La face cache de Lénine (Volodia) 15  

Publié le par Bernard Gasnot

Archives tirées du parti communisme soviètique

La révolution en marche

Avril 1919 à avril 1920

Pendant les dix-huit mois suivant la révolution d’octobre, les bolcheviks posèrent les fondations d’un etat unique qui dura soixante -dix ans, et servit de modèles aux régimes communistes de l’apres seconde guerre mondiale dans un tiers du monde habité : seul parti au pouvoir, avec un législatif, un exécutif et un judicaire qui lui etaient politiquement subordonnés. Le parti était en realité l’instance suprême de l’etat et lenine, le chef suprême de cette instance sans avoir le nom. Le parti n’avait pas completement hiérarchisé les autres institutions étatiques .une fois que le politburo eut nommé des responsables et défini une stratégie, l’armée rouge opéra sans ingérence extérieur. Quanta la Tcheka, protégé par lenine depuis sa création elle fut ouvertement critiqué. Certains camarades du comité se plaignirent du pouvoir abusif laissé à celle-ci, lenine empécha toutes reformes et touché à sa police secrete. Celle-ci continua a imposa sa terreur rouge sans avoir a passé par le commissariat du peuple a la justice Par-contre aucune stratégie n’avait été définie pour l’instauration d’une nouvelle culture socialiste, pour les conditions de travail, de salaires, de loisirs. La théorie leniniste présentait lourdement des profondes lacunes relativement à la dictature, a la démocratie, à la justice sociale et les droits de l’homme

Au printemps 1919, nul n’aurait su dire si l’édifice allait tenir bien longtemps .les blancs croyaient encore pouvoir gagner et bientôt forcer les rouges à quitter le kremlin. Une autre guerre civile faisait rage contre la paysannerie russe qui avait pris les armes à l’armée, quelle que fut sa couleur. Tous les pays frontaliers de l’ancien empire russe etaient en proie à des guerres civiles ou ethniques, lenine ne se préoccupait que d’une seule : celle que menait son armée rouge contre les blancs .Restait à savoir s’ils pouvaient sortir victorieux, lenine avait prédit que pour les bolchéviks ; ce semestre serait le dernier a etre aussi lourd. Satan harcelait ses principaux commissaires et généraux, exigeant toujours plus d’efforts et de hargnes, il les menaçait des pires malheurs, de sanctions (pelotons d’exécutions, emprisonnement de conjointe ect..), s’ils ne remportaient des victoires immédiates avant l’automne Du côté des blancs, des affiches et prospectus furent distribués et préfiguraient la propagande anticommuniste nazie, lenine, diabolisé, était généralement représenté a cote de trotsky comme coleader d’une conspiration juive internationale pernicieuse à la fois pour le pays et pour la civilisation. Conflits, bains de sang, actes de vengeance ; voilà ce qui attendait la russie tombé aux du léninisme, ce qui n’était pas faux.

Gorki était plutôt choqué de s’apercevoir de la profondeur méfiance que lenine manifestement, nourrissait a l’encontre des russes ordinaires, koulaks, marchands, prêtres, bref les classes sociales. Chez les paysans, lenine ressentait une grande colère et la mort était un châtiment trop doux pour eux, les ouvriers et le peuple l’agaçaient en voulant garder à tout pris leurs fêtes religieuse, lenine dit a Gorki

« C’est une idiotie que de renouer avec les fêtes religieuses, il faut que la Tcheka puisse rétablir l’ordre, préconisant meme la violence »,

Il se prétendait etre l’ami du peuple russe. Il fit lire un télégramme qu’il avait reçu à Gorki

« L’arrestation de tout le parti cadet du comité et de ses partisans est inévitable si l’on veut prendre les devants pour empécher les conspirations dans un etat futur. Ils sont capables, tous autant qu’ils sont de prêter main-forte aux conspirateurs, il est criminel de ne pas les arreter. Mieux vaut les voir en prison ou abattus que de se faire battre à plat de couture ….oui oui…. ça vaut mieux »

On ne saurait trouver mieux pour justifier la repression …..Dans la terreur qu’il voulait imposer se glissait aussi une sorte de plaisir à l’etat pur. La proposition et le télégramme etaient si scandaleuses qu’elle fut tenue secrete jusqu’après l’effondrement de l’union soviétique. Les rouges avaient repris Kiev en decembre, lenine entreprit de rétablir les républiques soviétiques instaurées au cours de l’hiver 1918-1919 et là satan cherchait un signe annonciateur d’une possible propagation de la révolution vers l’ouest de l’europe sans succès, car dans l’europe on fustigeait sa politique hormis l’extrème gauche. Satan étudiât déjà la façon dont son parti et le gouvernement allaient promouvoir la reconstruction, les autres partis politiques n’avaient pratiquement plus de place ils etaient pourchassés et harcelés par la Tcheka. Le Sovnarkom était bel et bien a la tête d’un etat unipartite, il exerçait de facto un monopole sans partage sur tout ce qui pouvait etre imprimé, proclamait la justesse fondamentale du marxisme. Il avait nationalise les banques, les transports, les secteurs industriels, un programme de restriction sur l’activité privée, commerciale et agricole. Lenine commençait a « offrir » l’autonomie nationale et ethniques aux allogènes(1) du territoire, mais ce n’était qu’une façade il entendait bien maintenir intact l’ancien etat multinational des Romanov, quoi qu’en pensait ses camarades et l’opinons publique. Le résultat obtenu n’était pas pour déplaire à lenine et le plan lui convenait.

