nouvelle-France). Le voyage de Verrazano reste, toutefois, sans lendemain. On utilisera par la suite le nom de Nouvelle-France pour identifier ces nouvelles terres du nord-est de l'Amérique.

L'aventure s'est poursuivie avec les Voyages de Jacques Cartier qui effectua trois voyages vers le Canada. Il est probablement déjà allé au Brésil avec Verrazano en 1524 et 1528. Le célèbre malouin part de Saint-Malo, sur ordre de François Ier, pour son premier voyage en 1534-1535. Il parcourt le golfe du Saint-Laurent, débarque à Gaspé, et ramène en France, deux enfants amérindiens

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Lors de son deuxième voyage en 1535, Jacques Cartier, explore l'estuaire du fleuve Saint Laurent, il fait connaissance avec le fabuleux royaume du Saguenay. Plus loin Cartier arrive aux villages de Stadaconé (actuel Québec) puis de Hochelaga (actuel Montréal), "et au milieu de ces campagnes est située ladite ville d'Hochelaga tout près d'une montagne qui est tout autour.... nous nommâmes cette montagne Mont Royal"....

En 1541, Jacques Cartier est envoyé en mission pour un troisième voyage sur les terres du Nouveau Monde où il croit découvrir or et diamant. Les joyaux ne sont que pyrites et micas. Cartier établit une colonie, Charlesbourg-Royal, à l'embouchure de la rivière du Cap-Rouge. Le protestant Jean-François La Rocque de Roberval, en changera le nom l'année suivante en celui de France-Roy, France-Prime (actuel Saint-Laurent) désignant la section du fleuve comprise entre l'Ïle d'Orléans et Cap-Rouge. La tentative coloniale de Roberval fut désastreuse pour lui-même, pour le Canada et même pour Jacques Cartier. En 1728, le danois Vitus Bering explore l'océan Arctique

Periode espagnole les conquistadors

Dès la première moitié du XVIe siècle, les Espagnols pénétrèrent sur le territoire actuel des États-Unis, mais sans s'implanter de façon durable.

En 1499, Vincente Yanez Pinzon (ancien compagnon de Colomb) découvre les côtes du nord du Brésil, le golfe de Paria, l'estuaire de l'Amazone.

La même année Alonso de Ojeda (il commandait un navire lors de la deuxième expédition de C. Colomb) et Vespucci atteignent La Guyane et le Vénézuéla. En 1508 il devient gouverneur de la Nouvelle Andalousie (l'actuelle Colombie).

Le 22 avril 1500, Pedro Alvarez de Cabral est considéré comme le principal découvreur du Brésil (nommé ainsi à cause de sa richesse en bois).

En 1500, Diego de Lepe visite la partie Sud du Brésil.

Vers 1501, Gaspar Corte Real disparaît après avoir exploré le Labrador et le détroit de Belle Isle.

En 1508, Alonso de Ojeda devient gouverneur de la Nouvelle Andalousie (l'actuelle Colombie) et colonise le golfe de Darien (Panama). Diego Velasquez assisté de Pànfilo de Narvàez conquiert Cuba en 1511 et fonde la Havane le 25 juillet 1515.

En 1513, une poignée d'hommes dirigés par l'espagnol Juan Ponce de Léon, partis de Porto Rico, débarquent en Floride dans le golfe du Mexique, non loin du site de la ville de Saint Augustine.

Le 25 septembre de la même année, Vasco Nunez de Balboa est le premier européen à découvrir, depuis le sommet d'une colline au niveau du golfe d’Uruba (Panama), une mer inconnue qu'il nomme la Mer du Sud. C'est le portugais Magellan qui la baptisera "Pacifique" en 1520, en hommage à la clémence de ses eaux.

En 1515, Juan Diaz de Solis découvre et explore le Rio de la Plata; il meurt mangé par les Indiens.

En août 1520, Hernan Cortès débarque sur la côte du Yucatan et reste seul maître du Mexique aztèque.

