17 juillet 1918, l'assassinat de Nicolas II, de sa famille et quelques serviteurs

Publié le par Bernard Gasnot

1er octobre 2008: Le Présidium de la Cour Suprême de Russie a reconnu que les répressions contre le tsar Nicolas et sa famille comme injustifiées et a décidé de les réhabiliter. Il ne reste plus, à cette cour de justice qu'à condamner, à titre postume, les commanditaires et les assassins. Ce qui obligerait à effacer les rues, les villes, les oblasts qui portent encore le nom des meurtriers, Lénine et Sverdlov!

27 août 2010: La décision de la Cour suprême permet la réouverture l'enquête sur le meurtre du Tsar et de sa famille. Un acte tout sauf anodin car il permettra au peuple russe de faire connaître la vérité sur l'horreur des bolcheviks masquées par des tonnes de mensonges. L'article d’Aurélia Vertaldi, apporte des informations intéressantes sur la réhabilitation du tsar Nicolas II. La cour a répondu à une plainte déposée il y a 3 ans par la Grande Duchesse Maria Vladimirovna dont le bisaïeul était Alexandre II. Après avoir été rejetées plusieurs fois, la ténacité a fini par payer. Quant à Ivan Artsichevski, autre descendant, il a déclaré: “«Le fait que l'Etat russe a reconnu sa responsabilité pour ce meurtre est un pas vers un repentir général et la réhabilitation de toutes les victimes innocentes» des bolcheviks. Les victimes de tortures, d'arrestations arbitraires, de déportations, d'exécution par le poison, le froid, une balle ou la faim, se chiffrent à au moins 5 millions, sans compter les exilés!

Autant les soi-disantes grandes réalisations de la soi-disante révolution d'octobre (un coup d'état financé par l'Allemagne du Kaiser) ont été célébrées par des troupeaux d'idiots utiles entraînés et trompés par une armée d'agents en manipulation et désinformation, autant cette authentique réalisation a été tout d'abord cachée, puis falsifiée. Evidemment parce qu'elle montrait l'envers du décor du bolchévisme, celle d'un régime abject et inhumain imposé par le sang et les larmes.

Le massacre de l'ex-tsar Nicolas II fait partie d'un plan secret pour détruire l'ensemble de la famille des Romanov De juin 1918 à janvier 1919, 18 membres de la dynastie des Romanov sont assassinés et dans certains cas, les corps n'ont jamais été retrouvé.

Les faits

Nicolas II, son épouse, ses 5 enfants (les 4 grandes-duchesses Maria, Olga, Tatania, Anastasia et Alexis), le docteur Ievgueni Botkine et trois domestiques (la femme de chambre Anna Demidova, le valet de chambre Alexeï Trupp et le cuisinier Ivan Kharitonov ), ont été déportés, fin mai 1918, à Iekaterinbourg, une ville au-delà de l'Oural. Sous le contrôle de la Tchéka, dans la villa Ipatiev réquisitionnée, ils survivent dans des conditions misérables, au contraire des chefs bolchéviks.

Nicolas II Le sort des Romanov

Nicolas II et les siens sont toujours à Ekaterinbourg (revers oriental de l'Oural), où on les surveille étroitement. Les autorités bolchevistes les ont fait garder d'abord par des soldats russes; mais, craignant que ceux-ci ne soient trop complaisants pour la famille impériale, elles les ont remplacés par d'anciens prisonniers autrichiens et hongrois, qui se sont enrôlés dans l'armée bolcheviste. Nicolas II n'a plus auprès de lui que le général Tati (Tatichtchef?) et le docteur Botkine. Son aide de camp dévoué, le prince Dolgorouky, a été enfermé dans la prison d’Ekaterinbourg, où il a rejoint le prince Lvov, ancien chef du gouvernement provisoire et l'évêque Hermogène.

