Le genocide vendéen

Publié le par Bernard Gasnot

 Le genocide vendéen
 Le genocide vendéen

Il est des histoires si terribles qu’elles sont occultées et travesties par l’Histoire GENOCIDE car "les Vendéens n'étaient pas tués pour ce qu'ils faisaient, mais pour ce qu'ils étaient",

Du boulot a la leniniste


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Lorsque l’on parle de massacres en France tout le monde pense spontanément à trois évenement majeurs de notre pays
- L’inquisition médiévale vers 1200 en plein Moyen-âge,
- La St Barthélémy en 1572, et bien sûr
- La Terreur révolutionnaire en 1792. Pour ce dernier massacre on pense alors à la guillotine installée place de Grève, place de la Révolution et place de la Bastille. On se prend alors à se remémorer quelques vagues cours d’histoire pensant que la Terreur est morte avec Robespierre, que les têtes remplissaient les paniers à Paris et que nous devons à ce mal nécessaire la République parée de la liberté, l’égalité et la fraternité.

Mais voilà la réalité historique est tout autre, Robespierre fut certes au pouvoir pendant la terreur et l’un de ces artisans, mais il faut aller chercher les coupables et les initiateurs de la Terreur dans des livres d’histoires plus étoffés que les manuels scolaires car comme d’habitudes ceux qui tirent les ficelles et s’enrichissent sont dans l’ombre des exaltés et des francs-tireurs. On y trouvera alors les noms de Billaud Varennes, Collot d’Herbois, Vadier, Fouché, de Vieuzac, Le Bon, Barras et Carrier. Retenons ces noms car ils furent aussi les manipulateurs qui envoyèrent Dantonistes à l’échafaud, puis Robespierristes, avant d'intégrer pour la plupart les rangs du pouvoir de l'empire Bonapartiste. Tuant successivement en l’espace de 6 années seulement : le Clergé, la Royauté, et même la Montagne, Nous devons à ces bouchers les fondements de notre belle République. Voilà pour quelques acteurs, pour l’heure revenons à une date cruciale celle du 21 janvier 1793, celle de la "Mort du Roi" car c’est bien de cette date que va partir le génocide que nous allons évoquer. Etant autant dans l’esprit aristo que monarchiste je ne m'étendrais pas sur la mort de Louis XVI ou celle plus abjecte encore de la mort du Dauphin, ce qu’il faut relever ici n’est pas les tares que sont la mort de la Royauté, la prise de pouvoir de la Laïcité, ou la proclamation de la 1ere république… mais le massacre organisé, planifié, orchestré de tout un peuple, soldats, hommes, vieillards, femmes et surtout enfants et nouveaux nés :

LE PEUPLE VENDEEN


Car c’est bien cela dont personne ne parle jamais, se complaisant à évoquer les misères du colonialisme français et sa repentance annuelle occultant la véritable honte d’un génocide bien français celui-ci, car « Constitue un génocide le fait, en exécution d'un plan concerté tendant à la destruction d'un groupe national, ethnique, racial ou religieux, ou d'un groupe déterminé à partir de tout autre critère arbitraire, de commettre ou de faire commettre, à l'encontre de membres de ce groupe, l'un des actes suivants : atteinte volontaire à la vie ; atteinte grave à l'intégrité physique ou psychique ; soumission à des conditions d'existence de nature à entraîner la destruction totale ou partielle du groupe ; mesures visant à entraver les naissances ; transfert forcé d'enfants. »

Nous sommes en 1793, le Roi est mort, le clergé agonisant, les lois d’exterminations sont promus

« Il faut que tous les brigands de la Vendée soient exterminés avant la fin du mois d'octobre : le salut de la Patrie l'exige ; l'impatience du peuple français le commande ; mon courage doit l'accomplir ».


Des brigands entendons-nous ! mais la réalité est tout autre, il s’agissait de l’armée catholique et royale vendéenne, mais surtout d’un holocauste sans procès, des femmes, des enfants et des vieillards de Vendée voici ce qu’en dira le criminel de guerre le général Westermann, général des armées bleues de la République, autant pour moi du Comité de Salut Public à la Convention en novembre 1993, après sa victoire de Savenay.