D'où viennent les mustangs

Les conquistadors qui accompagnent Cortès amenèrent avec Eux onze chevaux et six juments. La légende veut que certains d'entre eux se soient échappés. Ils seraient les premiers ancêtres des mustangs, ces chevaux retournés à l'état sauvage, issus de croisements entre des Andalous et des Barbes. Le nom vient du mexicain "mestengo" qui signifie bétail errant. Cet animal inconnu sur le continent du Nouveau Mon domestiqué par les Indiens qui ne connaissaient pas le cheval et en eurent d'abord très peur.

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Mais les Indiens comprirent assez rapidement que le mustang pouvait être un atout décisif, que ce l'avènement de l'automobile. Les robes varient d'une région d'origine à l'autre, mais le type principal comporte beaucoup de louvet, de rouan, de gris souris et isabelle. La queue, les crins et les extrémités sont noires. On leur donne des noms différents selon les régions : Mustang dans le Texas et le Nouveau-Mexique, chevaux sauvages du Wyoming, Broncos ou Broncs dans le nord, Cayuse à l'extrême nord, poneys du Texas.

Le mustang est, en principe, maintenant protégé. Il est illégal de l'abattre ou de l'empoisonner. Cependant, en 2005, le programme du Bureau américain de la gestion des terres contrôlant la population de mustangs est modifié et permet désormais la vente pour l'abattage de certains chevaux âgés de plus de 10 ans intéressaient moins. C'est ainsi que de nombreux chevaux retournèrent à la liberté, constituant. Soit pour la chasse ou pour la guerre. Les guerriers possédaient plusieurs chevaux, certains chefs plusieurs dizaines. Ils se procuraient facilement de nouvelles montures par le troc ou le vol, et relâchaient les sujets qui les des troupeaux dont le territoire s'étendit progressivement jusqu'aux frontières du Canada. Ils ont été abandonnés après la quasi disparitions des Indiens La conquête espagnole de la partie sud de l'Amérique du Nord est la conséquence d'une forte supériorité technique; les Espagnols possèdent en effet des armes à feu, notamment des canons ainsi que des chevaux. Ce succès est par ailleurs facilité par les luttes internes qui divisent les Indiens. Cortés atteint la région de Basse-Californie vers 1535.

En 1526, l'Espagnol Lucas Vallez de Ayllon fonda un établissement en Caroline du Sud, lequel fut abandonné quelques mois plus tard. Cabeza de Vaca (Alvar Nuñez) prit part en 1528 avec Panfilo de Narvaez à la conquête de la Floride; puis en 1541 débarque au sud du Brésil.

En 1531 débute la conquête du Pérou Inca par Francisco Pizzaro avec ses 180 soldats et 30 chevaux. En 1532, Pizarro et ses compagnons font la démarche téméraire de rencontrer l'empereur Inca à Cajamarca. Le 30 mai 1539, Hernando de Soto ancien compagnon de Pizzaro et ses hommes débarquent sur le Nouveau Monde à Espiritu Santo (l'actuel Tampa Bay, États-Unis). Parti de la Havane pour explorer le Sud-Est des États-Unis jusqu'au Mississippi qu'il découvre en 1541; mais il meurt un peu plus tard, après avoir affronté durement certaines tribus Indiennes qui avaient été mal traitées par Pánfilo de Narvaez.

Francisco Vasquez de Coronado explore, de 1540 à 1542, le sud-ouest des actuels États-Unis, dans la région des Pueblos (le Gran Canyon et le Kansas).

Implantation espagnole

Enfin Pedro Menéndez de Avilés fondateur de la plus ancienne colonie européenne permanente établie le 8 septembre 1565 à Saint Augustine en Floride .Grâce aux découvertes des Espagnols et des Portugais, l'Europe commence à connaître le continent appelé "Amérique ".Les richesses exploitées par l'Espagne aux Caraïbes, au Mexique et au Pérou firent naître la convoitise des autres nations européennes. Sur le sol d'Amérique du Nord, les nouveaux immigrants voyagent, explorent, découvrent et se querellent.

Dès 1580, le roi d'Espagne créa la Floride occidentale (l'Alabama actuel) et la Floride orientale (la Floride actuelle). Santa Fe fut également fondée au début du XVIIe siècle (1610) dans l'actuel État du Nouveau-Mexique. Les Espagnols étendirent ainsi leur domination sur les territoires qu'on appelle aujourd'hui la Floride, le Texas, la Californie, puis sur une grande partie de l'ouest des États-Unis.

