quand dieu recoit satan

Publié le par Bernard Gasnot

Le pape Benoît XVI a reçu ce matin en audience privée l'ancien secrétaire d'Etat américain Henry Kissinger dans sa résidence d'été de Castel Gandolfo, près de Rome a annoncé le Vatican.

Henry Kissinger, qui se trouve depuis plusieurs jours à Rome, a été reçu en début de semaine par le chef du gouvernement italien Romano Prodi et le président de la République Giorgio Napolitano. L'audience accordée à l'ancien secrétaire d'Etat américain sera l'une des dernières à l'agenda du Saint Père avant son retour au Vatican prévu mardi 3 octobre. Installé à Castel Gandolfo le 28 juillet après trois semaines de vacances dans le Val D'Aoste, le pape Benoît XVI n'a quitté sa résidence d'été que pour un pèlerinage de quelques heures le 31 août au sanctuaire de Manoppello, un voyage de six jours en Bavière ainsi que pour les audiences générales publiques du mercredi au Vatican.

Biographie d’Henri Kissinger:

Henry Kissinger est né près de Nuremberg, dans une famille juive de la classe moyenne. Sa famille fuit le nazisme et s'installe aux Etats-Unis en 1938. Après la guerre, Henry Kissinger étudie à Harvard et devient professeur de sciences politiques. Conseiller en politique étrangère des présidents D. Eisenhower, J.F. Kennedy et L.B. Johnson, il est, à partir de 1969, le bras droit de Nixon pour les affaires de sécurité nationale. Il participe aux discussions sur la non-prolifération des armes stratégiques avec l'URSS.

Il reçoit le prix Nobel de la paix en 1973 pour des actions en faveur de la paix au Vietnam aujourd'hui controversées. Il avait alors affirmé: « Jean-Paul II était un des plus grands hommes du siècle précédent. Peut-être le plus grand. » (John Paul II was one of the greatest men of the last century. Perhaps the greatest.)

"Grâce à des entrevues avec Mikhail Gorbachev, Henry Kissinger, Wojciech Jaruzelski, Lech Walesa et Zbigniew Brzezinski, vous comprendrez le rôle primordial du Pape dans l’environnement politique qui ont mené à la chute du communisme en 1989." avait déclaré Henri Kissinger.

Suite à la "déclassification" de certains documents des services secrets américains, Henry Kissinger se voit aujourd'hui attribuer la responsabilité d'exactions comme paradoxalement l'enlisement du conflit vietnamien s'étendant même au Cambodge ou le génocide du Timor-Oriental. Il est également soupçonné d'avoir eu un rôle de première importance dans la création du plan 'Condor', soutien aux dictatures militaires d'Amérique latine (Chili, Bolivie, Brésil, Paraguay, Uruguay, Argentine).

Henry Kissinger reste le symbole d'une Amérique conquérante, éclairée et intransigeante.

Très d'actualité le souvenir de la remise du Prix Felix Houphouet-Boigny pour la recherche de la paix 2003 à Mgr Etchegaray et à Mustafa Ceric, Grand Mufti de Bosnie.

Le Grand Mufti de Bosnie, Mustafa Ceric et le Cardinal Roger Etchegaray, ancien Président du Conseil pontifical Justice et Paix, ont reçu le 21 septembre au siège de l’UNESCO, dont le président n'était autre qu'Henry Kissinger, le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix 2003.

De nombreuses personnalités religieuses, cardinaux, imams et rabbins, des académiciens et des personnalités des communautés politiques et culturelles ont assisté à cette cérémonie. Le Président du Conseil des ministres de Bosnie Herzégovine, Adnan Terzic, des représentants de chefs d’Etat, ainsi que des délégations ministérielles étaient présents. Du côté africain, il convient de signaler la présence de l’ancien Président de la République de Côte d’Ivoire, Henri Konan Bédié, et de l’ancien Premier ministre de ce pays, Alassane Dramane Ouattara.

En annonçant le choix du jury, son Président Henry Kissinger a déclaré ces paroles prophétiques : « Ces deux personnalités religieuses ont été choisies en reconnaissance de leur action en faveur du dialogue entre les religions, de la tolérance et de la paix. Le jury considère que la réconciliation entre les perspectives religieuses sera un des grands défis de notre temps ». Gageons que le pape Benoît XVI sera sur la liste des prochains lauréats pour ses efforts exceptionnels quant au dialogue interreligieux et pour sa tolérance après les attaques injustifiées dont il vient d'être victime.

Le Cardinal Roger Etchegaray a été Président du Conseil pontifical Justice et Paix (1984-1998). Depuis 1984, il s’est rendu, au nom du Pape Jean-Paul II, dans de nombreuses zones en crise. C’est ainsi qu’il a participé, par exemple, aux négociations visant à mettre fin au siège de la Basilique de la Nativité, à Bethléem, en mai 2002, et qu’il s’est rendu en Iraq en 1986, en 1998 et en février 2003, toujours envoyé par le Pape Jean-Paul II, en vue de tenter d’éviter la guerre. Récemment le pape Benoît lui a confié des missions délicates dont une au Liban.

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