Ainsi était le CHE aux côtés de la révolution algérienne

Publié le par Bernard Gasnot

Pour le soutien du combat pour une réelle démocratie en Algérie ceci, dans un contexte anti capitaliste. (L’impérialisme capitaliste). (Le monde n’est pas une marchandise, les êtres humains non plus)

Pour la condamnation de la complicité du pouvoir socialiste de la France envers le pouvoir corrompu et assassin d’Algérie. Condamnation des multinationales.

Pour la condamnation des islamistes coupables d’atrocités.

Le 9 octobre 1967, ERNESTO CHE GUEVARA était assassiné. Celui que Jean-Paul Sartre qualifia d’ « être humain le plus complet de notre époque ». Le président Ahmed Ben Bella l’a souvent rencontré, entre 1962 et 1965, à Alger, qui était alors une terre d’asile pour tous les anti-impérialistes du monde.

Depuis trente ans, CHE GUEVARA interpelle nos consciences. Par-delà le temps et l’espace, nous entendons l’appel du « CHE ».

Il était un preux, mais un preux conscient. Je l’accompagnais parfois sur les hauteurs de Chréa…

… Cette solidarité se confirmera d’une manière spectaculaire lors de la première alerte grave qui menaça la révolution algérienne. Notre jeune armée tout juste sortie d’une lutte de libération, qui ne possédait encore ni couverture aérienne, ni force mécanisée, fut attaquée par les forces armées marocaines. Nos ennemis avaient décidé qu’il fallait briser l’élan de la révolution. CHE et les dirigeants cubains nous envoyèrent un bataillon de vingt-deux blindés et plusieurs centaines de soldats. Ces chars avaient été livrés à Cuba par les soviétiques à la condition expresse de n’être mis en aucun cas entre les mains de pays tiers…

CHE GUEVARA était particulièrement conscient des restrictions innombrables qui entravent et affaiblissent une véritable action révolutionnaire, dès l’instant où elle est confrontée avec des règles implacables de la loi du marché et de la rationalité mercantile. Il les dénonça publiquement lors de la conférence d’Alger en février 65…

CHE tenait à ce que son engagement fût total et physique… Il refusa l’avion particulier que je voulais mettre à sa disposition pour assurer une plus grande discrétion à ses déplacements…

CHE était parti d’Alger lorsque eut lieu le premier coup d’Etat militaire, contre lequel, d’ailleurs, il m’avait mis en garde. Son départ d’Alger, puis sa mort en Bolivie et ma propre disparition pendant quinze années doivent être étudiés dans le contexte historique…

Cette date du 9 octobre 67 inscrite en lettre de feu dans nos mémoires évoque une journée incommensurablement sombre pour le prisonnier solitaire que j’étais, alors que les radios annonçaient la mort de mon frère et que les ennemis que nous avions combattus ensemble entonnaient leur sinistre chant de victoire. Mais plus nous nous éloignons de cette date, quand s’estompent dans les mémoires les circonstances de la guérilla, plus le souvenir du « CHE » est présent dans l’esprit de ceux qui luttent et qui espèrent. Plus que jamais, il s’insère dans la trame de leur vie quotidienne. Quelque chose de « CHE » reste attaché à leur cœur, à leur âme, enfoui tel un trésor dans la partie la plus profonde, la plus secrète et la plus riche de leur être, réchauffant leur courage, attisant leur énergie. Un jour de mai 72, le silence opaque de ma prison jalousement gardée par des centaines de soldats fut brisé par un grand brouhaha. Ainsi appris-je que, à quelques centaines de mètres seulement, Fidel Castro était là, visitant une ferme modèle toute proche et ignorant sans doute que je me trouvais dans cette maison mauresque…CHE ne fut aussi vivant dans ma mémoire… Une grande photo du CHE a toujours été épinglée sur les murs de notre prison…Mais une autre photo, une petite photo découpée dans un magazine et que j’avais collée sur un carton et protégée d’un plastique nous a toujours accompagnés… C’est la photo d’ERNESTO CHE GUEVARA étendu , torse nu et dont le corps irradie tant de lumière. Tant de lumière et tant d’espoir.

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