L’UNITE 731

Publié le par Bernard Gasnot

Sensibles s'abstenir. Ceci étant la suite relatée est historique dépassent dans l'horreur les atrocités commises par les nazis.


Créée par mandat impérial, l'Unité 731 était une unité militaire de recherche bactériologique de l'Armée impériale japonaise. Officiellement, cette unité, créée en 1925 et dirigée par Shiro Ishii se consacrait à la prévention des épidémies et la purification de l'eau, mais elle effectuait en réalité des expérimentations sur des cobayes humains comme des vivisections sans anesthésie ou des recherches sur diverses maladies comme la peste, le typhus et le choléra en vue de les utiliser comme armes bactériologiques

Elle est aujourd'hui reconnue comme responsable de crimes de guerre et crimes contre l'humanité.


Tokyo, 1989. Les ouvriers du chantier de construction travaillant sur le nouveau et prestigieux quartier d'affaires de Shinjuku reculent d'effroi devant leur découverte. Une fosse pleine de restes humains vient d'être mise au jour par leurs excavatrices! La nouvelle se propage tel un tsunami et force le gouvernement japonais à dévoiler l'un des plus terribles secrets de la Seconde Guerre mondiale. En pleine capitale, à quelques mètres du chantier de construction, se trouvaient les laboratoires où lieutenant-général Shirô Ishü, père du programme japonais ultra-secret de guerre biologique, opérait durant la guerre : l'Unité 731.
Les autorités nippones durent expliquer comment les cobayes humains utilisés par l'Unité 731 étaient acheminés pour «étude» d'une base japonaise de Mandchourie vers Tokyo. À la fin des hostilités, leurs cadavres furent dissimulés en toute hâte dans une fosse commune sommaire, et y restèrent jusqu'à leur exhumation en 1989. L'origine de ce charnier et les activités de l'Unité 731 auraient en fait pu rester mystérieuses sans la découverte, chez un bouquiniste, d'un livre de notes rédigé par l'un des militaires de cette unité.
Ce journal faisait une description détaillée des recherches mises en œuvre par l'Unité 731 et fournissait la preuve irréfutable que des êtres humains figuraient parmi les sujets utilisés par Shiro Ishü et son équipe. Pendant quarante ans, les macabres activités de ce programme d'expérimentations biologiques avaient constitué l'un des secrets les mieux gardés du japon.


LES USINES DE LA MORT

Lorsque la guerre est déclarée, la personnalité flamboyante d'Ishü, jeune et brillant microbiologiste militaire, attire rapidement l'attention de ses supérieurs. S'alignant adroitement sur la ligne ultra-nationaliste en vogue au ministère de la Guerre japonais, Ishii use de son influence pour faire accepter son projet de mise au point d'armes biologiques. Lors de l'invasion de la Mandchourie par le japon, en 1931, Ishii se rend compte de l'opportunité qui lui est offerte: des prisonniers vont pouvoir constituer son vivier d'études. C'est donc dans la bourgade mandchoue de Beiyinhe, à 70 km de Harbin, qu'il débute ses expériences sur des sujets humains. Doté d'un important budget annuel et de 300 hommes, il accède à son premier commandement. Nom de code: Unité Togo. Connu localement sous le nom de « camp de prisonniers de Zhong Ma », les installations de l'Unité 731 sont construites par des prisonniers chinois. Au centre de l'ensemble, un grand bâtiment -le château Zhong Maabrite des prisonniers dont les quartiers jouxtent le laboratoire. Les cobayes humains choisis pour les expériences sont appelés des marutas, ce qui signifie «bûches». Ils sont en tout plus de cinq cents, recrutés parmi les bandits, criminels et «personnes suspectes». À la grande surprise des prisonniers, ils sont plutôt bien nourris et sont régulièrement autorisés à faire de l'exercice. Mais ils ne savent pas que ce traitement n'a rien d'humanitaire : pour obtenir de bons résultats, il convient que les spécimens soient en «bon état».
L'horreur des expériences conduites dépassent l'entendement. Quand Ishii a par exemple besoin d'un cerveau humain pour ses travaux, il lui suffit d'envoyer ses gardes en chercher un. Ceux-ci vont alors choisir un prisonnier et l'immobiliser tandis qu'un des leurs ouvre le crâne du malheureux, à la hache ou à la scie. L'organe est alors ôté sans grande précaution puis transporté rapidement au laboratoire d'Ishii. Le cadavre du prisonnier part pour le four crématoire du camp...

