LA BIBLE DEVOILEE

Publié le par Bernard Gasnot

 LA BIBLE DEVOILEE
 LA BIBLE DEVOILEE
 LA BIBLE DEVOILEE
 LA BIBLE DEVOILEE

LA BIBLE DEVOILEE
I - LES PATRIARCHES
II - L'EXODE
III - LES ROIS
IV - LE LIVRE DES ROIS

Les nouvelles révélations de l'archéologie par Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman :

Archéologues, les auteurs confrontent dans l’ouvrage la Bible aux données issues des fouilles et des documents égyptiens et mésopotamiens. Il en ressort que bien des épisodes de la Bible – parmi les plus connus – comme l’errance des Patriarches (Abraham, Isaac, Jacob), l’esclavage des Hébreux en Égypte, l’Exode sous la conduite de Moïse, l’errance de 40 ans dans le désert du Sinaï, la conquête victorieuse de Canaan par Josué, la monarchie unifiée sous l’autorité du grand David, la splendeur de Jérusalem dotée de son magnifique Temple par Salomon ne correspondent à aucune donnée archéologique ou historique et n’ont tout bonnement pas eu lieu !


Reprenons ces points successivement…

I - LES PATRIARCHES

1

Rappelant que la majorité des pionniers de l’archéologie biblique étaient des prêtres ou des théologiens, les auteurs montrent que tous les efforts pour retrouver les traces de la grande migration vers l’ouest d’Abraham, d’Ur à Harân, en Mésopotamie, puis vers Canaan (sa tombe se trouvant, selon la Genèse, à Hébron, dans les actuels territoires palestiniens) se sont révélés vains. «

L’archéologie prouve de façon indubitable qu’aucun mouvement subit et massif de population ne s’est produit à cette époque », mouvement que les tenants d’une migration historique de tribus conduite par Abraham et sa famille situent d’ailleurs à des dates contradictoires, selon les découvertes (entre la moitié et la fin du III° millénaire, entre le début et la moitié du II° millénaire, au début de l’âge du Fer (1150-900 av. J.C.).

D’entrée de jeu, les auteurs affirment que le texte de la Genèse a été compilé, à partir de sources plus anciennes, au VII° siècle av. JC, sans qu’il soit possible d’en extraire un compte rendu historique exact. Par exemple, l’histoire des patriarches est remplie de chameaux transportant des marchandises, alors que l’archéologie révèle que le dromadaire n’est couramment utilisé comme bête de somme qu’à partir de l’an 1000 av. J.C., bien après l’existence supposée des patriarches.

Avec Abraham, Isaac, Jacob – le père des 12 tribus d’Israël, la Genèse met en scène une ascendance commune à tout le peuple israélite, en insistant sur Juda. Sur son lit de mort, Jacob confie ainsi le droit d’aînesse à son fils Juda, qui donnera son nom à l’un des deux royaumes israélites du Levant, celui du Sud, où se trouve le tombeau, près d’Hébron, des trois patriarches.

II - L’EXODE

2

L’Exode a-t-il eu lieu ? Moïse se dressant face au Pharaon, déchaînant contre lui les 10 plaies d’Égypte, la fuite à travers la Mer Rouge, puis les Dix Commandements révélés au premier des Hébreux sur « le mont de Dieu », ces épisodes bibliques sont parmi les plus évocateurs et les plus significatifs de la Bible. Sont-ils pour autant historiques ?
Au risque de décevoir leurs lecteurs, les auteurs affirment : « Nous n’avons pas la moindre trace, pas un seul mot, mentionnant la présence d’Israélites en Égypte : pas une seule inscription monumentale sur les murs des temples, pas une seule inscription funéraire, pas un seul papyrus.

