Assassinat de John Kennedy  la piste du lobby militaire renforcée 

Publié le par Bernard Gasnot

Assassinat de John Kennedy  la piste du lobby militaire renforcée 
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Assassinat de John Kennedy  la piste du lobby militaire renforcée 
Assassinat de John Kennedy  la piste du lobby militaire renforcée 
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Assassinat de John Kennedy  la piste du lobby militaire renforcée 

Mafia et l’amérique main dans la main

C'est un enregistrement, qui vient juste de refaire surface, et qui ravive bien des souvenirs. Des bandes magnétiques, audibles intégralement qui révèlent les conversations à l'intérieur d'Air Force One, alors un Boeing 707 qui ramenait le cercueil de Kennedy et sa veuve, de Dallas à Washington. Avec à bord le successeur du président assassiné, dans lequel tout le monde voit aujourd'hui le commanditaire du meurtre. Un commanditaire supposé dont le rôle sort renforcer de l'audition de ses bandes, car elles font apparaître un nom que l'on avait soigneusement pris soin jusqu'ici de ne jamais citer. Un général, dont j'ai déjà ici tracé le portrait, celui d'un véritable psychopathe. Le responsable du bombardement conventionnel au phosphore de Tokyo, qui aura fait plus de morts qu'à Hiroshima ou à Nagasaki, ou de celui des barrages de Corée du Nord, qui ont tué des milliers de civils. Curtis le May, le principal opposant à la famille Kennedy. Un fou de guerre, qui se serait donc entendu secrètement avec L.B. Johnson pour se débarrasser de J.F.K... Voilà une belle découverte, qui permettra sans doute, et je l'espère, à permettre d'expliquer un jour comment Kennedy était-il mort. Et surtout, qui avait décidé de le s'en débarrasser.

Dans l'avion qui ramène le corps de Kennedy, dont l'autopsie démontrera qu'il a perdu tout le côté droit de la tête (Jackie Kennedy à quatre pattes sur le capot arrière de la limousine c'était pour rechercher un morceau de crâne, son mari ayant été scalpé par le tir venu de face* !), il y avait eu des scènes stupéfiantes qui laissaient déjà entendre une connivence entre LBJ et d'autres personnes présentes à Dallas, ce jour-là : notamment un célèbre clin d'œil entre lui et le congressiste Albert Richard Thomas, qui en était lui à sourire benoîtement devant le corps du président et sa veuve dont le tailleur portait toujours le sang de son mari. Au moment même où L.B.J prêtait serment dans l'avion, devant la juge Sarah T.Hughes, les deux échangeaient un regard qui ne pouvait laisser sans questions. L'un des deux affichait clairement un contentement visible (Thomas, L.B.J étant de dos). Les bandes découvertes proviennent du White House Communications Agency et sont signées du nom du général Chester "Ted" Clifton Jr, le conseiller militaire de Kennedy, qui figurait dans l'escorte motorisée accompagnant Kennedy à Dallas (il est décédé en 1991).

La veille au soir, LBJ avait fait des confidences plutôt dérangeantes à sa maîtresse Madeleine Brown... et le lendemain à Dallas, comme par hasard c'était lui le nouveau président en qualité de... vice-président, que John Kennedy avait fini par choisir afin de mieux le contrôler. Il s'en méfiait à juste raison : l'homme le plus dangereux, pour Kennedy était dans le même parti que lui et non chez les républicains ! L'homme à qui s'adressait Johnson était un vieil ami à lui. Albert Richard Thomas, né à Nacogdoches, était un pur texan, comme Johnson, fier d'avoir réussi à apporter à Houston le Johnson Space Center qui dirigera toute la conquête lunaire américaine. C'est la société Brown & Root Inc. de son vieil ami George Rufus Brown qui offrira à la Nasa les terrains pour bâtir le centre spatial. Brown avait fait fortune en construisant un des barrages du New Deal de Roosevelt, dont le Marshall Ford Dam (devenu depuis le Mansfield Dam). G.R.Brown avait un frère qui s'appelait... Herman. Il construira aussi le Pontchartrain Bridge (plus tard le Maestri Bridge), de 8 km de long, reliant La Nouvelle Orléans à Slidell. Au Texas, en 1963, Howard Hughes a déjà installé depuis longtemps une usine d'armements, la Dixie Gun Plant, qui fabriquait des canons lourds de 120. North American, alors de tous les contrats d'aviation de l'armée (par exemple son Vigilante A-5) ou dans les avions de pointe (comme le X-15) était situé à Dallas, avec Chance-Vought (Crusader et Corsair II alors en projet), alors que Consolidated (Convair avec ses B-58, ses Delta Dagger et Dart et son incroyable projet Kingfish) qui était à Fort Worth