Après le traité de Paris de 1763, les Espagnols acquirent en plus toute la Louisiane française. Ainsi, les Espagnols ont occupé, durant longtemps, une grande partie du territoire américain actuel. Ils ont laissé généralement les autochtones parler leurs langues ancestrales et ne s'opposèrent jamais à ce que, en Louisiane, les Français, Canadiens et Acadiens puissent continuer à parler le français; ils construisirent même leurs écoles et employèrent le français dans l'Administration de la Louisiane. D'ailleurs, l'Espagne a toujours eu l'art d'envoyer des gouverneurs très compétents (sauf le premier : Antonio de Ulloa y de la Torre).

On se rend bien compte que toute la toponymie du sud-ouest des États-Unis est héritière de cette colonisation espagnole : Alamo, Alcatraz Island, Boca Raton, California, Cape Canaveral, Colorado, El Paso, Florida, Fresno, La Brea, Las Cruces, Las Vegas, Los Angeles, Los Gatos, Miguel, Montana, Nevada, Palomar, Puerto, San Antonio, San Carlos, San Diego, San Francisco, Sangre de Cristo Mountains, Santa Fe, Sierra Navada, etc. Une bonne partie de la population du sud et de l'ouest des États-Unis provient de ces anciennes colonies espagnoles.

Dès le début, les Français manifestent un intérêt certain, mais irrégulier, pour l'Amérique. Velléitaire, la Monarchie concentre ses faibles efforts sur l'estuaire du fleuve Saint-Laurent. De ce fait, les immenses étendues de terre situées entre le golfe du Mexique et les Grands Lacs vont longtemps rester méconnues. Et quand les colons français voudront s'étendre vers le Sud, dans la vallée du Mississippi, trop peu soutenus par la métropole, ils manqueront de moyens humains et matériels et, finalement, devront abandonner de très vastes territoires aux Espagnols et aux Britanniques

Nouveau monde « refuge » pour les huguenots

Alors que la France sombre dans de sanglantes guerres de Religion, l'amiral de Coligny, calviniste, décide de créer en Amérique un lieu d'asile, un "refuge", pour les Huguenots qui, depuis l'Édit de Châteaubriant (1551), sont jugés hérétiques et emprisonnés quand ils refusent d'abjurer le protestantisme. Malgré l'échec de la "France Antarctique" de Villegaignon au Brésil (1555), Coligny n'abdique pas. En 1562, en accord avec la régente Catherine de Médicis, il charge un Huguenot dieppois, Jean Ribault (1520-1565), de fonder une colonie sur la côte orientale de l'Amérique du Nord. C'est en Terra Florida qu'il accoste le 30 avril 1562. Le chef de l'expédition fait construire, près de la ville actuelle de Jacksonville, un fort qu'il baptise Fort Caroline, en l'honneur du roi de France Charles IX (1560-1574).

Ribault décide alors de retourner en France afin d'en rapporter des renforts. Parvenu à Dieppe en juillet, il débarque les deux Indiens qu'il a emmenés avec lui. Hélas, la guerre civile (de Religions) fait rage dans le royaume, si bien que Ribault doit s'exiler en Angleterre. Pendant ce temps, l'établissement huguenot de Floride périclite. Dissensions intérieures et famine mettent un terme à l'expérience durant l'été. En France, la paix d'Amboise (1563) met un terme très provisoire au conflit entre Catholiques et Protestants. Coligny en profite pour relancer son projet de colonisation. Charles IX l'autorise à armer trois navires, le Breton, l'Elisabeth et le Faucon, afin d'aller porter secours aux Huguenots, dont on est sans nouvelles depuis le retour de Ribault. René de Laudonnière reçoit le commandement de l'expédition qui quitte Le Havre en avril 1564.