L’absence d’Israël est totale – que ce soit comme ennemi potentiel de l’Égypte, comme ami, ou comme peuple asservi. » A l’époque supposée de l’Exode, au XIII° siècle av. J.C., l’Égypte de Ramsès II est une puissance considérable, qui contrôle parfaitement les cités-États de Canaan. Des forteresses égyptiennes balisent la frontière, d’autres sont bâties en Canaan. Pour Finkelstein et Silberman, il est inimaginable qu’une foule d’esclaves hébreux aient pu fuir vers le désert et la Mer Rouge sans rencontrer les troupes égyptiennes, sans qu’il en reste trace dans les archives étatiques. Or, la plus ancienne mention des Hébreux est une stèle commémorant, à la fin du XIII° siècle av. J.C., la victoire du pharaon Merneptah sur le peuple d’Israël, mais en Canaan-même. Même absence de vestiges archéologiques dans le Sinaï, où les compagnons de Moïse ont, selon la Bible, erré pendant 40 ans. Toutefois, pour n’être pas exacte d’un point de vue historique, la Bible, dans sa description de l’Exode, n’est pas pour autant une fiction littéraire : les toponymes (les noms de lieu) en Égypte, dans le Sinaï ou à Canaan, désignent bien des territoires historiques, mais plus proches là encore du VII° siècle av. J.C. que de l’époque présumée de l’Exode. (Ce dernier fait peut-être allusion à l’expulsion d’Égypte, bien réelle celle-là, des Hyksos, qui étaient eux-mêmes des Cananéens). Dès lors, ce récit d’un affrontement victorieux entre Pharaon et Moïse a pu devenir une saga nationale, une toile de fond mythique et encourageante alors qu’au VII° siècle av. J.C., la renaissance de l’Égypte menace les ambitions du roi de Juda, Josias.

L’origine des Israélites…Selon le texte biblique, Moïse confie la conquête de la Terre promise, Canaan, à son lieutenant Josué. Aidé par Dieu, Josué multiplie les victoires, comme à Jéricho, les murailles s’effondrant sous les trompettes de guerre. Là encore, la réalité archéologique contredit le Livre de Josué. Par exemple, les cités de Canaan n’étaient pas fortifiées ; aucune muraille ne pouvait donc s’écrouler…

Surtout, l’idée même d’une invasion de Canaan par les Hébreux venus d’Égypte est contestée par nos auteurs. Pour eux, les Hébreux sont en fait des peuplades indigènes de Canaan, qui ont développé progressivement une identité ethnique israélite. Loin d’être de lointains immigrés, loin d’avoir violemment conquis le pays, les Hébreux sont donc surtout des pasteurs, des éleveurs de Canaan, dont le mode de vie s’est modifié au point de les distinguer des autres peuples autochtones, par exemple par leurs habitudes alimentaires (l’interdiction de consommer du porc). Aux alentours de 1200 av. J.C., lors d’une crise très grave de la société cananéenne du littoral, ils ont colonisé les hautes terres de Judée et les montagnes de Samarie, habitant des villages non fortifiés très rustiques

.

IIII - LES ROIS

3

Un royaume hébreu sous l’autorité de David et Salomon… A l’époque présumée du premier grand souverain hébreu, David, vers l’an 1000 av. J.C., cette société israélite est encore peu développée, très peu peuplée, et n’a certainement pas la dimension d’une cité-État alphabétisée, capable d’encadrer de grands travaux sous le contrôle d’une bureaucratie de fonctionnaires. « Les fouilles entreprises à Jérusalem n’ont apporté aucune preuve de la grandeur de la cité à l’époque de David et de Salomon », écrivent nos auteurs, qui enfoncent le clou à propos du fameux Temple bâti par Salomon : « Les fouilles entreprises à Jérusalem, autour et sur la colline du Temple, au cours du XIX° siècle et au débit du XX° siècle, n’ont pas permis d’identifier ne serait-ce qu’une trace du Temple de Salomon et de son Palais ».

Dans une Jérusalem qui ressemble plus à un village de montagne qu’à une capitale prestigieuse, David et Salomon ont certes existé, mais leur mémoire a surtout servi à construire le mythe d’un seul peuple puissant, d'une monarchie israélite unifiée sous la légitime dynastie davidienne.

La réalité, telle qu’elle est rapportée par nos auteurs, est toute différente…
Deux royaumes israélites pendant toute l’histoire juive… En se fondant là encore sur leurs investigations archéologiques, Finkelstein et Silberman introduisent – contre le mythe d’une monarchie unifiée originelle - l’idée neuve de l’existence originelle et durable de deux entités israélites, deux sociétés distinctes, au Sud et au Nord des hautes terres, dont les rivalités et le destin historique ont commandé l’écriture de la Bible.

Au Sud, le royaume de Juda, plus pauvre, moins peuplé, gouverné depuis Jérusalem par les héritiers de David. D’ailleurs, le Dieu d’Israël, dans les territoires du Sud, est appelé YHWH (que l’on prononce Yahvé). Au Nord, c’est le royaume d’Israël, beaucoup plus prospère, plus peuplé, plus influent, dont la capitale, Samarie, est un grand centre administratif, doté d’un palais et de son propre temple pour honorer El, ou Elohim.

