Napoléon et les Archives Secrètes Vaticanes…

Publié le par Bernard Gasnot

Napoléon et les Archives Secrètes Vaticanes…

On le sait peu, mais un homme un jour saisit, déménagea, consulta, et eut accès à toutes les archives secrètes du Vatican… Cet homme à l’incroyable destin, était le 1er Empereur des français, Napoléon Bonaparte.

En février 1810, Napoléon émit un édit d’occupation des archives papales; celui-ci stipulait que toute la documentation devait être transportée à Reims, mais la destination devint finalement Paris. Divers convois, composés d’énormes chariots sur lesquels furent entreposés environ 3.239 caisses (ou paniers) de documents en provenance des archives de la Curie Romaine, comprenant alors (même in primis), les Archives Secrètes Vaticanes, quittèrent Rome pour Paris en février de cette même année; des expéditions analogues furent réalisées par la suite.

A Paris, les nombreux et précieux écrits des archives papales se trouvèrent répertoriés à l’hôtel de Soubise, et devaient intégrer le projet des Archives Centrales de l’Empire, qui se construisait au Champ de Mars, ce qui par la suite ne put advenir en raison du déclin rapide de l’Empire napoléonien. les archivistes impériaux procédèrent au classement des abondantes pièces d’archives provenant des diverses parts du Vatican en les organisant en seize classes alphabétiques.

Des côtes, avec les lettres de désignation se reportant aux classements, furent attachées aux volumes, aux liasses, aux cartons; ces mêmes cotes, dans de nombreux cas, sont toujours conservées, s’étant révélées très utiles pour retrouver les classifications des archives vaticanes sur le sol français.

Après la chute de l’Empire napoléonien (11 avril 1814), le roi Louis XVIII, de la maison restaurée des Bourbons, décida de restituer au pape les archives vaticanes, et le pape envoya à Paris quelques personnes de confiances : Mgr Gaetano Marini (Préfet des Archives Vaticanes), son neveu Mgr Marino Marini (coadjuteur de son oncle aux Archives Vaticanes, lequel devient à son tour préfet, avec Callisto Marini, de mai 1815 à janvier 1822) et plus tard le comte Giulio Ginnasi.

Le 28 avril 1814, à l’hôtel de Soubise, à Paris, on remit officiellement dans les mains de Mgr Emanuele De Gregorio (plus tard Secrétaire de la Congrégation du Concile et cardinal), de Gaetano et Marino Marini les archives vaticanes. Ces derniers commencèrent à préparer l’expédition pour Rome de cet important matériel archivistique, mais les opérations s’arrêtèrent brutalement lors de la parenthèse napoléonienne des Cent Jours (26 février-22 juin 1815); pendant cette période, on suspendit les mesures de restitution au pape de ses archives, et on éloigna de Paris les archivistes du Vatican (Gaetano Marini mourra à Paris peu de temps après et Marino Marini partit pour l'Italie), alors que les documents subissaient de graves dommages et violations.

L’épopée napoléonienne définitivement passée, Pie VII, le 12 août 1815, donna l’ordre à Marino Marini de retourner à Paris et de reprendre la préparation de l’expédition des archives pour le Vatican. Marini reprit effectivement ce travail le 3 septembre 1815, et déjà en octobre suivant, les premiers convois pouvaient partir, sur lesquels étaient chargés d’innombrables caisses contenant les documents dont, à Rome, on présageait de la nécessité. Dans ces voyages de retour du matériel archivistique se reproduisirent les dommages encourus à l’aller, en particulier la perte de chariots entiers (au Piémont, par exemple, la traversée du fleuve Taro manqua de causer la perte de chariots avec l’ensemble de leur précieux chargement).

