1ère partie Le trésor des nazis existe-t-il vraiment ?   Autre document

Publié le par Bernard Gasnot

1ère partie Le trésor des nazis existe-t-il vraiment ? Autre document

Partout où les troupes d’Adolf Hitler passaient, les soldats volaient le maximum de biens précieux aux populations rencontrées : cette pratique de « prises de guerre » par des armées a toujours été la règle lors des conflits, quelle que soit la période historique considérée.

Mais les nazis sont allés beaucoup plus loin : ils ont élaboré une stratégie de vols à très grande échelle, vols ordonnés par tout l’état-major allemand, d’Hitler à Goering en passant par Rommel ou Eichmann. Puis, quand leur défaite devint inéluctable, les nazis commencèrent à cacher la plupart de leurs butins, en attendant des temps meilleurs pour venir les récupérer. Voici l’inventaire des principaux trésors nazis... trouvés ou à découvrir.

L’or volé aux banques des pays occupés

En janvier 1939, Adolf Hitler devient littéralement fou furieux en entendant Hjalmar Schacht, le président du directoire de la Reichsbank, la Banque d’Allemagne (devenue, après la guerre, la Bundesbank), lui révéler que les caisses de l’État nazi sont vides. L’or confisqué à l’Autriche lors de son annexion est, en effet, déjà épuisé. La raison est simple : l’effort de guerre entrepris par Hitler demande des capitaux colossaux. Or seul l’or est le « nerf de la guerre », car il permet d’acheter les matériaux stratégiques nécessaires aux forces armées du Reich : tungstène, pétrole, wolfram, uranium… Ces achats se font surtout auprès des pays neutres : ainsi, la Suède fournit le fer et les roulements à bille, la Turquie le chrome, le Portugal le tungstène pour la construction d’armes de qualité.

Afin de renflouer ses caisses, Hitler donne l’ordre de piller systématiquement les pays qu’il envahit : Pologne, Tchécoslovaquie, Belgique, Pays-Bas, France… Tout ce qui a de la valeur l’intéresse : lingots et pièces d’or, bijoux, devises, oeuvres d’art… Il confie cette « mission » aux SS, qui créent alors une unité spécifique chargée d’agir sur le terrain et surnommée DSK : le Devisen Schutz Kommando (détachement pour la mise en sûreté des devises). Ces derniers s’arrogent tous les droits : ils vident les coffres des banques centrales mais aussi des banques privées, pillant lingots et pièces d’or et n’hésitant pas à confisquer tous les objets en or des bijoutiers.

Leur première action d’envergure consiste à rafler 100 tonnes d’or à la Banque nationale des Pays-Bas, en lingots (1 kg) et en barres (12 kg). Puis, en juin 1940, direction la Banque nationale belge (BNB), mais les coffres sont vides. L’explication est simple : à la déclaration de la guerre, la BNB a déposé ses 221 tonnes d’or à la Banque de France. Le gouvernement de Vichy ayant envoyé, peu avant, tout son stock d’or à Dakar au Sénégal, Johannes Hemmen, le chef de la délégation allemande chargé de récupérer l’or belge, met les choses au point avec le gouverneur de la Banque de France, Bréat de Boisanger : « En Belgique, c’est nous qui sommes les maîtres. Nous avons donc tous les droits sur la Banque de Belgique et c’est à titre de client que je vous demande de mettre notre or en sécurité en le faisant transporter en Allemagne. » Le gouvernement français est contraint de s’incliner et doit rapatrier l’or belge après un parcours rocambolesque : utilisant camions, bateaux, trains et même chameaux, le convoi des caisses contenant l’or belge passe par Bamako, Tombouctou, Gao, Colomb-Béchar, puis Alger. De là, le tout est transféré par avion à la Reichsbank à Berlin. Le voyage aura duré au total dix-huit mois !

L’or des victimes des camps allemands

Parallèlement au vol des stocks d’or des banques centrales des pays occupés par les nazis, une autre opération a lieu dès l’été 1942 : le Reichsführer Heinrich Himmler, responsable de la trentaine de camps de concentration nazis, ordonne de voler aux prisonniers les objets en or qu’ils portent sur eux (alliances, montres, bracelets, chaînes, montures de lunettes…). Et, dans les six camps d’extermination (ou « camps de la mort ») qu’il supervise, il demande d’arracher leurs dents en or aux cadavres sortant des chambres à gaz. Tout cet or non monétaire est ensuite refondu en lingots, frappés de l’aigle allemand et de la croix gammée, puis envoyés, sous bonne escorte, à Berlin, à la division SS chargée de la gestion des biens, qui les remet enfin à la Banque centrale allemande. Quand Hitler est certain de perdre la guerre, il fait effacer toute trace de cette effroyable opération, en donnant l’ordre de détruire les archives de la Reichsbank relatives à l’or provenant des camps.

À cette période, beaucoup de pays comme l’Espagne et le Portugal se mettent à refuser cet or : on commence, en effet, à savoir qu’il a été acquis de façon épouvantable. Le rôle de la Suisse devient alors incontournable, ce qui explique que le franc suisse soit resté la seule devise convertible durant toute la guerre. C’est Paul Rossy, le vice-président de la Banque nationale suisse basée à Berne, qui a eu l’idée de blanchir cet « or sale » en transformant l’or allemand en or suisse. Voici le mécanisme très efficace qu’il a mis au point : Hitler lui échange l’or volé contre des francs suisses, puis paye avec cette monnaie les matières premières stratégiques en provenance de pays neutres qui, ensuite, revendent leurs francs suisses contre de l’or, porteur d’un certificat d’origine suisse. La boucle est bouclée et « l’or sale » est désormais blanchi.

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