La culture israélienne de la terreur sous fausse bannière

Publié le par Bernard Gasnot

La culture israélienne de la terreur sous fausse bannière
La culture israélienne de la terreur sous fausse bannière

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Les Américains ont une longue pratique dans la fabrication des faux prétextes de guerre. On pourrait remonter à 1845 avec la guerre expansionniste contre le Mexique, déclenchée par des provocations américaines sur la zone contestée de la frontière avec le Texas (la rivière Nueces selon le Mexique, le
Rio Grande selon les Texans) jusqu’à ce que des affrontements donnent au président James Polk (un Texan) l’occasion de déclarer que les Mexicains « ont envahi notre territoire et ont versé le sang américain sur le sol américain ».

Après la guerre, un député du nom d’Abraham Lincoln fit reconnaître par le Congrès le caractère mensonger de ce casus belli. Par la suite, toutes les guerres entreprises par les États-Unis l’ont été sous de faux prétextes : l’explosion de l’USS Maine pour la guerre contre l’Espagne, le torpillage du Lusitania pour l’entrée dans la Première Guerre mondiale, Pearl Harbor pour la Seconde, et le Golfe du Tonkin pour l’embrasement du Nord-Vietnam.

Cependant, seule l’explosion du USS Maine, qui fit peu de morts, relève à proprement parler du stratagème de la « fausse bannière » ; encore n’est-ce pas certain.

En revanche, Israël a un passé chargé et une grande expertise des attaques et attentats sous fausse bannière. Le pli a été pris avant même la création d’Israël, avec l’attentat du King David Hotel, le quartier général des autorités britanniques à Jérusalem.

Le 22 juillet 1946 au matin, six terroristes de l’Irgoun (la milice terroriste commandée par Menahem Begin, futur Premier ministre) habillés en Arabes pénètrent dans le bâtiment et déposent autour du pilier central du hall, 225 kg de TNT cachés dans des bidons de lait, tandis que d’autres miliciens de l’Irgoun répandent des explosifs le long des routes d’accès à l’hôtel pour empêcher l’arrivée des secours. Quand un officier britannique se montre suspicieux, une fusillade éclate dans l’hôtel et les membres du commando s’enfuient en allumant les explosifs. L’explosion tue 91 personnes, majoritairement des Britanniques, mais aussi 15 juifs.

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Le 22 juillet 1946, Menahem Begin coordonne l’attentat contre l’hôtel King David à Jérusalem. Des membres de l’Irgoun, déguisés en Arabes, font sauter la partie de l’hôtel abritant le Secrétariat britannique, le Commandement militaire et une branche de la Division d’Investigation criminelle.

Le stratagème fut répété en Égypte durant l’été 1954, avec l’Opération Susannah, dont le but était de compromettre le retrait des Britanniques du Canal de Suez exigé par le colonel Abdul Gamal Nasser avec le soutien du président Eisenhower.

Des juifs égyptiens entraînés en Israël perpétrèrent contre des cibles britanniques plusieurs attentats à la bombe qui furent mis sur le compte des Frères musulmans, de façon à décrédibiliser Nasser aux yeux des Britanniques et générer l’antipathie des Américains contre l’Égypte.

La détonation accidentelle d’un des engins explosifs permit de démasquer le complot. Le ministre de la Défense Pinhas Lavon fut tenu responsable, bien qu’il rejetât la faute sur le colonel Benjamin Givli, chef du Renseignement militaire (Aman).

Ce scandale, connu comme « l’Affaire Lavon », fut largement minimisé dans les médias israéliens et américains, et ce n’est qu’en 2005, plus de cinquante ans après, que l’État israélien reconnut publiquement sa responsabilité.

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À l’époque, Ben Gourion s’était provisoirement retiré et avait confié sa place de Premier ministre à Moshe Sharett (déjà ministre des Affaires étrangères), et celle de ministre de la Défense à Pinhas Lavon. Ces deux hommes incarnaient deux visions conflictuelles d’Israël.

Sharett prônait un sionisme modéré respectueux des règles internationales, tandis que Lavon, tout comme Moshe Dayan et Shimon Peres, autres protégés de Ben Gourion, prônait un sionisme que Sharett jugeait dangereusement extrémiste. Lavon, écrit-il dans son journal en 1955, « a toujours prêché des actes de folie et enseigné aux chefs de l’armée la leçon diabolique de comment enflammer le Moyen-Orient, comment causer des tensions, causer des confrontations sanglantes, saboter des cibles et des propriétés des Puissances occidentales et des actes de désespoir et de suicide ».