"Il n'y a plus de Vendée. Elle est morte sous notre sabre avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l'enterrer dans les marais et les bois de Savenay. J'ai écrasé les enfants sous les pieds de nos chevaux, massacré les femmes qui, au moins celles-là, n'enfanteront plus de brigands. Je n'ai pas un prisonnier à me reprocher. J'ai tout exterminé... Nous ne faisons pas de prisonniers, car il faudrait leur donner le pain de la liberté, et la pitié n'est pas révolutionnaire."

Voici comment l’histoire des chouans s'acheva et fut oubliée par l’Histoire de France, voilà comment on obligea une région à fêter le 14 juillet qui marquait la mort de ses enfants, voilà comment on inscrit sur les murs des monuments parisiens les noms de généraux criminels de guerre, voilà comment un pan de l’histoire fut occulté et la mémoire travestie camouflant l'holocauste, on parlera alors de « mémoricide ».

LE DECOR


• Nous sommes en 1993, les pays du bocage de l'ouest de la France ont toujours formé un îlot à l'écart des grands courants. Pays de petits hameaux, groupés autour de leur paroisse, où le « recteur » exerce une autorité morale absolue, où le gentilhomme du château partage la vie et les soucis des paysans, aucun événement survenu à Paris n'y trouble la vie quotidienne, jusqu'au jour où la Constitution civile du clergé ruine brutalement l'organisation de l'Église qui est la base même de la vie sociale de ses habitants. Dès lors les Vendéens n'attendent qu'une occasion pour manifester leur opposition à la Révolution. L'exécution de Louis XVI, que les croyants et les royalistes ressentent comme un sacrilège, et surtout le décret du 25 février 1793 ordonnant la levée en masse de 300 000 hommes donne le signal de l'insurrection. Les sergents recruteurs, venus pour le tirage au sort des conscrits, sont accueillis aux cris de « Pas de milice! » Dans tout l'Ouest, de la Normandie au Poitou, les jeunes gens, encouragés par les prêtres réfractaires, prennent les armes « pour Dieu et le Roi », refusant de quitter leur sol natal pour aller défendre sur le Rhin une « patrie » qu'ils ne reconnaissent pas. Si au nord de la Loire, la lutte des « Chouans » garderont pendant toute la Révolution une forme de guérilla, en Vendée, se constitue une « armée catholique et royale » qui brandit le drapeau blanc et déclare ouvertement la guerre.


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L’AUBE VENDEENNE ET LA FORMATION DE L’ARMEE CATHOLIQUE ROYALE


• Les premières escarmouches ont lieu à Cholet, Saint-Florent et Marcoule. Armés de fourches, de piques et de haches, les insurgés font une chasse sauvage aux « patriotes ». Quand la Convention est avertie, il n'y a pour défendre le pays que les gardes nationales des villes et quelques bataillons. Toute la région de Saumur à Noirmoutier est aux mains des rebelles. Le 14 mars, Cholet est pris. Le petit mouchoir rouge de Cholet devient l'emblème de la résistance. Grâce au ralliement des gentilshommes ci-devant officiers, le soulèvement s'organise; trois armées se forment : celles de Bonchamps sur la Loire, de Charette dans le marais poitevin, et, au centre, « la grande armée catholique » conduite par d'Elbée. Des paysans, comme le colporteur Cathelineau et le garde-chasse Stofflet, se révèlent de grands chefs militaires. Leur généralissime sera un officier de vingt ans, La Rochejaquelein.

UN VILLAGE RASE POUR AVOIR ABATTU UN ARBRE


Bédoin est une commune française, située dans le département du Vaucluse et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. La présence de nombreuses grottes et abris sous-roche à la ville et dans le Mont Ventoux est en faveur d'une occupation ancienne de ce lieu. Des traces du paléolithique et du néolithique ont été retrouvés sur certains sites de la commune de Bédoin. Au XVIIIe siècle, la commune se distingue alors par son attitude ultraconservatrice et devient un foyer royaliste. Dans la nuit du 12 aux 13 floréals an II (1er au 2 mai 1794), un groupe de contre-révolutionnaires arrache l’arbre de la Liberté de la place publique. Le Go et Suchet accompagnés de leurs troupes, s'installent dans le village. Ils perquisitionnent, volent, profanent les objets de culte, la flèche du clocher est renversée. Le 28 mai 1794, le jugement est rendu sur l'emplacement de l'arbre arraché en présence des habitants, 35 personnes sont guillotinées et 28 fusillées. Le 13 prairial, Le Go donne un délai de vingt-quatre heures aux habitants pour évacuer le village. Le 15, les soldats du 4e bataillon de l'Ardèche incendient le village. Cinq cents maisons et édifices publics, huit chapelles, sont détruites. Les soldats font sauter une partie de la voûte de l'église paroissiale. La commune est finalement incendiée, et soixante-trois de ses habitants massacrés.

