Débordée la Suède exige la répartition des réfugiés dans les pays de l'UE

Publié le par Bernard Gasnot

La Suède sonne l'alarme: elle ne peut plus faire face à l’afflux de réfugiés et appelle les autres pays européens à partager le fardeau en accueillant des migrants. Le gouvernement suédois vise à présenter ce jeudi une demande formelle auprès de la Commission européenne sur la relocalisation, dans l'UE, d'une partie des dizaines de milliers de migrants arrivant en Suède.

La Suède a pendant longtemps pris une large responsabilité par rapport aux autres pays de l'UE, et nous sommes désormais dans une situation extrêmement tendue. Il est temps que d'autres pays prennent leur responsabilité", a déclaré le premier ministre suédois Stefan Löfven. Cet appel a été chaleureusement soutenu par le président du Conseil européen Donald Tusk, avec lequel M. Löfven s'était entretenu mercredi dernier à Stockholm.

Merkel parle des failles du système d'accueil des réfugiés

"La Suède est le premier pays concerné, en Europe, en termes de réfugiés et demandeurs d'asile par habitant. Grâce à la réserve (de quotas) libérée par la décision de la Hongrie, la Suède peut légitimement prétendre à notre soutien", a indiqué Donald Tusk, cité par l'AFP, au cours d'une conférence de presse conjointe. La Suède avait été le premier pays à recevoir des demandeurs d'asile déplacés par l'Union européenne, accueillant 19 Érythréens arrivés d'Italie le 9 octobre. Les centres d'accueil suédois pour demandeurs d'asile étaient pourtant alors près d'afficher complet. Selon Stefan Löfven, fervent avocat d'une ouverture des frontières de l'UE aux migrants, son pays était "aux limites de ses capacités d'accueil".

"Nous avons atteint un point où nous ne pouvons plus accueillir les personnes dans les conditions que nous souhaiterions", a expliqué le premier ministre.

Suède: 190.000 migrants attendus cette année

Le royaume scandinave attend jusqu'à 190.000 réfugiés cette année, un chiffre qui, rapporté à sa population, correspondrait pour l'Allemagne à l'arrivée de 1,6 million de personnes. C'est pourquoi, Stockholm estime "mériter" une partie du quota de 54.000 personnes auquel la Hongrie a renoncé en s'excluant de ce mécanisme. Le gouvernement et l'opposition se sont mis d'accord, fin octobre, sur une série de mesures destinées à endiguer l'afflux de demandeurs d'asile. Il prévoit de délivrer des permis de séjours provisoires plutôt que permanents à certains demandeurs, de relever les conditions de ressources exigées au titre du regroupement familial et d'accélérer les demandes et la reconduite à la frontière des déboutés.

Les réfugiés à Berlin se plaignaient de la bureaucratie et de la nourriture

Dans le même temps, ils se sentent en sûreté dans la capitale allemande. Des migrants du Proche-Orient répartis dans le centre des réfugiés de l'arrondissement de Spandau dans la banlieue de Berlin n'expriment pas de plaintes concernant les conditions de vie, mais la bureaucratie allemande et l'alimentation monotone ne leur plaisent pas, rapportent les correspondants de la Radio 4 qui, malgré l'interdiction des gardes, ont pu questionner quelques habitants du refuge. Les gens qui arrivent ici doivent apprendre l'allemand, a déclaré le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel

Migrants: l'Allemagne traduit sa constitution en arabe

D'après les migrants, ils habitent en Allemagne déjà depuis plus que deux mois et ils se sentent en sûreté. Pourtant, selon eux, parmi les problèmes les plus importants, figure la bureaucratie, puisqu'ils ne savent pas combien de temps prendra l'établissement des documents pour les arrivants .De même, ils se plaignaient de la nourriture. Selon les personnes interrogées, on ne peut pas dire que la nourriture n'est pas bonne mais elle est monotone. A cause de cela, certains migrants ont des problèmes de la santé. Toutefois, les correspondants ont noté qu'en général, les réfugiés ont conscience de la situation actuelle et continuent à avoir de la patience, car ils estiment qu'ils ne retourneront pas dans un avenir proche à la maison.