Certains membres de la famille impériale, qui se trouvaient à Ekaterinbourg avant l'arrivée de Nicolas II, en ont été éloignés lorsqu'il fut amené dans cette ville. Parmi eux sont le grand-duc George Michaïlovotich avec sa femme, née princesse de Grèce, les princes Constantinovitch. Le prince Palaï et la grande-duchesse Serge, soeur de la tsarine. Tous ces membres de la famille impériale ont été déportés à Latchevskx, localité ouvrière de la région de l'Oural.

Journal de Genève du 3 juin 1918

Le 23 mai, Pierre Gillard et quelques autres personnes qui avaient accompagnés solidairement la famille impériale sont forcés de la quitter.Qui a pris cette décision? Certainement pas Iourovsky, un simple exécutant? Ce fait est-il la preuve que la décision de massacrer Nicolas II avec sa famille avait été déjà prise? L'engrenage tragique se confirme quand les cousins anglais des Romanov refusent de leur accorder asile alors que la tsarine est la petite fille de l'impératrice Victoria. Dommage que la Suisse n'aie pas accueillis la famille de Nicolas II alors qu'elle avait reçu Lénine. Cela était pratiquement possible puisque le précepteur suisse, Pierre Gillard, était en contact avec la Légation Helvétique de Petrograd puisqu'elle a pu organiser son retour en Suisse avec ses nombreuses photographies de la famille Romanov. La Confération suisse avait bien accordé asile à Lénine et à d'autres assassins, alors pourquoi pas à la famille impériale russe?

Pierre Gilliard, ce Vaudois précepteur durant 13 ans des enfants impériaux et également photographe, avec des nombreux détails sur la déportation et l'assassinat de la famille de Nicolas II.. Empêché de descendre du train à Ekaterinbourg, il échappa à la tuerie et put rentrer en Suisse où il publia: Pierre Gilliard, Treize années à la cour de Russie (Péterhof, septembre 1905 - Ekaterinbourg, mai 1918): Le tragique destin de Nicolas II et de sa famille, Editions Payot, 1922.

Nicolas II Captivité de Tsarskoïe-Selo

Le 15 mars 1917 (2 mars calendrier grégorien), Nicolas II demande au professeur Fiodrof si la maladie d'Alexis est incurable. Ayant entendu Fiodrof affirmer que «le mal est inguérissable», il murmura: «c'est bien ce que m'avait l'impératrice… Eh bien, puisqu'il en est ainsi, puisqu'Alexis ne peut être utile à son pays comme je le voudrais, nous avons le droit de la garder.» Sa résolution est prise et le soir il remet l'acte d'abdication aux représentants du gouvernement provisoire et de la Douma. Le lendemain de l'abdication, le grand-duc Michel, sur le conseil de tous les membres du gouvernement provisoire, sauf deux, se désistait et remettait à une assemblée consistante de décider quelle sera désormais la forme du gouvernement. Cette assemblée normalement élue sera dissoute par Lénine en janvier 1918. Dans son dernier prikaz du 8 (21) mars 1917, Nicolas affirme que: «Cette guerre sans exemple doit être conduite jusqu'à la victoire définitive. Quiconque songe à la paix et la désire en ce moment est traître à sa Patrie et la livre à I'ennemi.» ce que fit Lénine avec la honteuse capitulation de Brest-Litovsk du 3 mars 1918.

«L'empereur n'a pas voulu que le sang d'un seul Russe fût versé pour lui. Il a toujours été prêt à renoncer à tout s'il avait eu la certitude que c'était bien pour le bien de la Russie.» Au début juillet, Iakov Mikhaïlovitch Iourovski (de son vrai nom Yankel Chaimovitch) reçoit l'ordre de Iakov Solomon dit Sverdlov, de les abattre et de faire disparaître les cadavres. Cet ordre est exécuté à l'aube du 17 juillet 1918, dans le plus secret, et ne cherchez pas dans le journal du parti "Pravda = Mensonge", un compte-rendu de cet exploit réalisé en forçant des civils sans défense à descendre dans une cave où ils sont rejoints par une escouade de la Tchéka. C'est la quintessence de l'ignominie de la vraie nature du bolchévisme, assassiner des innocents désarmés, fait abject qui serait légitimé par une autre quintessence, celle des Lumières et de Jean-Jacques Rousseau, la justification du totalitarisme, affirmant que le progrès social autoriserait la liquidation physique de ceux qui sont qualifiés de «réactionnaires» et d'«exploiteurs», pour lesquels cette tragédie serait une sorte de dommage collatéral: la terreur rouge de 1917 se justifierait par celle de 1793! On ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs, mais on peut aussi, et il ne faut surtout pas l'oublier, casser des millions d'oeufs et rater l'omelette.