EXPÉRIENCES MACABRES
Les premières expériences de guerre biologique menées par Ishü semblent avoir porté sur des maladies contagieuses telles que l'anthrax et la peste bubonique. Lors d'une de ces expériences, des pillards chinois reçurent une injection du bacille de la peste. Douze jours plus tard, les sujets contaminés se tordaient de douleurs et de fièvre. L'une des victimes allait miraculeusement survivre pendant dix-neuf jours : sa résistance lui valut d'être disséquée vivante.
Au cours d'expériences ultérieures, certains prisonniers seront empoisonnés au gaz phosgène, d'autres subiront des injections de cyanure de potassium. D'autres encore seront soumis à un courant électrique de 20 000 volts. De manière générale, les survivants sont, au mieux, l'objet d'injections létales ou, au pire, autopsiés vivants. Chaque mort fait l'objet d'une observation attentive, tous les détails sont méticuleusement notés dans un esprit scientifique. En 1939, Ishii déménage l'Unité731 dans d'immenses installations à Pingfan, toujours en Mandchourie. Son nouveau domaine égale en taille le camp de la mort nazi d'Auschwitz Birkenau. Sur une superficie de 6 km s'érigent des bâtiments administratifs, des laboratoires, des casernes, une prison pour les cobayes humains et un bâtiment consacré à l'autopsie et à la dissection. Trois énormes fours crématoires servent à l'élimination des carcasses. Dans un autre camp, à Moukden, se trouvent des prisonniers de guerre occidentaux: américains, britanniques, australiens et néo-zélandais. Là aussi, des expériences sont menées dans le plus grand secret. Faisant écho à certains travaux conduits par le tristement célèbre docteur nazi Josef Mengele, une importance particulière est accordée à des expériences portant sur la gelure des membres. En effet, au cours des hivers particulièrement froids en Mandchourie, les problèmes de gelure portent sérieusement préjudice à l'efficacité des armées. Des prisonniers nus sont donc soumis à des températures extrêmes. On tape ensuite sur leurs membres jusqu'à ce qu'un bruit creux se fasse entendre, signifiant que la gelure du membre est complète. Puis, les cobayes sont «décongelés» au moyen de diverses techniques expérimentales.
Loin d'éprouver la moindre culpabilité, Ishii produit régulièrement des articles scientifiques détaillant les résultats de ses ignobles travaux. Ses textes, diffusés parmi les milieux médicaux et scientifiques japonais, allèguent cependant que les expériences sont menées sur des singes. Cet artifice ne leurre personne: tout le monde sait qu'il s'agit d'êtres humains... et se tait. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, ishii, promu lieutenant-général, impose un serment solennel à tous ses subordonnés : cette activité menée pour la juste cause de l'Empire devra rester secrète. Les installations de Pingfan et les autres sites d'essais sont détruits, et Ishii et ses hommes repartent tranquillement dans leurs foyers. Le public ne sera jamais informé des activités terrifiantes de l'Unité 731.


LA VÉRITÉ DISSIMULÉE

Lorsque la guerre du Pacifique touche enfin à son terme, les États-Unis pensent être nettement en retard sur les Japonais dans le domaine de la guerre biologique car, malgré les précautions prises par Ishii, les services de renseignements alliés disposent d'épais dossiers relatifs aux principaux chercheurs japonais en microbiologie. Il se trouve que les stratèges militaires américains apprécient énormément les avantages tactiques des armes biologiques. Ils veulent donc à tout prix mettre la main sur les connaissances techniques d'Ishii et les résultats de ses recherches, notamment les comptes rendus détaillés de ses expériences humaines. Aux États-Unis, du fait de la répulsion de tous vis-à-vis de semblables activités, de telles données suscitent d'autant plus d'intérêt qu'elle ont été acquises par autrui

L'instrumentation de l'Unité 731 incluait des scies à amputations et des crochets pour ranger les organes prélevés au cours des dissections. Aucune « bûche » n'échappait à la mort: les survivants aux tests bactériologiques étaient disséqués, ou fusillés. Le nombre de morts résultant des activités de l'Unité 731 est estimé à plusieurs dizaines de milliers.