L'arrivée de renforts, l'année suivante, sous le commandement de Ribault, n'offre qu'un bref répit aux Huguenots. En effet, les Espagnols, présents en Floride depuis le début du siècle, voient d'un très mauvais œil la présence de Français, huguenots de surcroît, dans la zone. Si bien qu'une armada de quinze navires, armés par 2.600 hommes, sous le commandement de Pedro Menendez de Avilès, se présente à l'embouchure du fleuve Saint-Jean, le 3 septembre 1565. Les Castillans assiègent la colonie française. Ils construisent un fort à San-Agostini, à partir duquel ils attaquent Fort-Caroline. Ribault décide, alors, de sacrifier ses sept navires dans un combat naval perdu d'avance. Mais, sitôt appareillée, la flotte française est jetée sur la côte par une tempête, avant même d'avoir engagé l'ennemi.

Les Huguenots capitulent donc sans condition et, sur ordre de Menendez, sont passés au fil de l'épée, "non comme Français, mais comme Luthériens". Les rares rescapés de cette Saint-Barthélemy avant l'heure sont abandonnés par la Monarchie. C'est le Gascon Dominique de Gourgues (1530-1593) qui, à l'insu de Catherine de Médicis, entreprendra une expédition punitive contre les Espagnols en 1567-1568. Avec l'aide des indigènes locaux, il prendra plusieurs forts espagnols et massacrera les soldats des garnisons ibériques, "non comme Espagnols, ni comme marins, mais comme traîtres, voleurs et assassins".

Au final, l'échec de la colonisation franco-huguenote en Amérique septentrionale est imputable à l'opposition des Espagnols. Mais pour partie seulement. En effet, jusqu'à l'Édit de Nantes (1598), la monarchie leur ferme l'accès aux possessions françaises du Nouveau Monde, très majoritairement catholiques. C'est pourquoi, lorsque les guerres de Religion reprendront en 1621, les Huguenots se réfugieront prioritairement dans les colonies anglaises et hollandaises, en particulier à la Nouvelle-Amsterdam. Le dernier directeur de la colonie hollandaise, Peter Stuyvesant, épousera ainsi la fille d'un pasteur français en 1646.

Après Giovanni de Verrazanno en 1524, Jacques Cartier en 1534, et les Huguenots en 1562, il faut attendre 1608 pour voir Samuel de Champlain (1567-1635) jeter les bases de la présence française dans l'actuel Québec.

Tadoussac, le plus vieux village au Canada

En 1600, Pierre Chauvin construit une habitation à Tadoussac qui doit servir de poste de traite des fourrures de la Nouvelle-France et y laisse 16 hommes dont seulement 5 survivront à l'hiver. Située à 222 km au Nord-Est de Québec, sur la rive nord de l'estuaire du Saint-Laurent. Tadoussac survit et demeure pendant 30 ans le seul port maritime du Saint-Laurent.

Le 24 mai 1603, Samuel de Champlain vient à Tadoussac où se noue le premier traité franco-amérindien. En 1610 Champlain noue une alliance avec les Algonquins et les Hurons contre les Iroquois qu'il vaincra.

L'Acadie

Lors d'une autre expédition entre 1604 et 1607, Champlain aide à la fondation de l'île Sainte-Croix, colonie qui fut abandonnée l'hiver suivant. Puis arrive "dans un port dont l'entrée est large de 800 pas, qui a deux lieues de long et une lieue de large, nommé le Port-Royal «c’est l'ensemble du bassin de la rivière Dauphin (Annapolis River) proche de la baie française (en Nouvelle-Ecosse). "Port-Royal" peut être considéré comme le premier véritable établissement permanent en Amérique du Nord, précédant de trois ans la fondation de Jamestown. Cette colonie est, pour plusieurs, la première capitale de l'Acadie, territoire qui couvre aujourd'hui les provinces Maritimes et la côte Est du Maine (États-Unis). En 1710, sous l'occupation anglaise, Port-Royal est définitivement devenue Annapolis Royal.

Fondation de Québec (1608)

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De nouveau en Nouvelle-France le 18 avril 1608, Samuel de Champlain jeta les fondements de Québec où il débarque le 3 juillet. Il fait ériger ce petit fort à son arrivée à Québec en juillet 1608, au pied du Cap Diamant, pour s'y loger, y loger les 28 ouvriers et artisans, et y entreposer les armes et les provisions. Le site était connu par l’Amérindien bien avant l'arrivée des Européens. Lorsque Jacques Cartier remonte le fleuve Saint-Laurent en 1535, il trouve Stadaconé, un village iroquoien établi sur un large promontoire de terre dominé par une montagne, le Cap-Diamant ("ainsi nommé parce qu'on y trouve des veines d'un assez beau cristal de roche" du quartz!). Les hauteurs du cap sont pour lui d'un intérêt stratégique certain pour la défense de son poste de traite et le contrôle de la navigation sur le fleuve; c'est là qu'il construira en 1620 le Fort Saint-Louis. Le premier hiver fut difficile pour les colons. Des 25 pionniers qui étaient restés, seulement huit ont survécu, la plupart étant décédés du scorbut.