IV - LE LIVRE DES ROIS

4

Un nouveau monothéisme…Tout le propos du Livre des Rois est de montrer que seul le royaume du Sud, dans sa légitimité davidienne, a vocation à gouverner l’ensemble des territoires israélites, à partir d’un culte centralisé dans le Temple de Jérusalem. Bien que plus influent, avec de puissantes cités comme Samarie ou Megiddo, le royaume nordiste d’Israël, selon le texte biblique, était voué à la destruction du fait de l’incroyance de ses souverains et de la composition multiethnique de sa population : en 720 av. J.C., les Assyriens détruisent le royaume de Samarie et annexent la contrée. « Le royaume de Juda se retrouva soudain seul, cerné par un monde non israélite. Le royaume ressentit alors le besoin impérieux de posséder un document écrit qui le définît et le motivât. Ce texte, c’est le noyau historique de la Bible, compilé à Jérusalem au cours du VII° siècle av. J.C. »

La destruction du royaume d’Israël est l’occasion de proférer l’exigence, pour tous les Israélites, d’un monothéisme radical – celui du Deutéronome, le cinquième Livre de la Torah (le Pentateuque), qui prescrit l’observance des fêtes nationales (la Pâque, les Tabernacles), l’interdiction des « mariages mixtes », la protection des faibles et des indigents. Jusqu’à cette époque, bien des cultes, celui de divinités domestiques, du soleil, de la lune et des étoiles, de Baal ou d’Asherah (« épouse » de Dieu…) cohabitaient avec celui d’YHWH, au sein même du Temple, mais aussi dans des sanctuaires de campagne ! En même temps, l’héritier de David, le roi Josias, est présenté comme un véritable messie, chargé de restaurer la monarchie unifiée et l’autorité davidienne sur tous les Israélites, alors même que les Assyriens se retiraient des provinces du Nord.

Des rois aux prêtres… En 609 av. J.C., le roi Josias est tué par les troupes du pharaon Neko II. Mais ce sont les Babyloniens de Nabuchodonosor qui ravagent le royaume de Juda, incendient Jérusalem et détruisent le Temple en 586 av. J.C. (les fouilles archéologiques ont restitué pointes de flèches et traces d’incendie). Une partie des Israélites, faible selon nos auteurs, l’élite surtout, est déportée à Babylone. Cet exil, relativement court dans le temps puisque les Perses de Cyrus détruisent l’empire babylonien en 534, est essentiel dans la mise en forme finale du Pentateuque. L’éloignement d’Israël réactive le souvenir de l’Exode.

Le destin prestigieux d’Abraham choisi par Dieu pour offrir une Terre prospère à sa nation est un message d’espoir, tout comme le souci de bien marquer la séparation entre le peuple juif et ses voisins. Enfin, la reconstruction du Temple (qui inaugure la période dite du Second Temple) permet la conservation de l’identité israélite autour des prêtres, dont l’importance s’est réaffirmée pendant l’exil. En effet, les territoires israélites ne sont plus gouvernés par les descendants de David, la monarchie est hors-jeu : après les Perses viennent les Grecs d’Alexandre, puis ses généraux, puis les Romains (avec un certain Ponce Pilate), les Byzantins, les Arabes…

Mais l’épopée biblique est devenue suffisamment cohérente pour permettre la survie identitaire du peuple juif, et son prolongement dans le christianisme.

La Bible est considérée comme un livre sacré, à valeur historique, ne révélant que vérités absolues. Et malheureusement, beaucoup prennent pour « paroles d’Evangile » tout ce qui y est écrit !

La Bible n’a pas été écrite d’un trait, l’étymologie du mot même, le grec biblia, LES livres fait référence à un pluriel, précisant qu’elle est composée de divers textes, de divers auteurs inconnus, le choix définitif des pièces rassemblées dans la Bible juive n’ayant été établi qu’au premier siècle avant JC.

Ce qui est sûr aujourd’hui c’est que le contenu de ce livre n’a pas toute la valeur historique que lui prêtent les orthodoxes juifs, les traditionalistes catholiques, ou les fondamentalistes évangéliques, même si ces derniers ont réussi à imposer leur vision créationniste et à permettre l’enseignement parallèle de la Genèse et de la théorie de

L’évolution des espèces de Darwin dans les écoles du Kansas, avec l’aval du président Bush, la Bible reste l’approche d’une divinité parmi une myriade, en somme si pas une hypothèse de réflexion, au moins une fiction.

