Les délires au procès de Tokyo de 1946  à ceux qui invoquent les  témoignages

Publié le par Bernard Gasnot

Les délires au procès de Tokyo de 1946  à ceux qui invoquent les  témoignages
Les délires au procès de Tokyo de 1946  à ceux qui invoquent les  témoignages
Les délires au procès de Tokyo de 1946  à ceux qui invoquent les  témoignages
Les délires au procès de Tokyo de 1946  à ceux qui invoquent les  témoignages
Les délires au procès de Tokyo de 1946  à ceux qui invoquent les  témoignages
Les délires au procès de Tokyo de 1946  à ceux qui invoquent les  témoignages
Les délires au procès de Tokyo de 1946  à ceux qui invoquent les  témoignages
Les délires au procès de Tokyo de 1946  à ceux qui invoquent les  témoignages

Remettre en cause la valeur du « témoignage » d’une victime de « méchants » est généralement perçu comme intolérable : c’est prendre parti pour les bourreaux. Ce fait apparaît plus particulièrement lorsqu’il s’agit d’une« victime» de la «barbarie nazie» ou de la« barbarie japonaise». Pourtant, ces témoignages peuvent être remis en cause. Pour le prouver, nous allons vous offrir un florilège de récits délirants entendus lors du procès de Tokyo (l’équivalent, pour l’Est, du procès de Nuremberg en Europe).

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Carlos Porter est un révisionniste assez méconnu en France. Il vient de publier un ouvrage intitulé : Les procès pour crimes de guerre et autres dissertations. L’immense mérite de Carlos Porter est d’avoir lu l’intégralité des comptes rendus sténographiques des procès qu’il étudie. Il parle donc de ce qu’il connaît. Plusieurs chapitres de son livre sont consacrés au « procès de Tokyo », c’est-à-dire au procès qui devait permettre de juger les principaux «criminels de guerre» japonais.

L’un d’entre eux s’intitule : « Les Japonais ont mangé ma vésicule biliaire ou les témoins indestructibles
» (p. 157). La première partie du titre faisait référence aux accusations de cannibalisme portées contre les
Japonais.

Lors du procès, les vainqueurs avaient notamment produit les « aveux » d’un gradé nippon, le major Sueo Matoba, selon lequel des soldats japonais avaient mangé de la chair prélevée sur des ennemis fait prisonniers et exécutés*.

Voici. Le compte rendu sténographique du procès de Tokyo, Bien qu’à partir de février 1945, ces faits aient eu lieu suite au manque de provision, Sueo Matoba alléguait que, d’après l’amiral Mari, durant la guerre sino-japonaise, les soldats japonais avaient mangé de la chair humaine ainsi que du foie humain à des fins curatives. Le foie était prescrit contre les maux d’estomac ; il était distribué sous le nom de « Seirogan ». Lui-même avait eu l’occasion de prendre une « petite pilule » contenant du foie humain ; c’était à Singapour. Alors que les soldats mangeaient la chair humane rôtie, plus gourmets, les officiers et leurs invités, eux, se la faisaient servir dans de la soupe

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Le 4 octobre 1946, avec deux autres camarades, Sueo Matoba fut condamné à mort pour cannibalisme. Je ne me prononcerai pas sur cette accusation, car l’objectif de cet éditorial est ailleurs

Le procès de Tokyo fut largement critiqué. Certains reprochèrent aux vainqueurs de ne pas y avoir traîné
l’empereur Hiro-Hito au titre d’accusé n ° 1. D’autres, au contraire, le qualifièrent de « justice du vainqueur
» ou de « justice de vengeance ».

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Un des juges qui composait le tribunal, l’Indien Rahdabinone Pal, se désolidarisa du Tribunal en rédigeant un jugement dissident extrêmement sévère. A propos des témoignages lus ou en tendus à la barre, il parla de « concurrence abjecte » dans les récits d’atrocités. C’était à celui (ou à celle) qui en aurait fait le plus, vu le plus, ou souffert le plus. D’où la seconde partie du titre du chapitre : « les témoins indestructibles ». Ces témoins, nous allons vous les faire découvrir.

