Sodome et Gomorrhe

Publié le par Bernard Gasnot

Sodome et Gomorrhe
Sodome et Gomorrhe

Que sont devenus Sodome et Gomorrhe. Ces villes mystérieusement détruites et restées et restées dans la mémoire des hommes comme symboles de vice et de dépravation ? Que Dieu voulait détruire parce que l'on y pratiquait l'homosexualité et autres déviances.
Toutes les hypothèses ont été avancées, de !'Explosion atomique à la désintégration par des armes extra-terrestres ! La vérité est peut-être plus simple...

L’HISTOIRE BIBLIQUE RESUMEE

« Deux anges arrivent à Sodome, un soir, alors que Loth est assis aux portes de la ville. De toute évidence, Loth attendait ces «anges» qui d'ailleurs se révèlent bientôt être des hommes. Loth, en effet, les reconnaît et les invite à passer la nuit dans sa maison. Les débauchés de la ville, raconte la Bible, souhaitent alors «faire connaissance» avec les étrangers et menacent d'employer la force si Loth refuse de souscrire à leur désir. Les étrangers, d'un simple geste, les aveuglent et les clouent sur place. Le calme rétabli, ils engagent Loth (Livre 1, 19,2 à 14) à quitter la ville au plus vite avec sa femme, ses filles et ses gendres. La ville, lui apprennent-ils, va être détruite incessamment. Loth en informe ses gendres mais ceux-ci croient à une mauvaise plaisanterie de leur beau-père et refusent de partir. Au lever du jour, les anges pressèrent Loth en lui disant: «Lève-toi, prends ta femme et tes deux filles qui sont chez toi, afin de ne pas périr dans le châtiment de la ville.» Comme il tardait, les anges le saisirent par la main, lui, sa femme et ses deux filles, parce que le Seigneur voulait les épargner, et l'entraînèrent hors de la ville. Lorsqu'ils les eurent fait sortir, l'un des anges dit: «Sauve-toi si tu veux garder la vie. Ne regarde pas en arrière, ne t'arrête nulle part dans la plaine; fuis vers la montagne, sinon tu périras... Hâte-toi de t'y réfugier, car je ne puis rien faire avant que tu n'y sois arrivé.»


L'auteur trouve dans le texte biblique de nombreux détails qui incitent à penser que Sodome et Gomorrhe ont été anéantis par une explosion atomique: la manière dont les deux «anges» pressent Loth et sa famille de quitter immédiatement les lieux, de se réfugier dans la montagne et, surtout, de ne pas se retourner.
Mais c'est principalement la fin du récit de Moïse qui semble être, aux yeux de l'auteur, une «preuve décisive» de ce qu'il avance. «Abraham s'était levé de bon matin et se rendit à l'endroit où il s'était tenu en présence du Seigneur. Tournant les yeux du côté de Sodome et de Gomorrhe et sur toute l'étendue de la plaine il vit monter de la terre une fumée semblable à la fumée d'une fournaise.»
Cette fumée, laisse entendre Däniken, n'est rien d'autre que le fameux «champignon atomique qui s'éleva à la fin de la guerre, au-dessus d'Hiroshima et de Nagasaki».