C'est en 1627 que Richelieu manifeste son intérêt pour le Québec en créant la Compagnie des Cent-Associés (Compagnie de la Nouvelle-France) dont Champlain est membre, qui a pour mission le peuplement de la Nouvelle-France. On ne comptait encore qu'une centaine d'habitants dispersés en deux groupes, l'un à Québec, l'autre à Port-Royal (en Acadie, aujourd'hui la Nouvelle-Écosse). Durant ce premier siècle, le peuplement de la Nouvelle-France s'est vraiment révélé un échec.

Les choses n’allaient pas se maintenir pour Champlain et son petit village. Faute d'approvisionnements, le 19 juillet 1628 il fut forcé de négocier, avec les anglais, les termes de la capitulation de la ville. Mais en 1632, le Traité de Saint-Germain restitue à la France le Canada et l'Acadie. A partir de 1634 les premiers seigneurs-recruteurs (Robert Giffard) arrivent avec leurs colons et fondent les premières seigneuries. C'est là que naissent les premières familles québécoises. En 1635, Samuel de Champlain meurt épuisé à Québec.

De 1641 à 1645 se déroule la guerre franco-iroquoise.

Fondation de Montréal (1642)

En 1612, Champlain baptise l'île Sainte-Hélène en l'honneur de sa jeune épouse. Il baptise le futur emplacement de Montréal "Place Royale". Un jeune serviteur du nom de Louis se noya, d'où les noms Sault-Saint-Louis et de Lac Saint-Louis. Il continue vers l'ouest jusqu'à l'emplacement actuel d'Ottawa.

En mai 1642, Paul de Chomedey, Sieur de Maisonneuve (1612-1676) fonde sur l'île de Mont-Royal - Ville Marie - une colonie, comportant un centre missionnaire avec ses fortifications et autres édifices. Ville-Marie deviendra plus tard Montréal.

Jeanne Mance, Missionnaire laïque et cofondatrice de Montréal, érigea l'Hôpital Saint-Joseph devenu l'Hôtel-Dieu qu'elle dirigea jusqu'en 1659. Elle fût surnommée "l'ange de la colonie" par ceux pour lesquels elle se dévoua. L'Hôtel-Dieu demeure l'un des plus grands hôpitaux de Montréal.

Immigration, "Filles du Roy" (filles à marier)

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Sous l'impulsion de Jean Talon, intendant de la Nouvelle-France, entre 1663 et 1673, il y eut une vague d'immigration: 3.000 colons arrivèrent au Québec, la plupart étant des hommes du premier contingent du régiment de Carignan-Salières, envoyés par Louis XIV pour contrer la menace iroquoise. Seul le groupe provenant d'Ile-de-France comptait un nombre important de femmes, en l'occurence les 775 "Filles du Roy". Cette expression sous-entend qu'elles sont les pupilles du roi.

L'arrivée des filles du roy à Québec

(Aquarelle Archives Nationales du Canada Ottawa)

Le roi défraie le coût de la traversée et dote les filles du roi de quelques biens essentiels. Leurs hardes se composent finalement de bien peu de choses : un petit coffre, appelé cassette, destiné à ranger des bijoux ou de l'argent et quelques vêtements dont une coiffe, un bonnet, une paire de bas, des gants et un mouchoir. On leur remettait aussi des accessoires pour la couture : des épingles, des aiguilles, du fil et des ciseaux. À ce petit bagage s'ajoutaient la somme de deux livres en argent pour la traversée et généralement une dot de cinquante livres pour leur établissement au sein de la colonie.