J’invite ceux qui accordent du crédit à n’importe quelle « victime » de la « barbarie japonaise » ou de la
« barbarie nazie » à se rendre compte des abîmes auxquels peuvent mener le désir d’apparaître comme un héros, l’envie de jouer un rôle ou la soif de vengeance (parfois les trois à la fois).Hormis une demi-douzaine de cas où les comptes rendus du procès sont trop illisibles pour être reproduits,
les textes originaux seront toujours montrés …

FRAPPÉ À COUPS DE BAÏONNETTE !

Ci-dessous l’image d’une baïonnette japonaise couramment utilisée lors de la seconde guerre mondiale. On imagine sans peine les dégâts que peut provoquer une telle arme lorsqu’elle transperce le corps, surtout dans la région du tronc.

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Pourtant, nos témoins indestructibles semblaient prémunis contre cette arme. Qu’on en juge:

« J’ai été frappé de cinq coups de baïonnette dans le cou et la poitrine »

Extrait de la déclaration sous serment de Vong Dong, n ° 1549-DDD, admise comme preuve :

« Un officier japonais et six soldats nous entourèrent. Les soldats japonais armés de fusils avec des baïonnettes ont commencé à tuer les prisonniers. Je suis tombé à terre avec cinq blessures de baïonnette, trois au cou et à la poitrine et ne bougeai plus »

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« Moi aussi j ‘ai reçu cinq coups de baïonnette alors que j’étais enceinte de six mois »

Extrait du document IPS-2720, admis comme preuve :

« J’ai reçu cinq blessures par baïonnette une en haut du bras droit, une autre en haut et à droite de ma poitrine, mon sein ayant été transpercé, une autre à la hanche, mon côté droit ayant été transpercé, et une autre à l’épaule gauche » [p. 12 442]

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« Moi, j’ai été frappée sept fois à coups de baïonnette, puis jetée sur un tas de corps, arrosée d’essence et brûlée »

Extrait du document IPS-2839, admis comme preuve :

« Un autre groupe d’environ cinquante [individus] a été arraché de l’endroit où il se cachait, tous ont été frappés à coups de baïonnette et poignardés, jetés en tas, arrosés d’essence à laquelle le feu fut communiqué. La seule survivante de ce groupe raconta la manière dont elle avait été frappée à coups de baïonnette quatre fois dans le dos et trois fois sur le devant »

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« On m’a fusillé, frappé quatre fois avec une baïonnette et jeté dans un ravin de 200 m »

Extrait du document IPS-2772-E-6, le « témoignage » du Français Louis Chomette, fait prisonnier par les Japonais à Langson, admis comme preuve :

« Quand les Japonais nous ont vises, les condamnés commencèrent à chanter la Marseillaise. Les Japonais nous laissèrent chanter deux couplets et tirèrent . Beaucoup parmi nous furent blessés mais j’avais l’impression que le nombre de morts n ‘était pas élevé. Pendant les deux heures qui suivirent, des scènes d’une sauvagerie sans équivalent ont eu lieu, commençant avec les Japonais qui se jetèrent sur nous en criant et en utilisant nos corps comme des cibles d’escrime pour les baïonnettes. Puis ils s’amusèrent à tirer des coups de revolver dans l’oreille de ceux qui ne semblaient pas tout à fait morts.

Le moindre tremblement provoquait des éclats de rire ainsi que de très forts cris de joie et marquait une nouvelle victime immédiatement attaquée avec la baïonnette. Personnellement, j’ai été blessé quatre fois, au bras, à la poitrine, et à la fesse droite.

