L’attentat de Nice rappelle l’Opération Gladio

Publié le par Bernard Gasnot

Il semble vraiment étrange qu’une personne seule conduisant un gros camion ait pu accéder à des zones sécurisées où les Français s’étaient réunis pour regarder les feux d’artifice commémorant la prise de la Bastille. Il semble aussi étrange, que cet événement soit qualifié de terroriste lorsque la famille de l’auteur présumé soutien qu’il n’était pas du tout religieux et n’avait aucune motivation religieuse.

Le saurons-nous jamais ? Encore une fois l’auteur présumé est mort, ayant laissé, complaisamment, derrière lui sa carte d’identité.

Il semblerait qu’une des conséquences pour la France sera l’instauration permanente de l’état d’urgence. Cette mise au pas de la société servira également à la marionnette capitalise Hollande d’évacuer les protestations contre l’abrogation des protections du droit de travail en France. Ceux qui protesteront contre la perte, si durement gagnés, de leurs acquis seront restreints par l’état d’urgence. C’est incroyable de voir comme cette attaque a été commode pour le capitalisme mondial, qui est le principal bénéficiaire de cette nouvelle « réforme » du Code de travail d’Hollande.

Les questions soulevées par Koenig et Lendman rappellent l’Opération Gladio, nom de code donné à une opération secrète de l’OTAN, mise en place par Washington après la Seconde Guerre mondiale en réponse à la crainte de l’Europe occidentale quant à une éventuelle invasion de celle-ci par l’Armée rouge. Initialement Gladio consistait en la création de caches d’armes et à celle d’une organisation devant mener la guérilla contre l’armée d’occupation soviétique.

Au lieu d’une invasion soviétique, la menace qui a émergé fut la popularité du Parti communiste en France et surtout en Italie. Washington craignait que des partis communistes gagnent suffisamment de voix pour former un gouvernement, que l’Empire de l’Europe occidentale qu’elle dirigeait soit brisé et que ces gouvernements communistes s’alignent avec Moscou.

Par conséquent, Gladio a été tourné contre les Partis communistes européens. Le service de renseignement italien en collaboration avec la CIA a commencé à commettre des attentats en Italie dans les lieux publics, comme dans la gare de Bologne où 285 personnes ont été tuées, mutilées ou blessées.

L’opérateur du Gladio Vincenzo Vinciguerra fut le premier à révéler l’existence de Gladio lors de son procès de 1984 pour le bombardement de la gare de Bologne en 1980. Interrogé sur l’attentat de Bologne, Vinciguerra a déclaré : « Il existe en Italie une force secrète parallèle aux forces armées, composée de civils et des militaires, qui dans un but antisoviétique, organisent une résistance sur le sol italien contre l’armée russe … Une organisation secrète, une super-organisation, avec un réseau de communication, des armes, des explosifs, et des hommes formés pour les utiliser … Une super-organisation qui, faute d’une invasion militaire soviétique, qui pourrait ne jamais se produire, a pris pour tâche, au nom de l’OTAN, d’empêcher un glissement de l’équilibre politique du pays vers la gauche. C’est bien ce qu’ils ont fait, avec l’aide des services secrets officiels et les forces politiques et militaires »

Il a fallu attendre 1990, six ans plus tard ans, pour que le Premier ministre italien, Giulio Andreotti, reconnaisse officiellement l’existence de Gladio.

Le général italien Gerardo Serravalie commandait la participation italienne de Gladio dans la première moitié des années 1970. Wikipédia rapporte qu’il a déclaré que les responsables de la planification et la coordination « étaient des officiers responsables des structures secrètes de la Grande-Bretagne, de la France, de l’Allemagne, de la Belgique, du Luxembourg, des Pays-Bas et d’Italie. Ces représentants des structures secrètes se rencontraient tous les ans dans l’une des capitales … Aux réunions de ‘stay-behind’ des représentants de la CIA étaient toujours présents. »

Des années 1960 jusqu’au milieu des années 1980 il y eu beaucoup d’attentats à la bombe avec de nombreuses victimes civiles. Vinciguerra a déclaré : « On était censé attaquer des civils, des femmes, des enfants, des personnes innocentes en dehors de l’arène politique, pour une raison simple : forcer le public italien à se tourner vers l’état, vers le régime et demander une plus grande sécurité…. Telle était la logique politique derrière tous les attentats. Ils restent impunis parce que l’Etat ne peut pas se condamner. »

Les attentats ont été imputés à des groupes terroristes communistes, tels que les Brigades rouges et la bande Baader-Meinhof ; des groupes qui auraient pu être réels ou des couvertures inventés par les services secrets pour discréditer des partis communistes européens.

En 1984, le juge Felice Casson a rouvert une enquête vieille de 12 ans qui concernait une voiture piégée à Peteano, en Italie. Le juge a conclu que l’affaire avait été falsifiée et le blâme jeté sur les Brigades rouges, mais en fait avait été le travail des services secrets militaires, Servizio Informazioni Difesa (SID) en conjonction avec Ordine Nuovo, une organisation d’extrême droite créée ou cooptée par Gladio. Le responsable de la police qui a falsifié l’enquête a été condamnée à la prison. L’enquête du juge Casson a conclu que le bombardement Peteano faisait partie d’une série d’attentats menés par Gladio, qui comprenaient l’attentat de Milano Piazza Fontane ayant tué 16 personnes et en ayant blessé 80 autres et l’attentat à la bombe à Bologne en 1980 qui a fait 85 morts et 200 blessés.

Sur la base des révélations italiennes, les gouvernements belges et suisses ont entrepris des enquêtes sur les Opérations Gladio dans leurs pays. Le gouvernement des États-Unis a nié toute participation aux attentats. Cependant, la recherche du juge Casson dans les archives des services secrets militaires italiens a mise au jour des preuves de l’existence du réseau Gladio, et le reliait à l’OTAN et aux États-Unis. Les peuples occidentaux dont les démocraties ont dégénéré en ploutocraties sont inoculés contre la croyance que le gouvernement pourrait tuer ses propres citoyens. Clairement ils ont à apprendre concernant l’Opération Gladio.

L’Opération Gladio serait-elle encore bien vivante ? Les événements terroristes d’aujourd’hui sont rejetés sur les musulmans plutôt que sur les communistes. Est-il possible que les attentats terroristes en France et en Belgique soient des Opérations Gladio ?

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