La crise des migrants comme révélateur d’infamies

Publié le par Bernard Gasnot

Ne rentrer pas dans le jeu des multinationales, ne vous fait pas d'avoir comme vous avez fait en votant 2012 pour hollande....ou continuer a etre de gentils moutons quitte a beler un peu

Tout simplement ahurissant. Tout ce qui touche à la crise migratoire qui submerge l’Europe aujourd’hui est ahurissant. Ses causes et les responsabilités qui vont avec d’abord, systématiquement passées sous silence par les medias-Système. Le cynisme absolu du Kaiser européen Merkel ensuite, qui après avoir jeté sans état d’âme le peuple grec aux ordures du capitalisme triomphant, tente de se faire passer pour un Robin-des-bois alors qu’elle dégouline d’arrière-pensées intéressées. Enfin, la gestion désastreuse d’une crise hautement prévisible pourtant, par une Europe qui oscille entre le droit-de-l’hommisme débilitant des salons parisiens côté Ouest, et une furieuse envie de tirer dans le tas côté Est. La crise des migrants comme révélateur d’infamies en somme.
Depuis un mois, les medias-Système occidentaux ont été sommés de braquer tous leurs projecteurs sur la crise des migrants mais sous l’angle émotionnel exclusivement. On passe ainsi comme chat sur braises sur la question des causes réelles, et on oublie systématiquement de pointer clairement les responsabilités.
Or ces responsabilités sont connues, évidentes, indiscutables, et il faut les rappeler, les hurler même.

L’Etat-voyou israélien à la manœuvre
Il y a d’abord les 70 ans de l’interminable massacre de la Palestine par l’Etat-voyou israélien. Une humiliation permanente durant laquelle, tout au long de sept longues décennies, l’entité sioniste a bénéficié non seulement d’une impunité totale mais d’un soutien inconditionnel du Bloc atlantiste dans son affirmation sous-jacente que les musulmans et les arabes en général, et les Palestiniens en particulier, étaient des sous-hommes (untermensch). Or ces septante ans d’injustice institutionnalisée et avalisée par l’ONU ont été l’un des principaux facteurs d’instabilité au Moyen-Orient. Ces sept décennies de meurtres, de massacres, de pillages, de torture et d’apartheid infligés à l’ombre de la Mosquée Al-Aqsa ont largement nourri le fondamentalisme islamiste des coupeurs de têtes de Daesh, Al-Qaïda et al-Nosra qui poussent aujourd’hui des populations entières à l’exode.

Pilonnage étasunien
Coupables aussi les Etats-Unis, pour leur politique d’agression permanente des pays arabes jugés insoumis; pour leur politique de regime-change; leurs campagnes d’assassinats ou leurs boucheries de masse subventionnées ou non par l’ONU; leur stratégie de création, manipulation et instrumentalisation de groupes terroristes; leurs fausses révolutions et vrais coups d’Etat: autant d’ingérences à buts mafieux, économiques ou stratégiques qui ont maintenu la marmite moyen-orientale en ébullition permanente, pavant la voie à l’émergence des coupe-jarrets d’EI et de ses avatars.
Ce sont aussi les Etats-Unis qui, avec l’aide intéressée de leurs alliés progressistes du Golfe, ont rendu ces groupes extrémistes parfaitement opérationnels en leur assurant financement, armement et souvent même encadrement.
Aujourd’hui encore, malgré toute l’horreur qui résulte de leurs cyniques calculs, les Etats-Unis cherchent à instrumentaliser leur monstre Daesh (1) contre Bachar al-Assad, ce qui en dit long sur le degré d’incuplabilité dont ils sont capables face aux conséquences criminelles de leur stratégie dans la région.

L’Europe à la botte
Coupable enfin l’Europe de Bruxelles, cette technocratie sans âme conçue par le grand capital pour soumettre plus efficacement les peuples du Vieux Continent à la prédation du néolibéralisme globalisé.
Une Europe qui s’est révélée politiquement soumise et même rampante face au commandeur étasunien dont elle a soutenu tous les forfaits au Moyen-Orient, partageant ainsi légalement et moralement avec lui la responsabilité de tous ses crimes.
Une Europe qui plus est fer de lance de la dévastation de la Libye, dont le résultat aura précisément été d’ouvrir les vannes de la grande crise migratoire d’aujourd’hui.
Israël, l’Empire US et l’Union Européenne sont donc collectivement et directement responsables, et coupables, de chaque souffrance endurée, de chaque larme ou goutte de sang versée, de chaque vie sacrifiée durant l’exode des migrants.