1

A Beni-Hassan, cultures verdoyantes et palmeraies bordent les deux rives du Nil, en cette année 1890. Ce spectacle magnifique s'offre aux yeux de Percy A. Newberry, qui remonte le fleuve à la tête d'une expédition financée par l'Egypt Exploration Fund. La mission s'arrête à 300 km au sud du Caire, au modeste village de Beni-Hassan. But de l'expédition :retrouver des preuves évidentes de l'émigration de familles sémitiques dans la vallée du Nil. Or. ces preuves, l'archéologue et son équipe savent qu'elles se cachent dans un réseau de sépultures situé là, à mi-chemin entre Memphis et Thèbes. Avec une persévérance exemplaire ils vont remuer, des semaines durant, des masses d'éboulis et de vestiges provenant de colonnes brisées, avant de parvenir jusqu'à l'ultime demeure de Chnem Hotep. Le prince Chnem-Hotep régnait sur la région vers 1900 avant J.-C., sous le règne du pharaon Sésostris II. Dans une petite antichambre des inscriptions hiéroglyphiques immortalisent ses faits et gestes. Dépassant cette pièce, les Anglais aboutissent à une vaste salle taillée dans le roc : on y distingue trois voûtes et ce qui reste de deux rangées de colonnes. Des peintures aux couleurs intactes ornent les parois latérales, elles-mêmes revêtues d'un crépi resplendissant. On voit s'y dérouler le film de la vie du prince : jeux, moissons, chasses, danses. Or, sur la paroi située au nord, le regard de Newberry s'arrête sur un portrait très grand, de Chnem-Hotep. C'était moins la figure du souverain égyptien qui intéressait l'archéologue anglais qu'un groupe de silhouettes étranges qui l'entouraient : ces personnages ne portent pas les mêmes costumes que les Égyptiens, leur peau est blanche et leur profil particulièrement accusé. Qui étaient ces étrangers que deux fonctionnaires royaux placés au premier plan présentaient à leur maître ? Une observation attentive de la peinture murale attire l'œil sur un papyrus que l'un des deux fonctionnaires tient à la main. Sur ce papyrus est inscrite la réponse à notre question : il s'agit d'« habitants des sables », de Sémites. Leur chef s'appelait Abishaï, un nom typiquement sémitique, et il était arrivé en Égypte avec trente-six membres de sa tribu, hommes, femmes et enfants. Parmi les cadeaux qu'il offrait au prince se trouvait de la stribine (un cosmétique) pour sa femme. La peinture est si minutieuse, d'un style si incroyablement photographique qu'elle apporte une multitude de précisions sur le groupe d'étrangers : Abishai, qui se trouve à la tête du cortège, s'incline légèrement et salue de la main droite tandis que, de la gauche, il retient un bouquetin apprivoisé qui porte entre ses cornes une houlette de berger, attribut à ce point caractéristique des nomades que les Égyptiens s'en servaient comme idéogramme pour les désigner. La forme et les couleurs du costume sont scrupuleusement rendus. Une sorte de toge de laine, carrée, aux rayures multicolores, descendant jusqu'aux genoux chez les hommes et jusqu'aux mollets chez les femmes, froncée sur l'une des épaules, sert de manteau. Les hommes ont la barbe coupée en pointe. La chevelure très noire des femmes retombe sur leur poitrine et leurs épaules, retenue seulement par un petit ruban noué autour de la tête. La petite boucle qu'elles ont devant l'oreille semble une concession à la mode. Les hommes sont chaussés de sandales, les femmes de demi-bottes brunes. Tous portent sur eux leur ration d'eau dans des outres de peaux de bêtes joliment assemblées. Comme armes, ils ont des arcs et des flèches, de lourds javelots et des lances. Ils n'ont pas oublié leur instrument de musique préféré, puisque l'un des hommes joue d'une Ivre à huit cordes. En ces époques lointaines, guerres et famines étaient monnaie courante. Ceux qui désiraient se rendre en Égypte devaient passer par une sorte de douane et régler un certain nombre de formalités, qui ne sont pas éloignées de nos modernes tracasseries administratives. Ils devaient indiquer leur identité, la raison de leur voyage et la durée du séjour. Un scribe écrivait soigneusement tout cela à l'encre rouge sur un papyrus, et un messager portait le document à l'officier des gardes frontières qui accordait ou non l'autorisation d'entrée, en application de directives fort précises établies par l'administration royale et prévoyant jusqu'au nombre de nomades qu'il fallait refouler. Pour se protéger des bandes de pillards qu'attirait la richesse de l'Égypte, les pharaons firent entreprendre, dès le troisième millénaire avant J.-C, la construction d'une chaîne de forts, de tours de garde et de points d'appui. Mais le fait le plus important que révèle cette peinture magnifique. C’est bien que, six siècles avant le départ des Hébreux d'Égypte, des nomades sémites, avec armes familles et bagages, demandèrent l'hospitalité à ce même pays. Que fuyaient-ils ? Quelle catastrophe, quel horrible souvenir ?