Le 23 décembre 1815, Mgr Marini rentrait à Rome et pouvait remettre au pape la première partie de la documentation soustraite par Napoléon. C’est à ce moment qu’il fut demandé au comte Ginnasi (qui se préoccupait peu, en réalité, de sa tâche) de récupérer la partie des Archives Vaticanes encore sur le sol français, et de la réexpédier à Rome. Les agents chargés du transport conseillèrent à la Secrétairerie d’Etat de transmettre ces dispositions aux chargés d’affaires à Paris afin de gagner du temps, et le cardinal Secrétaire d’Etat lui-même, Ercole Consalvi, décida que les «papiers inutiles, qui peuvent être jetés aux flammes» seraient ainsi détruits sur place.

Le comte Ginnasi s’exécuta si bien que lorsqu’il revint à Rome, il avait brûlé des centaines (sinon des milliers) d’unités, tandis que d’autres milliers avaient été vendues comme papier à des charcutiers parisiens, si bien que beaucoup de séries d’archives vaticanes furent mutilées et d’autres disparurent pour toujours.

Entre juillet 1816 et mars 1817, on envoya à Rome plusieurs convois, et le matériel Vatican retrouva progressivement son siège (avec les pertes mentionnées) les années suivantes. Le désordre avec lequel furent préparées les caisses pour l’expédition des documents fut tel qu’à leur arrivée au Vatican, plusieurs séries des différentes archives de la Curie furent confondues avec d’autres et ainsi rangées dans des endroits complètement incongrus (les unités des archives du Saint-Office, par exemple, passèrent à la Bibliothèque Vaticane, et aux archives Secrètes Vaticanes; des pièces documentaires des Archives Vaticanes, au contraire, finirent à la Bibliothèque Vaticane ou ailleurs). Avec le temps, on eut raison de ces déplacements illogiques, et quelques séries, au moins virtuellement (sur les inventaires) furent recomposées. Cependant, le corpus des Archives Vaticanes porte encore les blessures du funeste transfert à Paris.

Mais comment tout cela a-t-il pu arriver ?

Cela aurait dû être une union bénie des cieux. L'une des premières décisions du Premier Consul Bonaparte avait été de rétablir la religion catholique en France après les années d'athéisme de la Révolution française. Pie VII, un pape quelque peu progressiste, avait vu dans le Concordat signé en juillet 1801 le présage d'un grand retour du catholicisme. Mais les Articles organiques (qui ne furent pas discutés au cours des négociations, mais ajoutés plus tard sans que Pie VII en prit connaissance) laissèrent à la Curie le sentiment d'avoir été dupée. Le sacre en 1804 apparut à Pie VII comme une nouvelle chance de relancer les relations, on lui avait fait miroiter une amélioration des relations. Mais Pie VII se retrouva à négocier dans le vide et dut rentrer à Rome sans avoir obtenu de réponses à ses attentes. A partir de là, les relations franco-vaticanes commencèrent, lentement, à se détériorer…

En 1805, Pie VII fut profondément exaspéré par l'entrée de troupes françaises sur le territoire papal. Lors de leur retraite de Calabre, les hommes de Gouvion Saint-Cyr furent envoyés occuper Ancône, un port stratégique sur la côte est de l'Italie, avec pour mission de prévenir tout débarquement anglais pendant la campagne d'Austerlitz. Le 13 novembre 1805, Pie VII (certainement au courant de l'issue de la bataille d'Ulm, et peut-être également de celle de Trafalgar) entreprit d'écrire une lettre de remontrance à Napoléon, lettre dans laquelle il demandait le retrait des troupes françaises d'Ancône, et déplorait le manque de réciprocité de Napoléon aux gages de bonne volonté que la Papauté avait montrés jusqu'alors, menaçant même de rompre les relations avec la France.

Napoléon ne répondit pas aussitôt. Il est vrai qu'il était en pleins préparatifs de la bataille d'Austerlitz. Il écrivit au pape depuis Munich, le 7 janvier 1806, en position de force après le traité de Presbourg. Il y exprimait sa colère face à l'entente entre le Vatican l'Angleterre et la Russie, permettant aux agents de ces deux derniers pays d'opérer librement dans les Etats pontificaux. Il considérait la lettre du pape comme un coup déloyal. Il déplorait que le pape put croire que l'Empire était perdu (Napoléon suspectait Pie VII d'être au courant de la déroute navale française à Trafalgar) Admonestait le Souverain pontife pour son attitude envers la France, et clamait, à l'inverse, son attachement moral et religieux en tant que « fils aîné de l'Eglise ».