Merkel ou la compassion sélective et intéressée
Et puis il y a ce cynisme insupportable du Kaiser Merkel faisant des selfies avec les migrants. Cette même Merkel qui a puni si honteusement le petit peuple grec pour avoir osé tenter le chemin de la résistance, en le jetant dans la précarité et la pauvreté, et qui prétend maintenant jouer les Robins-des-bois face aux réfugiés.
Or tout ce qui intéresse Madame Merkel, c’est de compenser le déclin démographique d’une Europe en voie de stérilisation, de fournir de la main d’œuvre bon marché à l’industrie allemande et donc, accessoirement, de faire baisser les salaires pour augmenter la compétitivité de son pays (en temps de crise, y’a pas de petits profits).
Il faut dire que l’Allemagne a largement bâti sa puissance économique d’après-guerre en exploitant la pauvreté et donc les bas salaires des pays de l’Est. Il y a donc une certaine continuité dans sa volonté de vouloir exploiter la pauvreté des migrants.
D’ailleurs, il ne s’agit «d’incorporer» que cette vague-là, qui a pu se payer la traversée de la Méditerranée, ce qui suppose une certaine aisance financière pour la plupart et, donc, un certain degré d’instruction.
Les autres, les trop-pauvres pour fuir au-delà du Liban ou de la Jordanie, supposés sans instruction, peuvent crever.

L’Europe qui n’existe pas
Enfin, il reste l’Europe comme entité politique responsable de la gestion de la crise, et qui se révèle lamentable comme il se doit. Mais il serait faux de croire que c’est la crise migratoire qui déchire l’Europe, notamment sur la question des quotas. En fait, cette crise révèle simplement son absence totale de cohésion ou d’unité et atteste encore, s’il en était besoin, du fait que la construction européenne est bancale par nature, car édifiée comme un agglomérat d’intérêts purement économiques.
A l’Ouest, où les peuples supposés vivre dans l’opulence ont été travaillés au corps par des medias-Système qui leur ont inculqué que la religion et la nation, c’était le mal, et que le consumérisme et la mondialisation, c’était le bien, le discours culpabilisant domine. Mobilisations gauche-caviar, façon charity-business, et campagnes médiatiques sont là pour faire comprendre au petit peuple qui s’inquiéterait pour son identité et son niveau de salaire futurs qu’il est hors sujet.
A l’Est, où l’idée de nation et la crainte d’une perte d’identité religieuse sont encore présentes, c’est la panique et le rejet violent à coups de barbelés, de lacrymogènes ou de matraques au besoin.
De la crise de l’euro à la crise migratoire, en passant par la crise grecque, l’Europe se délite donc lentement mais sûrement, et l’on en vient simplement à se demander à quel moment l’implosion surviendra. Durant cette crise? La prochaine?
Il est vrai que le ciment façon Goldman-Sachs a ses limites.

Vive le Marché-Monde
Au final, cette crise migratoire apparaît donc comme un révélateur d’infamies, une immense tragédie de plus à mettre à l’actif d’un Bloc atlantiste dont le modèle de civilisation, prétendument indépassable, ne sait plus produire que ruines, souffrances et désolation de par le monde.
A ce stade, comme nous l’avions déjà évoqué dans notre précédente billet sur le sujet . seuls les idéologues hallucinés du Système néolibéral globalisé peuvent encore se réjouir. Eux qui, dans leurs think-tanks ou groupes de pression genre Bildeberg, espèrent que ces brassages de population accéléreront enfin la chute des nations au profit de l’avènement de ce Marché-Monde tant attendu, un Marché-Monde servi bien sûr par son troupeau d’esclaves
apatrides lobotomisé par médias interposés.
Au moins, eux, ont un programme.

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