Relisons les textes anciens. Pour éviter que la discorde ne s'installe entre leurs clans, Abraham et Loth décidèrent de se séparer et d'aller chacun leur chemin. Ce dernier s'attribua la meilleure part de la contrée découverte : la région du Jourdain. Il s'établit donc au sud de la mer Morte, à Sodome, dans une des plaines les plus riches de la région du Jourdain. Il y avait cinq villes dans ce pays : Sodome, Gomorrhe. Adama, Séboïm et Zoar. Chacune dut Verser un lourd tribut au roi Kédor-Laomor à qui appartenait la vallée du Jourdain. Pendant douze ans. Les rois de la vallée versèrent ce tribut. Au cours de la treizième année, ils refusèrent. Kédor-Laomor organisa alors une vaste expédition punitive pour rappeler aux rebelles leur devoir et en venir à bout si nécessaire. II n'eut aucun mal à les défaire. Leurs capitales furent alors pillées et rançonnées. Parmi les prisonniers se trouvait Loth, qui fut libéré par Abraham à la faveur d'une attaque surprise organisée par celui-ci sur l'arrière-garde de l'armée ennemie

.
2


3


Par la suite, les cités furent détruites. Conséquence de la guerre ? Châtiment du ciel ? Dans la mémoire des hommes, Sodome et Gomorrhe sont les symboles de la dépravation et de la vie sacrilège, et l'on y fait allusion chaque fois qu'il est question de destruction totale. De plus, et cela n'a pas contribué à éclaircir la question, la région de la mer Morte est restée pratiquement inexplorée jusqu'à une date récente. Aucun savant n'eut jamais l'idée d'aller la voir et de l'étudier avant 1848, année durant laquelle les États-unis organisèrent une expédition ayant pour but de l'explorer. Elle était placée sous le commandement du géologue W.F. Lynch, qui eut la prévoyance de se munir d'un matériel approprié, dont deux barques métalliques qui turent mises à terre dans le petit port d'Akka, à une quinzaine de kilomètres d'Haïfa. De là, elles furent soigneusement charriées sur de hautes voitures traînées par des chevaux. Il fallut trois semaines pour franchir, au prix d'efforts indescriptibles, les hauteurs du sud de la Galilée. Les barques furent mises à l'eau à Tibériade. Là, des mesures exécutées par Lynch sur le lac de Génésareth devaient révéler la première des surprises que ce voyage réservait au monde. On crut d'abord à une erreur, mais des vérifications précises confirmèrent les premiers résultats : la surface du lac se trouve à 208 m au-dessous du niveau de la Méditerranée. On en vint alors à se demander quelle était l'altitude des sources du Jourdain.

Quelques jours plus tard. Lynch escalada la petite de l'Hermon, jusqu'au petit village de Banivas, où il découvrit, parmi d'autres vestiges (les temps révolus, des débris de colonnes et une grotte à demi obstruée par des éboulis d'où coulait un filet d'eau claire. Il s'agissait tout simplement de l'emplacement de l'ancien Paneion, où Hérode avait fait construire en l'honneur d'Auguste un temple consacré au culte de Pan. Des niches en forme de coquille sont taillées dans le roc de la caverne du Jourdain. On v lit encore nettement une inscription grecque signifiant « prêtre de Pan », car c'est ici qu'on vénérait le dieu des Bergers. Le Jourdain n'est qu'à 2 m au-dessus du niveau de la mer quand il se jette dans le lac Meiron, qu'il traverse. Ensuite il descend en pente assez raide la quinzaine de kilomètres qui le séparent du lac de Tibériade (ou Génésareth). Depuis sa source jusque-là. C’est-à dire sur quarante kilomètres seulement, la différence de niveau excède 700 m. Partant du lac de Tibériade. C’est avec ses bateaux métalliques que l'expédition américaine descendit les méandres compliqués du fleuve. La végétation s'appauvrissait au fur et à mesure qu'elle avançait, sauf le long des rives mêmes, garnies d'épais buissons. Soudain, sur la rive droite du fleuve, apparut une oasis : Jéricho. Les hommes de l'expédition savaient alors qu'ils n'étaient plus loin du but. Comme des taches sur le papier. Les énormes étendues d'eau de la mer Morte devinrent visibles, encaissées entre d'abrupts rochers.