L'Empereur des Français écrivit également au cardinal Fesch, le même jour, avoir reçu du pape la lettre « la plus ridicule, la plus insensée… », Et encourageait son oncle et ambassadeur à Rome à le faire savoir au Vatican. Cette escalade des tensions diplomatiques encouragea le pape à écrire une lettre proposant un début de réconciliation, le 29 janvier, mais sans pour autant céder sur le retrait des troupes françaises d'Ancône. Il alla jusqu'à demander que la France rende Venise. La fermeté papale provoqua une réponse tout aussi intransigeante de Napoléon, le 13 février suivant.

Il écrivit au pape, dans des termes sans équivoque, que si ce dernier était bien le chef spirituel de l'Eglise, il revenait à l'Empereur de traiter les questions politiques, notamment celles relatives à l'Italie. Dans une remarque (dont la première phrase fut censurée par la commission historique qui édita la correspondance sous le Second Empire, et rétablie dans l'édition de la Fondation Napoléon), Napoléon séparait clairement les domaines spirituels et religieux :

« Votre Sainteté est souveraine de Rome, ses relations sont avec moi les mêmes que celles de ses prédécesseurs avec Charlemagne. Elle est souveraine de Rome mais j'en suis l'Empereur. » Il exhortait le pape à cesser ses relations avec les Anglais « hérétiques », et les Russes « hors de l'Eglise », de mauvais alliés qui ne pourraient guère protéger le Saint Siège. Il réclamait également l'expulsion de tout agent sarde, britannique, russe ou suédois présent sur les territoires du pape. Comme il l'avait fait un mois plus tôt, Napoléon Ier envoya le lendemain une lettre parallèle à son ambassadeur, le cardinal Fesch, dans laquelle il menaçait le Vatican :

« Dites que j'ai les yeux ouverts ; que je ne suis trompé qu'autant que je le veux bien ; que je suis Charlemagne, l'épée de l'Eglise et leur empereur ; que je dois être traité de même ; […] Je fais connaître au pape mes intentions en peu de mots. S'il n'y répond pas, je le réduirai à la même condition que ses prédécesseurs avant Charlemagne. ».

Le 21 mars, le pape répondait avec sérénité, « avec franchise », que le Saint Siège ne reconnaissait et n'avait jamais reconnu, dans ses Etats, aucune puissance supérieure à la sienne, et qu'aucun empereur n'avait eu des droits sur Rome. L'institution du catéchisme impérial, ce même mois de mars, ne fit rien pour améliorer les relations franco-vaticanes. Elles étaient dans l'impasse. Cependant Napoléon était conscient du rôle que l'Eglise catholique jouait dans les affaires intérieures. Le conflit s'amplifia les deux années suivantes, comme Napoléon occupait progressivement les Etats pontificaux. La pression sur Pie VII s'accentua, et au début de 1808 il était forcé de réagir. Mais sans moyen véritable, il continua de pratiquer la politique de l'inertie, refusant l'investiture à de nouveaux évêques nommés par Napoléon.

Irrité par cette tactique de blocage, Napoléon, de son côté, décida un coup de force. Le 2 février 1808, Rome était occupée par les troupes françaises, puis le 2 avril les territoires d'Urbino, Ancône, Macerata et Camerino, réunis au royaume d'Italie. Et finalement, l'année suivante, (le 17 mai 1809), Napoléon réunissait les Etats pontificaux à l'Empire, annexant ainsi Rome. Avec la perte de ses territoires, tout ce qui restait au Souverain pontife était l'autorité spirituelle et ses palais, le Quirinal, dans lequel il se retrancha. La protestation pontificale prit alors la forme extrême de l'excommunication et de l'anathème. Mais elle demeura timide.