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Quand les Japonais considérèrent que plus un seul n’était en vie, ils nous firent porter par les Annamites et jeter dans un ravin. Les corps dévalèrent ainsi 200 à 250 m. J’ai repris conscience gisant la tête en bas »

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« Moi, j’ai reçu onze coups de couteau, dont un à travers l’oreille et la bouche, ce qui a endommagé une
artère et fait jaillir du sang, mais j’ai pu attendre une heure pour ensuite me détacher et fuir »

« J’ai reçu cinq coups de couteau. J’ai simulé la mort et j’ai retenu ma respiration. Quand j’ai respiré le Japonais m ‘a entendu et m’a poignardé encore six fois. Le dernier coup m ‘a traversé l ‘oreille, le visage et la bouche, endommageant une artère, ce qui eut pour conséquence un jaillissement de sang hors de ma bouche. Je suis resté ainsi environ une heure, quand je décidai de m’enfuir. J’ai dénoué le chiffon qui me reliait aux deux autres hommes que les Japonais avaient tués et j’ai marché vers la mer »

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« Moi, j’ai reçu trente-huit coups de baïonnette et mes intestins sont sortis de mon ventre »

Question Et vous, avez-vous été blessées ?

Réponse Oui monsieur.

Q Qui vous a blessée ?

R Le Japonais.

Q Avec quelle sorte d’arme avez-vous été blessée ?

R Baïonnette.

Q Combien de blessures avez-vous reçues?

R Trente-huit blessures

Q Alors vous dites que vous avez reçu trente -huit blessures. Sur quelles parties de votre corps avez-vous été blessée ?

R En plusieurs parties de mon corps

Q Bien. Avez-vous reçu une blessure sur l’abdomen?

R Oui monsieur. (Le témoin montre ses blessures sur son abdomen)

Q Cette blessure a-t-elle eu pour résultat de faire dépasser vos intestins ou de les faire sortir ?

R Oui, mes intestins sont sortis

DÉCAPITÉS !

On connait la propension des Japonais à décapiter leurs victimes. Mais dans ce monde tourné vers la modernité, les savoir-faire se perdent et les survivants furent nombreux.

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« Ils m’ont quasiment décapité mais ils m’ont raté »

« Il y avait un sabre japonais enfoncé dans la terre près de la fosse . Ma tête était inclinée vers l’avant et après quelques secondes j’ai senti un violent coup à la nuque . J’avais une grosse blessure à la nuque »

« Moi aussi et je me suis réveillé le lendemain couvert de sang … »

L’officier sortit son sabre, et je l’ai vu le tendre à l’un des soldats en m’indiquant. Les soldats japonais m’approchèrent par derrière et soudainement j’ai senti une violente douleur dans ma nuque ainsi que le sang qui coulait le long de mon visage Le lendemain à l’aube, j’ai repris conscience et je me suis aperçu que j’étais couvert de sang. J’ai regardé aux alentours et j’ai trouvé mes cinq camarades morts avec leurs têtes partiellement détachées de leur corps

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« Moi aussi, et en plus on m’a poussé dans un précipice »

Deux Japonais tentèrent de les décapiter, un des soldats frappant les victimes en travers du cou avec un sabre tandis que l’autre poussait les corps décapités dans le précipice. Apparemment, tous les membres
de ce groupe ont été tués sauf deux. Quatre corps ont été identifiés plus tard. Un homme a survécu à la tentative de décapitation

« Après avoir survécu à une tentative de décapitation, je me suis enfui en courant vers les montagnes avec un camarade sur le dos »

Extrait du document IPS-2772-E-7, admis comme preuve :

« Ils nous firent rester debout sur le bord d’une fosse et ils commencèrent à nous massacrer en nous frappant à la nuque avec un sabre. Quand cela a été terminé, ils sont partis. J’ai compris plus tard qu’ils étaient allés chercher de l’essence, je me suis sauvé avec les deux tireurs d’élite dont l’un des deux m’avait délié les mains avant de se sauver – et j’en ai porté un sur mon dos. J’avais couru 300 mètres quand je vis une grande lumière à l’endroit où nous venions juste d’être frappés
avec les sabres ; ils brûlaient les corps. Je me suis en fui dans les montagnes. J’ai laissé le tireur d’élite dans un village »