4 jeunes filles

Il paraîtrait que ces 4 jeunes filles seraient des "ennemis du peuple" et que ce serait au nom de ce même peuple qu'elles ont été abattues, leurs cadavres n'ayant pas pu être incinéres, furent découpés, en partie brûlés à l'acide et jetés dans deux fosses

L'ignomie était telle que Lénine et Sverdlov l'ont tenue secrète!

Est-il important de savoir si le tsar a été abattu dans la cave, les autres ailleurs, plus tard? Certainement, mais il est étonnant le nombre d'historiens qui se perdent dans les détails! En plus du plan des bolchéviks pour cacher leur forfait, le flou fut également provoqué par quelques mythomanes se faisant passer pour Anastasia ou d'autres survivants:

Et des margoulins usant de cette tragédie pour faire l'important. Mais cela ne doit faire perdre l'essentiel: le caractère ignoble de cet acte qui résume l'horreur du régime bolchévik. Et hélas, ce n'était que le début… Ces escrocs qui se prétendaient le peuple, ont détruit la vie de dizaines de millions d'innocentes victimes du peuple grâce à de nombreux complices.

Les masses sont libres et armées: toujours les mensonges sans vergogne de Lénine

Le Drapeau rouge du 5 avril 1924 rappelle "candidement" la vraie nature de Lénine: le pouvoir à tous prix, le pouvoir POUR LUI, les masses étant celles des "idiots utiles". «Démocratie et violence - Une révolution se distingue précisément de la "situation normale" d'un Etat, en ce sens que les questions légitimes intéressant la vie de l'Etat sont directement tranchées par la lutte des classes et des masses, lutte poussée jusque dans ses formes extrêmes comme il est inévitable lorsque les masses sont libres et armées. De ce fait essentiel ressort l'insuffisance de manifester en période révolutionnaire la "volonté de la majorité". Ce qu'il faut, c'est être le plus fort au moment décisif. En un mot vaincre.» Lénine, 26 juillet 1917.

Le livre de Richard Pipes “La Révolution Russe” (Puf) fut escamoté et pour cause car il rapporte un témoignage de Yourovsky (Iourovsky), l'exécuteur!

Les 2 commanditaires: Lénine et Sverdlov

Un chef d'une bande d'assassins qui a fait basculer dans le sang et les larmes la Russie, Vladimir Oulianov dit Lénine, leader autoproclamé d'un gouvernement illégitime, ennemi du peuple, qui se fait appeler du titre fallacieux de soviet des commissaires du peuple. Sa vertu principale, tromper et faire tuer ceux qui ne sont pas dupes de ses mensonges! Mais dans l'Assemblée constituante légitime, les acolytes de Lénine, les bolchéviks sont très minoritaires, alors Lénine ordonne à sa garde de la liquider et faire exécuter les socialistes qui y étaient majoritaires. Lénine, l'ennemi du peuple! En fait, avec la création de l'Internationale communiste, il faudrait dire l'ennemi des peuples!

Iakov Solomon dit Sverdlov, prétendu chef d'un gouvernement totalement illégitime, le sovnarkom

En 1990, le dramaturge et historien moscovite Le massacre de l'ex-tsar Nicolas II fait partie d'un plan secret pour détruire l'ensemble de la famille des Romanov, Alexei Akimov, qui racontait comment il transmit personnellement l'ordre d'exécution de signé par Lénine également signé par le chef du gouvernement soviétique, Yakov Sverdlov. Sans vergogne, le régime de Lénine a nommé Ekaterinbourg, Sverdlovsk, cette ville reprit son nom à la chute de l'Union soviétique, mais la région s'appelle toujours Sverdlovskaya Oblast.