Sharett inclut Shimon Peres dans la même condamnation : « Il veut terroriser l’Occident pour l’amener à soutenir les buts d’Israël. »

De cet homme qui deviendra finalement président d’Israël à 84 ans, Sharett écrivit encore en 1957 : « J’ai déjà dit que je rejette totalement et entièrement Peres et considère son ascension comme une disgrâce maligne et immorale. » Livia Rokach, fille du maire de Tel Aviv Israel Rokach, qui dévoile ces propos dans Israel’s Sacred Terrorism(1980), reproche à Sharett de ne pas les avoir tenus publiquement ; eût-il alerté les citoyens israéliens par un débat public, peut-être aurait-il pu empêcher la conquête définitive du pouvoir par la tendance sioniste la plus intransigeante, adepte de la manipulation et de la trahison systématique dans les relations internationales et qui, selon le mot de Sharett, « élève le terrorisme au niveau d’un principe sacré ».

La plus célèbre et la plus calamiteuse des attaques israéliennes sous fausse bannière est celle du USS Liberty le 8 juin 1967, deux jours avant la fin de la guerre des Six Jours.

Par une journée ensoleillée, trois bombardiers Mirage banalisés et trois bateaux torpilleurs portant pavillon israélien bombardèrent, mitraillèrent et torpillèrent durant 75 minutes ce navire de la NSA non armé, stationné en eaux internationales et facilement reconnaissable, avec l’intention évidente de ne laisser aucun survivant, mitraillant même les canots de sauvetage.

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Ils ne cessèrent qu’à l’approche d’un navire espion soviétique, après avoir tué et blessé gravement plus de 200 membres de l’équipage, pour la plupart des ingénieurs, des techniciens et des linguistes de toutes les
langues du Moyen-Orient (à l’exception, très curieusement, de l’hébreu).

Dans les premiers rapports diffusés par la radio et la télévision américaine, l’attaque était implicitement mise sur le compte de l’Égypte, et quelques élus s’empressèrent d’exiger des représailles immédiates.

Lorsque l’identité israélienne des attaquants fut rendue évidente, l’attaque fut attribuée à une « erreur de cible » et l’incident rapidement oublié. Le gouvernement israélien offrit ses excuses et une indemnité financière. Lyndon Johnson s’en tint à cette thèse invraisemblable, sous le prétexte de « ne pas embarrasser notre allié », la raison d’État qui sera désormais l’excuse systématique du laisser-faire à l’égard d’Israël.

Mais selon Peter Hounam, auteur de Operation Cyanide : Why the Bombing of the USS Liberty Nearly Caused World War III (2003), l’attaque du Liberty avait été secrètement autorisée par la Maison Blanche, dans le cadre du projet Frontlet 615, un accord secret par lequel Israël et les USA s’engageaient à détruire Nasser.

Apprenant que la Sixième Flotte, stationnée à proximité, envoyait des avions au secours du USS Liberty, Lyndon Johnson aurait personnellement appelé l’amiral Geiss pour lui ordonner : « Je veux ce foutu navire au fond de l’eau. Pas de secours. Rappelez les avions . »

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Oliver Kirby, alors Deputy Director for Operations à la NSA, a rapporté dans le Chicago Tribune en 2007 que les transcriptions des communications des avions israéliens interceptées par des avions de la NSA et transmises à Washington immédiatement, ne laissaient aucun doute sur le fait qu’ils avaient bien identifié leur cible comme américaine :

« Je suis prêt à jurer sur une pile de bibles que nous savions qu’ils savaient que le navire était américain. »

Si les Israéliens avaient réussi à couler le navire sans témoin ni survivant, l’Égypte aurait été accusée de leur crime et les États-Unis auraient été entraînés dans la guerre aux côtés d’Israël.

L’Égypte étant alors l’alliée de l’URSS, c’est bien une guerre mondiale qui était au programme. 1986, le Mossad a tenté de faire croire qu’une série d’ordres terroristes était transmise depuis la Libye à diverses ambassades libyennes dans le monde.

Selon l’ancien agent Victor Ostrovsky (By Way of Deception, 1990), le Mossad utilisa un système spécial de communication nommé « Cheval de Troie » implanté par des commandos à l’intérieur du territoire ennemi.

Le système agit comme station relais pour de fausses transmissions émises depuis un navire israélien et
réémises instantanément sur une fréquence utilisée par l’État libyen. Ainsi que le Mossad l’avait espéré, la NSA capta et déchiffra les transmissions, qui furent interprétées comme une preuve que les Libyens soutenaient le terrorisme, ce que de faux rapports du Mossad venaient opportunément corroborer.