La bulle Qum memoranda, prise dans la nuit du 10 au 11 juin 1809, excommuniait tous ceux qui avaient « donné l'ordre, tous les fauteurs, conseillers ou adhérents, tous ceux enfin qui avaient facilité l'exécution » de la violation de la souveraineté politique du Saint Siège, mais le nom de Napoléon n'était clairement cité à aucun endroit du texte.

Apprenant le contenu de la bulle pontificale, Napoléon écrivit à Murat une lettre pleine de colère, le 19 juin : « Si le Pape prêche la révolte on doit l'arrêter. » Puis il écrivit à Miollis et une nouvelle fois encore à Murat. Dans la première lettre, il ordonnait au gouverneur militaire de la ville d'arrêter tous ceux qui contreviendraient aux lois et à l'ordre public, même s'ils faisaient partie de la maison du pape.

Dans la seconde lettre à Murat, il déclarait que le pape était fou et devait être enfermé, il donnait l'ordre d'arrêter « le cardinal Pacca et autres adhérents du pape » et de se montrer ferme à l'égard du pape, « Si le pape, contre l'esprit de son état et de l'Evangile, prêche la révolte et veut se servir de l'immunité de sa maison pour faire imprimer des circulaires, on doit l'arrêter ».

Ces propos étaient violents, mais nul ordre explicite de se saisir du Saint Père n'y figurait. C'est pourtant ce qui en résulta…

Dans la nuit du 5 au 6 juillet 1809, le général Radet, à la tête de quelques hommes, entra dans le Vatican pour arrêter le cardinal Pacca, et dans le même mouvement, le Saint Père.

L'enlèvement de Pie VII…

Les hommes de Radet s'équipèrent de cordes et d'échelles, se firent accompagner de serruriers et d'un ancien serviteur du pape afin qu'il les aida à se diriger dans le labyrinthe du palais du Vatican. Une fois que le pape eut éteint la lumière dans sa chambre et se fut couché, vers deux heures de la nuit, le garde se retira et les forces françaises entrèrent en action. Le moins que l'on puisse dire fut que l'affaire ne fut pas menée avec une grande discrétion. Les hommes de Radet firent beaucoup de bruit en utilisant les échelles, alertant le garde et ruinant tout effet de surprise. Un bref moment de confusion s'ensuivit.

Un serviteur du pape sonna l'alarme, un groupe de soldats qui étaient passés par une fenêtre fit entrer le reste des forces françaises dans le palais, la Garde suisse du pape rendit les armes et les soldats commencèrent à prendre place dans le palais. Après un long moment, le pape quitta son lit et passa dans la salle des audiences publiques, accompagné des cardinaux Pacca et Despuig. Radet les y trouva en train de prier, et après quelques échanges avec le pape, lui demanda ainsi qu'au cardinal Pacca de le suivre.

Lorsqu'il raconta, plus tard, ce qu'il avait ressenti en arrêtant le pape, Radet expliqua qu'il fut très pris par l'action, jusqu'à ce que ses yeux se posent sur le Saint Père. « Dès ce moment », dit-il, ma première communion m'est apparue ». Lorsqu'il apprit l'affaire, le 18 juillet, Napoléon fut fort embarrassé. Dans une lettre à Fouché, il considéra cette arrestation comme une « grande folie ». Mais le mal était fait, et Napoléon ne s'en retrouvait pas si malheureux, dans la perspective de pouvoir rendre sa liberté au Souverain pontife. Le Saint Père fut maintenu en captivité d'abord à Savone jusqu'en 1812, puis à Fontainebleau jusqu'en 1814. Dans ce conflit d'autorité entre Napoléon et Pie VII, qui fut marqué par cette excommunication et cet enlèvement, ce fut bien le Souverain pontife qui finalement triompha…

Mais, l’empereur Napoléon Bonaparte 1er avait fait main basse sur les ‘’ Archives Secrètes Vaticanes ‘’ et durant quatre années, il put les consulter, et en conserver sans doute certaines, et de ce fait fut mis au courant des plus grands secrets de l’église… Les anglais qui le gardèrent prisonnier après la chute de l’empire, le restant de sa vie à Sainte Hélène, espéraient découvrir certains de ses secrets, ainsi que le fabuleux trésor ‘’ trésor de Napoléon ‘’… mais ils ne découvrirent rien de rien.