Akimov avait sauvé le bulletin télégraphique original comme archive de l'ordre secret. Léon Trotsky avait révélé que Lénine et Sverdlov avaient pris ensemble la décision de mettre à mort le Tsar et sa famille. Se remémorant une conversation en 1918, Trotsky écrivait : “Ma visite suivante à Moscou prit place après la chute temporaire de Ekaterinburg aux mains des forces anti-communistes Discutant avec Sverdlov, je demandai au passage : «Au fait, où est le Tsar ?» «Terminé», répondit-il, «il a été exécuté». «Et où est sa famille ?» «La famille en même temps que lui». «Tous ?», demandais-je, apparemment avec quelque surprise. «Tous», répondit Sverdlov. «Et alors ?». Il attendait de voir ma réaction. Je ne répondis pas. «Et qui a pris la décision ?», demandais-je. «Nous l'avons décidé ici. Illitch [Lénine] croyait que nous ne devions pas laisser aux Blancs une bannière pour se rallier, spécialement dans les circonstances difficiles du moment».

La ville de Iekaterinburg a été appelée Sverdlovsk de 1924 à 1991. Comme c'est révélateur pour le régime bolchevique de donner le nom d'un meurtrier en série à une ville: ses "héros" sont tous des méga-criminels!

Ainsi Mussolini suite à son coup de force, la marche sur Rome, serait un fasciste, mais pas Lénine? Ou Lénine et Mussolini sont deux fascistes! Ce qui est sûr c'est que relativement au nombre de morts, Lénine dépasse, et de loin, Mussolini! Mais la diversion sur le Duce permet de duper en laissant dans l'ombre l'horreur de Lénine, dont on connaît maintenant des ordres secrets d'assassinats et de meurtres de masse!

Iakov Mikhaïlovitch Iourovsky, chef des exécutants, de la garde privée de Lénine, la Tchéka

Légende, mise en scène ou révélation du forfait: sur une paroi de la cave du massacre de la famille de Nicolas II, il a été mentionné le fragment d'un poème de Heine.

Alors que les archives soviétiques sont accessibles, impossible de trouver l'ordre télégraphié de Sverdlov à Iourovsky, le rapport de ce dernier sur le déroulement du massacre et le journal de l'impératrice qui se termine par: «16 juillet: 22H00 Couché, 15º». Le Tsar de toutes les Russies, sa famille et son empire ont été victimes, d'abord de la trop grande gentillesse de Nicolas II, et surtout d'un coup d'état d'une une secte judéo-bolchévique! «En conséquence» conclut Wilton, «il n'y a pas de raison d'être surpris du rôle prépondérant des Juifs dans l'assassinat de la famille impériale. C'est plutôt le contraire qui aurait été surprenant.» Et les assassins bolchéviques ont encore de nombreux complices qui continuent à falsifier l'Histoire et à se faire ainsi les complices des bourreaux au détriment des victimes. Et en Suisse aussi, le “fan club” de Lénine continue à sévir, tromper le peuple et à infecter les âmes!

90 ans plus tard: le tsar Nicolas et sa famille sont réhabilités

Le régime de Lénine et de sa bande d'assassins s'est écroulé après tant de sang et de larmes. Aucun des commanditaires ni aucun des exécutants n'ont été jugés! Quant à l'idéologie marxiste-léniniste, bolchévik ou communiste, elle n'a pas été bannie en dépit du fait qu'elle constitue un crime contre l'humanité. Sa constante couverture de la saloperie intrinsèque qu'elle engendre sous prétexte des "belles intentions" continue d'opérer!