Contrairement à ce qu'on aurait pu attendre d'explorateurs, la première chose qui vint à l'idée des Américains ne fut pas de se mettre au travail, mais de prendre un bain. Mais à peine eurent-ils plongé qu'ils se sentirent soulevés, enlevés hors de l’eau comme s'ils avaient mis des ceintures de sauvetage. Une chose, au moins, était sûre : nul ne saurait se noyer dans cette mer... La mer Morte mérite son nom : elle ne contient pas le moindre crustacé, pas le moindre poisson, aucune algue, pas de coraux. Jamais aucune barque de pêcheur- ne s'y est balancée. En ces lieux ingrats, on ne trouve pas de fruits de la mer et encore moins de fruits de la terre ! Les rives sont désespérément désertiques. Sur les plages, d'importants dépôts de sel se sont formés et jettent au soleil des feux de diamants. L'air est chargé d'odeurs désagréables : il sent le pétrole et le soufre. Des flaques d'asphalte souillent la surface de l'eau. Les barques américaines croisèrent sur la mer Morte vingt-deux jours durant. Les savants firent des prélèvements d'eau, les analysèrent, effectuant sondage après sondage. L'embouchure du Jourdain, et par conséquent la mer Morte, sont à 394 ni au-dessous du niveau de la mer. Si l'on creusait un canal reliant la vallée à la Méditerranée, mer Morte. Jourdain et lac de Tibériade auraient tôt fait de disparaître : il se formerait alors une importante mer intérieure, qui s'étendrait, jusqu’au lac Meiron.


« Lorsqu'une tempête souffle dans cette cuvette rocheuse, écrivait Lynch, les lames frappent la coque de nos barques comme à coups de marteau, mais dès que le vent s'est apaisé elles se calment tant est forte la densité de l'eau. » En effet, cette eau contient 25% de sels minéraux, principalement du chlorure de sodium, notre vulgaire sel de cuisine. Il faut savoir que les mers ordinaires n'en contiennent que 4 à 6%.
Mais si la mer Morte livrait facilement les secrets de son hydrographie, il n'en fut pas de même pour la disparition de Sodome et de Gomorrhe, dont le mystère restait entier...

La Bible évoque les villes de Sodome et Gomorrhe, détruites par un châtiment divin. Sur le site de ces deux villes, la Mer Morte pourrait bien témoigner d'une destruction radioactive. En effet, la très haute teneur en sel de cette mer fossile pourrait être la conséquence d'une explosion nucléaire. Dans la Bible, on se souvient que Loth avait pu échapper à la destruction de Sodome. Yahveh lui avait ordonné de fuir sans se retourner. Mais quand l'énorme explosion eut lieu, sa femme se retourna.

L'éclat et la brûlure de l'explosion la changea aussitôt en statue de sel.
Ce que la Bible ne dit pas, c'est que la mer intérieure qui jouxtait Sodome et Gomorrhe a été, elle aussi, transformée en sel. Littéralement privée de vie aquatique par l'explosion nucléaire, sa teneur en sel a été plus que décuplée. Depuis, c'est une mer morte, d'où son nom. De plus, on y mesure un taux de "radioactivité naturelle" élevé. Certes, aucun de ces indices ne constitue en soi une preuve formelle. Cependant, ces phénomènes pourraient être les réelles conséquences d'une explosion nucléaire… On sait en effet que les pseudo-dieux possédaient un arsenal proprement terrifiant.

