Hilary Clinton   Détruire la Syrie pour Israël 

Publié le par Bernard Gasnot

A la veille des élections US, il est bon de savoir qui va se retrouver sur le trône de l’Empire. Nous sommes politiquement dans un tel état de servilité vis à vis de cet État que, oui, les élections américaines sont majeures pour nous, surtout en ce qui concerne le domaine géo-politique et ses deux sources essentielles de conflit : Le pouvoir et l’argent. La politique de Trump le populiste est claire : mettons les milliards de dollars dépensés dans les guerres au profit du redressement intérieur. Ce n’est pas du tout la vision d’Hilary Clinton que l’on découvre à la lisière de tous les coups fourrés géo-politiques récents. Elle aussi a sans doute juré une fidélité indestructible à Israël.

Mais lorsque l’on passe de l’échelle de la France à celle de la plus grande puissance militaire mondiale, ça n’a pas les mêmes conséquences. Vous noterez au passage qu’alors que notre pouvoir nie la puissance nucléaire israélienne, c’est en toute lettre dans ce mail : « of loosing its nuclear monopoly ». Pour la manœuvre Assad, la dame est tombée sur un os. Les pions de l’échiquier se sont déplacés depuis ce mail. Quelle suite devons-nous attendre si Clinton est élue ? Probablement rien de bon pour la planète: plus de guerres de sang et de larmes, hélas !

Malgré l’apparent ronron ambiant, les tensions s’alourdissent. Tour à tour de nouvelles armes toutes plus terrifiantes les unes que les autres apparaissent, et ce n’est pas pour jouer à GI Jo. Celle-ci n’est pas la moins inquiétante. Ce n’est sûrement pas pour lutter contre Daesh qu’elle a été conçue. Désolée de vous casser le moral, mais ce que je lis ne me rends pas optimiste pour les années à venir.

Un nouvel email d’Hillary Clinton rendu public récemment confirme que l’administration Obama a délibérément provoqué la guerre civile en Syrie, car c’était la « meilleure manière d’aider Israël ». Preuve de sa nature psychopathe et meurtrière, elle a aussi écrit que c’était une « bonne chose » de menacer personnellement de mort la famille de Bashar Al-Assad.

Dans cet email, la secrétaire d’État Clinton dit que la « meilleure manière d’aider Israël » serait «d’utiliser la force » en Syrie afin de renverser le gouvernement. Le document en question fait partie des nombreux fichiers qui ont été déclassifiés par le Département d’État américain sous le numéro de dossier F-2014-20439, Doc NO. C05794498, suite au tollé suscité par la découverte du serveur email privé qu’elle utilisait chez elle, lorsqu’elle servait en tant que secrétaire d’État entre 2009 et 2013.

La date l’email du 31 décembre 2000, c’est une erreur de leur part, puisque le contenu de l’email (en particulier la référence aux tractations entre l’Iran et l’Occident à Istanbul au sujet du programme nucléaire au mois de mai 2012) démontre bien que cet email a en fait été envoyé le 31 décembre 2012.

Cet email montre clairement que depuis le tout début de la crise syrienne, la politique américaine a été de renverser violemment le gouvernement syrien – et ceci spécifiquement parce que c’était dans les intérêts d’Israël.

« La meilleure manière d’aider Israël à gérer la capacité nucléaire grandissante de l’Iran est d’aider le peuple syrien à renverser le régime de Bashar Assad », annonce franchement Hillary Clinton.

Bien que les rapports des services secrets américains aient depuis longtemps abandonné l’idée que le programme nucléaire iranien se met en place aux fins d’obtenir la bombe atomique (cette conclusion est aussi soutenue par l’Agence Internationale de l’Energie Atomique), Clinton continue de manier ces mensonges pour « justifier » la destruction de la Syrie au nom d’Israël.

Elle relie spécifiquement le programme légendaire de la bombe atomique iranienne à la Syrie parce que, dit-elle, le programme de « bombe atomique » menace le « monopole » d’Israël sur les armes nucléaires au Moyen-Orient.

Si l’Iran devait acquérir l’arme nucléaire, assure Clinton, cela permettrait à la Syrie (et à d’autres « adversaires d’Israël » comme l’Arabie Saoudite et l’Égypte) de « se mettre aussi au nucléaire », ce qui menacerait les intérêts d’Israël. Aussi, d’après elle, la Syrie doit être détruite.

« Le programme nucléaire iranien et la guerre civile syrienne peuvent sembler déconnectés, mais ils ne le sont pas. Ce dont les chefs militaires israéliens s’inquiètent – mais dont ils ne peuvent pas parler – est de perdre leur monopole nucléaire.

La capacité de l’Iran d’acquérir des armes nucléaires ne signifierait pas seulement la fin de ce monopole, mais pourrait aussi pousser d’autres adversaires, comme l’Arabie Saoudite ou l’Égypte à se mettre aussi au nucléaire. Le résultat serait un équilibre nucléaire fragile dans lequel Israël ne pourrait pas répondre aux provocations par des frappes militaires conventionnelles en Syrie ou au Liban, telles qu’elles sont pratiquées aujourd’hui.

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