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« Après que tous les muscles de son cou eurent été sectionnés, la victime est montée toute seule à l’hôpital »

La palme revient à un certain James H. Mac Callum. Prétendant s’appuyer sur le témoignage d’un médecin (le Dr Wilson), celui-ci mentionna dans son journal le cas d’une femme de Nankin qui aurait été presque décapitée et qui serait parvenue à se rendre toute seule à l’hôpital.

Au procès, l’Accusation n’hésita pas à produire ce journal où l’on pouvait lire :

« Ils tentèrent de lui couper la tête. Les muscles du cou avaient été coupés, mais ils n’ont pas réussi à couper la moelle épinière. Elle feint la mort et grimpa elle-même jusquʼà ‘à l’hôpital Le Dr Wilson essaye de la sauver et pense qu’elle a une chance de vivre »

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MIEUX QUE RAMBO !

« J’ai été passé à tabac puis jeté dans l’eau les mains liées mais je suis tout de même parvenu à échapper à la
noyade en battant des pieds … »

Extrait du « témoignage du marin Pyle lu par un avocat général, le capitaine Robinson, à l’audience. L’homme a été capturé et amené sur un sous-marin japonais qui avait fait surface. Ses mains sont liées.

Là, il constate que :

« L’équipage japon ais employait une méthode quelque peu similaire à la vieille pratique indienne qui consistait à faire passer le prisonnier entre deux rangées d’hommes armés de bâtons, de barres de fer et d’autres objets contondants et, quand il arrivait au bord, à le pousser ou le frapper pour qu’il tombe dans la mer et se noie J ‘ai reçu un coup terrible à la nuque . De là, on m’a poussé en bas vers les deux lignes de Japonais et les coups plurent sur mon corps et ma tête, donnés par une variété d’objets que j’étais trop hébété et étourdi pour identifier, bien que je fusse plus tard informé par un médecin que j’avais été coupé avec une baïonnette ou un sabre Quand je suis arrivé au bord, je suis tombé dans ce qui m’apparut être une mer blanche d’écume » [p. 15 143].

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L’homme a reçu des tas de coups de bâton, de barre de fer et de baïonnette. Il est donc groggy, à moitié assommé et blessé, il a les mains liées et pour couronner le tout, il fait une chute dans l’eau. Comment va-t-il survivre ? Le plus simplement du monde. Écoutons le Président du Tribunal:

LE PRÉSIDENT – « Capitaine Robinson, nous notons que vous omettez de citer de longs passages Lord Patrick m’a indiqué que vous n’avez pas lu cette partie où le témoin explique comment il s’est maintenu à flots bien que ses mains fussent liées Vous vous êtes arrêté aux mots « mer blanche d’écume » il est à souhaiter que vous continuiez à lire et expliquer comment cet homme, selon son témoignage, s’est maintenu à flots bien que ses mains fussent liées.il dit qu’il s’est maintenu à flots en battant des pieds » [pp. 15 144-5].

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Ah ! Voilà, il était à moitié assommé, la tête en sang et les mains liées, mais il a battu des pieds … en pleine
mer … jusqu’à ce qu’on le repêche … Seul le scepticisme du plus mauvais aloi (mauvais goût) pourrait permettre de critiquer ce « témoignage » aux accents si véridiques.

« Ils m’ont tiré une balle à la tête puis ils m’ont jeté à l’eau au-dessus des hélices, mais j’ai survécu je ne sais comment »

Extrait du document IPS-8388, « témoignage » de F. de Jong. Parfois, la maladresse des soldats, qui ne savaient visiblement pas tirer, et un bon coup de chance, ont permis au témoin de s’en tirer. La scène se passe aussi sur un sous-marin.