Mais ces légendes résistent-elles face aux dernières découvertes archéologiques ? D’après la Bible, les descendants de Jacob, petit-fils d’Abraham qui deviendra Israël, demeurent 400 longues années en Egypte en tant qu’esclaves de Pharaon, pour bâtir entre autres choses Pitom.

Nous sommes alors aux alentours de-1300, la Torah, le Pentateuque des Chrétiens, les cinq premiers livres de leur Bible, composé de la Genèse, l’Exode, le Lévitique, le Livre des Nombres et le Deutéronome, raconte la naissance du peuple d’Israël. Moïse, nouveau-né est sauvé des eaux par la fille même de Pharaon qui l’adopte, et l’élèves-en

Egyptien. Suite au meurtre d’un Egyptien qui rouait de coups un esclave Hébreux devant lui, Moïse s’enfuit pour devenir berger dans le Sinaï, suivra l’épisode du buisson ardant, avant de retourner en Egypte pour sauver son peuple. Le Deutéronome, dernier des cinq livres de la Torah, voit Moïse mourir dans la région de Moab, à l’orée du Pays de Canaan, la Terre Promise, l’actuelle Palestine, car pour une billevesée, le « Grand Dieu Bon », lui a interdit de rentrer sur la Terre Promise. Des générations de fidèles ont pris les écritures au pied de la lettre, persuadés que Yahvé avait confié à Moïse la mission de mettre par écrit les clauses de l’Alliance conclue entre lui et le peuple d’Israël, et qu’après avoir libéré son peuple du joug des Egyptiens et l’avoir conduit jusqu’à la Terre Promise, Moïse a retranscrit mot pour mot le verbe divin, jusqu’à anticiper sa propre nécrologie ! Fort…à moins bien sûr qu’il ne soit pas l’auteur de la Torah ?

Mais combien même, pourquoi l’histoire, la vraie, n’a t elle pas conservé de traces de cet élu Hébreux qui, avec l’aide d’un dieu d’une ineffable bonté, fit s’abattre des plaies horribles sur tout un pays et qui a libéré des milliers d’esclaves ? Les Egyptiens ne savaient peut-être pas écrire pour témoigner des horreurs subies ou même admettre une si grande et impressionnante défaite due à des facteurs supranaturels qui auraient quand même dus

Suscités la curiosité des scribes, non ?

D’après la Bible 600 000 Hébreux en armes franchissent la Mer Rouge, dont Moïse a ouvert les flots, talonnés de près par l’armée égyptienne, une des plus puissantes du moment. 600 000 hommes, ce qui porte à environ deux millions de personnes le nombres des fuyards d’une une Egypte qui, on le sait, ne comptait pas plus de 3,5 millions de personnes à cette époque, étonnant !

Au Mont Sinaï, Moïse scelle l’alliance de son peuple avec Yahvé, avant d’errer tous ensembles pendant quarante ans dans le désert, notamment à Cades Barnea. Précisons quand même que Pitom n’existait tout simplement pas encore au XIII° siècle avant JC. Ajoutons qu’aucune archive égyptienne ne fait mention de la présence juive, de l’exode ou

Des plaies, pas de preuves archéologiques ou épigraphiques. Plusieurs centaines de milliers de personnes, pour ne dire des millions d’après la Bible, ont stationné au pied du Mont Sinaï, et bien que les techniques actuelles permettent déceler le simple passage de bergers, pas un seul tesson de cruche retrouvé sur les lieux malgré les années de fouilles effectuées sur la zone! La fuite de l’Egypte vers la Palestine reste d’ailleurs peu vraisemblable.

A cette époque, le Pays de Canaan est sous la coupe des Egyptiens. Les hypothèses concernant une rédaction d’un « pseudo exode » parlent du roi historique celui-là, nommé Josias, roi de Juda qui rêvait de réunifier au VIII° siècle avant JC, le Royaume de Juda au Sud, et celui du Nord, perdu, Israël alors sous domination de l’autre grand empire du moment l’Assyrie. Celle-ci étant en proie a des tensions internes, les forces armées sont concentrées aux alentours de Babylone. Mais l’Egypte, elle, est toujours là, et rêve de conquête, obstacle au rêve hégémonique de Josias.

