COMMENT LE POGNON A VRAIMENT POURRI LE MONDE DU BALLON ROND

Publié le par Bernard Gasnot

A l’heure où le PSG est sacré champion de France, il convient de s’interroger : qu’est devenu le football ? Sport ouvrier n’a plus cours il etait devenu méprisé par l’intelligentsia et les élites, depuis la fin des années 1990,maintenant il est le sport préféré des milliardaires et du peuple il est devenu « opium du peuple », une drogue Un anesthésiant de masses populaires (des « supportaires» évidemment) pas très éveillées, tout juste bonnes à crier et lever les bras à chaque rencontre entre un ballon en cuir et un filet. C’était notamment la thèse de quelques sociologues Non que l’exaltation sur commande de foules enfermées dans une enceinte n’ait pas un aspect terrifiant.

Certains historiens et sociologues définirons même le foot comme « la religion laïque du prolétariat et des masses populaires Le football mondial devient un village et l’emprise de la logique capitaliste sur le sport ne fera que grandir

Certains clubs sont cotés en bourse, les joueurs deviennent des mercenaires, se vendant toujours au plus offrant, n’appartenant même pas toujours à leur club employeur mais à des sociétés chargées de la gestion de leur image et de leurs contrats, sorte de sociétés de leasing pour sportifs de haut niveau. Le football devient alors un investissement stratégique, un élément d’affichage d’une puissance financière, recherché par les milliardaires, les fonds d’investissement

Pendant très longtemps les élites culturelles ont porté sur ce sport un regard méprisant qu’elles réservaient à toutes les autres passions populaires. Cependant, au fur et à mesure que l’intégration accélérée du football professionnel dans l’économie capitaliste produisait ses premiers effets visibles, le regard des élites a commencé à changer. A partir du moment, en effet, où les stars du football professionnel devenaient des « people » incontournables, fréquentant des top models, posant dans les publicités et disposant de revenus aussi indécents que ceux des grands prédateurs du marché mondial, le monde artistique et intellectuel devait forcément finir par les considérer d’un autre œil »

La sortie de l’escroc Michel Platini, président de l’UEFA qui demandait récemment au bas peuple brésilien de faire la trêve des luttes sociales pendant la Coupe du Monde en dit sans doute long sur la rupture entre le foot et les masses populaires. Il n’est guère d’endroit dans le monde où le football est autant célébré qu’au Brésil. Mais, pour accueillir la Coupe du monde, il a fallu payer des routes, bâtir des hôtels, augmenter les impôts, tailler dans les autres dépenses, de santé, d’éducation et surtout construire des stades confortables auxquels la plupart des Brésiliens n’auront pas accès compte tenu du prix des places. Pour calmer les esprits, on propose aux enfants des favelas de visiter les stades, à vide… La belle affaire honteuse.

C’est que le stade de football n’est aujourd’hui plus un lieu de brassage social, mais un entre-soi. A Paris, l’entrée du carré VIP est autant un spectacle que le match de foot, l’équivalent des marches du Festival de Cannes. On vient regarder l’entrée en tribune de Bruel, Sarkozy, Arthur ou Nagui. Et le foot ne suscite plus le rire moqueur des VIP de la planète. Au contraire le « Carré » du PSG est désormais the place to be, l’endroit où il faut être et être vu. C’est le show-biz qui s’affiche aux côtés du sportif transpirant à la sortie du terrain. A Paris, tout politique ou people qui se respecte doit adopter la « Qatar attitude » les soirs de match. Une place en loge « first » se monnaye jusqu’à 12 000 euros pour une saison. Impossible d’en être autrement que sur invitation. Un lieu de business et de relations publiques : « un lieu mondain où il faut se montrer et être vu », « Un endroit extraordinaire pour faire la connaissance des cercles de pouvoir français ».

L’individualisme dans le milieu du foot est déjà constatée « il serait absurde d’essayer de jouer au football tout seul ».

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