Israël comptait sur la promesse de Reagan de représailles contre tout pays surpris en flagrant délit de soutien au terrorisme.

Les Américains tombèrent dans le piège et entraînèrent avec eux les Britanniques et les Allemands : le 14 avril 1986, cent soixante avions américains lâchèrent plus de soixante tonnes de bombes sur la Libye, ciblant principalement les aéroports et les bases militaires.

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Le président des États-Unis Ronald Reagan consulte des membres du Congrès des États-Unis la veille de l’attaque.

Parmi les victimes civiles du côté libyen se trouvait la fille adoptive de Kadhafi, âgée de quatre ans. La frappe fit capoter un accord pour la libération des otages américains détenus au Liban, ce qui permettait de conserver le Hezbollah comme ennemi numéro un aux yeux de l’Occident.

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Un bombardier stratégique F-111F de la 48th Tactical Fighter Wing décolle pour prendre part au bombardement de la Libye.

La capacité de manipulation du Mossad à cette époque peut encore être illustrée par deux épisodes qu’analyse le spécialiste britannique Gordon Thomas. Le 17 avril 1986, une jeune irlandaise du nom d’Ann-Marie Murphy embarque, à son insu, 1,5 kg de Semtex dans un vol Londres – Tel Aviv. Son fiancé, un Pakistanais du nom de Nezar Hindaoui, est arrêté alors qu’il tente de se réfugier à l’ambassade de Syrie.

Tous deux ont en fait été manipulés par le Mossad, qui obtient ainsi le résultat souhaité : le gouvernement Thatcher rompt ses relations diplomatiques avec la Syrie.

Mais la manipulation est éventée en haut lieu (comme Jacques Chirac le confiera au Washington Times, dans une interview publiée le 9 novembre 1986)

En janvier 1987, le Palestinien Ismaïl Sowan, une taupe du Mossad ayant infiltré l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine) à Londres, se voit confier, par un prétendu membre de l’OLP qu’il ne connaît pas, deux valises bourrées d’armes et d’explosifs.

Ismaïl, paniqué, en fait part à ses contacts au Mossad, qui lui font faire un aller-retour à Tel Aviv, puis le dénoncent à Scotland Yard comme suspect dans un projet d’attentat islamiste à Londres. Ismaïl est cueilli à son retour à l’aéroport d’Heathrow et inculpé sur la base des armes trouvées chez lui. Résultat : le Mossad rentre dans les faveurs du gouvernement Thatcher

Le 17 mars 1992, une bombe à l’ambassade d’Israël à Buenos Aires fait 29 morts et 242 blessés. L’attentat n’est pas revendiqué mais est instantanément mis sur le compte du Hezbollah.

Cependant le juge chargé de l’instruction révèle des pressions exercées par des délégués américains et israéliens, ainsi que des manipulations de preuves et un faux témoignage destinés à orienter l’enquête vers l’hypothèse d’un camion piégé, alors que les dégâts indiquent une explosion provenant de l’intérieur du bâtiment.

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Lorsque la Cour Suprême argentine confirme cette dernière thèse, le porte-parole de l’ambassade d’Israël accuse les juges d’antisémitisme.

Le 18 juillet 1994, une nouvelle bombe fait 85 morts et plus de 300 blessés à l’AMIA (Association mutuelle israélite argentine) de Buenos Aires.

Les juges argentins font à nouveau l’expérience d’entraves à la justice et de faux témoignages de la part de la communauté juive, et émettent les mêmes soupçons d’un attentat commandité par Israël dans le but de rompre les liens émergents entre l’Argentine et l’Iran Au risque de lasser, voici une histoire qui concerne cette fois le World Trade Center et apporte de ce fait un éclairage possible sur le 11-Septembre.

Après l’attentat du 26 février 1993 contre le WTC, le FBI arrêta le Palestinien Ahmed Ajaj et l’identifia comme un terroriste lié au Hamas, mais le journal israélien Kol Hair démontra qu’Ajaj n’avait jamais été mêlé au Hamas ou à l’OLP.