4

"La clameur qui s'élève de Sodome et Gomorrhe est immense et leurs péchés sont énormes... Il anéantit les villes et toute la contrée et tous les habitants des villes et la végétation du sol. L'épouse de Loth qui avait regardé en arrière devint une colonne de sel... Il vit monter de la terre une fumée semblable à celle d'une fournaise". (Genèse XVIII, 19).

Il faut attendre le début de notre siècle pour que l'on s'intéresse à nouveau à Sodome et Gomorrhe, grâce à des fouilles entreprises en Palestine. Une nouvelle génération de chercheurs se mit alors en quête de ces deux villes, qui devaient être situées dans la « vallée de Siddim ». A l'extrême pointe sud-est de la mer Morte, on retrouva les restes d'un établissement humain d'une certaine importance, qui s'appelait encore Zoar. Grande était la satisfaction des archéologues, car l'une des cinq riches cités qui avaient refusé de payer le tribut à Kédor Laomor s'appelait ainsi. Il faut tout de suite avouer que les fouilles entreprises ne donnèrent rien de positif, les ruines en question se révélant celles d'une ville qui avait existé là durant le haut Moyen Age. Quant à l'antique Zoar du roi de Bela et à ses voisines. On n'en trouva pas la moindre trace, bien que plusieurs indices relevés aux environs de la Zoar moyenâgeuse attestent que le pays fut très peuplé à une époque reculée. S'il existe bien aujourd'hui une certitude, c'est que toutes les recherches pour retrouver Sodome et Gomorrhe resteront vaines, car on a désormais percé le mystère de leur disparition.

5

Mais reprenons point par point le fil de nos constatations jusqu'à l'inéluctable conclusion. Transportons-nous d'abord sur la côte orientale de la mer Morte, près d'une presqu'île nommée el-Lissan, mot arabe qui veut dire : « la langue ». Un rapport romain raconte. au sujet de cette presqu'île, une histoire à laquelle personne n'a jamais voulu croire deux déserteurs de l'armée romaine s'étaient cachés là, et les légionnaires lancés à leur poursuite eurent beau fouiller les lieux tant et plus, ils ne purent rien trouver. Soudain ils les virent, mais trop tard les deux hommes escaladaient les rochers de la rive d'en face ! Ils avaient traversé la mer à pied. L'explication de cet étrange phénomène est bien plus simple qu'on ne l'imagine à cet endroit précis, le fond de la mer Morte se relève en une sorte de pli qui la divise en deux. A droite de la presqu'île existent des profondeurs voisines de 400 m. A gauche, il y a des hauts-fonds. On sait, depuis de récents sondages que les profondeurs n'excèdent pas 15 à 20 m. Autre constatation tout aussi importante : quand on se dirige en barque vers la pointe méridionale de cette mer de sel on peut si le soleil est dans une position favorable, faire une découverte absolument ahurissante : à quelque distance de la rive, des forêts que le sel a conservées se profilent nettement sous l'eau. Cette vision quasi hallucinante, qui eût fait la joie de Jules Vernes, s'offrit sans cérémonie aux veux des géologues. Les troncs et les restes d'arbres semblaient fort anciens. On put en déduire que les troupeaux de Loth se réfugiaient à l'ombre de cette forêt quand elle était encore verte et vivante : cette partie étonnamment plate de la mer Morte, qui va de la presqu'île el-Lissan jusqu'à l'extrémité méridionale, était autrefois la vallée de Siddim, qui accueillit la tribu de Loth.