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Les deux étaient amis de longue date, et Thomas un faucon militaire se battant pour que son Etat bénéficie de la manne fédérale de l'armement, en s'activant pour par exemple faire du port de pêche à la crevette de Corpus Christi une énorme base aéronavale US, ou en faisant partie de la très influente Joint Committee on Atomic Energy. Johnson, Brown et Thomas formaient en fait un groupe informel appelé le 8F group, qui s'était réuni la veille de l'assassinat à Dallas, a raconté tardivement la maîtresse de Johnson, Madeleine Duncan Brown : "Le groupe s'est réuni pour une fête à Dallas hébergé par Clint Murchison, un autre magnat des affaires avec des liens étroits avec la mafia Genovese, le 21 novembre 1963, la nuit précédant l'assassinat. Parmi les personnes présentes à l'événement figuraient J. Edgar Hoover, Clyde Tolson, John J. McCloy, Jack Ruby, George Brown (Brown and Root), les barons de la mafia, plusieurs journaux et des journalistes de la télévision, et... Richard Nixon".

"La partie de poker entamée a commencé à ralentir à environ 11 heures du soir, quand les participants ont été surpris d'assister à l'arrivée de Lyndon Johnson, qui avait voyagé de Houston. Clint Murchison a immédiatement appelé à une réunion. Ils sont tous partis pour cette salle de conférence ... Lyndon n'est pas resté bien longtemps à la réunion et quand il est sorti ... il m'a attrapé par le bras, il avait cette voix profonde et il m’a dit, "après-demain ce fils de pute ne me gênera plus - ce n'est pas une menace -. C’est une promesse." La réunion était bien celle d'hommes d'extrême droite, liés à la pègre locale. "Murchison a également été étroitement proche de la mafia. En 1955, un comité du Sénat a découvert que 20 pour cent d'un bail pétrolier de la Société Murchison appartenait à Vito Genovese et sa famille. Le comité a également découvert que Murchison avait des liens étroits avec le financier Carlos Marcello. Plus tard, Bobby Baker a affirmé que. « Murchison possédait même un "morceau de Hoover". Les gens riches essaient toujours de placer leur argent auprès du shérif, parce qu'ils recherchent une protection. Hoover était la personnification de la loi et l'ordre et officiellement contre les gangsters, aussi c'était un plus pour un homme riche d'être identifié à lui. C'est pourquoi des hommes comme Murchison faisaient tout pour que chacun sache qu'Hoover était leur ami. Vous pouvez faire beaucoup de choses illégales si à la tête de la loi il y a votre copain," affirme avec une ironie corrosive Spartacus Educational, rappelant que le principe est universel, et qu'on peut le retrouver partout (même en France). Genovese, le grand rival d'Albert Anastasia et de Lucky Luciano, ses anciens complices. Genovese qui avait dû fuir les USA en 1937, était devenu un proche de Mussolini... avant de devenir le meilleur ami des américains à peine débarqués en Italie !

Des liens douteux qui remontaient loin dans l'organigramme de l'extrême droite US : " Murchison a développé des opinions politiques d'extrême-droite avec son ami, Haroldson L. Hunt, qui était un membre de la John Birch Society. Murchison a financé la campagne anti-communiste de Joseph McCarthy. Selon Anthony Summers, Murchison a également été "une source principale de fonds pour le Parti nazi américain, et son chef, Lincoln Rockwell" (photographié ci-dessus de façon étonnante à un Congrès du Black Muslim Party, parti noir raciste, en compagnie de deux gardes du corps). On possède d'autres clichés de l'individu, dont un sidérant en compagnie de Dan Burros le "grand dragon" du KKK, à savoir son leader en 1961, portant ici l'uniforme nazi complet. Burros, qui était minuscule et passablement dérangé, fut pendant des années le chef du KKK local, alors qu'il était... d'origine juive. Il avait fait son bar Mitzvah le 4 mars1950 ! Le jour où on le découvrira, le 31 octobre 1965, il se tirera... deux balles. Une dans la poitrine et une dans la tête, il avait à peine 28 ans.