EN MEMOIRE

"Souvenir Vendéen"

ZOOM SUR UN UN GENERAL DE 21 ANS

Né le 30 Août 1772 au château de la Durbellière, à Saint Aubin de Baubigné près de Châtillon, Henri De La Rochejaquelein grandit sous l’influence de la noblesse. Adolescent, il entre dans l’Armée française et devient deuxième lieutenant de la Garde Constitutionnelle du Roi. Il participe le 10 Août 1792 à la défense des Tuileries où Charles de Bonchamps (autre chef vendéen) lui sauve la vie. Sous la pression, le 13 Avril 1793, il prend la tête des paysans poitevins venus le chercher dans son château de la Durbellière. A la tête de son armée, il libère


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Si j'avance, suivez-moi ; si je meurs, vengez-moi ; si je recule, tuez-moi.
Henri de La Rochejaquelein, 1793.

Bressuire des républicains et rend la liberté à son cousin Lescure, prisonnier sur parole. Le 4 Mai, l’Armée Catholique et Royale approche de Thouars où elle est victorieuse. Mais le 16 Mai, elle échoue devant Fontenay, le triomphe attendra le 25 Mai. Lors de ce combat, Henri De La Rochejaquelein porte ses traditionnels mouchoirs rouges de Cholet (à sa ceinture pour tenir ses pistolets, à son cou et autour de la tête). Ses officiers lui demandent d’abandonner cette tenue trop reconnaissable mais il refuse. Alors tous ses soldats décident d’adopter les mouchoirs afin qu’ils ne soient plus une cause de danger pour lui. Le 9 Juin, ils marchent sur Saumur. De La Rochejaquelein commande l’aile droite de l’armée et entre dans la ville mais le château tient toujours. Il se rend le lendemain et les Républicains laissent 10 000 prisonniers qui sont renvoyés sur leur parole de ne plus porter les armes contre les vendéens… Le 29, pendant l’attaque de Nantes, De La Rochejaquelein reste en Deux-Sèvres pour stopper Westermann mais il est obligé de reculer face aux républicains. Le 14 Août, il est aux côtés de D’Elbée lors de l’attaque de Luçon. Mais les pertes sont considérables et l’armée rentre en Vendée pour la défendre car on commence à l’attaquer de tous les côtés sans relâche. Henri De La Rochejaquelein se poste du côté de Thouars et de Doué. Le 1er Septembre, la Convention publie sa loi des suspects et décrète l’envoi en Vendée de l’armée de Mayence. Les différentes colonnes entrent en scène le 6 Septembre. Les chefs vendéens tentent d’arrêter cette marée de terreur. L’exode connu sous le nom de « Virée de Galerne » s’amorce, prélude à la défaite de Cholet le 17 Octobre, et au passage de la Loire. 80 000 personnes se pressent dans la vallée : soldats, femmes, enfants, vieillards et blessés qui fuient le meurtre et l’incendie. De La Rochejaquelein est furieux, il veut aller au-devant de l’ennemi mais on finit par le convaincre qu’il ne peut abandonner l’armée. Le 18 Octobre au matin, le passage de la Loire commence. Une vingtaine de mauvaises barques portent successivement les fugitifs. Pendant les deux jours où se déroule la traversée, une seule femme trouve la mort. Le poste de Général est offert à Lescure qui décline l’offre : « Messieurs, je suis blessé mortellement … Il est nécessaire que l’armée ait sur-le-champ un chef actif, aimé de tout le monde, connu des paysans, ayant la confiance de tous : c’est le seul moyen de nous sauver. M. De La Rochejaquelein est le seul qui se soit fait connaître des soldats de toutes les divisions … Le choix que je propose ranimera le courage des Vendéens ; je vous conseille et vous prie de nommer M. De La Rochejaquelein. » Le conseil ratifie ce choix et Henri De La Rochejaquelein est élu