Comment, cependant, justifier le communisme, lenine principal théoricien du Sovnarkom ne tentât pas de l’expliquer il en était incapable. Certain auteurs sont du partis du principe adoptée qu’il a été poussée par les aléas de la situation apres octobre 1917.chez les occidentaux, l’idée conventionnelle veut qu’il ait toujours cette « politique » en tête mais qu’il est attendu d’etre au pouvoir pour la divulguer, il est fort probable qu’aucune de ces explications ne soit la bonne.

En fevrier 1920

Une querelle interne éclata, mais lenine refusa tout compromis : son adversaire n’était autre que trotsky, que son passage sur le front de l’Oural avait convaincu de la nécessité de changer la politique economique du parti .il demanda l’annulation partielles des mesures concernant la réquisition des céréales ,il expliqua que les campagnes d’expropriations avaient créé un cercle vicieux : les paysans gardaient des réserves et le gouvernement réagissait violement, ce qui entrainait une réduction des surfaces cultivées et attisait la révolte. Trotsky proposa de limiter la quantité de ble susceptible d’etre saisi dans certaines régions agricoles et d’autoriser les foyers paysans à vendre leurs excédents, pour en finir avec le chaos, la ruine, et la famine. Cette proposition, trotsky, l’avait exprimée en termes pragmatiques il était préoccupé par la menace qui pesait sur l’agriculture. Satan rejeta le diagnostic de trotsky au cours d’une séance houleuse du comité ou les deux hommes se disputèrent âprement, lenine se mit dans une telle colère qu’il accusa trotsky de soutenir le libre-échange « politique capitaliste britanniques du XIX siècle, cette accusation fit mouche et blessant terriblement trotsky. D’ordinaire lors des discussions du comité central, lenine ne sortait pas de ses gonds. S’il se lassa emporter par la colère ce là, c’est par ressentiment contre trotsky qui essayait de dicter une politique economique depuis son poste de commissaire aux affaires militaires. Satan avait pris l’habitude de régir les questions civiles, mais il avait aussi la certitude qu’une fois l’économie étatisée le parti ne devait pas faire machine arrière. Il était sûr de lui et prêt à en découdre, donc il n’était pas question de laisser trotsky le déranger, ni chambouler sa politique. Lenine n’était pas a l’abris d’une défaillance quand il se laissait aveugler par son ideologie, car trotsky avait l’avantage de pouvoir observer la russie lors de ses allées et venues sur le front, tandis que l’experience de lenine apres octobre s’était limitée a petrograd, Moscou et tres peu de villages.

De sa fenêtre il observait avec une totale indifférence les mendiants pauvres affamés, des personnes mortes de faim sur la chaussée ou des gens le regarder avec dédain. Quelle belle dictature que celle ou le chef suprême était traité avec autant de mépris par certains de ses sous-fifres du comité, il lui fallut tempêter violemment pour récuperer son bien, il restait encore bien du chemin à parcourir avant que la plupart des ouvriers, paysans n’intègrent les principes marxistes et commencent à se comporter en vrais socialistes disciplinés. Lenine supposait que la meilleure façon de s’y prendre avec les ouvriers était de les maintenir sous contrôles étroit, commes les soldats, paysans et marins. La faim, la maladie les arrestations et la pénurie voulue de logement seraient d’actualités pendant quelque temps encore avant que le Sovnarkom ne trouve comment y remédier

En avril 1920 l’Ukraine

Idéologue, Lenine savait aussi se montrer retors dans la poursuite de ses objectifs. Sa façon de traiter la question nationale en Ukraine en est un exemple il insista notamment pour rétablir la republique soviètique d’Ukraine il savait qu’il n’aurait aucun soutien de ce pays les ukrainiens détestaient les bolchevicks voir l’histoire de Makhno communiste libertaire ukrainien qui combattit lenine et ses bolchevicks rouges. A la défaite de l’ukraine Lenine demanda à rassembler les formations politiques hostiles, le parti borotbistes (communistes ukrainiens intellectuels) et les autres partis, il promis des postes clés administratifs à Moscou et il feint l’autogestion a l’ukraine. Lenine était satisfait du résultat de cette politique implacablement bien pensée, l’important pour lui c’était la survie et le triomphe des rouges vainqueurs de la guerre civile. Lenine était encore si confiant, un grand nombre de difficultés allaient bientôt surgir : à l’interieur le pouvoir n’était pas aussi fort qu’il le croyait, l’économie était en ruine et révoltes paysannes et mutineries se profilaient à l’horizon. Déjà des ouvriers se mettaient en grève, la propagation de la révolution ne serait pas simple, meme si d’une façon, les circonstances soudain s’y prêtaient

(1)Allogène :

Se dit des peuples qui, vivant dans une nation, y sont minoritaires et qui, tout en conservant leur langue, leur culture, coexistent sans être acculturés par la nation qui les accueille.

A suivre ………………..

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