Aujourd’hui avec plusieurs millions de documents et 85 km de rayonnage, les Archives Secrètes Vaticanes ASV, recélent, et conservent toujours leurs mystères. Depuis 1881 pourtant, les Archives Secrètes Vaticanes sont ouvertes au public et Le Vatican prétend encourager les universitaires à venir consulter sa collection. Environ 1500 cartes de lecteurs sont octroyées chaque année.

L'accès du public est toutefois restreint aux pièces de collection allant jusqu'à l'époque de Pie XI, c'est à dire jusqu'en 1939. En dépit de la campagne menée par certains historiens et associations juives, les documents concernant Pie XII ne seront pas accessibles avant 2014 ! Le cardinal Raffaele Farina, l'archiviste de la Sainte Église romaine, prétend que la raison de ce délai est purement technique. Selon eux, il y aurait encore des milliers de documents à cataloguer et à classer avant d'en autoriser la consultation… Depuis l’époque apostolique, les papes ont pris le soin de conserver les textes qui découlaient de leur activité. L’ensemble de ces textes était conservé dans le scrinium Sanctae Romanae Ecclesia, qui, de fait, suivait les papes dans leurs diverses résidences.

Toutefois, suite à la fragilité des papyrus (généralement utilisés dans l'administration pontificale jusqu'au XIe siècle), aux déménagements ainsi qu'aux vicissitudes politiques, presque toutes les archives antérieures à Innocent III (1160-1216), ont été perdues.

La collection couvre aujourd'hui une période continue de plus de huit cent ans de l'histoire de la papauté et de ses relations avec les princes ou les hérétiques.

Bien que le Vatican affirme qu'aucun document n'a été délibérément mis au secret, il arrive de temps en temps que les chercheurs exhument des textes oubliés et fassent des découvertes inespérées. En 2001, par exemple, l'historienne italienne Barbara Frale a retrouvé un document appelé Parchemin de Chinon voir le doc, dont des extraits étaient connus de longue date des spécialistes.

Ce texte tend à prouver qu’en 1308, le pape Clément V a secrètement absous le dernier maître des Templiers, Jacques de Molay, et les autres responsables de l’Ordre du Temple, des péchés que l'Inquisition médiévale leur avait reproché. En 2007, le Vatican publie une édition limitée du Parchemin de Chinon sous le titre Processus contra Templarios ou Le procès contre les Templiers. Combien de secrets sont ainsi précieusement conservé, et combien ont-ils été découvert par Napoléon et par d’autres suite aux pertes pendant les transports aller/retour Rome - Paris ? Nul ne le sait…

On comprend mieux la chute rapide de l’empire Napoléonien ensuite.

De nos jours, le Saint-Siège est représenté par ses propres bureaux diplomatiques dans presque tous les pays du monde. Les représentations pontificales sont tenues de verser régulièrement leurs archives aux Archives Secrètes Vaticanes.

En 2008, une association, affirmant représenter les descendants du célèbre ordre des moines-soldats (Templiers), demande à Benoît XVI de reconnaître la spoliation dont ont été victimes leurs ancêtres Près de 700 ans après les faits, l'Eglise catholique va devoir s'expliquer sur le massacre et la spoliation d'un de ses ordres les plus célèbres : les Templiers. Le Telegraph rapporte en effet que l'Association de l'Ordre souverain du Temple du Christ, dont les membres affirment être des descendants des Templiers, ont déposé une plainte en Espagne contre Benoît XVI, afin d'obtenir la reconnaissance de la spoliation de leurs biens, évalués à 100 millions de millions d'euros.