Généralissime le 20 Octobre 1793, à 21 ans. Il propose aussitôt de marcher sur Angers ou Nantes, mais l’arrivée du Chevalier de Saint Hilaire parlant d’une flotte considérable en préparation dans les ports anglais, modifie sa décision et dirige la marche de l’armée vers la Normandie. Les Blancs s’emparent de Château-Gontier, le 21 Octobre et partent pour Laval. La ville est emportée le 23 Octobre.Le 26, les troupes de Westermann et Kléber rencontrent les Vendéens. Après un long engagement, c’est la retraite des Mayençais. Le 27, toutes les forces républicaines retrouvent l’Armée Catholique et Royale. Kléber, au Comité de Salut Public, le 28 Octobre, rend hommage à Henri De La Rochejaquelein : « … alors, sans direction supérieure, nous avons tâché de ramener la victoire sous notre drapeau ; mais les brigands déployaient une tactique inaccoutumée. Nous avions contre nous leur impétuosité vraiment admirable et l’élan qu’un jeune homme leur communiquait. Ce jeune homme, qui s’appelle Henri De La Rochejaquelein, et dont ils ont fait leur généralissime après le passage de la Loire, a bravement gagné ses éperons. Il a montré dans cette malheureuse bataille une science militaire et un aplomb dans les manœuvres que nous n’avions pas retrouvés chez les brigands depuis Torfou. C’est à sa prévoyance et à son sang froid que la République doit cette défaite, qui a consterné nos troupes ; mais, quel que soit son empire sur l’esprit des paysans, il est bien difficile qu’il puisse longtemps se maintenir au milieu d’un pays qui n’est plus la Vendée… »

Le 14 Novembre, les Vendéens atteignent les murailles de Granville. Après trente-six heures d’un âpre combat, les vendéens battent en retraite vers Avranches, l’aide anglaise tant attendue n’étant pas au rendez-vous. Mais les paysans, voyant que la route prise n’est pas celle ramenant au bord de la Loire, exigent de retourner dans leurs pays ; l’armée se dirigent vers Angers. Du 18 au 22 Novembre, les blancs remportent les victoires de Pontorson, Dol, Trans et Antrain. Epuisés, ils atteignent Angers le 3 Décembre et dès le lendemain, vaincu, ils se dirigent vers Le Mans. Ils pénètrent dans la ville le 10 Décembre et décident d’y rester quelques jours pour y soigner de nombreux blessés et malades. Les troupes républicaines sous les ordres de Marceau, Kléber et Westermann attaquent simultanément, le 13 Décembre, les vendéens qui s’échappent par la route de Laval poursuivis par les hussards de Westermann. C’est le désastre : les prisonniers sont fusillés par centaines, et des monceaux de cadavres jonchent les routes. Le lendemain, le reste de l’armée vendéenne encombrée des non combattants quittent Laval pour Ancenis qu’ils atteignent le 16 Décembre. De La Rochejaquelein et Stofflet trouvent des bateaux et passent la Loire avec quelques centaines de soldats. Ils devaient rendre compte de la situation des Républicains sur l’autre rive. Les bleus, sur des barques canonnières, tirent quelques coups de canons et une cavalerie venue de Saint Florent met en fuite De La Rochejaquelein et Stofflet. Ils restent plusieurs semaines sans troupes, obligés de se déguiser en paysans pour parcourir les paroisses, alors que le reste de l’armée et la foule qui n’a pas pu traverser, se dirigent vers Savenay où ils vont être anéantis. Il propose son aide à Charette qui ne daigne lui offrir qu’une place sous son commandement. Il refuse et s’installe en forêt de Vezins avec Stofflet où ils recomposent leur armée. Le 28 Janvier 1794, au cours d’une escarmouche en forêt de Nuaillé, Henri De La Rochejaquelein tombe sous les balles républicaines. Stofflet a pris tous les moyens pour dissimuler sa mort le plus longtemps possibles aux vendéens.