« Deux Japonais nous firent rester debout, ils se tenaient devant nous, l’un avec un revolver, l’autre avec une corde enroulée. Quand je suis arrivé juste au bord, au-dessus des hélices, j’ai entendu une détonation et j’ai ressenti un coup terrible à la tête avant de tomber dans l’eau en tournoyant. Les Japonais essayèrent de faire un très bon travail vu qu’ils le firent juste au -dessus des hélices. J’ignore comment je les ai évitées. J’ai dû être inconscient pendant un court laps de temps. Quand j’ai repris connaissance, j’étais dans l’eau avec beaucoup de sang tout autour de moi

J’ai aperçu le sous-marin à environ 2 km J’ai ausculté ma tête avec ma main et je n’ai trouvé aucun trou dans l’os »

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« Une balle de mitrailleuse m’a transpercé le corps au niveau de la taille, je suis restée inconsciente deux jours, puis j’ai traîné un homme à travers la jungle et ma blessure a guéri sans soin médical »

Durant les audiences, une religieuse vint témoigner en personne. Il s’agissait de soeur Vivien Bullwinkel,
une Australienne qui, pendant la guerre, travaillait dans un hôpital militaire. En 1942, le bateau qui la transportait fut coulé. Elle parvint sur l’île Banka où des Japonais la capturèrent en compagnie d’autres personnes. Le groupe aurait été amené dans l’eau et fusillé par ses ravisseurs. Voici son récit des événements qui suivirent :

« La balle qui m’a frappée au dos approximativement au niveau de la taille m’a traversé le corps de part en part. Cela m’a fait tomber dans l’eau et les vagues m’ont ramené sur le bord. Je suis restée étendue là pendant 10 ou 15 minutes et alors je me suis redressée et j’ai regardé les alentours, les Japonais avaient disparu. Je suis allée dans la jungle et j’ai perdu connaissance Quand je me suis réveillée j’ai découvert un Anglais dénommé Kingsley qui nous avait rejoint le dimanche soir. il avait été frappé à coups de baïonnette par une partie des Japonais qui avaient fusillé les filles le lundi matin »

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Question Vous a-t-il dit quel jour était-ce ?

Réponse Oui, il me dit qu’on était mercredi.

Q Vous avez été inconsciente, alors, de lundi jusqu’à mercredi ?

R oui

Q Qu’avez-vous fait alors?

R J’ai réussi à le traîner dans la jungle puis je suis allée dans le village où j’avais été le dimanche d’avant. Une femme native du coin me donna de la nourriture que j’ai ramenée sur la plage

Q Combien de fois êtes-vous allée au village pour obtenir de la nourriture pendant que vous soigniez Kingsley ?

R Je suis allée au village deux ou trois fois.

Q Et combien de temps après la fusillade du lundi avez-vous, avec Kingsley, décidé de vous rendre de nouveau aux Japonais ?

R Approximativement 12 jours

Notons qu’ils se sont rendus encore une fois aux Japonais bien que ceux-ci aient tué tous les prisonniers.
Comprenne qui pourra … Et la blessure dans tout ça ? La soeur n’eut même pas à s’en occuper :

LE PRÉSIDENT. Quels soins votre blessure a-t-elle reçus après que vous vous soyez
rendue?

R Je n’en ai reçu aucun.

LE PRÉSIDENT. Les Japonais eurent-ils connaissance de la blessure ?

R Non, je ne leur en ai pas parlé

Le juge indien Radhabinod Pal qui rédigea un jugement dissident très sévère

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A croire que dans le Pacifique sud, les lois médicales étaient suspendues. Le « témoignage » suivant va le confirmer…

« Souffrant de pneumonie et de malaria, j’ai marché 120 km en neuf jours avec 39° C de .fièvre, sans nourriture,
ni eau, ni repos pendant cinq jours et en aidant à transporter un prêtre blessé, ce qui a eu un effet bénéfique sur ma maladie »

Peu avant la religieuse, un ancien soldat américain répondant au nom de Donald Ingle était également venu
raconter son calvaire. J’étais atteint de pneumonie et de malaria. Ma température était 105,6° F

Q Bien que malade, on vous a contraint à rejoindre la Marche de la Mort ?