Célibataires et souvent orphelines, élevées par des religieuses, elles sont destinées à assurer le peuplement de la Nouvelle-France élevée au statut de "province française". Le ministre Colbert rassure l'intendant Jean Talon par ces mots: "J'ai aussi donné ordre de vous envoyer des certificats des lieux où les dites filles seront prises, qui feront connaître qu'elles sont libres et en état de se marier sans difficulté".

Le premier contingent de "pupilles de l'État" dirigé vers le Canada, arriva à Québec en 1663, il était composé de 38 filles et veuves; il en vint une vingtaine en 1664. Au mois d'octobre 1665, elles sont plus de 80 à arriver. Tandis que celui de 1666 n'amena que 17 émigrantes de cette catégorie. Les quelque 92 Filles du roy arrivées à Québec au cours de la saison de navigation de 1667 vont trouver preneur parmi les colons et les soldats.

En 1666, Ville-Marie (Montréal) compte 582 habitants, l'ensemble de la Nouvelle-France en compte 3.215, dont plus d'un tiers des Canadiens de souche (des francophones nés au Canada, donc pas des immigrés) pour atteindre 6.700 en 1672. Il y aurait eu approximativement 835 mariages d'immigrantes dans la colonie pendant la période de 1663 à 1673, dont 774 impliqueraient les filles du roi.

Le 3 septembre 1673, de 50 à 60 Filles du roy et beaucoup de prostituées francais arrivent à Québec. Louis de Buade de Frontenac, le nouveau gouverneur, écrit à Colbert : "De ce nombre, une cinquantaine trouvent rapidement un conjoint mais, pour les autres, il est difficile de trouver présentement des partis sortables".

Fondation de la Louisiane

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Les Français non protestants ne pénètrent véritablement sur le territoire actuel des Etats-Unis qu'à la fin du XVIIe siècle.

Sous l'impulsion de Jean Talon (1625-1694) et de Louis de Buade, comte de Frontenac (1622-1698), tous deux gouverneurs de la Nouvelle-France, explorateurs, trappeurs, coureurs des bois et missionnaires français franchissent les Grands Lacs et se lancent à l'assaut de vastes plaines, encore inexplorées par l'homme blanc. Ils fondent ainsi plusieurs forts et postes commerciaux. Ce sont, toutefois, le marchand Louis Jolliet (1645-1700) et le jésuite Jacques Marquette (1637-1675), qui se lancent à la découverte du Mississippi. Ils reviendront après avoir découvert l'Ohio, l'Illinois, le Missouri, exploré le grand fleuve jusqu'à son confluent avec l'Arkansas.

Tandis que des Britanniques peuplent peu à peu l'est du territoire, donnant ainsi progressivement naissance à treize colonies, les Français restent peu nombreux dans les possessions coloniales du Nouveau Monde. Aussi, en 1700, les colonies anglaises totalisent déjà 250.000 habitants, dont 30.000 esclaves noirs, quand les Français (colons, soldats, matelots, flibustiers, coureurs des bois, marchands, femmes de petites vertus, missionnaires et administrateurs compris) ne sont que 16.000, dont seulement 700 à l'ouest du Mississippi ! Si bien que la souveraineté française sur les territoires situés au-delà des Grands Lacs est essentiellement théorique. Seuls quelques forts (Fort-Crèvecœur, Fort-Saint-Louis, Fort-Pontchartrain, etc.) marquent la présence française dans ces immenses étendues sauvages peuplées d'Indiens.

Le 6 avril 1672 - Louis de Buade, comte de Frontenac, est proclamé gouverneur de la Nouvelle-France. Il conservera ce titre d'abord pendant 10 ans, puis de 1689 à 1698.

Toutefois, en 1682, un explorateur dénommé Robert Cavalier de La Salle (1643-1687) et son associé italien Henri de Tonty descendent le Mississippi, dont l'embouchure a été reconnue par Marquette et Jolliet en 1673, jusqu'au golfe du Mexique. Le 9 avril 1682, il fonde, "au nom du Roy" de France, la Louisiane. Le territoire recouvre alors une dizaine d'Etats actuels (Louisiane, Mississippi, Missouri, les deux Dakota, etc.), entre les Appalaches et les Montagnes Rocheuses. Grâce à la Nouvelle-France et à la Louisiane, la France de Louis XIV devient une puissance nord-américaine.

