La FEMA et le flux migratoire.

Publié le par Bernard Gasnot

Futurs camps de concentration ? Vol au-dessus des nids de la FEMA

Dans l’optique civile d’un débordement de flux migratoire, pourrait dériver vers une exploitation militaire, destinée au traitement, selon une réglementation propriétaire, des suspects ou supposés opposants à la future politique étatsunienne, si celle-ci était amenée à être impopulaire ? Itinéraire d’un enfant gâté bientôt en possession du pouvoir de l’enfer.

Origine et évolution de la FEMA, quand l’enfer est pavé de bonnes intentions

La FEMA (Federal Emergency Management Administration) a été créée en 1979 par le président Carter pour coordonner l’intervention gouvernementale de plusieurs associations locales en cas de catastrophe naturelle. Pour mener cette action à bien, l’agence s’est vu transférer les pouvoirs correspondants et ces directives lui permettent de prendre des dispositions d’urgence d’ordre économique.

En 1984, le président Reagan étoffe le dispositif en créant le « Presidential Directive Number 54 », qui, par le biais du projet Rex-84 (pour exercice 1984), prévoit de mesurer la capacité de la FEMA à assurer localement des missions militaires, en cas d’urgence nationale, et ce, parallèlement aux déploiements de l’armée elle-même. A l’époque, le FEMA n’est encore qu’une alternative sur laquelle se penche le gouvernement.

En 1996, Suite à l’attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo, Clinton promulgue le « Weapons of Mass Destruction Act of 1996 », en reconnaissant la vulnérabilité des Etats-Unis face aux nouvelles formes de terrorisme. C’est le Nunn-Lugar-Domenici amendement qui met sur pied un vaste exercice de plusieurs années, où 120 villes suivent des simulations d’attaques terroristes , quel hasard ! La FEMA reçoit alors la mission de gérer les crises issues des attaques terroristes, en supplément de son registre des catastrophes naturelles.

En 2002, Après le 11 septembre et le « Patriot act » qui le suit de 10 jours, le « Homeland Security Act » est adopté par le congrès. Le DHS (Department of Homeland Security) juste créé absorbe la FEMA en 2003, qui se présente sur son site comme investie dans la gestion de désastres naturels. Or en 2005, la déconfiture complète de la FEMA dans la gestion des secours après Katrina amène les américains à s’interroger sur sa réelle fonction, sa démission dans ce registre étant largement pointée du doigt

Curieusement, c’est Blackwater, une milice privée américaine, celle-là même qui fait le nettoyage de l’armée étatsunienne en Irak et en Afghanistan, qui a été envoyée à sa place pour gérer la crise.

Ce rôle obscur induit par les gros doutes sur la fonction officielle de la FEMA, qui se met à organiser des conférences de presse bidon, prendra tout son sens en 2007. Bush signe le “National Security & homeland security presidential directive”, dont le NSPD-51 / HSPD-20, qui passe le pouvoir à l’exécutif et au DHS. Au DHS, donc à la FEMA. En clair, le président s’est voté le droit d’ignorer le congrès, et peut répercuter à la FEMA les différentes dispositions prévues pour le cas échéant, parmi lesquelles, pour faire court :

  • Contrôle de l’énergie publique et privée (ordre exécutif N° 10997) et de la nourriture (10998)
  • Permet au gouvernement de mobiliser des brigades civiles de travail sous sa surveillance (11000) – (des travaux forcés – ndlr)
  • Autorise le gouvernement à isoler de larges groupes de civils (12656) – (isolement dans des camps – ndlr)

En 30 ans, en une seule génération, un petit organisme destiné à la coordination humanitaire nationale est devenu le bras armé, disposant du pouvoir militaire, d’un seul homme, celui situé juste sous Dieu, indépendamment de tout le dispositif législatif, où, en particulier. En clair, comme le souligne le journaliste Jerome Corsi, le président des Etats-Unis s’est arrogé des droits dictatoriaux (à noter bien évidemment que ces droits seront transférés à Obama). Le sénateur Ron Paul vient récemment de faire part de sa vive inquiétude sur le large éventail de raisons – autres que des attentats terroristes, mais aussi pour « d’autres conditions » - qui pourrait faire basculer les Etats-Unis dans une dictature militaire.

Qui serait visé ? Tout supposé terroriste. Peut être considéré comme terroriste tout opposant au gouvernement et, entre autre, selon le Patriot Act HR3162, section 802, n’importe qui « engagé dans un délit considéré par la loi américaine comme dangereux pour la vie humaine ». Un entonnoir si large qu’il pourrait y inclure presque n’importe qui, simplement supposé suspect. Cet arsenal juridique, vu par de nombreux commentateurs comme le Joker absolu, a suscité une étrange vidéo très populaire sur le net.