Johnson dans le coup, au milieu de ces complotiste texans d'extrême droite ou mafieux ? Sans aucun doute. Même Ruby, l'assassin d'Oswald le laissera clairement entendre au juge qui l'interrogera "n'est-il pas étrange qu'Oswald qui n'a pas travaillé une seule fois sérieusement de sa vie, a été assez chanceux pour obtenir un emploi au Book Building deux semaines avant que le président lui-même ne sache pas à quel moment il rendrait visite à Dallas, maintenant d'où vient le gag comme quoi Oswald avait obtenu l'information que le président viendrait à Dallas ? Une seule personne aurait pu avoir cette information, et cet homme était Johnson qui savait plusieurs semaines à l'avance ce qui allait se passer, parce qu'il est celui qui allait organiser le voyage pour le président, cela avait été planifié longtemps avant que le président lui-même n'en connaisse l'existence, de sorte que vous pouvez imaginer facilement ce qu'il en était. Le seul qui était gagnant dans le coup du président était Johnson, et il était dans une voiture à la place arrière sûre quand le coup a eu lieu. Qu'auraient gagné les Russes, Castro ou quiconque en éliminant le président Si Johnson avait le cœur si brisé pour Kennedy, pourquoi n'at-il pas faire quelque chose pour Robert Kennedy ? Tout ce qu'il a fait a été de le snober."

Cela n'explique pas pour autant la découverte du jour, à savoir que dans les bandes des conversations en provenance de l'appareil ramenant le corps de Kennedy à Washington, le nom jusqu’ici soigneusement caché de Curtis LeMay est apparu... Pour le savoir, il nous faut revenir en arrière pour vérifier qui était ce LeMay. Arrivé à la tête du SAC en 1949, l'homme avait derrière lui une sinistre réputation, celle d'être quasiment celui qu'avait caricaturé Kubrick dans son général Turgidson. Partisan résolu de la bombe atomique, LeMay avait même tout prévu, si la bombe atomique tardait à être au point en 1945. Lui et ses fidèles comme le général Lemnitzer, aussi atteint que son supérieur ils auraient tout simplement rasé le Japon, au phosphore blanc incendiaire et aux bombes chimiques, à partir de stocks phénoménaux de gaz innervant notamment. "Et cela, encore, «on l’a appris tardivement avec la déclassification de documents secrets. Comme l’avait dit Paul Rogers d’Open Democracy, le 4 août 2005, si Hiroshima et Nagasaki n’avaient pas fonctionné, les États-Unis avaient un plan pour gagner la guerre contre le Japon qui impliquait l’utilisation massive d’armes chimiques contre des civils. ... La fin soudaine de la guerre précipitée par les deux bombes atomiques, et les secrets qui ont suivi de la part des États-Unis, ont déguisé depuis de nombreuses années le fait que les États-Unis avait préparé un remarquable plan de secours. Il s’agissait de la production de masse d’immenses quantités d’armes chimiques utilisées contre les villes japonaises, car ce qui était prévu était de tuer le nombre de 5 millions de personnes au moins. Ce plan précédemment secret est venu à la lumière avec la déclassification des documents sensibles, après la fin de la guerre froide, et a été décrit quelques années plus tard dans un document du "Proceedings of the US Naval Institute" par deux historiens militaires, Norman Polmar & Thomas B Allen ("Le plan le plus meurtrier", Proceedings Janvier 1998). Il a à peine touché le domaine public avec le temps, mais il en dit long sur l’approche à la guerre qui s’était développée en 1945, y compris la volonté d'infliger des pertes civiles massives sur une échelle beaucoup plus élevée, de même que les tapis de bombes sur Tokyo, Hambourg ou Dresde ou les bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki". ... la folie d’un LeMay n’avait rien à envier à celle d’en face !