A la fin du siècle, Pierre Le Moyne d'Iberville (1661-1706), premier gouverneur de la Louisiane, et Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville (1680-1768), son frère, poursuivent l'entreprise de Cavelier de La Salle. Ils débarquent avec les 200 premiers colons français sur les bords du Mississippi et fonde la première capitale : Biloxi. En 1718 est fondée la Nouvelle-Orléans, troisième capitale de la Louisiane (après Biloxi et Mobile). Bientôt, la Louisiane compte ses premières plantations entretenues par des esclaves noirs, introduits par les Français dès 1712. Des missionnaires français venus de Québec (jésuites et prêtres des Missions Etrangères) tentent d'évangéliser les populations autochtones. Le résultat est inégal.

Quant au commerce entre la métropole et la Louisiane, principalement celui de la fourrure de castor, il est contrôlé par la Compagnie des Indes Occidentales et reste insignifiant. Il reflète le désintérêt porté par les élites et les souverains français à la Louisiane. Outre les conflits permanents qui opposent les rares colons français aux Britanniques et aux Espagnols, c'est la faiblesse des moyens financiers autant qu'humains dont dispose-le royaume, épuisé par la guerre de Succession d'Espagne (1701-1713), qui empêche de mettre en œuvre une véritable politique de valorisation des ressources du territoire.

Quant à la population française, en dépit de l'importation d'esclaves noirs des Antilles pour supplanter une main d'œuvre européenne défaillante et de l'émigration forcée de prisonniers ou de prostituées, parmi lesquelles figure celle qui inspirera le personnage de Manon Lescaut à l'abbé Prévost en 1731, elle ne croît pas beaucoup, par comparaison avec la population anglaise ou espagnole. De 700 Français en 1700, on passe à 5.000 en 1730. Mais, pour 2.000 blancs, on compte 3.000 noirs

Les premiers émigrants mosellans débarqueront entre 1720 et 1792 en Louisiane. Ils fondent villes et villages appelés "Lorraine", "Moselle", "Metz", que l'on retrouve en Californie, dans le Kansas, le Missouri, l'Indiana.

En 1690, les anglais sous les ordres de l'amiral Phipps assiègent Québec et exige que les troupes françaises sous le commandement du gouverneur de la Nouvelle-France, Louis de Buade, comte de Frontenac, se rendent sur l'heure. Frontenac rétorque : "Je n'ay point de réponse à faire à votre général que par la bouche de mes canons et à coups de fusil". Les anglais seront battus et Québec sauvé.

Ainsi donc la Nouvelle-France était établie en Amérique du Nord antérieurement au treize colonies britanniques. La Nouvelle-France comportait cinq colonies:

- l'Acadie (partie du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse)

- Terre-Neuve (et le Labrador),

- la Baie-d ‘Hudson,

(En 1713, par le traité d'Utrecht la France cède à l'Angleterre l'Acadie, Terre-Neuve et la Baie-d ‘Hudson.)

- plus important est le Canada (du mot iroquoien kanata qui signifie village), composé de la vallée du Saint-Laurent et de la région des Grands Lac (c'est pourquoi la société canadienne va hériter de structures françaises);

- et enfin la Louisiane, cédée à l'Espagne en compensation lors du Traité de Paris en 1763.

Au début du XVIIIe siècle l'agriculture est légèrement excédentaire, mais c'est surtout le commerce des fourrures avec les Amérindiens qui reste le plus profitable (en 1720, les Français bâtissent Fort-Toronto, un comptoir de traite des fourrures) par l'intermédiaire de la Compagnie des Indes Occidentales dont le siège est en France.

Période Hollandaise et Suédoise

Il ne faudrait pas passer sous silence la colonisation hollandaise. C'est en 1609 que Henry Hudson, au service des Hollandais, remonta le fleuve qui portera désormais son nom. En 1614, la Compagnie hollandaise des Indes orientales installa des comptoirs dans toute la région, rebaptisée la Nouvelle-Hollande ou Nouvelle-Belgique (Nieuw Nederland ou Novium Belgium).