« Etes-vous sur la liste ? » Demande le journaliste d’investigation Christopher Ketcham. Mais quelle liste ? Ou lesquelles ? Sur les bases de données de la NSA qui contiennent « les appels téléphoniques et emails de millions d’américains » et pour lesquelles on s’est demandé « pourquoi la recherche de ces bases a suscité une telle polémique judiciaire » ? Ou sur celle du FBI ? … qui, selon le Washington Post, détiendrait une liste de 250000 (en 2006) & 435000 (en 2007) suspects américains, liste qui grossirait à raison de 200000 suspects par an et 350000 suspects internationaux sur les listes du NCTC, chiffre ayant quadruplé en 3 ans. Une liste, donc, trés large

Le pire, c’est que dans un cadre militaire, les droits fondamentaux de la personne ne s’appliquent plus. Aux Etats-Unis, le quatrième amendement (Le droit des citoyens d’être garantis dans leur personne, leur domicile, leurs papiers et effets) disparaît. Pire encore, selon le Washington Post , il semble que l’administration Bush se soit couvert d’une immunité absolue dans la pratique de la torture

Dans un rapport récemment déclassifié on constate que le tortionnaire américain opérant en camps militaire étranger échappe à toute loi par droit divin du président en tant de guerre. On comprend mieux pourquoi, parmi les camps suspectés certains se situent en dehors du territoire des Etats-Unis.

Actuellement, les choses s’accélèrent. Un accord vient d’être signé entre les US et la Canada, concernant une coopération militaire en cas « d’urgences civiles ». D’ores et déjà, la FEMA met actuellement en place un système d’alerte national (IPAWS) pour permettre une communication en temps réel avec la population en cas d’urgence, utilisant le dernier cri de la technologie d’information.

Réaménagement et construction des camps, ou la genèse d’un affreux doute

L’idée des « travaux forcées », cette bonne vieille philosophie du bagne, revit le jour en 1997 quand un petit malin, réinventant la poudre, comprit qu’il pouvait utiliser des détenus pour faire faire les basses besognes de l’armée gratuitement. Le programme fut modifié en 2005 pour étendre les camps de prisonniers aux bases de l’armée.

Il a donc été demandé aux habitués de prendre en charge le programme. C’est la société KBR (22 milliards de $ de budget pour l’infrastructure en Irak et 150 milliards avec Dyncorp sur 10 ans) , filiale de Halliburton (grande bénéficiaire de la reconstruction en Irak), qui a été chargée en 2006, dans le cadre du programme ICE (Immigration & Customs Enforcement) , pour lequel elle avait été retenue dans un précédent contrat de 2000 à 2005, des constructions et aménagements des différents camps. Sur le site de la société, ce contrat est présenté pour augmenter le programme ICE. La crainte d’une immigration massive semble être le mobile de ce programme.

Sur le site du DHS, on peut constater que, toujours dans le cadre d’anticipation d’une immigration massive, un budget complémentaire de 400 millions de $ a été débloqué en 2007 pour la mise en place de 6700 lits de prisonniers (contre 1000 l’année précédente), portant le total à 27500 lits. A 60000 $ le lit, ils sont probablement destinés à 6700 VIP. Dans un article du NY Times, Jamie Zuieback, de l’ICE, déclare que le contrat de KBR anticipe une immigration massive, flottant sur des rafiots vers les États-Unis et l’Europe. Il concernerait des bases militaires non-utilisées qui pourraient accueillir chacune 5000 personnes. Pourquoi 2 budgets disjoints pour une même finalité ? Et que signifie cette note de 2007 du congrès prévoyant des prisons civiles sur les sites de l’armée ? Il n’en fallait pas plus pour jeter un sérieux doute sur la question.

la construction ou l’aménagement de camps destinés à contenir une future immigration hypothétique, alors qu’un autre budget de 1,2 milliard de dollars a été débloqué pour endiguer la principale source d’immigration clandestine, et que celle-ci s’est effondrée ?

Evidemment, cela fait jaser : c’est le mystérieux programme de Bush” . Selon Tom Hennessy, du Press Telegram, des milliers de lits seraient déjà prêts. L’affaire du « gouvernement de l’ombre », évoquée par le Washington post entre dans cette ligne. Présentée par Bush comme des reliques de la guerre froide, les installations souterraines près de Washington auraient été maintenues en cas d’attaques terroristes. Une liste de la FEMA pourrait avoir atteint 100000 citoyens considérées comme menaces à la sécurité ce sont des nouveaux terroristes). Dans l’esprit du patriot act. La crainte est, qu’en cas de basculement en loi martiale, ce soit Blackwater qui devienne le bras armé de la FEMA, puisque, selon le Washington Post, la célèbre société d’intervention militaire privée a déjà bénéficié d’un copieux contrat pour assurer la sécurité des sites de la FEMA. En outre, présageant de mauvais augures, Blackwater entraîne déjà la police US.