Selon le journaliste Robert Friedman, auteur d’un article dans The Village Voice le 3 août 1993, Ajaj n’était en réalité qu’un petit escroc arrêté en 1988 pour fabrication de faux dollars, condamné à deux ans et demi de prison et libéré au bout d’un an après un marché avec le Mossad, pour le compte duquel il devait infiltrer les groupes palestiniens. À sa libération, Ajaj subit un sheepdipping classique en étant à nouveau brièvement emprisonné sous la fausse accusation d’avoir tenté de passer des armes en Cisjordanie pour le Fatah. Nous avons donc, avec l’attentat de 1993 contre le WTC, un précédent instructif de l’attaque de 2001 contre le même WTC, où sont démontrées la responsabilité d’Israël et sa volonté de faire accuser ses ennemis arabes

Il est d’autant plus intéressant de noter ce qu’écrivit Philip Zelikow avec John Deutch en décembre 1998 dans un article de Foreign Affairs intitulé « Catastrophic Terrorism », imaginant à propos de cet attentat de 1993 au WTC que la bombe fût nucléaire, et évoquant déjà un nouveau « Pearl Harbor » :

« Un tel acte de “terrorisme catastrophique” qui tuerait des milliers ou des dizaines de milliers de personnes et affecteraient les besoins vitaux de centaines de milliers d’autres, peut-être même de millions, serait un point de non-retour dans l’histoire des États-Unis.

Il pourrait provoquer des pertes humaines et matérielles sans précédent en temps de paix et réduirait à néant le sentiment de sécurité de l’Amérique à l’intérieur de ses frontières, d’une manière similaire au test atomique des Soviétiques en 1949, ou peut-être pire. Comme Pearl Harbor, cet événement diviserait
notre histoire entre un avant et un après.

Les États-Unis pourraient répondre par des mesures draconiennes, en réduisant les libertés individuelles, en autorisant une surveillance plus étroite des citoyens, l’arrestation des suspects et l’emploi de la force létale »

Le 12 janvier 2000, selon l’hebdomadaire indien The Week (6 février 2000), les services de renseignement indiens ont arrêté à l’aéroport de Calcutta onze prêcheurs islamistes s’apprêtant à embarquer sur un vol à destination du Bengladesh, soupçonnés d’appartenir à Al-Qaïda et de vouloir détourner l’avion. Ils se présentèrent comme des Afghans ayant séjourné en Iran avant de passer deux mois en Inde pour prêcher l’islam.

Le problème est qu’ils possédaient tous des passeports israéliens.

L’officier en charge de l’enquête déclara à The Week que Tel Aviv « exerça une pression considérable » sur New Delhi pour les faire libérer et rapidement expédier à Tel Aviv

Voici donc, huit mois avant les « Israéliens dansants » du 11-Septembre, des Israéliens se faisant passer pour des terroristes arabes.

Le 12 octobre 2000, dans les dernières semaines du mandat de Clinton, le destroyer USS Cole, en route vers le Golfe persique, reçoit l’ordre depuis son port d’attache de Norfolk de faire le plein dans le port d’Aden au Yémen, une procédure inhabituelle puisque ces destroyers sont généralement approvisionnés en mer par un pétrolier de la Navy.

Le commandant du navire exprima sa surprise et son inquiétude : le USS Cole avait fait récemment le plein à l’entrée du Canal de Suez, et le Yémen est une zone hostile.

L’USS Cole était en manoeuvre d’amarrage lorsqu’il fut abordé par un dinghy pour l’évacuation des poubelles. Au point et au moment de l’abordage, une explosion tua 17 marins et en blessa 50.

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L’USS Cole en octobre 2000 faisant le plein de carburant

Les deux « kamikazes » pilotant l’embarcation périrent aussi dans cet « attentat-suicide ». Il fut aussitôt attribué à Al-Qaïda, bien que Ben Laden ne l’ait pas revendiqué et que les Talibans qui l’hébergeaient aient nié catégoriquement son implication.

L’incident, quelques semaines avant les élections américaines, fut la « Surprise d’Octobre » qui porta Bush junior au pouvoir. Il fournit aussi à son administration un prétexte pour forcer le président yéménite Ali Abdullah Saleh à coopérer à la lutte contre l’islamisme antiaméricain et aligner le Yémen sur la politique impérialiste de Washington. L’officier du FBI John O’Neill fut chargé de l’enquête. Spécialiste expérimenté du contre-terrorisme depuis vingt ans, il avait déjà enquêté en 1993 sur l’attentat à la bombe au WTC.

Son équipe en vint à soupçonner Israël d’avoir tiré un missile depuis un sous-marin : le trou dans la coque du USS Cole était en effet indicatif d’une charge perforante et inexplicable par la seule explosion du dinghy.