LeMay, 'Aigle de Fer", était un fou dangereux, "LeMay était apparemment immunisé contre l’horreur de tuer. Il avait dirigé le bombardement au napalm du Japon - qui estime-t-on a tué "plus de personnes dans une période de six heures qu’à tout moment dans l’histoire de l’homme". il a ainsi un jour résumé la guerre : « Il faut tuer les gens, et quand vous avez tué assez, ils cessent le combat. "Il a également dit : de façon cynique "nous avons bien tué, allez, disons vingt pour cent de la population de la Corée du Nord". En fait, "plus de deux millions de civils sont morts dans les campagnes de bombardements de LeMay et la destruction de barrages géants pour inonder le pays". Ce n’est donc pas un hasard si on le retrouve en politique aux côtés du gouverneur George Wallace, ce raciste invétéré, chrétien "born again"... et pourtant inscrit au parti démocrate ! Ce chaud partisan de la guerre nucléaire et des bombardements de civils n’avait pas grand-chose à envier à un Goëring ! Sa haine de John F. Kennedy fut telle qu’on a régulièrement et automatiquement songé à lui comme l’un des commanditaires possible pour son assassinat, avec l’équipe de la CIA aujourd’hui bien répertoriée : Richard Helms, James Angleton, David Phillips, E. Howard Hunt, Theodore Shackley, William Harvey, David Morales, Edward Lansdale, et George Joannides.

Revenons en novembre 1963. LeMay en voulait-il à Kennedy ? Oui, car entre les deux était né une très vive opposition politique, qui culminera fort peu de temps avant l'assassinat du président. "Selon Robert McNamara, comme l'a déclaré David Talbot, dans une interview pour le livre "Brothers : The Hidden History of the Kennedy Years about Curtis LeMay's views on nuclear war", la vision de Lemay était très simple. Il pensait que l'Occident, et les Etats-Unis en particulier, allaient avoir à combattre une guerre nucléaire avec l'Union soviétique, et il était absolument certain de cela. Par conséquent, il croyait que nous devrions combattre plus tôt plutôt que plus tard, alors que nous avions encore un plus grand avantage sur l'énergie nucléaire, et qu’il en résulterait moins de victimes aux États-Unis." Voilà qui fait fortement penser à notre épisode dédié à Howard Hughes ! Car LeMay, n'avait pas encore été rassasié de ses milliers de victimes civiles : il lui en fallait d'autres encore : une troisième Guerre Mondiale. LeMay, je vous l'ai dit était fou à lier ! "LeMay a fait valoir que les Etats-Unis devraient lancer 5 000 missiles sur l'Union soviétique. Il était convaincu que cela permettrait de détruire leurs 350 missiles nucléaires et donc de prévenir une attaque contre les Etats-Unis. JFK et McNamara ont rejeté cette stratégie comme étant immorale". LeMay, le psychopathe, n'en n'avait pas eu assez des bombardements sur les villes japonaises, avant même celui de Tokyo, qui avaient déjà tué 260 000 personnes et broyé 2 210 000 habitations et bâtiments. Toujours enclins à foncer sur le thème de la guerre nucléaire inévitable, les généraux faucons commençaient à sérieusement incommoder John Kennedy. Ainsi lors d'une réunion du 20 Juillet 1961, du Conseil de sécurité nationale, dans laquelle le général Lyman Lemnitzer a présenté à John F. Kennedy un plan officiel d'une attaque nucléaire surprise contre l'Union soviétique. Kennedy a été dégoûté et est sorti de la réunion pour faire remarquer au secrétaire d'Etat Dean Rusk "et nous nous appelons la race humaine !"

Evidemment, la haine qui séparait LeMay de John Kennedy et son frère était allée crescendo, et elle allait connaître son paroxysme lors de la crise de Cuba. "Pendant la crise des missiles cubains en 1962, LeMay voulait bombarder Cuba. Lorsque JFK a demandé à LeMay comment l'Union Soviétique réagirait si les Etats-Unis bombardaient leurs missiles de Cuba. Il a répondu qu'ils "ne feraient rien ». Kennedy a plaidé pour un blocus de Cuba. LeMay a répondu en accusant le président d'agir comme Neville Chamberlain, pendant la crise de Munich en disant que le choix du blocus était « presque aussi mauvais que la paix de Munich." Ted Sorenson, qui était aussi à cette réunion, a commenté plus tard :" de dire à Kennedy, "c'est comme à Munich", "c'est trop mou", et "c'est que le peuple américain penserait aussi", c'est ce qui m'a scandalisé - un général disant au président des Etats-Unis ce que les gens pensent !" Treize jours plus tard Kroutchev retirait ses missiles, et le monde respirait enfin. Ci-dessous, un cliché du "Chief of Staff", le commandement en chef des armées de 1961. De gauche à droite : le général Curtis E. LeMay de l'Air Force, le responsable du Joint Chiefs le général Lyman Lemnitzer, le President Kennedy, le général George H. Decker de l'Army, le général David M. Shoup des Marine Corps, et l'amiral George Anderson de la Navy.