A la fin de la guerre, des scientifiques de Fort Detrick (Maryland), le laboratoire ultra-secret de guerre biologique des États-Unis, se rendent en toute hâte au Japon afin d'interviewer ces experts en la matière. Il semble que, face à l'opportunité d'obtenir d'alléchantes données scientifiques, pratiquement aucun des membres de cette mission ne se posera de problèmes d'éthique.

LE GRAND SECRET
L'analyse des faits sur le terrain sera signifiée par un télégramme des services de renseignement, informant froidement le ministère de la Guerre à Washington que « les informations obtenues permettent de conclure que le groupe japonais de guerre biologique dirigé par le lieutenant-général ishii a effectivement enfreint les règles du code de la guerre». Le texte ajoute: «Cette opinion ne constitue pas une recommandation pour que ce groupe soit inculpé et jugé en tant que tel. »
Cette étonnante mansuétude, à l'heure où le procès de Nuremberg se prépare, répond à une préoccupation d'ordre stratégique: pour mettre la main sur les travaux d'Ishii avant leurs «alliés» soviétiques, les Américains sont prêts à étouffer l'affaire. Mais il leur faut cependant surmonter un obstacle majeur: de retour au pays, certains prisonniers de guerre alliés colportent d'horribles récits sur des expériences biologiques dont ils ont été victimes ou témoins. Si d'aventure la presse vient à relayer ces informations, l'opinion publique criera vengeance. Il n'y a donc qu'une solution: jeter pudiquement le voile du secret sur toute l'histoire.
En conséquence, au tribunal des crimes de guerre qui va officier à Tokyo, les procureurs reçoivent pour instruction de ne pas poursuivre de façon trop approfondie leurs investigations en la matière. Face aux prisonniers de guerre alliés, l'administration américaine fait la sourde oreille. En 1948, on offre même, à tous les membres de l'unité dirigée par Ishii, l'immunité judiciaire en échange de rapports d'expériences et de leur coopération. L'une des plus grandes opérations de désinformation de la guerre est enclenchée. Après quatre décennies, grâce à la découverte du charnier humain en plein cœur de Tokyo, en 1989, la vérité va finalement émerger et les langues d'anciens militaires alliés vont se délier. « Vous pensez bien que je m'en souviens», raconte joseph Gozzo, ancien ingénieur de l'armée de l'Air qui vit à San José en Californie. Et pour cause! Quand il était détenu dans un de ces camps de prisonniers, on lui avait enfoncé des tiges de fer dans le rectum... «Je n'arrive pas à croire que notre gouvernement ait laissé tout cela impuni », ajoute-t-il.

ENQUÊTE OFFICIELLE

En 1986, devant une sous-commission enfin constituée par la Chambre des représentants des États-Unis, un ancien prisonnier de guerre du nom de Frank James détaille ses souvenirs «Nous n'étions que des pions », rappelle-t-il. « Nous avons toujours su que la vérité avait été cachée. » Un autre prisonnier de guerre, Max McClain, se rappelle avoir fait la queue pour une séance d'injections, avec son voisin de chambrée, George Hayes. Deux jours plus tard, Hayes se plaignait. «Mac, je ne sais pas ce que ces salauds m'ont donné, mais je me sens vraiment mal.» Le soir même, Hayes était disséqué par «les types de la morgue». L'audience publique devant la Chambre des représentants ne dure qu'une demi- journée. Un seul témoignage parmi ceux des deux cents survivants américains sera enregistré ! Chose incroyable, le directeur des archives de l'armée américaine indique que les documents remis par Ishii lui-même avaient été renvoyés au Japon au cours des années cinquante. On ne s'était pas donné la peine d'en faire des copies !
Pour tenter de désamorcer une situation embarrassante, les gouvernements américains et japonais tentèrent dans un premier temps de nier l'existence de ces atrocités, et ce malgré la production d'informations officielles au public. Ainsi, un dossier émanant du Q.G. du général Douglas Mac Arthur, commandant les forces alliées dans le Pacifique, précisait que les investigations portant sur l'Unité 731 relevaient directement des chefs d'état-major interarmées. Ce document poursuivait: «En vue de protéger les intérêts des États-Unis et d'éviter toute situation embarrassante, garder le plus absolu secret est essentiel. » Finalement, en 1993, quatre ans après la découverte du charnier de Tokyo, William Perry, secrétaire à la Défense, promettait enfin d'exhumer tous les documents concernant les expériences biologiques ayant eu lieu au cours de la Seconde Guerre mondiale.