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O’Neill et son équipe subirent l’hostilité de l’ambassadrice américaine Barbara Bodine. Ils se virent interdire de plonger pour inspecter les dégâts. Finalement, profitant de leur retour à New York pour Thanksgiving, Bodine leur refusa l’entrée au Yémen. Les membres de l’équipage du Cole se virent ordonner de ne jamais parler de l’attentat sauf au Naval
Criminal Investigative Service (NCIS). En juillet 2001, O’Neill démissionna du FBI. Il se vit peu après offrir le poste de responsable de la sécurité au WTC, par l’administrateur (Managing Director) de Kroll Associates Jerome Hauer, poste qu’il devait assurer à partir du 11 septembre 2001.

Les restes de son corps furent retrouvés dans les décombres du World Trade Center le 28 septembre et identifiés par Hauer.

Quant à Barbara Bodine, elle intégrera en 2003 l’équipe corrompue de la Coalition Provisional Authority (CPA) de Baghdad, qui, comme on l’a vu, mit en pièce toutes les structures étatiques et alluma une guerre civile entre shiites et sunnites par des attentats meurtriers sous fausse bannière.

On ne peut nier que l’État hébreu, maître dans l’art de la tromperie sur la scène diplomatique et militaire, a accumulé une grande expérience des opérations sous faux drapeau.

Une histoire mondiale de ce stratagème devrait sans doute consacrer la moitié de ses pages à Israël, la plus jeune des nations modernes. Cela est cohérent avec le machiavélisme qui guide depuis toujours les leaders sionistes – machiavélisme qu’aujourd’hui certains idéologues sionistes revendiquent ouvertement, comme Obadiah Shoher dans Samson Blinded : A Machiavellian Perspective on the Middle East Conflict (2006).

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Certes, l’Armée et le Renseignement américains se sont montrés également habiles à fabriquer de faux prétextes pour leurs guerres d’agression.

L’Opération Northwoods suffit à prouver qu’en 1962 déjà, le National Security State était capable d’une turpitude analogue au 11- Septembre, en l’absence d’un président déterminé à lui résister.

En 2005, avec une efficacité redoutable, Jason Bermas et Dylan Avery font de Northwoods le sujet introductif de leur film Loose Change, qui contribuera plus que tout à orienter le mouvement contestataire vers l’hypothèse des drones subtilisés aux avions de ligne AA11 et UA175, et du même coup vers la piste du complexe militaro-industriel américain.

Bermas et Avery ne soufflent mot de l’attaque de l’USS Liberty, et traitent d’antisémite toute personne évoquant la piste israélienne.

Il y a motif à s’interroger sur les raisons d’un tel parti pris, mais aussi sur l’étonnante coïncidence de la révélation du projet Northwoods par James Bamford quatre mois avant le 11-Septembre, et sur la publicité dont elle bénéficia immédiatement sur ABC News. Pour son livre Body of Secret, James Bamford, ancien employé de la Navy reconverti dans le journalisme à l’époque du Watergate (comme Bob Woodward) a bénéficié, nous dit son éditeur, d’« un accès sans précédent à Crypto City [QG de la NSA], aux officiers supérieurs de la NSA, et à des milliers de documents NSA », tout cela grâce à Michael Hayden (directeur de la NSA de 1999 à 2005), lequel codirige aujourd’hui le Chertoff Group, la société de conseil en sécurité de l’ancien Secrétaire à la Sécurité Intérieure Michael Chertoff .

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Il n’est donc pas improbable que la publicité autour de Northwoods ait été calculée pour pré-conditionner le mouvement contestataire sur le 11-Septembre vers la thèse des drones et du complot ourdi au Pentagone.

Certains vont même jusqu’à soupçonner que le document est un faux, en soulignant quelques anachronismes et « britannismes » dans le langage Après tout, le National Security Archive n’avait jamais entendu parler de ce document jusqu’à ce que James Bamford leur en fournisse copie. Et Robert McNamara, à qui il était destiné, a déclaré à David Talbot n’en avoir « absolument aucun souvenir » C’est aussi, peut-être, dans le but d’un tel préconditionnement du mouvement contestataire que la chaîne Fox TV (caisse de résonnance de la propagande sioniste-néoconservatrice) a diffusé le 4 mars 2001 le premier épisode d’une série The Lone Gunmen, vu par 13 millions d’Américains, dans lequel des pirates informatiques agissant pour le compte d’une cabale interne au gouvernement parviennent à détourner un avion de ligne par commande à distance, et le dirigent droit sur le WTC, tout en faisant croire à un détournement classique par des terroristes islamiques suicidaires, dans le but de déclencher une guerre mondiale contre le terrorisme

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