"Si de ma vie dépend le bonheur de la Vendée, alors je suis prêt à la sacrifier toute entière"
(Henri De La Rochejaquelein)

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LES BLEUS SANGUINAIRES


• La Convention envoie trois armées. Les « blancs » ont alors l'avantage sur les « bleus » de la République. Mais ils abandonnent les villes aussitôt conquises sans pouvoir tirer parti de leurs victoires. Les bourgeois sont souvent hostiles aux gens de la terre. Fin juin, les Vendéens subissent leur premier échec devant Nantes. Cathelineau est tué. C'est le grand tournant de la guerre. A ce moment, arrive en Vendée la glorieuse armée de Mayence commandée par Kléber et Marceau. Le 17 octobre, Cholet est repris. C'est un désastre pour les insurgés : leurs meilleurs chefs, Lescure, Bonchamps, d'Elbée sont blessés à mort. Le lendemain, entraînant une foule de partisans désemparés, les restes de l'armée catholique et royale passent la Loire et se dirigent vers la Manche, espérant le secours des Anglais. Le 15 novembre, les Vendéens sont devant Granville où ils essuient un nouvel échec et ils doivent rebrousser chemin. - illustration "Massacre de Machecoul" de François Flameng, comme à Noirmoutier, ces dames républicaines viennent contempler l'oeuvre républicaine - ils sont harcelés pendant leur retraite par Marceau qui les poursuit et leur inflige une sanglante défaite au Mans, le 11 décembre. Les débris de l'armée vendéenne sont définitivement anéantis à Savenay, la veille de Noël. « Il n'y a plus de Vendée, écrit le général Westermann, elle est morte avec ses femmes et ses enfants... je viens de l'enterrer dans les marais et les bois de Savenay. »

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- illustration: vitraux relatant les massacres des colonnes infernales des bleus -



LES COLONNES INFERNALES DE TURREAU


• Les représailles sont terribles. Quatre chefs vendéens sont exécutés. Le général Turreau lance à travers le pays ses fameuses « 12 colonnes infernales » qui quadrillent la région et la dévastent systématiquement. Cependant, des groupes isolés continuent la lutte. Le 28 février 1794, tuant et incendiant sur leur passage, les colonnes des généraux Cordellier et Crouzat se dirigent vers le village des Lucs-sur-Boulogne. Mais sur le chemin, ils sont attaqués par Charette et mis en déroute. Cependant, après sa victoire, Charette, obligé de pratiquer la guérilla, se retire. Martincourt, un lieutenant de Cordellier s'en aperçoit et après avoir rallié plusieurs fuyards, se dirige vers Les Lucs avec l'intention d'y exercer des représailles. Le massacre : Les Républicains, une fois entrés dans le village, rassemblent la population devant l'église. Les villageois n'étaient guère en mesure de se défendre, la population présente comptant principalement des vieillards, des femmes, des enfants dont 109 avaient moins de 7 ans. La quasi-absence d'hommes adultes convainquit les Républicains que ces derniers avaient participé aux combats sous les ordres de Charette. Martincourt avait choisi de ne pas faire de quartier ; de plus, il souhaitait que l'opération se fasse en économisant le plus de cartouches possibles. Les soldats firent donc entrer la population dans l'église jusqu'à ce que, tout à coup, la cohue s'arrête, l'église s'avérant trop petite pour pouvoir contenir toute la population du village. Les Républicains mirent leur baïonnette au canon, chargèrent et massacrèrent toutes les personnes restées à l'extérieur. Les portes de la chapelle furent ensuite fermées, emprisonnant les civils à l'intérieur. L'église fut ensuite incendiée et des tirs de canons provoquèrent son éboulement.