En 1307, le pape Clément V avait ordonné la dissolution de l'Ordre des Templiers et le Vatican avait ainsi récupéré plus de 9.000 terres appartenant aux moines guerriers. L'ordre, fondé en 1129 pour protéger les pèlerins se rendant à Jérusalem, avaient de plus amassé une énorme fortune destinée à financer la guerre sainte.

Devenus un peu trop encombrants, les Templiers avaient été victimes d'une véritable chasse aux sorcières et nombre d'entre eux ont été contraints de confesser leurs crimes sous la torture avant d'être brûlés vifs. Les templiers espagnols exigent la restauration de leur ordre, qui a été victime d'un complot au 14e siècle entre le roi Philippe le Bel et le pape Clément V qui a dissout l'ordre le 22 mars 1312 à la suite d'un procès en hérésie. Le dernier maître de l'Ordre des Templiers, Jacques de Molay, est mort sur le bûcher. Depuis lors, l'ordre a été interdit. La plainte déposée par les templiers espagnols est actuellement entre les mains de la cour espagnole de Cassation. Un tribunal inférieur a refusé de traiter l'affaire précédemment, considérant ne pas disposer de la compétence nécessaire pour juger des affaires qui se sont déroulées il y a 700 ans.

Le Vatican a publié le 25 octobre 2007 le "Processus contra Templarios" concernant le déclin de l'ordre des chevaliers médiéval. La publication se base sur le parchemin de Chinon, qui a été retrouvé il y a six ans dans les Archives secrètes vaticanes. Ce document indiquerait que le pape a agi sous la pression politique du roi français Philippe IV Le Bel. L'Ordre des Templiers a été fondé en 1118 par le chevalier français Hugues de Payns afin de protéger les pèlerins en route vers la Terre sainte. La particularité de l'Ordre du Temple était d'être à la fois religieuse et militaire. La règle de l'ordre a été écrite par Saint Bernard de Clairvaux

Mais revenons un instant sur l’empereur des francais, qui prépara également, dans le plus grand secret, l’expédition d’Egypte… Avec des moyens exceptionnels pour l’époque, soit 350 navires transportant environ 38.000 soldats, auxquels s’ajoutaient 167 savants. L’armada s’empara d’abord de Malte, avant de débarquer en Egypte après avoir joué au plus fin avec la flotte de l’amiral Nelson. Le début de la conquête fut une promenade militaire. La suite, par contre, sera plus laborieuse.

En août 1798 à Aboukir, Nelson envoya par le fond la plus grande partie de la flotte française, tandis que les Ottomans entamèrent une contre-offensive. Pendant ce temps, Napoléon, en organisateur rigoureux, entreprit de moderniser l’Egypte. Il créa des institutions devant favoriser le commerce et installa une administration des finances. Mais lorsqu’en France, le Directoire tomba, Napoléon, flairant que son heure était venue, rentra en toute hâte, abandonnant l’armée d’Orient, sous la direction de Kléber. En 1801, les Français furent contraints à la capitulation. L’expédition d’Egypte se soldait par un échec.

Mais était-ce réellement un échec… ?

«Soldats, du haut de ces pyramides, quarante siècles vous contemplent.» Cette harangue bien connue de Napoléon illustre sa fascination pour le faste de l'Égypte antique.

Les vestiges de cette civilisation sont d'une richesse prodigieuse. Des temples aux statues colossales, des personnages aux têtes d'animaux, des œuvres d'un grand raffinement. Et partout, sur les murs et sur les monuments, une écriture étrange, dont les caractères sont empruntés aux éléments de la vie quotidienne : parties du corps, animaux, ustensiles. Une écriture indéchiffrable. Cette écriture est restée vivante pendant plus de 3000 ans, sous le règne de près de 200 pharaons, des rois à qui on attribuait des pouvoirs divins. Mais au 4e siècle après Jésus-Christ, on ferme les temples, on interdit le culte des dieux millénaires, comme Rê, Isis et Osiris. Les chrétiens dominent maintenant l'Égypte. Désormais, plus personne n'écrit en hiéroglyphes. Le secret de cette écriture se perd.