A la chute de l'URSS, Boris Eltsine, qui avait fait pourtant détruire la maison Ipatiev* sur ordre d'Andropov, a constitué une commission pour faire toute la vérité sur cet horrible crime, rechercher les cadavres pour qu'ils reposent à Pierre & Paul (St-Petersbourg). A l'été 2008, les deux dépouilles manquantes, celles de Maria et Alexis devraient joindre les autres membres de la famille impériale.

La maison Ipatiev, sur la colline de l'Assomption, à Iekaterinbourg, est devenue un lieu de pèlerinage où se rendent plus de 10'000 personnes chaque mois.

L’Assassinat programmé du tsar Nicolas II. Article de 2004 de Russie.net (en 2008, les 90 ans sont oubliés!) mentionnant le rôle de juifs dans le massacre de la famille impériale et celui de deux vers d'un poème de Heinrich Heine! Il y est affirmé que: «Sverdlov -Yankel Solomon vint en Russie en tant qu’agent rétribué de l’Allemagne» fait non corroboré mais possible puisque Lénine le fut sans l'ombre d'un doute! En complément de l'article de 2004, citant des faits rapportés par le livre "Les derniers jours des Romanov", montrant la barbarie d’Iourovsky, exécutant de Lénine et Sverdlov, deux sociopathes sanguinaires! Selon l'article d'Irina de Chikoff, Ce n'est qu'en 1997 que la Commission nationale a reconnu l'authenticité des restes de la famille impériale et des quatre personnes qui se trouvaient avec les Romanov: leur médecin, Evgueni Botkine, le cuisinier Ivan Kharitonov, un valet de chambre, Alois Trupp, et la camériste de la tsarine, Anna Demidova.” Mais il manque deux cadavres!

Irina de Chikoff, révèle que deux ans après avoir déterrés les restes de la famille impériale et de sa suite, ceux de Alexis et Maria, cachés dans un autre lieu ont été découverts. Il est confirmé que les assassins ont tenté de les brûler avec de l'acide sulfurique! L'ultime mystère des Romanov bientôt levé. qui résume bien les conditions de la tuerie et les recherches qui ont dû être effectuées, les assassins ayant tout fait pour cacher les traces de leurs crimes.

Le Vaudois Pierre Gilliard était le précepteur des enfants du tsar Nicolas II: les grandes-duchesses Olga, Tatiana, Maria, Anastasia et le tsarévitch Alexei. Il suivit la famille impériale durant leur captivité jusqu'à Ekaterinbourg, où il se fit séparer d'eux le 23 mai 1918. C'est d'ailleurs cela qui lui sauva la vie, car Nicolas II et sa famille se firent exécuter peu de temps après. De retour en Suisse, il publia en 1922 un ouvrage sur "Le tragique destin du Tsar Nicolas II". Outre les dernières photographies de la famille impériale de Russie prises dans leur vie quotidienne en captivité, le fonds Pierre Gilliard contient également de la correspondance et différentes notes prises au cours sa vie. - http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Gilliard

La Suisse aurait pu donner asile à la famille de Nicolas II comme elle le fit pour l'empereur d'Autriche-Hongrie, Charles 1er installé au château de Wartegg, dans le canton de Saint-Gall, proche du lac de Constance. Cela aurait été la moindre des choses, car après avoir donné asile à Lénine qui fut un des plus grands meutriers de masse de tout les temps, assurer le sauvetage de Nicolas II et de sa famille aurait une compensation.

L’Assassinat programmé du tsar Nicolas II

Le 17 juillet 1918, le tsar Nicolas II et tous les membres de sa famille, retenus prisonniers par les bolcheviks, sont assassinés sans jugement à Ekaterineburg, à l’est de l’Oural. Cette action rituelle symbolisa la fin de siècles d’histoire russe, de telle manière qu’elle peut être comparée seulement à l’exécution de Charles 1er en Angleterre et Louis XVI en France. Le tsar aura régné sur la Russie de 1894 à 1917. Après avoir abdiqué en mars 1917, il s’était vu refuser le droit d’asile par les Britanniques. Relégué en Sibérie, il sera fait prisonnier par les bolcheviks. Il fut d’abord détenu au palais Tsarkoïe Selo, puis près de Tobolsk. La progression, en juillet 1918, des forces contre-révolutionnaires fit craindre aux Soviets que Nicolas ne soit libéré ; lors d’une réunion secrète, une sentence de mort fut prononcée pour le tsar et sa famille par Yakov Sverdlov. Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, une équipe de la police secrète bolchevik assassina le dernier empereur de Russie, le Tsar Nicolas II, en même temps que sa femme, la tsarine Alexandra, leur fils de 14 ans, le tsarévitch Alexis, et leurs quatre filles. Ils furent abattus dans une pièce de la maison Ipatiev à Ekaterinburg.

