Corée du Nord : Est-ce vraiment une bombe H?

Publié le par Bernard Gasnot

Mercredi matin, la Corée du Nord prétendait avoir réussi son premier essai de bombe H. Du coup, elle se targuait d’avoir rejoint « les rangs des États nucléaires avancés ». L’acquisition d’une bombe H opérationnelle représenterait en effet une énorme avancée pour Pyongyang, mais les spécialistes doutent que l’explosion de cette semaine soit véritablement celle d’une bombe H.

Plusieurs indices portent à croire que les prétentions de la Corée du Nord sont infondées. La magnitude et la signature du séisme engendré par l’explosion survenue dans un complexe souterrain niché dans une vallée encaissée bordée de hautes montagnes à Punggye-ri, et détecté en Corée du Sud ainsi qu’en Chine, indiquent en effet que le régime de Kim Jong-un n’a pas fait éclater une bombe H ou thermonucléaire, mais plutôt une bombe atomique conventionnelle, résultant d’une fission nucléaire, ou tout au plus une « bombe à fission dopée ».

Une bombe atomique conventionnelle, ou bombe A, fait appel à la technique de fission qui consiste d’abord à casser le noyau d’un atome en le bombardant à l’aide d’un neutron. Cette fission nucléaire induit la production de radiations et de nouveaux neutrons, qui à leur tour font éclater d’autres atomes provenant de matières instables, comme l’uranium et le plutonium, induisant ainsi une réaction en chaîne qui libère une énergie considérable. La bombe atomique que les Américains ont larguée sur Hiroshima le 6 août 1945 était à l’uranium 235, tandis que celle qui a explosé sur Nagasaki deux jours plus tard était au plutonium 239.

Une bombe à hydrogène, ou bombe thermonucléaire, repose quant à elle sur la technologie de fusion qui vise à réunir des noyaux d’atomes, en l’occurrence des noyaux d’hydrogène, comme cela se produit au coeur des étoiles. Et comme la fusion nucléaire requiert beaucoup d’énergie, on provoque d’abord une petite réaction de fission qui permet d’en produire une quantité suffisante.

Les bombes H seraient au moins 1000 fois plus puissantes que les bombes A. Les deux plus grosses bombes H ayant été testées à ce jour sont Castle Bravo en 1954 — mise au point par les États-Unis —, qui était dotée d’une puissance de 15 000 kilotonnes ou 15 mégatonnes (une kilotonne correspondant à 1000 tonnes de TNT), et Tsar Bomba, en 1961, développée par l’Union soviétique et dont la puissance est estimée à 57 mégatonnes, soit l’équivalent de 3800 bombes de type Hiroshima.

Une bombe dopée

Une bombe atomique dite dopée, comme celle que les Nord-Coréens ont vraisemblablement expérimentée cette semaine, n’est pas considérée comme une arme thermonucléaire, et sa puissance destructive n’a rien à voir avec celle d’une bombe H. Elle fonctionne sur le même principe de fission que la bombe A. Sauf qu’on ajoute une petite quantité de tritium, un isotope radioactif de l’hydrogène, dans le coeur de la bombe, ce qui contribue à accroître la puissance de l’explosion.

Les États-Unis ont été les premiers à tester ce procédé en 1951 avec la bombe Item, qui était d’une puissance de 46 kilotonnes, alors que celle d’Hiroshima était de 15 kilotonnes, et celle de Nagasaki, de 17 kilotonnes. Puis, c’est en 1953 que l’Union soviétique a fait l’essai de Joe 4, une bombe atomique dopée de 400 kilotonnes.

Le fait que la bombe H comporte une fission nucléaire comme amorce la rend beaucoup plus complexe à produire que la bombe A. Seuls cinq pays possèdent officiellement cette arme thermonucléaire : les États-Unis, la Russie, le Royaume-Uni, la Chine et la France. Quatre autres pays, que l’on sait en possession de bombes atomiques conventionnelles, prétendent avoir réussi à mettre au point une bombe H, mais de telles revendications de la part de l’Inde, du Pakistan, d’Israël et de la Corée du Nord n’ont jamais été confirmées.

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