RADARS, RACKET ET RAS LE BOL !

Publié le par Bernard Gasnot

Lorsque les premiers radars ont été mis en service, nombreux sont ceux qui ont approuvés cette décision, destinée à sanctionner les chauffards et à rendre les routes plus sures.

Quelques années plus tard, force est de constater que ce ne sont pas forcément les chauffards qui sont sanctionnés, mais ce sont tous les citoyens qui peuvent être verbalisés ; plus besoin d’être un délinquant de la route, personne n’échappe à la traque aux amendes. Combien d’entre nous ou parmi nos proches ont déjà reçu un avis de contravention pour avoir dépassé la vitesse autorisée de un ou deux kilomètre heure ? Combien d’entre nous, suite à cela, ont perdu un ou deux points sur leur permis ? Nous sommes passés d’un système de prévention à un système répressif, voire rançonnier !

Les portions de route ou d’autoroute avec des changements intermittents de vitesse 70/50/70, 90/70/90 ou 110/130/110 sont devenues la norme, ce changement de vitesse que souvent rien ne justifie est seulement destiné à piéger l’automobiliste, qui même les yeux collés à son indicateur de vitesse finira par se faire prendre tôt ou tard. Cette politique de « chasse au coupable » est l’illustration parfaite d’une mesure, qui sous couvert d’une règle juste finit par frapper l’ensemble de la population sans discernement entre la gravité de la faute et la faute elle-même. De terribles exemples sont à se remémorer sous des régimes totalitaires. Des mesures décidées au départ pour protéger les individus échappent ensuite à tout contrôle et deviennent des instruments de répression aveugle. Nous en reparlerons sans doute dans quelques années avec la vidéosurveillance, rebaptisée sournoisement vidéo-protection !

Caméras et radars représentent un « juteux marché » pour les entreprises du secteur, et nos gouvernements ont fait le jeu des intérêts privés, le choix de la machine et du rendement à la place de l’homme et du dialogue. Le pouvoir part du principe que nous sommes tous des délinquants potentiels et que seule une justice aveugle peut … Mais le problème c’est que nous ne sommes pas égaux devant la loi et les sanctions distribuées automatiquement ne pénalisent pas les citoyens de la même façon. En effet, plus vous payez rapidement vos contraventions et moins elles vous reviennent chères (du simple au triple), ce qui revient à dire que celui qui a les moyens verra sa sanction diminuée. Mais pour un étudiant, un chômeur, un rmiste ou une personne à temps partiel qui n’a pas les moyens de s’acquitter rapidement de cette amende, cela peut devenir un problème difficile. Donc, celui qui en a les moyens bénéficie d’un rabais, celui qui n’a pas les moyens subit une double peine ! Idem pour racheter des points sur son permis, celui qui a des revenus conséquents pourra sans problème payer un pseudo stage, mais pour d’autres trois cent ou quatre cents euros représentent la moitié de leur salaire. Elle est où l’équité, elle est où la justice ? Si vous avez un gros portefeuille vous pouvez donc enfreindre tranquillement le code de la route. A quand un permis pour les riches et un permis pour les pauvres ?

C’est sur les routes nationales qu’il y a le plus de morts et d’accidents, mais c’est sur les autoroutes que les radars sont les plus nombreux. Si vous faites un Paris-Nice par autoroute, vous pouvez très bien vous faire flasher trois ou quatre fois, et vous recevrez les contraventions et les pertes de points qui vont avec directement à votre domicile. Ceci pose la question de la sécurité. si vous êtes en infraction et donc dangereux, il est du devoir des autorités chargées de la protection des citoyens de vous arrêter le plus rapidement possible avant que votre inconduite ne cause un accident. Et bien non on se contente de vous verbaliser et de vous faire cracher au bassinet, comme quoi tout ce déploiement de moyens est là pour faire du fric et non pour la sécurité des personnes.

C’est pour cela que je suis pour une vraie police de la route qui traquera les vrais chauffards, et non pour “pigeonner” celui qui va bosser le matin en roulant à 65 au lieu de 60. Je suis pour une vraie police de la route, formée pour assurer la sécurité et capable d’apprécier réellement la dangerosité des erreurs de conduite, en abandonnant toute idée de quotas. Je suis pour une vraie police de la route, dégagée de toute pression statistique, qui préfère la prévention et la discussion à la contravention systématique.Je suis donc pour supprimer les moyens automatiques de contrôle-sanction, qui sont là plus pour faire du fric que pour sensibiliser les conducteurs au danger de la route.

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