LES NOYADES DE NANTES
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• Les noyades à Nantes sont un épisode de la Terreur qui a eu lieu entre novembre 1793 et février 1794 à Nantes. Des milliers de Vendéens quittant leur région pour fuir les républicains termineront leur débacle harasés et prisonniers à Nantes. Pendant cette brève période, des milliers de personnes, suspects aux yeux de la République, notamment des personnes d'Église, ont été noyées dans la Loire sur ordre de Jean-Baptiste Carrier. Des milliers d'hommes, de femmes, d’enfants meurent ainsi dans ce que Carrier appelle la « baignoire nationale ». Le nombre des victimes n'est pas connu avec précision, selon Roger Dupuy, il y a entre 7 et 11 noyades, avec 300 à 400 victimes à chaque fois.
- illustration "Les noyades de Nantes" en 1793 de Joseph Aubert "- Selon Jacques Hussenet, 1 800 à 4 800 personnes sont noyées sur ordre de Carrier, 2 000 autres personnes peut-être, furent noyées sur ordre d'autres révolutionnaires nantais. Au moins 4 000 personnes périssent dans les noyades selon Jean-Clément Martin. Alfred Lallié évalua à 4 860 le nombre des noyés nombre repris par Hippolyte Taine. Selon Reynald Secher, il y a 4 800 victimes, rien que pour l'automne 1793. Pour Gaston Martin environ 1 800, pour Fouquet 9 000, pour Mellinet 3 500.

DES ENFANTS MARTYRS PARMI TANT D'AUTRES

Le 28 février 1794, aux Lucs sur Boulogne, 110 enfants âgés de moins de 7 ans sont massacrés. Ils sont proposés pour la béatification

