Marseille et Nice

Publié le par Bernard Gasnot

Marseille et Nice
Marseille et Nice

Marseille C’est surréaliste !

Stade Vélodrome
67 000 places
Rénovation : 268 M€
Propriétaire : ville de Marseille
Gestionnaire : filiale de Bouygues

En 2009, quand la mairie de Marseille décide d’agrandir et de couvrir le stade Vélodrome, elle parle d’un coût entre 120 et 160 millions d’euros. Ce sera finalement 268 millions, dont 43,5 pour la ville et 90 pour l’État et les autres collectivités. Le reste a été avancé par Arema, filiale de Bouygues. Pendant les trente-cinq ans du contrat, la mairie va lui verser un loyer de 12 millions d’euros selon Jean-Claude Gaudin, le maire de Marseille. Mais la mairie a provisionné 15,2 millions dans le budget 2016. Un chiffre plus conforme aux calculs de la chambre régionale des comptes, qui l’estime à 14,6 millions par an en moyenne. Ce partenariat public-privé a été voté, à la quasi-unanimité du conseil municipal, sur la promesse que l’OM, le club résident, verserait à la ville entre 7 et 8 millions d’euros par an. Mais rien n’avait été signé.

« C’est surréaliste de ne pas avoir trouvé d’accord avec l’OM avant de signer le PPP », s’étrangle Jean-Christophe Lapouble, maître de conférences à Sciences-Po Bordeaux et spécialiste des PPP. En position de force, le club a en effet pu ramener le loyer à 3 millions en 2015, 4 millions les deux années suivantes, plus une part variable : 20 % des recettes de billetterie au-delà de 20 millions d’euros. « Une arnaque », dénonce Stéphane Mari, président du groupe PS au conseil municipal. En 2015, malgré une bonne affluence (53 130 spectateurs), l’OM n’a en effet versé que 3,75 millions d’euros, a reconnu Roland Blum, l’adjoint aux finances. Cette année, les Marseillais ont déçu sur le terrain… et n’ont pas rempli le stade (42 015 spectateurs en moyenne). « Quand les joueurs perdent, c’est le contribuable qui paie », résume Hervé Menchon, conseillé d’arrondissement EELV. Contactée, la mairie n’a pas donné suite à nos sollicitations.

Nice : cher, et beaucoup de questions sans réponse

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Allianz Riviera
36 000 places
Construction : 209 M€
Propriétaire : ville de Nice
Gestionnaire : filiale de Vinci

Nice a enfin son nouveau stade, l’Allianz-Riviera et ses 35 000 places, après deux projets avortés, dont l’un du fait de la justice en 2006. Est-ce pour autant la fin des problèmes ? Pas vraiment, comme l’illustrent les perquisitions menées en juin 2015 dans les bureaux de la mairie de Nice. Cette enquête fait suite à un rapport de la chambre régionale des comptes sur le partenariat public-privé (PPP) signé entre la ville et Vinci. Premier élément troublant : l’attitude de Bouygues. Alors que son offre initiale était nettement moins chère que celle de ses concurrents Vinci et Cari, Bouygues a fortement augmenté son prix dans l’offre finale. Un élément qui soulève, selon le président de la chambre régionale Louis Vallernaud, des « interrogations »auxquelles la ville de Nice « n’a pas apporté de réponses satisfaisantes ». « C’est grave, s’insurge Jean-Christophe Picard, président de l’association anticorruption Anticor. On va donc se constituer partie civile pour avoir accès aux éléments de l’enquête », qui se poursuit dans la plus grande discrétion.

La chambre note aussi que la ville a annulé les pénalités que lui devait Vinci pour avoir livré le stade en retard (3,3 millions d’euros). Elle estime également qu’un partenariat public-privé ne se justifiait pas, notamment parce que le stade accueille aussi Nice One, un centre commercial, dont l’un des propriétaires est actionnaire… de l’OGC Nice, le club de football résident. « Comme prévu, le grand perdant du nouveau stade, c’est le contribuable niçois », se désole Patrick Allemand, élu de l’opposition. Le maire, Christian Estrosi, s’était engagé à ce que le stade ne coûte pas plus de 8,3 millions d’euros par an à la ville. Cette année, celle-ci a pourtant prévu de dépenser 11,9 millions d’euros.

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