LE MASSACRE DE KATYN Novembre 1partie

Publié le par Bernard Gasnot

En 2010 Dimitri Medvedev reconnaisse officiellement l’implication de Staline dans les massacres de Katyn.

Les états-unis et l’Angleterre était au courant du massacres de Katyn par staline bien avant la découverte du charnier

• Mystérieuses disparitions.

Le 22 juin 1941, le déclenchement de l’opération Barbarossa met un terme à l’alliance germano-soviétique qui avait été conclue en août 1943. L’invasion de l’URSS par l’Allemagne nazie entraîne la réouverture des relations diplomatiques entre le gouvernement soviétique et le gouvernement polonais en exil à Londres. Le 30 juillet 1941, un accord est signé entre le général Wladyslaw Sikorski, représentant du gouvernement polonais en exil, et Yvan Maisky, ambassadeur soviétique en Grande-Bretagne. Il précise que « les traités germano-soviétiques relatifs aux changements territoriaux en Pologne ont perdu leur validité ». Le 12 août 1941, les prisonniers de guerre polonais en URSS se voient « amnistiés », et le 14 août, le général polonais Bohusz-Szysko conclut un accord à Moscou afin de constituer une armée polonaise en Russie, sous le commandement du général Anders.

Anders et Sikorski en compagnie de Staline, 1941

Or, sur les quelques 15.000 officiers polonais qui avaient été fait prisonniers par les Soviétiques, seuls 448 se présentent pour rejoindre le général Anders. Celui-ci ouvre alors une enquête afin de retrouver les officiers manquants, qui représentent 45% de l’effectif du corps des officiers de l’armée polonaise. Leurs familles sont sans nouvelle d’eux depuis le printemps 1940. En effet, vers mars-avril 1940, la correspondance des prisonniers s’était brutalement interrompue et les lettres envoyées par leurs familles étaient retournées avec la mention « destinataire parti ». Quant aux 448 officiers retrouvés, ils n’avaient pas revu leurs compatriotes depuis leur transfert au printemps 1940 des camps de Kozielsk, Ostrachkov et Starobelsk, situés près de Smolensk, vers celui de Pavelichtchev Bor puis de Grazovietz.



Le 3 décembre 1940, le général Anders et le général Sikorski interrogent directement Staline sur le sort de ces officiers. Il leur répond qu’il est possible qu’ils « aient fuient en Mandchourie ou [qu’ils] se cachent quelque part en URSS ». D’après Tadeusz Romer, ambassadeur de Pologne en URSS, environ cinquante demandes officielles de renseignements sur les disparus ont été adressées au gouvernement soviétique… et sont demeurées sans réponse. En mars 1942, la censure soviétique interdit la publication d’avis de recherche des disparus que leurs familles avaient fait paraître dans la publication de l’ambassade polonaise à Moscou.

• Macabre découverte.

Le 13 avril 1943, la radio allemande annonce que « l’un des gouvernements alliés a fait exécuter près de la moitié du corps des officiers d’un autre ». Les troupes nazies ont alors largement progressé en territoire soviétique, et ont notamment conquis Smolensk durant l’été 1941. Des charniers sont découverts dans la région à l’automne 1942, dans une forêt du nom de Katyn, mais les fouilles ne sont entreprises qu’à partir du 29 mars 1943, sous la direction du professeur Gerhard Buhtz.

Les Allemands découvrent alors que ces charniers abritent les corps d’officiers polonais. Pour Goebbels, ministre de la Propagande, il s’agit là d’une occasion rêvée de diviser les Alliés, alors que le Reich se trouve en grande difficulté sur le front de l’Est. Hitler ne s’y trompe pas et demande que « cette affaire soit exploitée au maximum ».

Cela explique pourquoi les autorités allemandes différent de près de deux semaines l’annonce de la découverte des charniers. Pour frapper un grand coup, elles veulent recueillir un maximum d’informations sur ce massacre. Cependant, les chiffres annoncés à la radio allemande sont nettement et volontairement gonflés. Les estimations allemandes varient en effet entre 10.000 et 12.000 victimes. Or seuls 4.143 corps furent déterrés sur le site de Katyn, et seulement 2.730 identifiés. Ces chiffres gonflés correspondent en fait à peu près au nombre d’officiers disparus. Il se peut que les Nazis aient réellement cru que ces tombes renfermaient la totalité des disparus, mais il est évident que l’annonce de tels chiffres servait avant tout leur propagande. Il faut tout de même rappeler qu’alors que les Nazis déploraient à longueur de journée à la radio le sort tragique de ces officiers polonais commençait la liquidation du ghetto de Varsovie (19 avril 1943). A n’en pas douter, « leur indignation n’était que de commande », comme l’écrit Henri de Montfort.

• Une succession d’enquêtes.

L’annonce de cette découverte bouleverse bien entendu les Alliés mais ceux-ci ne sont pas dupes de la manœuvre allemande et veulent éviter que cette campagne de propagande n’atteigne son but. Les Soviétiques démentent être responsables du massacre et dénoncent en retour les Nazis d’en être les véritables auteurs. Ainsi, le 15 avril 1943, le bureau d’Information soviétique déclare que « des prisonniers de guerre polonais qui, en 1941, travaillaient à des ouvrages de construction à l’est de Smolensk, étaient tombés entre les mains des bourreaux germano-fascistes qui les avaient liquidés ».

Le gouvernement polonais en exil se montre prudent, mais peut difficilement rester indifférent à cette terrible annonce. Il décide de faire appel à une instance neutre et internationale pour faire la lumière sur cette affaire; le 17 avril, une demande officielle d’enquête est présentée à la Croix Rouge à Genève par le gouvernement polonais. Or, une heure auparavant, le délégué de la Croix Rouge allemande, bien renseigné, avait formulé la même demande. Cette coïncidence organisée par les Allemands est le prétexte saisi par les Soviétiques pour suspendre leurs relations avec le gouvernement polonais qui, selon eux, « a glissé sur la voie d’un accord avec le gouvernement hitlérien ». Le 19 avril, la Pravda titre sur « Les collaborateurs polonais de Hitler » !

Malgré tout, plusieurs commissions d’enquête sont envoyées sur place, où elles travaillent jusqu’au début du mois de juin 1943:

- une commission internationale indépendante, dirigée par le Dr.Orsos et composée de représentants de 12 nations, dont la plupart sont ressortissants de pays alors occupés par les Nazis ou alliés de l’Allemagne, qui se rend à Katyn le 28 avril.

- une commission de la Croix rouge polonaise de neuf membres, envoyée par les Allemands, qui ignoraient que certains de ses membres appartenaient à la Résistance, et accompagnée de prisonniers de guerre dans le but qu’ils témoignent en faveur du Reich.

- une commission spéciale allemande.

Il faut d’ores et déjà noter que si ces commissions travaillent séparément, elles parviennent dans l’ensemble aux mêmes conclusions: entre 4.000 et 4.500 officiers polonais ont été exécutés là au printemps 1940.

Lorsque les Russes reprennent le territoire de Katyn à la fin de l’été 1943, ils mettent en place leur propre commission d’enquête dont le nom ne laisse aucune équivoque quant à sa mission : « Commission extraordinaire chargée d’enquêter sur les circonstances du meurtre d’officiers polonais par les envahisseurs fascistes allemands dans la forêt de Katyn ». Elle conclue, elle a la responsabilité allemande du massacre, qui aurait eu lieu entre septembre et décembre 1941 faux.

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