L’exécution fut personnellement surveillée par Yakov Yurovsky qui abattit le Tsar, le président du Soviet local était Beloborodov (Vaisbart); la personne responsable pour l’administration générale à Ekaterinburg était Shaya Goloshtchekin. Sur le mur de la pièce où eut lieu l’exécution se trouvait une citation d’un poème d’Heinrich Heine (écrit en allemand) sur le Roi Balthazar, qui offensa Jehovah et fut tué pour cette offense. Dans son livre en 1920, le journaliste britannique expérimenté Robert Wilton portait un jugement aussi sévère et contrasté : "Le meurtre du Tsar, délibérément planifié par le Juif Sverdlov (Sverdlov -Yankel Solomon vint en Russie en tant qu’agent rétribué de l’Allemagne) et exécuté par les Juifs Goloshtchekin, Syromolotov, Safarov, Voikov et Yurovsky, n’est pas l’action du peuple russe, mais de cet envahisseur hostile".

L’inscription sur le mur: la citation de Heine Des lignes dues au poète juif allemand Heinrich Heine (1797-1856) fut trouvées écrites sur le mur, près de la fenêtre, dans la cave de la maison Ipatiev, où les Romanov furent abattus et achevés à la baïonnette. La citation dit : « Belsatzar ward in selbiger Nacht / Von seinen Knechten umgebracht », c’est-à-dire « Belsatzar fut, la même nuit, tué par ses esclaves. »

Belshazzar — le Roi non-juif de Babylone, qui dans l’histoire bien connue de l’Ancien Testament, vit « l’inscription sur le mur » annonçant sa mort (Livre de Daniel, 5) — fut tué en punition de ses offenses au Dieu d’Israël. En jouant habilement de la citation de Heine, l’auteur inconnu de l’inscription, presque certainement l’un des tueurs, a substitué « Belsatzar » à l’orthographe de Heine « Belsazar », pour signaler encore plus clairement son intention symbolique. "Cette inscription de Heine révèle l’inspiration raciale et ethnique des meurtres : un roi non-juif venait d’être tué, en un acte de vengeance juive." (Le rôle des juifs dans la révolution bolchevique et les débuts du régime soviétique - Mark Weber) Comparé aux millions d’êtres humains qui furent mis à mort par les chefs soviétiques dans les années qui suivirent, le meurtre de la famille des Romanov pourrait sembler ne pas être d’une importance extraordinaire. Et cependant, l’événement a une profonde signification symbolique. Comme le dit judicieusement l’historien de l’Université de Harvard Richard Pipes :

La manière dont le massacre fut préparé et réalisé, d’abord nié et ensuite justifié, a quelque chose d’unique dans son caractère odieux, quelque chose qui le distingue radicalement des actes précédents de régicide et qui le marque comme un prélude aux meurtres de masse du 20ème siècle. Un autre historien, Ivor Benson, caractérisa le meurtre de la famille Romanov comme le symbole du destin tragique de la Russie, et en fait, de tout l’Occident, dans ce siècle de détresse et de conflit sans précédents. Le meurtre du Tsar et de sa famille est d’autant plus déplorable que quelqu’ait été son échec en tant que monarque, Nicolas II était en tous points, un homme personnellement bon, généreux, humain et honorable.