L'HÉRITAGE D'ISHII

Nombreux parmi ceux qui participèrent aux expériences japonaises en matière de guerre biologique connurent la réussite après la guerre. Certains occupèrent des postes universitaires élevés dans le domaine de la médecine, l'un d'eux accéda à la tête d'une des principales firmes nippones de produits pharmaceutiques. D'autres encore terminèrent leur carrière bien en vue, comme ce président de l'Association médicale du Japon, ou ce vice-président de la Croix Verte. Ironie du sort, l'un des expérimentateurs sur les membres gelés joua même un rôle important dans l'industrie alimentaire du surgelé... Cette leçon amère de l'Histoire est un héritage à méditer..

. C’est récemment seulement que l’ampleur et l’horreur des expériences menées ont été révélées. Les agissements de cette équipe de « savants » pervers n’ont d’égal que ceux des médecins nazis dans les camps de concentration.

.Le général Shiro Ishii, bactériologiste et responsable de l'unité 731

Mais, on sait que des soldats Américains, Australiens, Néo-Zélandais et Anglais, incarcérés dans le camp de Moukden, à 500 km de Pingfan ont également été victimes de ces savants fous.
Des envoyés délégués par les médecins ont soumis les soldats à la contagion de différentes souches bactériennes. Tous les cadavres ont été systématiquement autopsiés et les résultats envoyés à l’unité 731.

Les cobayes humains

Lorsque les prisonniers arrivent dans le bloc Rô, c’est pour ne plus en sortir vivants. Dès leur arrivée, ils deviennent des « marutas » c’est-à-dire des « bouts de bois ». Cela signifie que l’on ne leur reconnaît plus aucune humanité. Ce ne sont que des objets à qui l’on peut faire subir les pires atrocités.

Et l’imagination sadique des savants japonais est sans limite. Tout est bon pour améliorer les armes bactériologiques et renforcer la résistance des soldats japonais.

Des souches sélectionnées de maladie, peste, choléra, dysenterie, typhus, sont inoculées sur des individus sains.
Après quoi, on regarde leurs effets et leur évolution. Quand un patient survit à un premier virus, un deuxième lui est injecté. Et cela continue jusqu’à la mort dans les pires souffrances.

Des bombes à la gangrène, du cyanure, différents gaz sont alternativement essayés, sous prétexte d’étudier la durée et les formes de l’agonie.

Les effets du froid intéressent également beaucoup les japonais. On laisse des prisonniers geler littéralement dans l’hiver mandchou, puis on tente de réchauffer leurs membres en observant la rapidité de la nécrose de ceux-ci.

La résistance humaine est également testée : combien de temps faut-il pour qu’un être humain meure, privé de sommeil ou de faim ou de déshydratation ?

Certaines expériences ne peuvent être légitimées par aucune rationalité scientifique. Ce sont l’œuvre d’esprits sadiques et malades :

  • Greffes d’animaux sur des corps humains
  • Exposition prolongée aux rayons X
  • Exposition à une surpression atmosphérique
  • Vivisection
  • Corps bouillis vifs

La fin du cauchemar

En 1944, alors que les troupes américaines avancent dans le Pacifique, l’unité 731 est prête à fournir un grand nombre d’armes bactériologiques. Pourtant, l’état-major nippon ne donne pas l’ordre de les utiliser.

Après la destruction d’Hiroshima, en août 1945, et l’invasion de la Mandchourie par les troupes soviétiques, le laboratoire est déserté.

Mais, auparavant, tous les prisonniers encore vivants sont exécutés. Les cadavres sont incinérés, les bâtiments détruits. Les familles des scientifiques sont déplacées et les savants fuient au Japon.