R Oui.

Q Combien de temps celle-ci a-t-elle duré ?

R Neuf jours .

Q Pendant la marche, les Japonais vous ont-ils donné de la nourriture et de l’eau ?

R Pendant les cinq premiers jours, les Japonais ne nous ont donné ni nourriture, ni eau, ni repos.

Q Où avez-vous obtenu votre eau ?

R Eh bien, beaucoup de gens n’ont reçu aucune goutte d’eau, beaucoup sont morts en essayant d’obtenir de l’eau. Tout ce qui était disponible venait d’un puits artésien saisonnier au bord de la route ou, autre possibilité, d’un étang boueux pour les caribous. L’eau dans ces étangs et dans ces tranchées était tellement polluée qu’il était très dangereux d’en boire et celle qui sortait du puits artésien était en si petite quantité que quand beaucoup d’hommes essayaient d’en obtenir, eh bien, les troupes levaient simplement leurs fusils et faisaient feu dans le groupe

Q Pendant les cinq premiers jours, comment avez-vous pu obtenir quelque nourriture ?

R Les civils philippins essayaient très souvent de donner de la nourriture aux hommes qui marchaient. Mais ils le faisaient au risque de leur vie et beaucoup de civils furent tués dans cette tentative. A part cela,
seul un petit champ de canne à sucre offrait de temps à autre de la nourriture On aurait même pu tolérer le manque de nourriture, et je suppose qu’on aurait également pu faire avec le manque d’eau , mais il faut se reposer. Mais la marche continuait et le fait de devoir marcher constamment et de s’asseoir pendant des heures dans la chaleur du soleil, de subir fouille sur fouille de la part des soldats japonais, de voir les membres, les amis, les copains tout près être sortis de la colonne et fusillés ou frappés à coups de baïonnette sans raison était un stress continuel .

Q Après que le prêtre ait été blessé, l’avez-vous aidé M. Ingle ?

R J ‘étais l’un de ceux qui ont aidé à l’assister. Personnellement, j’ai aidé à le porter jusqu’au prochain repos et pendant les jours qui suivirent nous nous sommes relayés pour le porter, deux hommes en même temps aidaient le prêtre à marcher

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Puis vint le contre-interrogatoire par un avocat japonais. On lit :

Q Combien de jours l’avez-vous aidé [le prêtre blessé]?

R [Il a été blessé] le troisième ou le quatrième jour. Nous l’avons aidé de ce jour-là jusqu’au neuvième jour lorsque notre marche s’acheva.

Q Est-ce que votre maladie a empiré pendant la marche ?

R Il semble que j’ai transpiré une portion de la malaria et, temporairement, je me sentis un peu mieux

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« Après avoir échappé à la crémation en franchissant une double barrière de fils barbelés, reçu une balle dans
la jambe, fait une chute de 15 m, combattu trois Japonais dans un corps à corps sous l’eau, tués mes adversaires à la mitrailleuse, traversé une baie à la nage, marché dans la jungle pendant cinq jours sans nourriture ni eau, je suis parvenu à rejoindre des mouvements de guérilla »

Rambo a un devancier, le soldat américain Douglas William Bogue. A l’audience, celui-ci raconta, plan à l’appui, son aventure à faire pâlir les scénaristes des films d’action :

Q Que représente la ligne de » X » sur ce plan?

R Elle représente une double barrière barbelée qui entourait le camp ; celle -ci était haute de plus de 2 met les deux barrières étaient espacées d’un mètre et demi.

Q A gauche ou au sud-est de la barrière, qu’est-ce qui est indiqué ?