Marie-Modeste AIRIAU, de la Ricoulière, 5 ans et 7mois, Thomas AIRIAU, de Villeneuve, 10 mois, Joseph ARCHAMBAUD, de Puyberne, 20 mois, Agathe ARNAUD de Belleville (tuée au Lucs ) 4 ans et demi, Etienne BERIAU, de l’Erzandière.15 jours, Marie-Madeleine BERIAU, de Roblin, 2 ans et 11 mois, Jeanne BERIAU, du Petit-Luc, 4 ans, Marie BERNARD, de la Jarrie, 3 ans, Céleste BOISSELEAU, de la Grézaudière, 6 ans, Pierre BOISSELEAU, de la Gaconnière, 6ans et demi, François BOSSIS, du bourg du Grand-Luc, 7 mois, Joseph BOSSIS, son frère, 23 mois, Louis BOSSIS, autre frère, 5 ans, Pierre BOUET, de la Surie, 27 mois, Louis BOURON, de Bourgneuf, 3 mois, Madeleine BOURON, sa cousine, de Bourgneuf, 3 ans, Marie CHARUAU, de la Guyonnière, 2 ans, Marie-Madeleine CHARUAU, sa sœur, 4ans et 3 mois, Jean CHARRIER, de la Devinière, 3 ans, Marie DAVIAUD, de l’Erzandière, 1 mois, Pierre DAVIAUD, son frère, 5 ans et 8 mois, Jeanne DAVIAUD, au Petit-Luc, 2 ans et 11 mois, Pierre DAVIAUD, son frère, 4 ans et 10 mois, Louis EPIARD, du Chef-du-Pont, 5 ans et 10 mois, Jean-François ERCEAU, de la Sorinière, 27 mois, Pierre FETIVEAU, de la Gaconnière, 27 mois, N…FETIVEAU, son frère, 3 mois, Jeanne FEVRE, du Chef-du-Pont, 5 ans et demi, Suzanne FORGEAU, de la Sorinière, 20 mois, Rose-Aimée FORT, du Champ-Dolent, 31 mois, Pierre-René FORT, son frère, 5 ans et 9 mois, Marie-Anne FOURNIER, bourg du Grand-Luc, 30 mois, Jacques FOURNIER, son frère, 5 ans et 5 mois, Marie GARREAU, de la Cornetière, 7 ans, Marie-Anne GAUTRET, de la Guénière,7 ans, Pierre GEAI, des Temples ; 25 mois, Jean GIRARD, du Chef-du-Pont, 1 an, Marie-Jeanne GIRARD, sa sœur, 4 ans et 2 mois, Pierre GIRARD, leur frère, 6 ans et 4 mois, Pierre GOUIN, des Temples, 1 an, Louis GRALEPOIS, de la Grézaudière, 13 mois, Jeanne GRALEPOIS, de la Bretonnière, 5 ans, Pierre GRATON, du Puy, 3 ans et 4 mois, Jeanne GRIS, de la Cernetière, 5 mois, Pierre GRIS, son frère, 5 ans, Lubin GUILLET, du Bourg du Grand-Luc, 6 ans, Marie GUITET, de l’Erzandière, 4 ans et demi, Marie HERMOUET, du bourg du Grand-Luc, 5 mois, Louis HIOU, de Bourgneuf, 2 ans et 11 mois, Marie-Anne JOLI, de la Bromière, 27 mois, Marie MALARD, du Marchais, 4 ans, Jean MALIDIN, de la Primaudière, 18 mois, Marie MALIDIN, sa sœur, 3 ans et 11 mois, Jeanne MALIDIN, de la Bruère, 3 ans, Rose MALIDIN, sa sœur, 6 ans et 2 mois, Joseph MANDIN, du bourg du Grand-Luc, 23 mois, Louis MANDIN, son frère, 5 ans et 9 mois, Véronique MARTIN, de la Moricière, 1 an, Marie-Françoise MARTIN, du Petit-Luc, 2 ans, Louise MARTIN, sa sœur, 5 ans et 4 mois, Rosalie MARTIN, de la Guénière, 2 ans et 10 mois, Louise MARTIN, sa sœur, 5 ans et 3 mois, Rosalie MARTINEAU, de Bourgneuf, 2 ans et 11 mois, Jean MIGNEN, de la Sorinière, 1 an, Louise MINAUD, du Brégeon, 15 jours, Louise-Marie MINAUD, sa sœur, 15 mois, Jean MINAUD, leur frère, 5 ans et 3 mois, Pierre MINAUD, autre frère, 6 ans et 11 mois, Jeanne MINAUD, de la Davière, 15 mois, André MINAUD, son frère, 4 ans et 2 mois, Véronique MINAUD, leur sœur, 6 ans et 8 mois, Pierre MINAUD, leur cousin de la Davière, 4 ans, Louise MINAUD, de l’Ethelière, 33 mois, Marie-Anne MINAUD, sa sœur, 6 ans et 11 mois, Anne MORILLEAU, de la Primaudière, 2 ans, Céleste MORILLEAU, sa sœur, 6 ans et 5 mois, Jean PERROCHEAU, du Retail, 5 ans et 3 mois, Pierre POGU, de la Pellerinière, 22 mois, Jean POGU, son frère, 5 ans, Rose PREVIT, de Villeneuve, 10 mois, Marie PREVIT, sa sœur, 6 ans,
Rose REMAUD, de Bourgneuf, 4 ans et 11 mois, Marie REMAUD, de la Grande-Métairie, 4 ans et demi, Pierre RENAUD, de la Nouette, 18 mois, Catherine RENAUD, sa sœur, 3 ans et demi, Jeanne RENAUD, leur cousine, de la Nouette, 4 ans, Marie-Anne RENAUD, de la Petite-Brosse, 4 ans, Pierre RENAUD, son frère, 6 ans et demi, Marie RICOULEAU, de la Bromière, 22 mois, Jeanne ROBIN, de la Retardière, 5 ans, Marie-Anne RORTAIS, de la Guyonnière, 4 ans, Jeanne ROUSSEAU, de la Gaconnière, 23 mois, Jean ROUSSEAU, son frère, 3 ans et 11 mois, Louis ROUSSEAU, autre frère, 7 ans, Victoire ROUSSEAU, cousine, de la Gaconnière, 11 mois, Jeanne ROUSSEAU, sœur de Victoire, 4 ans, Jeanne SAVARIAU, de la Sorinière, 5 ans et 10 mois, Pierre SIMONEAU, de la Moricière, 6 mois, Jean SIMONEAU, son frère, 4 ans et 10 mois, Jacques SIMONEAU, de la Bugelière, 18 mois, Joseph, SIMONEAU, cousine, de la Bugelière, 8 mois, Henri SORET, du Petit-Luc, 2 ans, Jacques SORIN, de la Bromière, 5 mois, Jean SORIN, son frère, 3 ans et 3 mois, Madeleine TENET, du Chef-du-Pont, 7 ans, Louis VRIGNAUD, de la Ricoulière, 23 mois, Marie-Jeanne VRIGNAUD, de la Cornetière, 3 ans, Jean-Baptiste VRIGNAUD, son frère, 4 ans et 5 mois.