L'unité 731

Ainsi, toute trace compromettante est effacée et le silence est observé pendant de longues années sur la demande même des autorités japonaises.
Les Etats-Unis acceptent d’oublier cette barbarie en échange de rapports normalisés. Aucun procès n’eut lieu et contrairement aux médecins nazis, ces savants japonais ne durent jamais répondre de leurs actes.

Mais, à l’aube de leur vie, des anciens de l’unité 731, comme le lieutenant-colonel Toshihide, ont décidé de se décharger de leur fardeau.

Les découvertes s'enchaînaient très rapidement, et permirent la victoire plutôt rapide des japonais sur les chinois. Ainsi de nombreuses informations furent découvertes, que l'on retrouve, aujourd'hui, dans l'intégralité de nos manuels scolaires ou dictionnaires scientifiques, par le fait du partage de ces dernières au reste du monde, seul moyens pour la plupart des scientifiques japonais d'échapper au procès de Tokyo.

Les expériences réalisées sur les cobayes humains par Shiro Ishii et ses semblables permirent à l'ensemble du pays nippon des découvertes importantes notamment sur la résistance du corps humain à certains changements de milieux ou à des maladies.

Les médecins membres de l’Unité cherchaient des moyens de ralentir, d’accélérer ou même d’arrêter totalement l’action de celles-ci en testant et en observant la résistance du corps, son adaptation, ses changements, et ses auto-guérisons par rapport à de nombreuses maladies.

Les résultats obtenus furent importants pour l’avancée de la médecine et de son évolution au Japon mais aussi pour le monde entier à la fin de la seconde guerre mondiale. En effet, les aboutissements des expériences permirent de mieux comprendre le corps et ses besoins pour guérir afin de créer et de développer des moyens de satisfaire ces besoins, mais furent aussi une apogée en matière de médecine et un renouveau dont nous utilisons encore les trouvailles de nos jours. Ainsi, la médecine peut reconnaître le danger de certaines substances nocives telles que le cyanure de potassium, élément utilisé à maintes reprises sur les cobayes et entraînant un coma avec des convulsions, une apnée, un arrêt cardio-circulatoire et la mort en quelques minutes ou à des doses plus faibles une perte de conscience, une faiblesse générale, des céphalées, des vertiges, de la confusion et une gêne respiratoire perceptible. Lors de la première phase de perte de conscience, la respiration est souvent normale, puis la victime tombe dans un coma profond (associé à un œdème aigu du poumon) et finalement son cœur s'arrête. La peau se teinte de rose à cause d’une saturation du sang en oxygène. L'exposition à des niveaux plus faibles de cyanure sur une longue période (absorption de racines de manioc) entraîne une élévation du taux de cyanure dans le sang, ce qui peut provoquer une faiblesse et divers symptômes, pouvant aller jusqu’à la paralysie définitive. Cela fut découvert en parti par les japonais avec certains remèdes comme le nitrite d'amyle, le nitrite de sodium et le thiosulfate de sodium.

Mais aussi de nombreux autres remèdes pour d’autres maladies. Si un cobaye guérissait d’une première pathologie, les médecins lui en inoculaient une nouvelle jusqu’à ce que celui-ci meure. Chaque pathologie ne pouvant être vaincue par une seule molécule précise et pour trouver cette entité, les médecins membres de l’Unité 731 effectuaient de nombreuses expériences afin de les découvrir. Tout ce qu’apprenaient et trouvaient les chercheurs du camp 731 devaient être gardé secret et à l’intérieur du camp afin de pouvoir conserver l’intimé et l’ignorance extérieure. Les expériences étaient exercées sur des cobayes humains car les japonais savaient que l’aboutissement de chaque expérience serait faussé si elle était réalisée sur des animaux tels que le singe même si ce dernier est très proche de l’homme.