Quatre-vingts ans plus tard, jour pour jour, les restes des Romanov ont été ensevelis dans la nécropole impériale de la cathédrale Pierre et Paul, à Saint-Pétersbourg. Le souverain, son épouse Alexandra, leurs filles Tatiana, Olga, Maria, Anastasia et le tsarévitch Alexeï, ont rejoint au panthéon des saints du calendrier orthodoxe les trois autres dirigeants de l’État russe à y figurer: Vladimir le Grand, qui a christianisé la Russie (988), Daniil, chef de la principauté de Moscou et Dimitry Donskoï, qui vaincu les Tatars.

L’abominable massacre des Romanov

Le 17 juillet 1918, alors que les troupes blanches de l’Amiral Koltchak sont encore relativement loin de la ville d’Ekaterinbourg, Lénine avait donné l’ordre de liquider la famille impériale, et les bolcheviques passent à l’action. La tragédie est l’un des faits historiques les plus populaires mais malgré cela il nous a paru essentiel en ce triste jour anniversaire de revenir sur ce terrible assassinat qui ne fut pas isolé. Le parallèle avec le malheureux Louis XVI a parfois été fait. Mais lorsque Nicolas II est sauvagement assassiné avec son épouse, le Tsarévitch, ses quatre filles, le médecin de famille, et trois domestiques dans la maison Ipatiev à Ekaterinbourg, il n’a pas fait l’objet d’un procès devant des tribunaux.

Nicolas II avait été contraint à l’abdication en 1917 après une série d’échecs et son incapacité à faire la transition de la Russie tsariste avec une monarchie éclairée lui sera fatale. Son règne commencé en 1894, fut très vite assombrit par une accumulation de nuages, que furent la Guerre européenne, la montée des nationalismes, du terrorisme et des mouvements révolutionnaires socialistes. La Guerre perdue contre le Japon en 1904-1905 fut un véritable camouflet pour la Russie Tsariste, et la défense des Slaves dans l’idéal Panslaviste conduisit la Russie droit dans les affaires de la poudrière balkanique.

Après la défaite de 1905 les révolutionnaires s’agitent mais le pouvoir réagit fermement et déporte en Sibérie de nombreux activistes. Les réformes tentées notamment par le gouvernement intelligent de Stolypine ne peuvent changer le malaise dans une Russie qui est entrée de plein fouet dans l’industrialisation. La guerre qui s’annonce ainsi que l’influence néfaste de la Tsarine par le biais de l’illuminé Raspoutine, vont achever de discréditer le régime. Pourtant, les réformes avaient été réelles et importantes, mais sans doute accordées avec un train de retard. Malgré les réformes agraires, l’installation d’une monarchie constitutionnelle et de nombreuses libertés accordées, un profond fossé se creuse et les haines s’y installent.

Nous connaissons la suite, en février 1917 une première révolution éclate alors que les armées russes sont en pleine déliquescence, que les pénuries sur le front et surtout à l’arrière du front touchent de plein fouet le peuple. Le pouvoir de Nicolas II chancèle et son manque de clairvoyance tout comme l’absence de soutiens l’oblige à abdiquer en faveur de son frère le Grand-duc Michel. Il est trop tard, et Michel renonce à son tour à la couronne le lendemain, la monarchie a vécu en Russie. La Révolution laisse le pays en grand danger, la guerre se poursuit et les luttes politiques acharnées commencent pour le pouvoir.

Nicolas II déchu obtient du gouvernement provisoire de s’exiler en Angleterre, mais ce dernier ne peut tenir sa promesse, car dans le Palais où la famille impériale attend son départ, la garde est constituée de soldats acquis aux mouvements révolutionnaires bolcheviques. Le départ est impossible. Le martyr de la famille impériale ne faisait que commencer. La présence du Tsar provoque des questionnements, les uns craignant un coup d’état, d’autres une fuite à la manière de Varennes et du Roi Louis XVI. D’autres encore souhaitent éloigner un personnage devenu singulièrement gênant. Il est décidé de les envoyer à Tobolsk en Sibérie occidentale où ils arrivent en août 1917 et où l’exil commence dans des conditions calmes mais difficiles matériellement. Les bolcheviques et les révolutionnaires sont toutefois loin, la guerre civile n’a pas commencé.

