Le mythe du massacre de la place Tiananmen ... a suivre

Publié le par Bernard Gasnot

Le mythe du massacre de la place Tiananmen ... a suivre

Le massacre de la place Tiananmen en 1989 est un mythe,
une opération de désinformation britannique

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Pour beaucoup le 4 Juin 2015 marque le 26ème anniversaire du massacre de la place Tiananmen à Pékin. Or, il devrait en fait marquer l’anniversaire d’une des plus spectaculaires opérations de désinformation secrète menée par le Royaume-Uni; une désinformation qui est presque à égalité avec celle du mythe des armes de destruction massives irakiennes.

L’histoire disant que des troupes chinoises mitraillant des manifestants étudiants chinois sans défense dans la nuit du 3 au 4 juin 1989 sur la place Tiananmen de Pékin, a depuis été sérieusement discréditée par bien des témoins qui y étaient; parmi eux une équipe de télévision espagnole de TVE, un correspondant de l’agence Reuters et des manifestants eux-mêmes, qui disent qu’il n’y a eu rien d’autre qu’une unité de l’armée chinoise entrant sur la place pour demander aux quelques centaines de personnes de quitter les lieux, tard dans la nuit.

Et pourtant rien de tout cela n’a arrêté le ressassement constant du massacre et la croyance dans les faits rapportés. Ce qui a changé est l’endroit; le massacre n’a pas eu lieu sur la place elle-même mais dans les rues adjacentes.

L’histoire a commencé avec un long article en anglais publié six jours plus tard dans le Hong Kong South China Morning Post par un soi-disant manifestant dont on n’a jamais rien su avec certitude (à cette époque, Hong Kong était toujours une colonie britannique). Des histoires bidons anonymes relatées dans les médias sont une des techniques favorites des autorités britanniques responsables des opérations clandestines de désinformation / propagande. Ceci n’a pas empêché l’histoire d’être reprise et publiée dans le New York Times le 12 Juin, avec des photos de bus en feu transportant des troupes suivies par celle de “l’homme au char”, la photo d’un étudiant seul essayant supposément d’empêcher des chars d’entrer sur la place. Le mythe d’un massacre non provoqué a depuis pris racine.

Personne ne nie qu’un grand nombre de citoyens et d’étudiants aient été tués près de la place Tiananmen par des militaires en apparence hors de contrôle. Mais pourquoi ?

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Revenons en arrière sur les photos de ces bus militaires en flamme. La vision populaire est que ces bus furent incendiés par les manifestants en colère après que le mitraillage ait commencé. En fait, ils furent incendiés AVANT. La preuve ? Des rapports de cadavres calcinés ayant été suspendus par des cordes sous les passerelles piétonnes (une photo de ces cadavres de militaires prises par un reporter de Reuters n’a jamais été publiée) et des photos de soldats gravement brûlés cherchant refuge dans des maisons avoisinantes. Des soldats dans ce genre de situation ont une tendance à répliquer en ouvrant le feu sur tout ce qui bouge, demandez donc aux bons citoyens irakiens de la ville de Falloujah.

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Un soldat pendu à un bus incendié

Heureusement, nous avons aussi à notre disposition les rapports horaires de l’ambassade des Etats-Unis à Pékin, qui sont disponibles sur internet et qui nous disent ce qui s’est vraiment passé. Ils notent qu’au départ, les autorités de Pékin avaient voulu envoyer des troupes non-armées pour faire évacuer la place des étudiants qui y demeuraient toujours alors que les manifestants commençaient à diminuer. Bloquées par la foule, les troupes en armes arrivèrent par bus et cette fois furent accueillies et bloquées par une foule armées de bombes incendiaires, ce qui eut un résultat particulièrement laids et néfaste. Il y a eu des cas où certaines unités de l’armée essayèrent de calmer les soldats hors de contrôle. Le rapport d’une ambassade évoquant de la foule d’étudiants tuant un militaire qui essayait de pénétrer sur la place pourrait expliquer le carnage qui a eu lieu en périphérie.

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En ce qui concerne “l’homme au char”, nous savons maintenant par le photographe lui-même que sa photo devenue icône fut prise depuis la fenêtre de sa chambre d’hôtel le jour APRES les émeutes et que les chars n’essayaient pas d’entrer sur la place Tiananmen mais de sortir de la zone.

Un rapport détaillé émanant de la très respectée Columbia Journalist Review, “Le mythe du massacre de Tiananmen et le prix à payer pour une presse passive”, a depuis noté la préférence avérée des médias pour les histoires sanglantes. Mais rien de tout ceci ne semble avoir décrédibilisé l’histoire officielle du massacre de Tiananmen.

Il est vrai qu’une certaine responsabilité de ces évènements incombe à Pékin. Sa campagne de chasse aux leaders de la protestation étudiante et de tout mettre sur le compte d’un complot contre le régime n’a pas créé une bonne impression. Mais il y a sans doute des raisons. Par frustration alors que leur longue manifestation tendait à se dissiper, quelques-uns des leaders étudiants avaient été appelés à l’action par la foule en colère résidant toujours aux alentours de la place. Comment ces personnes dans la foule furent-elles armées et eurent-elles accès à des bombes incendiaires à essence, une arme qui n’est pas utilisée par les manifestants ou émeutiers chinois, qui furent responsables de quelques 400 véhicules détruits ?

Le régime avait toléré les manifestants en les autorisant à occuper la place centrale de Pékin pendant six semaines. Le secrétaire général du PCC (NdT: Zhao Ziyang) avait essayé en vain de négocier avec eux. Les autorités regrettèrent plus tard leur manque d’expertise dans le contrôle des foules ainsi que leur manque d’équipement adéquat, les forçant à se reposer sur des militaires inexpérimentés. Une fois encore, tout cela ne serait pas arrivé si le régime lui-même n’avait pas fait des erreurs dans le passé.

Les mots du célèbre écrivain taiwanese Hu Dedjian, qui se mit en grève de la faim sur la place en solidarité avec le mouvement étudiant expliquent tout: “Des gens disent que 200 personnes sont mortes sur la place et d’autres clament que 2000 sont mortes. Il y a aussi des histoires de chars d’assaut écrasant des étudiants qui essayaient de partir. Je dois dire que je n’ai rien vu de tout cela. J’étais moi-même sur Tiananmen jusqu’à 6 heures et demie du matin cette nuit-là.

“Je n’ai cessé de penser, allons-nous utiliser des mensonges pour attaquer un ennemi qui ment ?”

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