Kennedy assassiné, les relations entre LeMay et la présidence changèrent du tout au tout. Le 13 mars 1962, les deux atteints, Curtis LeMay et Lyman Lemnitzer, avaient proposé un "moyen" pour envahir Cuba : celui de fabriquer toute une série d'attentats à Miami ou à Washington afin de provoquer un sursaut national exigeant l'invasion de l'île. Le nom de code de l'opération était l'Operation Northwoods, que beaucoup voient comme l'un des premières tentatives de faire du terrorisme une arme retournée pour favoriser une frappe militaire... et une intervention fabriquée de toutes pièces. Ce qui avait échoué avec Kennedy marchera parfaitement avec Johnson qui se rangera en effet aux propositions tordues des deux faucons du Pentagone.

Pour ce faire, LeMay et Lemnitzer (qui ressemblait assez à Petraeus !) vont présenter un plan machiavélique pour obtenir l'assentiment de la population US à une reprise des bombardements au Viêt-Nam. Du grand art. "LeMay a fait valoir qu'en utilisant les dernières technologies, le Vietnam du Nord pourrait être amené à un « retour à l'âge de pierre. «D’autres ont souligné que la "terreur" des raids sur les populations civiles pendant la Seconde Guerre mondiale n'avait pas été couronnée de succès et ont affirmé que la meilleure stratégie serait de bombarder des cibles choisies telles que les bases militaires et des dépôts de carburant. Lyndon B. Johnson préféré cette dernière proposition, mais était conscient qu'il aurait du mal à convaincre le public américain et le reste du monde qu'une telle action était justifiée. Il a donc donné la permission pour qu'un plan soit mis en œuvre dont la finalité était de lui permettre de mener des raids de bombardement sur le Vietnam du Nord."

"L'Operation Plan 34A impliquait l'envoi de mercenaires asiatiques dans le Nord-Vietnam pour réaliser des actes de sabotage, des enlèvements ou tuer des fonctionnaires communistes". "Dans le cadre de ce plan, il a été décidé d'envoyer des destroyers américains dans les eaux vietnamiennes du Nord pour obtenir des informations sur leurs défenses navales. Le 2 août 1964, le destroyer américain, le « Maddox » essuyait des tirs de trois bateaux torpilleurs nord-vietnamiens dans le golfe du Tonkin. En représailles, « Maddox » avait tiré sur les vedettes, frappées toutes les trois, et une avait coulé. Peu après l'entrée dans les eaux nord-vietnamiennes, le capitaine Herrick a rapporté qu'il était sous attaque. Cependant, plus tard, il a envoyé un message qui a soulevé des doutes à ce sujet : "Examen de l'action rend les contacts signalés et les torpilles tirées comme douteux, plus dus à des conditions météorologiques exceptionnelles et à des hommes trop impatients devant les écrans de sonars ; ce qui peut avoir été l'objet de rapports erronés. Aucune observation réelle par le Maddox. Proposer une évaluation complète avant toute action."

Trop tard : Lyndon B. Johnson avait déjà réagi, en ordonnant le bombardement de quatre bases de torpilleurs Nord-Vietnamiens et un dépôt de stockage de pétrole ; des cibles qui avaient été prévus trois mois auparavant. A McNamara d'expliquer ça à la télévision, baguette en main et carte à disposition. Johnson a ensuite dit à la télévision et au peuple américain que "Des actes répétés de violence contre les forces armées des États-Unis doivent recevoir en retour non seulement une alerte défensive, mais une réponse forte, cette réponse a été donnée et c'est pour cela que je vous parle ce soir. " Le Congrès a approuvé la décision de Johnson de bombarder le Nord Vietnam et a adopté ce qui est devenu l'affaire du Golfe du Tonkin, la résolution adoptée par le Sénat par 88 voix contre 2 et à la Chambre des Représentants par 416 à 0.Le plan 43A imaginé par LeMay et Lemnitzer avait été gobé par tout le monde. En mars 1964, LeMay déchantera pourtant : alors qu'il proposait à nouveau de passer tout le Nord-Vietnam sous le même tapis de bombes qu'à Tokyo, Johnson ne prendra pas la décision de le faire : il répondra à sa demande en arguant "qu'il ne voulait pas commencer une guerre avant novembre", date des élections US.