6

On peut dire que c'est à des géologues que revient l'honneur d'avoir apporté la preuve définitive des causes et du déroulement de la fin de Sodome et Gomorrhe. On se rappelle que l'expédition Lynch avait mis en relief. pour la première fois en 1845, l'importance de la chute du Jourdain entre le lac de Tibériade et la mer Morte, donc sur un trajet assez court. Or, il s'agit là d'un phénomène géologique qu'on peut considérer comme vraiment unique en son genre. Cette thèse fut confirmée par d'autres recherches.
Mais d'abord. Donnons-nous quelques repères géologiques. La vallée du Jourdain est partie intégrante d’une gigantesque crevasse de la croûte terrestre. En plus d'un endroit de cette crevasse, on peut déceler des traces d'activités volcaniques. Dans les montagnes de Galilée, en Jordanie orientale, plus précisément sur les rives d'un affluent du Jourdain appelé Jabbock, et dans le golfe d'Aqaba, on rencontre du basalte et des traînées de lave. Avec le fond de cette crevasse, la vallée de Siddim (y compris Sodome et Gomorrhe) fut un jour précipitée vers les profondeurs de la terre. La géologie a permis de dater cet événement avec une relative précision : cela devait se passer peu après l'an 2000 avant J.C.

Or, en 1951, le savant américain Jack Finegan écrivait :« Il semble que c'est vers 1900 avant JC que se produisit le cataclysme qui détruisit Sodome et Gomorrhe. Une étude de tous les témoignages littéraires, géologiques et archéologiques permet de conclure que les villes de la plaine étaient situées dans une région à présent recouverte par des eaux qui envahirent lentement la partie méridionale de la mer Morte, et que leur destruction résulta d'un grand tremblement de terre, sans doute accompagné d'explosions, d'éclairs, de dégagements de gaz naturel et d'un incendie généralisé. » Dans les profondeurs, tout au long de la crevasse, dormaient des forces volcaniques que libéra l'affaissement de terrain. Dans la haute vallée du Jourdain, près de Bashan, on trouve encore des cratères de volcans éteints. Depuis des temps immémoriaux, ces régions sont fréquemment secouées par des séismes : on a même retrouvé un écrit du Phénicien Sanchuniathon confirmant l'explication géologique de la destruction de Sodome et Gomorrhe.
En voici le contenu : « La vallée de Siddim sombra et devint un lac dégageant sans cesse des vapeurs et dépourvu de poissons, exemple de vengeance et de mort pour le sacrilège. »
Plus on se rapproche de l'extrémité sud de la mer Morte et plus la région devient inhospitalière, sauvage, désertique et lugubre. Un silence éternel règne, sans partage, sur les montagnes dont les flancs rocheux tombent presque verticalement dans la mer, où elles deviennent d'un blanc cristallin. On peut compter sur les doigts d'une main les groupes de nomades qui, chaque année, empruntent l'une des vallées. La contrée a gardé dans son atmosphère la mémoire de la catastrophe d'une manière absolument indélébile. A l'extrême sud des mares d'eau huileuse, les rochers s'interrompent subitement pour faire place à une dépression marécageuse salée. Une quantité innombrable de petits ruisseaux strie le terrain rougeâtre : celui-ci devient alors dangereux, sinon mortel pour qui n'est pas sur ses gardes. Les marais se prolongent jusqu'à la vallée désertique d'Aqaba, qui finit à la mer Rouge. Une crête de 45 m s'étend, à l'ouest de la rive méridionale, vers le Negeb, en direction nord-sud, sur 15 km. Cette petite chaîne de montagnes est constituée presque exclusivement de cristaux de sel, et ce phénomène naturel lui donne, au soleil, autant de brillant qu'un diamant. Cette chaîne, les Arabes l'appellent Djebel Ousdoum. un très vieux nom où s'est conservé le radical du mot Sodome. Ébranlés par les eaux de pluie, des rochers sont tombés au pied de la montagne. Ils ont des formes très curieuses : certains sont dressés comme des statues et leurs contours évoquent à peu près celui du corps humain. On pense alors à la légende de la femme de Loth transformée en colonne de sel. Les montagnes salines sont situées non loin de l'emplacement de la vallée de Siddim.