Les doutes s’épaississent quand des témoignages privés évoquèrent des contrats de construction de moyens de transports massifs dédiés aux prisonniers. Un reporter, Pamela Schuffert mentionne, après avoir rencontré les employés de la société, la construction de wagons-prisons à 3 étages par Gunderson Steel, ainsi qu’une commande faite à la Chine de 20000 wagons-prisons qui auraient été stockés Certains sites montrent une photo de ces wagons-prisons, à 2x30 hublots, qui seraient gérés par le biais du JPATS. La FEMA en aurait commandé plus de 100000 ! A un par hublot, cela ferait une capacité de 6 millions de prisonniers, à deux, cela ferait 12 millions.

Cerise sur le gâteau : Des centaines de milliers de cercueils en plastique, découverts en Géorgie. Il y en aurait des milliers, selon une source Le Nec plus Ultra des cercueils bon marché, étanche, garanti 1 siècle, pouvant contenir 2 ou 3 personnes, , le volume serait de 125000 cercueils, mais il y aurait eu des livraisons antérieures. On y apprend que, selon une indiscrétion, d’un anonyme, haut responsable de l’administration de Washington, un cataclysme nucléaire, devant advenir sous 20 ans, devrait faire périr 10 millions personnes, raison de la préparation des cercueils.

Des listes circulent

La réalité d’aménagement de camps existants, ou de nouvelles constructions, est incontestable, puisqu’elle correspond au contrat sonnant et trébuchant signé par KBR. Subsiste le doute de la destination. De nombreuses enquêtes furent menées sur le terrain, enquêtes privées, cela va sans dire, puisque nul média officiel ne prendra le risque de la moindre spéculation. Les enquêtes ci-dessous peuvent donc toutes être mises en cause, puisque issues d’initiatives privées, toutefois elles apportent d’appréciables indications, interviews de témoins, constructions de miradors auxquels il faudrait ajouter d’autres supposés camps de concentrations américains à l’étranger, comme le suspecté camp secret de Pologne. Quelques vues aériennes de camps américains intra-muros circulent, mais il n’y a bien sûr aucun moyen de vérification.

Combien de camps ? Les sources sont évidemment toutes d’origine privée, et toutes de fiabilité contestable. Pour information, les chiffres qui circulent sont les suivants : Selon une indiscrétion de la CIA, c’est 3700 camps qui seraient en place. La plupart des sources du net indiquent entre 600 et 800. Il semble, de toutes manières, illusoires d’avoir un chiffre précis, faute d’informations, et faute de savoir de quoi on parle, entre les prisons déjà opérationnelles gérées par Wackenhut qui seraient à ajouter à la liste en cas de fusion, entre les bases militaires désaffectées ou non-utilisées, et les entrepôts opérationnels rapidement aménageables.

Il en va de même pour les reportages, à part de très rares miraculés ayant traversés les filtres médiatiques, comme celui de CBS4news, il n’existe que des reportages privés. L’un d’eux concerne le camp de Beach Grove dans l’Indiana dont voici un extrait des commentaires :

« Toutes les mesures de sécurité prises ici sont particulièrement inhabituelles car il s’agit d’une région très peu touchée par le crime et ce site, qui n’est finalement rien d’autre qu’une ancienne station de réparation de trains, ne contient aucun objet qui vaille la peine d’être volé Ce site est supposé avoir été fermé afin d’être rénové. Il a d’ailleurs bénéficié de 7 millions de dollars de la part du gouvernement fédéral. Les manches à air et les marques au sol sont présentes partout sur le site. Les travaux de rénovations qui ont été effectués consistent en l’installation de miradors, de tourniquets électroniques et des revêtements en béton A côté de la voie ferrée, entre les clôtures, sur les quais, il est indiqué « Red Zone ». Les voies ferrées ont été complètement refaites par endroits. Une grande tour de contrôle domine le camp et quatre haut-parleurs y sont accrochés ».

Plus inquiétants encore, dans les mains de la FEMA, sont les DUMB (Deep Underground Military Bases – Bases militaires en profond sous-sol), dont on peut aussi trouver des listes, sans garantie de fiabilité, ou plus sérieuses, certainement incomplètes. Là aussi, l’article confirme que la FEMA dispose d’un nombre important d’entre elles:. Doit-on faire un rapprochement avec l’affaire du « gouvernement de l’ombre », évoqué par le Washington Post, qui a été cité plus haut ? Doit-on faire un rapprochement avec le projet du Svalbard capable d’une « réserve de semences pouvant accueillir jusqu’à 4,5 millions d’échantillons » ? Tous ces faisceaux d’éléments ne sont-ils qu’un mirage surréaliste, ou se prépare-t-il un événement ?

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