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Le pédagogue 07/03/2016 18:02

Le pédagogue :


« La ruée migratoire », surtout depuis 2015, a poussé l’Union Européenne à décider d’un mécanisme dit de relocalisation pour les demandeurs d’asile.
Dans le cadre de ce programme, l’État en France s’est engagé à accueillir 30700 réfugiés.
135 personnes ont d’ores et déjà été accueillies.
150, en provenance de Grèce, ne vont pas tarder à l’être.
Ce qui va presque doubler le nombre des personnes accueillies en France où il est prévu d’accueillir 30700.
Mais comme dirait le défunt Driss Chraïbi, « petit à petit, le nid fait son oiseau ».
(Ce qui en France signifie petit à petit, l’oiseau fait son nid).
En attendant, il y a lieu de rappeler, encore rappeler, toujours rappeler, « ce qu tout le monde sait ».
Depuis longtemps, bravant tous les dangers, des milliers de personnes, hommes, femmes et enfants, chassés par les horreurs répandues dans les pays d’origine, tentent d’arriver en Europe et d’y rester, en dépit de l’hostilité dont elles sont l’objet, et qui ne date pas d’aujourd’hui.
Ce « processus migratoire » ne cesse de mettre en relief certaines conséquences des méfaits du système dominant qui a semé et qui sème encore, l’oppression partout.
En arabe, les personnes qui prennent la mer pour atteindre l’Europe sont appelés « lhrraaga » (les brûleurs).
Ce sont généralement des personnes qui tentent, à bord d’embarcations de fortune (affrétées par des assassins qui gèrent un trafic qui rapporte des sommes colossales), de quitter l’Afrique et d’autres pays situés ailleurs (comme l’Irak et la Syrie depuis peu), pour atteindre l’Europe, « la forteresse », où ils sont considérés, lorsqu’ils y arrivent, ce qui n’est pas toujours le cas, comme « clandestins ».
« Lhrraaga » parce que avant de se lancer dans cette tentative d’atteindre des côtes européennes, beaucoup brûlent (du verbe brûler, haraqa, hrq, hrg) tous les documents qui peuvent permettre de les identifier et donc de les expulser vers les pays de départ.
Des pays où sévissent des régimes fondés sur l’imposture, le crime, la trahison, la tromperie, la corruption, l’injustice, la perversion, la débauche, le mensonge, le pillage, l’oppression, l’exploitation, le viol, la torture, l’enfermement, la négation de l’être humain.
Avec ces régimes, pour les populations qui y subissent les horreurs, l’Afrique et d’autres pays situés ailleurs, sont des contrées où la merde gicle et dégouline de partout.
Nauséabonde.
L’esclavage a fait des ravages.
Le colonialisme n’a rien épargné.
Le système dominant continue d’alimenter, d’entretenir et de répandre les ordures et la pourriture.
Les régimes mis en place par ce système, sont tenus de tout mettre en œuvre afin de servir les intérêts de leurs employeurs.
Le système dominant a imposé à des populations entières de par le monde de chercher des moyens de subsistance dans des conditions, le plus souvent, atroces.
Les pays d’Afrique et d’autres pays situés ailleurs, restent pour les employeurs des réserves de matières premières et de main d’œuvre, des marchés pour tout écouler, des points stratégiques pour les militaires, des terrains d’expérimentations des armements, des lieux de pédophilie et autres « loisirs pour touristes », des dépotoirs multiples et variées et des décharges d’immondices.
Depuis un certain temps, l’Europe ne veut plus que ces « hrraaga » émigrent pour atteindre « la forteresse ».
Elle fait tout afin d’empêcher leur venue, mais ces « hrraaga » sont décidés à tout faire pour fuir les horreurs des es pays d’origine.
Ils n’ont rien à perdre.
Ils continuent de mourir pour fuir ce qu’ils ne peuvent plus supporter.
Afin de les contenir, l’Europe verse des sommes énormes (sommes que les corrompus mis à la « tête des États » à qui elles sont destinées, ajoutent à tout ce qu’ils ne cessent de piller pour s’enrichir, encore s’enrichir, toujours s’enrichir à ses employés pour qu’ils usent de tous les moyens de rétention.
Par ailleurs, en plus des possibilités illimitées de chaque État d’Europe, l’Union Européenne a mis en place une force dite « Frontex » avec des avions, des hélicoptères, des navires et autres, destinés à protéger « la forteresse » des assauts des « miséreux », des « hors-la-loi », des « envahisseurs », des « terroristes », comme des médias ne cessent de le répéter sur tous les tons et à tous les temps.
« Ils avaient le pas pesant, les bras ballants et la face effarée. Ceux qui s’arrêtaient pour les voir passer fermaient brusquement les yeux, en une minute de doute intense et subit, où l’origine et la fin conventionnelles de l’homme étaient vélocement révisées, les classifications des règnes et les métaphysiques mises à bas et échafaudées de nouveau comme un château de cartes sur leurs mêmes fondements et suivant la même systématique […] ils ouvraient les yeux : la faillite de la civilisation, sinon de l’humanité, qu’ils avaient vu défiler vêtue de fripes, ou, à tout le moins, des fripes emplies de néant » (Driss Chraïbi, Les Boucs, Paris, éditions Denoël, 1955, P. 26).