R Un précipice presque à pic, avec quelques buissons, qui borde la baie de Puerto Princessa. Ce précipice est haut d’approximativement 15 à 20 m A 14 h, le 14 décembre 1944, tous les prisonniers de guerre américains à Puerto Princessa furent regroupés dans cette zone où il y avait des abris anti -aériens Le lieutenant Sato et les gardes japonais commencèrent alors à hurler puis à ordonner à tous les Américains d’entrer dans leurs abris anti-aériens et à rester la tête sous le niveau de l’entrée au motif qu’une centaine d’avions américains venaient bombarder .

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Immédiatement après que je me fus mis à l’abri, j’entendis une explosion sourde et d’incessants hurlements et rires ainsi que les tirs des mitrailleuses et des fusils. J’ai immédiatement sorti ma tête de l’abri pourvoir ce qui se passait. La première chose que je vis fut un nuage noir de fumée qui sortait de l’abri de la compagnie A. Après avoir sorti ma tête quelques secondes, je pus voir les faits suivants : il m’apparut que quinze ou seize soldats japonais munis de seaux contenant de l’essence et de torches attaquaient l’abri de la compagnie A. Ces seaux d’essence furent jetés dans l’entrée de l’abri de la compagnie A, puis une torche allumée fut jetée pour enflammer l’essence ; tandis que les hommes touchés par le feu étaient contraints de sortir, ils étaient frappés à coups de baïonnette ou fusillés ou assommés ou poignardés.

J’ai vu quelques-uns de ces hommes tituber, toujours en feu et tomber sous les balles Je suis alors très vite sorti de l’entrée de mon abri et j’ai escaladé comme j’ai pu la double barrière de fils barbelés. Pendant les quelques secondes ou j’étais à découvert j’ai été atteint par une balle à la jambe droite . J’ai alors lâché prise et j’ai dévalé le précipice jusqu’au bord de l’eau. Après avoir avancé de 15 ou 30 m, je suis arrivé au bout des rochers et je suis tombé sur trois marins japonais qui tentaient d’installer une mitrailleuse lourde Je n’avais pas d’autre choix que de sauter sur ces trois marins japonais afin de leur subtiliser la mitrailleuse.

Durant le combat, nous sommes finalement arrivés dans l’eau ; à cause de leur poids, je suis tombé sous la surface et suis resté sous l’eau, les retenant au-dessus de moi afin de les forcer à lâcher la mitrailleuse ainsi que moi-même ; ils tentèrent alors de retourner sur la plage.

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Après être sorti de l’eau, j’ai tiré l’activateur de la mitrailleuse et j’ai réussi à tuer ces trois marins japonais . Mais en voyant qu’une autre mitrailleuse était en train d’être installée un peu plus loin sur la plage, j’ai été contraint de rebrousser chemin afin de trouver une cachette parmi les rochers. Pour entrer dans une petite crevasse dans les rochers, j’ai dû jeter la mitrailleuse à l’eau Peu après, les Japon ais commencèrent à patrouiller à quelques mètres des rochers. Les patrouilles continuèrent pendant le reste de la journée et à 9 h du soir, cette nuit-là, en compagnie de quatre autres personnes, nous avons nagé dans la baie et, après quelques jours dans la jungle, sommes parvenus à joindre des guérillas philippines.

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Contrairement à ce que l’on pourrait croire, un tel « témoignage » ne fut pas rejeté. Bien au contraire; au
procès, le procureur philippin n’hésita pas à déclarer :

« Pendant cinq jours et nuits, sans nourriture ni eau, sauf l’eau de pluie, Bogue marcha avec difficulté dans la jungle ».

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Tels sont les témoignages entendus au procès de Tokyo, témoignages que nous laissons à votre entière appréciation. Ceux qui veulent y croire y croiront, pourquoi pas, mais je pense que toute personne saine d’esprit mesurera à quel abîme peut mener la soif de vengeance, la soif de jouer un rôle dans un procès , ou encore la soif d’être, une fois dans sa vie, écouté par de hautes instances.

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