Quelques découvertes parmi tant d'autres furent :

- La valeur maximale de la pression que peut subir le corps humain, étalonnée à 20 bars soit 2 millions de Pascal

- La température interne du corps humain possède des extremums équivalents à 28°C minimum et à 42°C maximum (Un cobaye est ligoté dans une salle hermétique et la température est progressivement augmentée. Les différents types génétiques du cobaye ont permis ce résultat),

- L’Amoxicilline, est une molécule également étudiée dans le camp 731. Pour ce faire, les médecins inoculaient aux cobayes plusieurs agents pathogènes dont, la maladie qui pouvait être combattue par cette molécule. Ainsi, ils ont déterminé que cette molécule pouvait détruire certaines cellules de la flore intestinale, provoquant ainsi des diarrhées, des vertiges, des nausées et des maux de ventre chroniques,

- L’aspirine, inventée par des allemands au XIXème siècle, a été mise au point au niveau des effets secondaires en testant cet antibiotique sur les cobayes du camp 731,

- L’ibuprofène, utilisé actuellement dans les médicaments pour ses propriétés antalgiques, a été aussi testé sur les cobayes et le résultat fut le phénotype suivant : baisse de la fièvre, fluidification du sang et soulagement des douleurs légères. Les médecins ayant comparé toutes les espèces chimiques antibiotiques avaient remarqué que le paracétamol avait presque le même effet que l’ibuprofène.

Les personnes à la tête du gouvernement japonais, avaient gardé ces résultats précieusement et dans la discrétion la plus totale. A chaque fois qu’une expérience s'achevait, un compte rendu des résultats et du protocole expérimental était communiqué au gouvernement du Japon. Toutefois, certains résultats restaient cachés du gouvernement par Shiro Ishii afin d'éviter que certaines informations importantes et compromettantes sur la vraie nature des camps ne tombent entre de mauvaises mains des russes et chinois afin qu’elles ne soient dévoilées.

D’autres expériences, incluant celle de l'étude du froid sur le corps humain, ont révélé que le corps humain avait la propriété de réguler sa température interne en faisant circuler le sang en plus grande quantité dans les organes vitaux dont le cœur et le cerveau, au détriment des petits vaisseaux sanguins qui alimentent le bout des doigts, les lèvres ou encore les pieds. Ainsi, le cerveau va commander aux muscles de "frissonner" pour produire de l’énergie thermique et donc régler le problème de température mais l’homme est incapable de faire durer les frissonnements, le cobaye entre alors en hypothermie au bout de quelques heures et tombe dans le coma en peu de temps. C’est grâce à cette expérimentation que Ishii connut les effets de la température sur le corps et il observa que la température externe pouvait baisser de plus de 20°C avec un vent à une vitesse de 80 km/h et une température externe de -30°C, ce qui correspond aux conditions météorologiques de la Mandchourie. Ainsi, il observa les effets du vent sur le corps en fonction de la température.

Shiro Ishii demanda aussi à ses médecins de réaliser des expériences sur les effets des drogues sur le comportement physique et mental. Les médecins pratiquaient notamment ce test sur des généraux japonais, pour voir comment le LSD agissait sur leur manière de penser et de donner des ordres. Ils remarquèrent alors que les généraux avaient une baisse de la capacité à prendre une décision, après avoir absorbé cette espèce chimique. D’autres produits hallucinogènes, du même type, sont utilisés de nos jours en matière de pharmacologie, de psychologie ou même de plaisir personnel. Des techniques comme le bouche à bouche et les massages cardiaques ont prouvés leurs efficacités dans le camp 731 mais ne furent acceptés seulement que dans les années 60 en Occident.

Depuis l’invasion russe débutée le 9 aout 1945, plus aucun résultat n’est sorti des camps. Cela était en partie dû aux bombes lâchées sur Hiroshima et Nagasaki qui engendra la peur chez les japonais et dans leur gouvernement. La destruction des camps par les japonais fût ordonnée car ils ne souhaitaient pas voir leurs découvertes et leurs activités révélées. Toute trace d’une quelconque activité fût alors effacée par l’armée japonaise de Kwantung. Ainsi les installations furent détruites, au même type que les cobayes.

On dénombra plus de 10 000 morts dans les camps japonais contre 1000 pour les expériences nazis. Ishii procura ensuite à chaque officier, à chaque médecin, et à chaque autre personne susceptible d'être condamnée une dose de cyanure de potassium afin de pouvoir se suicider discrètement, rapidement et aisément en cas de condamnation et de jugement pour leurs crimes par les russes. Cependant de nombreux hommes politiques n'échappèrent pas aux procès des russes et des américains.

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