Guevara, « un mythe » ?

Publié le par Bernard Gasnot

Che Guevara, déjà héros de son vivant, devient un mythe ? L'éditeur italien Feltrinelli sort de ses tiroirs un cliché que lui avait offert le photographe cubain Korda. Il en fait une affiche : les yeux de braise sous un béret étoilé, les cheveux au vent, fait le tour du monde. Le nom de Guevara est scandé sur les barricades de mai 68 à Paris. Il est chanté dans toute l'Amérique du Sud. Le Che est un « symbole » pour toute une génération, en Amérique Latine et dans le monde entier.

Dans les années 80, l'idole est oubliée, les affiches sont décrochées des murs : l'époque n'est plus aux grands idéaux révolutionnaires. 1995 : un ancien officier bolivien affirme que le Che a été enterré près de la piste de l'aéroport de Vallegrande. L'armée bolivienne n'avait jamais voulu révéler le lieu de sépulture du guérillero. Enterré, incinéré ? Toutes les hypothèses ont circulé mais le mystère subsiste. Des recherches sont entreprises, puis interrompues, faute de résultat.

A la même époque, un certain intérêt pour le Che semble renaître. Plusieurs biographies paraissent, des projets de superproductions cinématographiques sont en cours... Juillet 1997 : des ossements déterrés à Vallegrande sont formellement identifiés comme étant ceux du Che. La découverte de sa dépouille tombe à pic, l'année du 30e anniversaire de sa mort. Les ossements sont solennellement transférés à Cuba, où 1997 a été décrétée " année du guérillero héroïque " et où des célébrations grandioses sont prévues.

En Bolivie, le ministère du tourisme a monté dans le sud-est du pays une sorte de " Guevaratour " qui propose aux touristes de suivre les traces de la dernière guérilla du Che. Le Che est partout : les T-shirts à son effigie refleurissent, de nombreux livres sont édités, un disque rassemblant les chansons à sa gloire est vendu à des milliers d'exemplaires, un clip de la fameuse chanson de Carlos Puebla, à la sauce années 90, passe sur les télés, deux documentaires sont sur les écrans...

Le Che a vécu pour ses idées, sans jamais se compromettre jusqu'à mourir pour elles, quasiment seul, dans un ravin perdu de Bolivie. En fait, il a gagné parce qu’avec son effigie, il est devenu plus dangereux, pour la bourgeoisie et le parti, sa mort fut programmer que vivant.

Le combat du CHE continue parce que c’est le combat de la jeunesse qui lutte pour un monde diamétralement opposé au monde capitalo-impérialiste.

Commenter cet article