En mai 1624, le "Nieu Nederlandt", un navire affrété par la Compagnie hollandaise des Indes occidentales, arriva en vue de l'île de Manhattan. Le vaisseau transportait une trentaine de colons, la plupart des Wallons, des Flamands et quelques Hollandais. L'année suivante, la petite colonie fonda la Nouvelle-Amsterdam (Nieuw Amsterdam) sur l'île de Manhattan (du nom de Manhattes donné par les Amérindiens) avec un fort et une trentaine de maisons. Quelque 200 protestants d'origine française (des huguenots) s'y installèrent pour le commerce des peaux de castors, de loutres et de visons. Le premier gouverneur de la Nouvelle-Hollande, Peter Minuit (un Wallon), acheta l'île de Manhattan aux autochtones pour l'équivalent de 60 florins (ou 20 $ - 25 $).

Avec le temps, les Hollandais voulurent prendre les terres des Amérindiens. Ceux-ci ripostèrent par des représailles et un quasi-état de guerre permanent s'installa jusqu'au milieu des années 1640.

En 1647, Peter Stuyvesant fut nommé directeur général de la Nouvelle-Hollande. Il résolut de "régler" la question indienne en capturant les autochtones pour les vendre comme esclaves dans les Antilles. Mais l'autoritarisme de Peter Stuyvesant et son intolérance religieuse pour les communautés n'appartenant pas à l'Eglise hollandaise réformée le rendirent fort impopulaire.

En 1655, les Hollandais annexèrent la petite colonie suédoise du Delaware (fondée en 1638), appelée la Nouvelle-Suède (Nya Sverige). Cette colonie devait son nom au premier gouverneur suédois, Thomas West, baron de La Warr (d'où Delaware). À cette époque, le territoire de la Nouvelle-Hollande comprenait une partie de l'actuel État de New York, le Connecticut, le Delaware et le New Jersey. En 1647, la population de la Nouvelle-Hollande comptait entre 1 500 et 2 000 habitants, mais en 1664 la population de la colonie hollandaise avait déjà atteint 10 000 habitants, alors que la ville de la Nouvelle-Amsterdam en comptait 1 600. Quant à l'île de Manhattan (appelée Lange Eylandt devenue Long Island), elle abritait une douzaine de villages dans lesquels vivaient des familles hollandaises, flamandes, wallonnes et anglaises (la moitié de la population).

La petite colonie hollandaise suscita la convoitise des Britanniques qui s'emparèrent de la Nouvelle-Amsterdam en 1664. En réalité, sous la pression des colons et des Anglais, le gouverneur Stuyvesant avait fini par signer le document livrant la colonie aux Anglais, sans avoir vraiment combattu. Les termes de la reddition furent assez généreux, car les colons hollandais conservèrent leurs droits de propriété et leur liberté de religion. Le roi d'Angleterre, Charles II, donna alors la nouvelle colonie à son frère James, duc d'York, héritier du trône d'Angleterre, qui deviendra roi sous le nom de Jacques II; la Nouvelle-Amsterdam devint New York. Le territoire du New Jersey fut concédé à sir George Carteret et John Berkeley; le nom tire son origine de l'île de Jersey, située dans la Manche, où était né sir George Carteret.

Dès lors, les Hollandais et les Anglais furent bientôt rejoints par des huguenots français après la révocation de l'Édit de Nantes en 1685, puis des protestants allemands, de quelques juifs venus du Brésil et d'un certain nombre de Noirs. La paix de Breda (1667) marqua la fin de la guerre anglo-hollandaise. En contrepartie de la cession de la Nouvelle-Amsterdam (aujourd'hui New York) aux Britanniques, le traité permit aux Hollandais d'acquérir le Surinam en Amérique du Sud. Mais, en 1673, les Hollandais reprirent New York qu’ils rebaptisèrent la Nouvelle-Orange (Nieuw Orange). L'année suivante, le traité de Westminster restituait définitivement New York aux Britanniques. L’anglais remplaça définitivement le néerlandais comme langue officielle.

Malgré leur défaite en Amérique du Nord, les Hollandais continuèrent à exercer une influence considérable sur la vie économique et sociale de la région, sauf au point de vue linguistique où l'anglais prit toute la place. Ainsi, la diversité du peuplement de ces colonies laisse déjà présager que l'immigration restera une constante de l'histoire des États-Unis.

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