Quelques leçons de l’histoire en marche…

Publié le par Bernard Gasnot

Quelques leçons de l’histoire en marche…

Ce Lundi matin, la France se réveille tripartite...

Néanmoins, l’abstention reste le premier parti de France, et cela malgré la mise en scène du terrorisme comme nouvel arrière-plan permanent de la crise...

Incapable de surmonter sa crise chronique, le système capitaliste se devait d’engendrer une alternative populiste pour endiguer le mécontentement populaire.

Incapable d’étouffer les aspirations à l’indépendance des peuples de son ex-empire colonial et actuelle zone d’influence néo-coloniale, l’impérialisme français a contribué à la genèse des monstres terroristes qu’il prétend aujourd’hui combattre, avec la troublante inefficacité que chacun a pu constater...

Cette double stratégie mène à l’impasse où l’alternative populiste devient incontournable pour ceux-là même qui pensaient simplement la manipuler.

Tout comme les groupes terroristes, supposés "rebelles démocratiques" au service de l’Occident (hollande, Obama, Merkel, Benyamin Netanyahou et surtout Bruxelles) servent maintenant de pions mortifères pour les règlements de compte internationaux, en prenant les populations civiles en otage.

Ainsi la crise française s’inscrit dans un monde en crise qui s’enfonce inexorablement dans la guerre.

Inexorablement, parce que, à l’échelle mondiale, il n’y a pas plus d’issue à la crise systémique dans laquelle le capitalisme est entré depuis plusieurs décennies.
Pour tenter de ralentir la décomposition de sa domination, l’impérialisme EU ne peut que pousser tous les feux de la guerre partout sur la planète, y compris en Europe, pour tenter de ralentir le drainage des capitaux vers le nouveau pôle où ils s’accumulent déjà depuis des années, la Chin
e.

Alors que là aussi, ce sont les EU qui ont amorcé le mouvement, avec la collaboration de Mao, contre l’Union Soviétique, au début des années 70, au siècle dernier...

La crise du capitalisme n’aura pas d’issue, même provisoire, sans un réajustement brutal du rapport de force entre ces deux pôles capitalistes/impérialistes et cela s’appelle une troisième guerre mondiale, dont les peuples du monde sortiront tous ravagés. Y compris le peuple de France, évidemment.

La violence actuelle n’est qu’un signe précurseur, un avant-goût de mort et de sang de la voie sur laquelle nous mène l’impérialisme dans ses tentatives de survie.

C’est là la réalité fondamentale qui doit guider nos choix et nos options politiques.

La Russie semble être à l’initiative d’une forme de résistance, mais cela traduit précisément le fait qu’elle est-elle même la véritable ligne de front entre les deux pôles dominants du capitalisme. Elle l’est, tant par sa situation géostratégique que par ses ressources potentielles, mais aussi par son incapacité à se poser elle-même en pôle drainant suffisamment de capitaux pour dicter sa loi par des moyens plus discrets...

Prise entre ces pôles et ces feux, la bourgeoisie française ne peut que chercher la meilleure place pour elle-même sur cette ligne de front, et non la paix, dans laquelle elle n’a plus aucun intérêt, alors que son économie civile voit ses débouchés se réduire chaque jour...Le tripartisme, quel qu’en soit le vainqueur, est la solution idéale pour mener le peuple à son propre abattoir, que ce soit sur le plan social où sur le plan guerrier.

Ce sera, sur le thème de l’union nationale", une course en sac entre ces trois larrons, avec, au fond de leur sac, le même lot de misère et de mort.

Ceux qui parlent de paix et d’alternative au capitalisme doivent bien analyser la situation, s’ils ne veulent pas parler, une fois de plus, avec des cadavres dans la bouche.Ceux qui, en toute connaissance de cause, ont pactisé, sous une forme ou sous une autre, avec des variantes, mais depuis des années, avec la sociale-démocratie, se sont disqualifiés.

Et pourtant, certains s’apprêtent manifestement à continuer au nom de l’"union de la gauche".

Ceux qui se sont laissé abuser par ces illusionnistes doivent se réveiller et passer à autre chose : la construction d’un pôle qui pose clairement la nécessité d’une alternative au capitalisme en terme de socialisme prolétarien et non de vague critique sans perspective visible, ni même d’alternative "de transition" déguisant une nouvelle collaboration de classe "républicaine" ou "nationale".

Il ne s’agit pas pour autant de se focaliser sur une stratégie "gauchiste" ou dogmatique, qui nierait la nécessité des revendications sociales immédiates ou même "intermédiaires", mais au contraire de leur donner tout leur sens, en leur donnant comme perspective un cadre social où elles pourront pleinement se réaliser.

Actuellement l’échec de la prétendue "gauche anticapitaliste" vient du manque total de crédibilité de ses revendications dans le cadre de la "gauche de la gauche" comprise comme force satellite et/ou parasite de la sociale-démocratie.

L’ancienne "crédibilité", au demeurant tout à fait illusoire, du PCF, venait de la force que représentait l’URSS, en dépit du double jeu déjà ancien de cette relation.

Cette "crédibilité", déjà laminée par l’"union de la gauche", première version, s’est définitivement effondrée avec l’URSS et les valeurs de résistance anti-impérialistes qui allaient encore avec, malgré l’ultra-révisionnisme gorbatchévien.

Tous ceux qui, à gauche, même "extrême", ont participé à cette curée au lieu de faire front contre l’impérialisme, se sont également disqualifiés pour construire, à la suite, une alternative. C’est, ce matin, une simple constatation.

La critique du révisionnisme n’implique en aucun cas une collaboration, ni effective ni même simplement objective, avec l’impérialisme. Elle n’a pas de sens sans la défense de l’héritage historique du mouvement ouvrier, et singulièrement, de l’URSS.

La maigre survie de la "gauche anticapitaliste" après la chute de l’URSS a tenu quelques temps au "vote sanction", ressource inévitablement tarie par les accords obligés de "second tour", et désormais quasiment épuisée. Le FN, en raison même de l’ostracisme dont il semblait "victime", ne pouvait qu’être le grand bénéficiaire d’un discours "anti-système" qui ne désigne pas clairement sa cible.


Poser la question de la constitution du Socialisme Prolétarien comme seule alternative crédible au capitalisme et à l’impérialisme est devenu une urgence.

Il ne s’agit pas de vouloir faire nombre autour d’un "pôle" au prix d’un rassemblement de bric et de broc, mais au contraire de clarifier les fondamentaux d’une analyse de la situation.


Renaissant nécessairement sur une base ultra-minoritaire, le Parti Prolétarien à naître ne sera peut-être longtemps qu’une faible lueur dans l’obscurité, mais du moins doit-elle briller d’une lumière suffisamment claire pour être visible.

Ce sera, dans le contexte actuel, déjà une révolution !

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