85% des tampons hygiéniques contaminés par le Roundup

Publié le par Bernard Gasnot

C’est le dernier scandale industriel en date et pas des moindres : le coton utilisé dans les produits d’hygiène intime contient des traces de glyphosate, principal ingrédient du Roundup, le fameux pesticide de Monsanto. En Argentine, 85% des tampons et serviettes seraient concernés, dévoile une étude universitaire.

Classé « cancérigène probable » par l’OMS en 2015, le glyphosate est désormais particulièrement surveillé. Une étude menée par des scientifiques de l’Université de la Plata, en Argentine, vient de révéler la présence de ce puissant pesticide dans un endroit improbable, directement au contact du corps humain : les produits d’hygiène intime. Tampons, serviettes hygiéniques, jusqu’aux compresses et autres produits d’hygiène à base de coton sont ainsi susceptibles de contenir des traces du fameux composé du Roundup.

Pas moins de 85% de l’échantillon testé par les chercheurs argentins, produits achetés en magasin et pharmacie, contiendraient des traces de ce glyphosate. Un chiffre qui interpelle, directement lié à la culture de coton génétiquement modifié largement utilisé dans la production d’Argentine. En effet, le coton OGM « Roundup Ready » s’utilise en parallèle du Roundup, le pesticide ultra-puissant pour lequel la plante est modifiée génétiquement. Le glyphosate s’insinuerait ainsi dans le coton jusqu’au produit manufacturé.

Le Dr. Damian Marino, responsable de l’étude et membre du Socio-Environmental Interaction Multidisciplinary Space (EMISA), explique au Télam News Agency que dans le cas des bandes de coton stériles, généralement utilisées en médecine pour prodiguer les soins, ce sont 100% des échantillons qui étaient contaminés. En matière de concentrations, on parle de 13 à 17 µg, précisent les chercheurs.

Difficile d’estimer à ce stade le niveau de dangerosité d’une substance déjà présente à divers niveaux dans certains aliments. L’effet cocktail n’a jamais véritablement été étudié en raison de son extrême complexité. Laurent Chevallier, chef de l’unité de médecine environnementale du CHU de Montpellier, estime qu’une exposition répétée au glyphosate peut entraîner des perturbations du métabolisme, bien que ce pesticide ne s’accumulerait pas dans l’organisme. Pour le cas de la France, il n’existe toujours pas de règle obligeant les fabricants à préciser les éléments présents dans les tampons ou les serviettes hygiéniques. Impossible donc de savoir si ce glyphosate s’y trouve également sans tester un échantillon proprement européen.

Ces nouvelles données risquent d’offrir un argument supplémentaire aux promoteurs de la « coupe menstruelle » voulue écologique car réutilisable. Une chose est certaine, pour des produits dont la caractéristique principale est leur stérilité, porter des traces d’un élément cancérigène probable n’est pas de très bon goût. Une nouvelle fois, il semblerait que ce soit au consommateur de prendre un risque et d’en assumer seul les conséquences à long terme, en attendant une éventuelle réaction des pouvoirs publics. Faudra-t-il attendre trente ans pour exiger plus de transparence ?

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