Pendant plus de 1000 ans, le sable du désert ensevelira les restes d'une civilisation somptueuse. En 1798. Le jeune général Napoléon Bonaparte s'en va coloniser l'Égypte. L'objectif est d'accroître la sphère d'influence de la France, aux dépens de l'Angleterre. À 29 ans, il est à la tête de plus de 50 000 hommes.

Au moment du départ, les militaires ont la surprise de voir embarquer de nombreux civils. Précisément 167. Ce sont des scientifiques de compétences diverses : des mathématiciens, des cartographes, des zoologistes, des archéologues. Napoléon les a recrutés pour le conseiller sur la bonne marche des opérations militaires, mais surtout pour entreprendre l'étude scientifique de l'Égypte ancienne et moderne. Cette initiative du général va révolutionner l'égyptologie. À l'époque, l'Égypte est à la mode. Des collectionneurs d'antiquités la vident de ses trésors pour en remplir les musées. Mais l'essentiel de la civilisation égyptienne échappe à la compréhension. Car même les grands savants qui accompagnent Napoléon sont analphabètes face à l'écriture égyptienne.

Au cœur de la campagne d'Égypte, à l'été 1799, une découverte imprévue va enfin permettre de comprendre cette civilisation oubliée. Dans la petite ville de Rosette, à l'embouchure du Nil, un ingénieur met au jour une stèle en granit. Toute noire, elle n'a pourtant rien de spectaculaire.

Dès le premier coup d'œil, on remarque les caractères de trois écritures différentes : les hiéroglyphes, une écriture indéfinissable, et enfin, l'écriture grecque, qui donnera la clé de l'énigme.Les savants de l'expédition entreprennent de déchiffrer le texte grec. C'est un décret du jeune pharaon d'origine grecque Ptolémée V, qui veut assurer son pouvoir.

Extraits du texte de la pierre :

‘’ Il est un dieu fils de dieu et de déesse, quelqu'un dont le cœur est bénéfique envers les dieux, quelqu'un qui a donné toutes sortes de bonnes choses pour faire qu'advînt la paix en Égypte, quelqu'un qui a aussi donné des récompenses à l'armée entière. Taxes et impôts qui avaient cours en Égypte, il les a éliminés ou supprimés. Les dieux lui donnèrent en échange de cela force, victoire, vaillance, prospérité, santé et tous les autres bienfaits… ‘’

La traduction du texte grec révèle que les trois inscriptions correspondent à trois versions du même texte.

" Qu'on inscrive ce décret sur une stèle de pierre dure en écriture sacrée, en écriture documentaire et en écriture grecque et qu'on la fasse dresser dans les temples."

Un texte, trois écritures. Tous les éléments sont en place pour enfin élucider le mystère des hiéroglyphes. On s'empresse de faire des copies de la pierre de Rosette, pour faciliter le travail des scientifiques. Le véritable butin de la campagne d'Égypte a été scientifique. Par leurs dessins et leurs récits, les savants qui accompagnaient Napoléon ont révélé le nombre et la grandeur des monuments antiques de l'Égypte. Et sans le déchiffrement des hiéroglyphes, grâce à la pierre de Rosette, la civilisation égyptienne n'aurait jamais pu être ‘’ comprise ‘’.

Napoléon était un militaire de génie. À son retour d'Égypte, il veut aller encore plus loin. Il dirige un coup d'État qui le propulse à la tête de la France. Peu à peu, il s'empare de tous les leviers du pouvoir, entreprend de conquérir l'Europe et se sacre lui-même empereur.

Peut-on imaginer que le séjour de Napoléon au pays des pharaons y soit pour quelque chose ?

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