Euro 2016 une facture de 2 5 milliards pour les contribuables

Publié le par Bernard Gasnot

Que vous aimiez ou non le foot, le bourricot va payer et c’est l’UEFA qui s’en mettra plein les poches. Dans un contexte économique aussi incertain, un retour à une sorte de sobriété dans ce domaine également n’aurait-il pas été plus raisonnable ?

Le saviez-vous ? Le prix d’un billet est au minimum de 145 euros dans un coin de stade pour les premiers tours, pour finir, oui ! à 9000 euros en première catégorie en finale. Chers, voire indécents ces tarifs de jeux du cirque pour des populations soumises à des crises d’austérité, non ?

Cette politique de la place chère viserait, de façon détournée, à éloigner les pauvres des stades ! Ceux-ci étant comme chacun sait la lie de la société et la responsable de tous les crimes.

Ne vous y trompez pas, je comprends qu’on aime le foota en devenir malade. Dès qu’argent et pouvoirs entrent en jeu, on change de monde pour pénétrer dans des zones obscures et malodorantes… Nous avons déjà développé les scandales liés à la coupe du Monde au Brésil mais la machine foot européenne n’est pas exempte loin de là.

Explications :

Euro 2016 : 2,5 milliards d’euros pour les bourricots

L’organisation de l’Euro 2016 de football en France va coûter, selon les calculs d’Hexagones, environ 2,5 milliards d’euros d’argent public et non 290 millions comme annoncé en 2010. Ce summum du foot-business a été voulu par Michel Platini, pressenti pour succéder à Sepp Blatter à la FIFA

Le nom de Michel Platini est sur toutes les lèvres depuis la démission-surprise de Sepp Blatter de la présidence de la FIFA le 2 juin, quelques jours seulement après sa réélection. Le président emblématique de l’organisation aux 209 États membres a été balayé par une double enquête judiciaire américaine et suisse qui met au jour des pratiques de corruption à échelle industrielle, apparemment courantes depuis des décennies pour l’attribution de l’épreuve-reine du premier sport mondial, la Coupe du monde.

Le président de l’UEFA s’était présenté dès la réélection controversée de Sepp Blatter comme une alternative à ce système. « Je suis dépité, j’en ai marre, je suis dégoûté », déclarait publiquement l’hypocrite Michel Platini le 28 mai alors que le Suisse venait de repousser sa proposition de passer la main avant le scrutin. Cette posture de « monsieur Propre » et de déçu du foot-business, mise en exergue par des articles de presse favorables en France, résiste cependant mal à l’examen des pratiques de l’UEFA.

La puissance financière de l’organisation dépasse de loin celle de la FIFA. La saison 2013-2014 a marqué un record sur ce plan avec plus de 1,7 milliard d’euros de recettes, alors même qu’il ne s’y déroulait pas d’Euro.

Ce montant est le double de celui de la saison 2006-2007, année de l’élection de Michel Platini à la tête de l’organisation. Si la FIFA vit du trésor de la coupe du monde, l’organisation européenne a deux poules aux œufs d’or avec l’Euro et la Ligue des champions, qui bénéficient de l’explosion des montants des droits de retransmission.

Michel Platini, qui a appris le métier à partir de 1998 quand il est devenu conseiller de Sepp Blatter au moment de son accession à la présidence de la FIFA, s’est inspiré de ses méthodes en Europe. L’Euro de 2016 en France, quatrième épreuve majeure de football organisée en France depuis les années cinquante, après les Euros de 1960 et 1984 et la Coupe du monde 1998, constituera à cet égard un aboutissement.

Premier commandement du foot-business : multiplier le nombre de matchs, ce qui augmente mécaniquement les rendements des différents marchés. Deuxième commandement : protéger les équipes des pays les plus riches et les plus susceptibles de provoquer un fort engouement populaire.

Le championnat d’Europe en France sera ainsi le premier à 24 équipes et non plus à 16, comme depuis 1996. Sportivement, cette réforme, qui permet à près de la moitié des 54 pays membres de l’UEFA de disputer le tournoi, enlève beaucoup d’intérêt aux matchs de qualification. Sauf catastrophe nucléaire, aucune des équipes sérieuses, voire moyennes, du continent ne pourra rater l’accession à la phase finale. C’est assez similaire aux phases de poule de la Ligue des champions : presque aucun grand club ne peut manquer l’accession aux huitièmes de finale dans la formule d’un« mini-championnat » à six matchs contre des équipes disposant souvent du dixième de leur budget.

L’organisation des 51 matchs de l’Euro en France nécessitera un déploiement de moyens considérables, l’UEFA demandant huit stades importants de 30 000 à 50 000 places. La France n’a pas mégoté et a emporté le morceau en 2010 grâce à un activisme forcené de Nicolas Sarkozy, sur le fondement d’un dossier de candidature proposant onze stades, dont quatre neufs (Nancy ayant abandonné, le chiffre est depuis passé à dix). Alors que la crise financière battait déjà son plein, la France avait obtenu de justesse l’organisation de l’épreuve devançant d’une seule voix la Turquie dans le vote du comité exécutif de l’UEFA.

« Ce n’est pas l’engagement de la Fédération ou de la Ligue, mais l’engagement de tout un peuple, déclarait à cette époque Nicolas Sarkozy. Nous pensons en France que le sport, c’est une réponse à la crise. C’est justement parce qu’il y a une crise, qu’il y a des problèmes, qu’il faut mobiliser tout un pays vers l’organisation de grands évènements ».

Il était alors question officiellement d’un coût global de 1,7 milliard d’euros, dont seulement 290 millions d’euros de fonds publics, pour construire quatre nouveaux stades à Lyon, Lille, Bordeaux et Nice, et en rénover six autres : Stade de France, Parc des Princes, Lens, Saint-Etienne, Toulouse, Marseille.

Le problème est que cette présentation était trompeuse, en raison notamment du recours à la formule du « partenariat public-privé » (PPP) pour les constructions de Lille, Bordeaux et Nice et l’aménagement de Marseille.

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