Vexé, LeMay pris aussitôt le parti du candidat républicain à cette élection : Barry Golwater, que Johnson battra aisément avec 42 328 350 votes contre à peine 26 640 178 pour le sénateur du sud, qui, dans son programme électoral proposait d'envoyer des troupes au sol, ce dont les américains ne voulaient plus. Désavoué par les électeurs et le gouvernement, LeMay partit dans une rage folle devant Robert McNamara, dont Daniel Ellsberg raconte qu'il avait empêché LeMay "d'incendier ou de bombarder nucléairement le Viêt-Nam". Pas pour autant dépité, LeMay rejoignit George Wallace, raciste et ségrégationniste et se singularisa une nouvelle fois en tenant comme discours électoral que la seule façon d'arrêter la guerre était de lancer une bombe atomique sur le Viêt-Nam !

Aujourd'hui donc, on vient d'apprendre que celui qui n'a eu de cesse de tenter un holocauste mondial apparaissait dans des enregistrements, cités par plusieurs personnes à bord de l'avion présidentiel, des enregistrements où son nom avait été jusqu'ici soigneusement dissimulé. Pour quelle raison, on s'en doute un peu. "La bande du général Clifton contient en effet une tentative d'urgence de la part d'un assistant souhaitant à tout prix communiquer avec lui. L'aide, en cherchant à interrompre les transmissions d'Air Force pour atteindre LeMay, est entendu disant que le général "est dans un C-140. Ses trois derniers chiffres sont 497. Son nom de code est Grandson. Et je veux lui parler." apprend-t-on. D'autres appels ont lieu, dont un faisant référence à "Monument" et "WTE" comme noms de code et un autre faisant référence à quelqu'un appelé « John ». D'aucuns essaient déjà de dire que si on appellait LeMay, c'est justement parce qu'il n'était pas dans le coup. Pour d'autres, ce serait plutôt le contraire pour une raison simple : dans la première version écourtée de ces bandes, on avait pris grand soin de ne pas y faire figurer son nom !

Avec Lyndon B.Johnson, en tout cas, il était l'un de ceux qui étaient les plus à même de souhaiter la mort de John Kennedy. Progressivement, le voile se lève, pour montrer ce qu'on l'on avait pressenti depuis longtemps déjà : qu'en l'occurrence, les assassins de John Kennedy sont à chercher avant tout au sein du lobby militaire américain, et dans ses généraux félons, prêts à tromper leurs concitoyens avec de fausses opérations terroristes afin de mieux placer leur volonté guerrière de conquête. Finalement, le nom de Curtis LeMay entendu dans ses bandes n'est pas que révélateur d'un fait historiquement localisé. Ce qu'on vient de découvrir, c'est bien l'implication d'un lobby militaro-industriel lié étroitement à une pensée fondamentalement d'extrême droite, et ce, jusqu’au plus haut sommet de l'Etat. Ces gens-là ont eu des héritiers, depuis, qui ont pu, soyez-en sûr, employer les grands moyens pour réussir à convaincre une opinion lassée par les différentes guerres menées depuis. Pour réussir à envahir l'Afghanistan, il faudra appeler ce que d'aucuns parmi ces fêlés avaient appelé un "Nouveau Pearl Harbor". Pour attaquer l'Irak, ce sont les armes de destruction massives inexistantes qui ont été utilisées comme leurre médiatique. Il faudra dans les semaines à venir surveiller de très près le détroit d'Ormuz : ces gens-là ont gardé toutes leurs facultés de nuisance, et la fabrication d'un "incident du Golfe d'Oman" serait pour eux l'enfance de l'art à refabriquer. Les assassins de Kennedy sont toujours parmi nous. Leurs fans aussi, hélas.

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