Sentant son heure venue, Josias sort de sa manche un « Livre de la Loi », découvert par hasard qui prévoit un seul lieu de culte, sa ville Jérusalem, autour d’un seul dieu et d’une seule loi. Il savait qu’en édictant une loi, autoritaire et fascisante, par lui-même cela ne passerait pas, alors qu’ainsi il lui serait plus simple de tout contrôler. C’est lui le législateur qui se veut le « libérateur » de son peuple : il leur donne cette fable, véritable propagande pour leur faire croire que ce petit peuple peut se soulever devant cet immense empire d’alors qu’est l’Egypte, s’il est guidé par un homme épaulé par dieu et la loi, un Moïse : lui.

Josias semble être donc l’instigateur de ce récit de propagande qu’est le mythe de Moïse et de l’exode. Les exégètes s’accordent aujourd’hui pour dire que le Pentateuque, la Torah donc, date de l’exil des Hébreux à…Babylone, l’actuelle Irak, entre -587 et -532 environ, plus tôt d’ailleurs, les populations de l’ancien Israël n’étaient pas alphabétisées. Nous sommes donc loin des -1300 supposés ou un Moïse auteur de la Torah aurait existé. Ce serait vraisemblablement durant cet exil sur les bords de l’Euphrate que ce peuple déraciné a entamé la rédaction de sa grande geste nationale et religieuse autour de ce dieu unique, l’agrémentant au passage des mythes babyloniens, sumériens revisités bien entendus pour être plus conformes à leurs canons, je vous renvoie aux parallèles avec les mythes sumériens. Certains mêmes, peu suivis il est vrai, comme le linguiste Yaaqov Kupitz, professeur à l’université hébraïque de Jérusalem, prétendent que la Torah aurait été rédigée plus récemment, vers -230, décelant de fortes influences grecques dans les textes, comme l’épisode du duel de David et Goliath (Samuel XVII) rappelant celui relaté dans « L’Odyssée », de Pâris et de Ménélas, la description même de l’armement du géant philistin, peuple venu de la mer Egée et dont le nom donne celui de la Palestine, rappelle l’équipement d’un soldat grec; la monnaie utilisée par Jacob même dans la Genèse pour acheter un terrain à Sichem (GenXXXIII, 19), laqsitah dérivé du Greckisté n’existait pas avant l’arrivée des Hellènes, et personne ne relève ces incohérences !

continuons, les Hébreux sont arrivés au Pays de Canaan, nous sommes aux alentours de-1230, la conquête de la Terre Promise est entreprise et relatée dans le Livre de Josué qui décrit les Hébreux comme un vaillant peuple en armes qui déjà vient quand même déjà d’oublier le premier commandement encore tout frais: « Tu ne tueras Point ».

Ce livre nous raconte des combats sanguinaires, menés par des chefs de guerre féroces, des victoires époustouflantes, voilà la grande geste nationale juive en marche !

A Jéricho, les murs s’effondrent au son desshofar, trompettes faites de cornes de béliers. A Gabaon, Josué obtient de Yahvé qu’il suspende la course du Soleil, le temps de passer tout le monde au fil de l’épée !

La Terre Promise conquise par des massacres cautionnés, appuyés, aidés par ce dieu si bon et merveilleux, les 12 tribus d’Israël se réunissent à Sichem sous l’instigation de Josué pour fonder la première confédération juive.

Seulement, d’après les archéologues de Tel-Aviv, Israël Finkelstein et Asher Silberman, vers le XIII siècle avant JC, période supposée de cette conquête par les armées de Josué, la multitude de cités états de Palestine est fermement tenue par les garnisons égyptiennes. A cette époque même, Jéricho n’est qu’un bourg sans muraille, et une seule stèle de cette époque attribuée au Pharaon Meren Ptah mentionne le peuple Hébreux en ces termes : « Israël est anéantie et n’a plus de semence ». En lieu et place donc d’une confédération puissante unie autour d’un dieu unique qui a conquis par la force, la ruse et l’aide de son dieu une terre tant convoitée, nous n’avons en réalité une référence à un peuple de faible poids face aux puissants voisins d’alors, et qui n’a en fait rien conquis du tout…puisque déjà sur place !