7

Jusqu’alors, différentes missions archéologiques avaient recherché des vestiges des deux villes sans grand succès, tant et si bien qu’on avait fini par douter sérieusement de leur existence. Cette année-là, le Professeur Frederick Clapp, un éminent géologue esquisse l’ébauche d’une nouvelle théorie visant à corroborer l’hypothèse de la destruction de Sodome et Gomorrhe par le feu céleste.
Le sous-sol de la région de la Mer Morte où elles auraient été édifiées regorge de substances pétrolifères et de soufre. Selon lui, il aurait suffi d’une secousse sismique pour que ces matières inflammables soient projetées en l’air au travers d’une faille. Un simple feu au niveau du sol aurait pu embraser les particules et déclencher une pluie incandescente. Cependant, l’accueil que réserve la communauté scientifique à cette théorie sulfureuse est plus que mitigé car sur le terrain, aucune trace des deux cités n’a pu être découverte. La légende revient sur le devant de la scène archéologique en 1999, des ruines calcinées sont exhumées parallèlement près des villes actuelles de Bab-edh-Dhra et Numeira, exactement dans le périmètre géographique où on localisait Sodome et Gomorrhe. Les analyses des premiers échantillons prélevés sur le terrain créent la stupéfaction et la théorie de Frédérick Clapp sert à nouveau de base pour mener les investigations. Il se pourrait bien qu’il ait vu juste, près de soixante ans avant que la réalité du terrain ne vienne renforcer la crédibilité de ses hypothèses. Les murs des deux cités enfouies, dont les plus hauts pans ne mesurent plus qu’un mètre ont été calcinés… de haut en bas par une chaleur intense ne pouvant être causée par un incendie.
Le CNRS, par l’entremise de Marie-Agnès Courty tente d’aller plus loin, trop loin sans doute de la théorie de Clapp. L’approche de cette géologue suscite encore de nombreuses controverses car elle suppose que c’est une météorite s’étant en partie désagrégée lors de son entrée dans l’atmosphère qui peut être responsable de ce cataclysme localisé. Pour étayer ses arguments, elle estime que la température de 1500 degrés à laquelle ont été soumis les édifices ne peut avoir été générée par le processus avancé par Clapp. Ses détracteurs soulignent que d’une part, il n’y a aucune trace d’impact ni de cratère et que d’autre part, on n’a pas décelé de résidu d’iridium ou de spinelles nickélifères sur les lieux, ce qui est généralement le cas lors de la chute d’un corps céleste.
A l’heure où nous vous parlons, l’archéologie continue de se creuser à la fois les méninges et les sites concernés dans l’espoir de pouvoir valider l’une ou l’autre hypothèse.

Ces nombreux éléments nous apportent une foule de détails sur le caractère particulièrement atroce du cataclysme qui s'est abattu sur les habitants de la vallée. Ceux qui purent s'éloigner du centre de la catastrophe risquaient encore l'empoisonnement par les gaz, et tout ce qui se trouve au voisinage de la mer de sel se recouvrit en très peu de temps d'une croûte caractéristique. Il est donc bien évident qu'on ne retrouvera pas Sodome et Gomorrhe. La mer Morte les garde en son sein et ne les rendra jamais. Légende ou réalité ? Non loin de la vallée, à 3 km au nord d'Hébron, les Arabes vénèrent un sanctuaire. Qu’ils appellent sanctuaire de « la colline de l'ami de Dieu ». Une légende, donc, assez réaliste.

Nous sommes bien dans la région des manuscrits de la Mer Morte où mythe et réalité s'entremêlent tellement qu'il est difficile d'y séparer le bon grain de l'ivraie... que l'on soit croyant ou pas !

Commenter cet article