Cette longue litanie est suffisamment émouvante pour se passer de commentaires. Nous invitons tous ceux qui ne l’ont pas encore fait d’aller en Pèlerinage du Souvenir à la Chapelle du Petit-Luc dans laquelle sont inscrits tous les noms de ces jeunes martyrs.

illustration les principaux chefs vendéens parés du foulard de Cholet, dans l'ordre : Jacques Cathelineau, Henri de La Rochejaquelein, Maurice d'Elbée, François Charette, Bernard de Marigny, Jean Nicolas Stofflet et Charles de Bonchamps. - 7

DECOUVERTES DE CHARNIERS ET DE PUITS D'EAU REMPLIS DE CORPS HUMAINS

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• Des charniers relancent le débat sur le "génocide vendéen"
Qualifiée de découverte archéologique majeure par les spécialistes, la récente mise au jour au Mans (Sarthe) de deux charniers datant des guerres de Vendée ravive les espoirs d'une reconnaissance du "génocide vendéen" chez les tenants d'une telle thèse. Parmi la vingtaine de squelettes exhumés courant février, "de nombreux corps portent les stigmates d'un véritable acharnement", souligne l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), qui a annoncé la découverte la semaine dernière. La plupart ont été tués à l'arme blanche, lors de la fuite de l'armée catholique et royale vendéenne devant les soldats républicains les 12 et 13 décembre 1793. "Il y aurait au total 2.000 corps enterrés dans le centre-ville du Mans", évalue Pierre Chevet, responsable scientifique de l'opération. la découverte des charniers du Mans oblige l'Assemblée nationale à se pencher sur la reconnaissance du génocide vendéen. "Si le Parlement ne le faisait pas, nous réfléchissons actuellement, avec d'autres universitaires et des politiques, à saisir la Cour pénale internationale de La Haye à plus ou moins brève échéance", déclare cet historien à l'origine de la thèse du "génocide vendéen" en 1986. Selon lui, la "volonté exterminatrice des révolutionnaires" est établie dans plusieurs documents

."Les Vendéens n'étaient pas tués pour ce qu'ils faisaient, mais pour ce qu'ils étaient"

, soutient l'historien, qui compare ce "génocide" à celui des Arméniens par l'Empire ottoman en 1915-1916 ou à celui des Juifs par les Nazis entre 1939 et 1945.
Place des Jacobins, au Mans, ont mis au jour les restes de victimes des carnages des 12 et 13 décembre 1793.
Neuf charniers ont été fouillés depuis leur découverte au début de l'année 2009, lors de travaux d'aménagement de la place des Jacobins, au centre du vieux Mans. Les 159 corps qui en ont été extraits portent pour la plupart des stigmates osseux de violents combats à l'arme blanche, fractures, entailles nettes, et impacts d'armes à feu. Leur disposition désordonnée dans certaines fosses laisse penser que les victimes ont été jetées là précipitamment, sans sépulture. Les archéologues ont identifiés des corps d'hommes, de femmes, mais également d'enfants.

LA FIN DE LA TERREUR

• Après le 9 thermidor, la Terreur prend fin, là comme partout ailleurs. Hoche est envoyé en Vendée et obtient par la douceur ce que la violence n'a pu réaliser. Le 2 décembre 1794, l'armistice est proclamé. Les deux derniers grands chefs vendéens, Charette et Stofflet, signent le 17 février 1795 la paix de La Jaunaye. Quelques fanatiques reprennent les armes quand les émigrés tentent de débarquer à Quiberon (juin 1795), Hoche sévit durement. Stofflet est fusillé le 25 février 1796 et Charette le 25 mars de la même année. Après trois ans d'épopée et-de martyre, la Vendée entre dans la légende. Des dizaines de milliers de Français sont morts, cent lieues carrées ont été changées en désert. Mais le soldat vendéen, avec son mouchoir de Cholet, ses sabots et son grand chapeau, restera une des figures les plus populaires de l'imagerie révolutionnaire.

En 1793, la France faisait front à l'Europe,
la Vendée tenait tête à la France.
La France était plus grande que l'Europe ;
la Vendée était plus grande que l
a France.
Victor Hugo.

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