L’archéologue William Dever, émet l’hypothèse que ce XII° siècle est une période de marasme artisanal, commercial, et de déclin économique pour la région, émaillée de soulèvements contre les potentats locaux des populations étranglées par l’impôt, ce qui pousse des citadins ruinés, des marginaux et des pasteurs semi-nomades à se replier vers les montagnes de Judée et de Samarie, pour devenir les premiers Israélites.

Israël Finkelstein pense lui que les Israélites ont pour origine l’installation de bergers au cours de cette période dans les régions du centre de Canaan. Environ 250 communautés y auraient ainsi vécu des fruits de l’agriculture, isolées les unes des autres sans administration, ni instance politique. Les fouilles de la région ont exhumé des vestiges de hameaux comportant des silos à céréales et des enclos pour bétails, et contrairement à de nombreux autres sites de Cisjordanie, aucun os de porc n’y a été retrouvé.

Finkelstein affirme ainsi que « les habitants de ces villages n’étaient autres que les peuplades indigènes de Canaan qui, petit à petit, ont fini par développer une identité ethnique que l’on peut qualifier d’israélite ».

Les récentes études génétiques effectuées sur les squelettes retrouvés en Palestine montrent que juifs et cananéens d’alors sont génétiquement les mêmes individus. Les juifs ne sont pas venus d’ailleurs, ils étaient déjà là. Israéliens et Palestiniens sont issus du même peuple et vivaient jadis sur la même terre!

Au X° siècle avant JC : d’après la Bible donc, les tribus d’Israël deviennent une monarchie unifiée, le Royaume de Juda sous l’égide des Rois David, puis de Salomon son fils, mais une fois encore, il n’est fait aucune mention d’un tel empire ni dans les archives des peuples voisins, ni même dans le sous-sol palestinien. David, successeur de Saül a peut-être existé entre -1010 et -970, une stèle retrouvée dans le sanctuaire de Tel Dan au Nord de la Palestine mentionne « la Maison de David », mais rien ne prouve qu’il s’agisse du vainqueur du Goliath des Ecritures.

La capitale du Royaume, la Jérusalem de l’époque, n’a rien de flamboyant comme elle peut l’être décrite dans la Bible, en fait, c’est un petit village entouré d’une dizaine de bourgs faiblement peuplés. Le sage Salomon, bâtisseur du temple de Jérusalem et du somptueux palais de Samarie, séducteur de la Reine de Saba, riche et puissant n’a certainement rien à voir avec le Salomon historique, s’il a existé. Les tribus idolâtres du Nord font sécession avec le Royaume de Juda et constituent le Royaume d’Israël, et ceux sont ces hérétiques qui sont en fait la base de l’épanouissement de l’état d’Israël. Les bâtiments construits autour de Jérusalem que ce soit à Haçor, à Megiddo ou à Geze que l’on attribue à Salomon, auraient été construits au cours du IX°siècle par les rois d’Israël.

David et Salomon ne seraient en fait que des personnages légendaires, inventés par les rédacteurs de la Bible « dans une perspective pan israélite afin de démontrer a posteriori l’unicité du Royaume d’Israël, au Nord et du Royaume de Juda au Sud », on peut les comparer à ce que furent les légendes de Siegfried pour les Allemands, du Roi Arthur pour les Anglais, ou de Vercingétorix revisité pour les Français.

Au cours du premier siècle avant JC, est achevé la rédaction de la Septante, du Latin septante, soixante-dix d’où provient la Bible chrétienne, qui est l’ensemble des traductions grecques des écritures hébraïques. La légende raconte que ces traductions étaient au nombre de 72, toutes semblables, et toutes parfaites, réalisées par des juifs d’Alexandrie afin de permettre aux juifs des jeunes générations qui n’entendaient pas l’Hébreux d’avoir accès aux « livres saints ». Les traductions de l’Hébreux au Grec, puis du Grec au Latin ont été des sources de méprises linguistiques.

Rien d’exhaustif ici et pourtant on constate déjà que bon nombre de vérités révélées par l’Ancien comme le Nouveau Testament ne tiennent pas face aux découvertes archéologiques et aux analyses objectives. Prenons les donc pour ce qu’ils sont, des livres relatant des mythes et des légendes, une cosmogonie et une approche d’une divinité que l’on veut unique, une approche parmi d’autre du divin, aussi controversée soit-elle. Le « Silmarillon » de J.R.R. Tolkien, retour

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article