Toutefois les bolcheviques voient le pouvoir leur échapper aux élections. Battus à plate couture, ils obtiennent de nombreux sièges à la Douma, mais ne peuvent prétendre à exercer le pouvoir, c’est par la force qu’il s’en empare lors de la Révolution d’octobre 1917 qui n’a été en fait qu’un coup d’Etat. Le faible régime démocratique de la Russie s’effondre, discrédité par son impuissance à relever la situation intérieure et sur le front. Le sort des Romanov est scellé. Dans un premier temps, ils sont toutefois oubliés, mais en mars 1918, Lénine émet l’idée de la liquidation de tous les Romanov par l’assassinat, sans autre forme de procès ou de vitrine légale.

Le régime se présentait là sous sa vraie nature, hideux, monstrueux, le meurtre en place de justice, la répression en place de liberté, les prisons et la mort pour les opposants. Curieusement l’histoire n’a pas retenu que Lénine, tout puissant en mai 1918, ne pouvait avoir été que le moteur d’une telle décision. L’imagerie populaire et la propagande soviétique qui s’ensuivent, vont de fait écarter momentanément de la responsabilité le dirigeant communiste, aidé en cela par la figure encore plus odieuse de son remplaçant « sur le trône », Joseph Staline. Sa mort en 1924 fut également pour beaucoup dans ce fait.

En avril 1918, Nicolas et sa famille sont conduits à Ekaterinbourg dans une ville réputée pour sa forte assise révolutionnaire et où il sera plus facile de disposer de lui et de le surveiller. La fin dramatique, s’accompagnera dans ce lieu par des humiliations et des insultes quotidiennes alors que la guerre civile commence. Dans ses sombres heures, le Comité exécutif de l’Oural ordonne son exécution et envoie un bourreau dans la personne d’Iakov Iourovski. Beaucoup d’historiens se sont penchés sur la question de la responsabilité de Lénine encore jusqu’à nos jours, une belle fable que celle d’imaginer le grand Lénine n’avoir pas ordonné le crime. Pathétique problématique historienne, qui malgré l’habileté des soviétiques à dissimuler et l’absence intelligente de documents pouvant le désigner, ne laisse toutefois aucun doute. Une telle décision pouvait-elle être prise par quelques sous-fifres ? La suite démontre bien que non.

La légende pour le coup s’empare de la mort de Nicolas et de sa famille car elle fut particulièrement horrible. Abattus par surprise à coup de pistolets, ils furent assassinés plutôt qu’exécutés, sans compter le caractère particulièrement atroce de l’exécution des enfants du Tsar. Les jeunes filles qui avaient des pierreries cousues dans leurs vêtements reçoivent des dizaines de balles qui ricochent et rendent la scène effrayante. Ayant vidés leurs chargeurs, et plusieurs des jeunes filles et des victimes étant encore en vie, c’est à coup de couteau et de baïonnette que les bourreaux s’acharnèrent sur les malheureux. Dans la nuit, les corps furent emportés jusqu’à un puits de mine et précipités dedans, mais Iourovski revînt dès le lendemain sur les lieux, enterre les corps un peu plus loin après avoir vainement tenté de les brûler. Ils sont finalement aspergés d’acide sulfurique pour empêcher toute reconnaissance des corps. L’affaire plonge dans la pénombre soviétique jusqu’en 1990.

Ils sont en effet retrouvés à cette date, moins les corps du Tsarévitch et d’une des filles du Tsar, Maria et solennellement inhumés à Saint-Pétersbourg le 17 juillet 1998. L’église orthodoxe décide la canonisation des martyrs en août 2000 instituant la fête de Saint-Tsar Nicolas. Malgré l’horreur de ce massacre, un parmi tous ceux qui ont suivi, la Russie tardera à reconnaître la responsabilité des bolcheviques. En 2008, le président de la Douma Boris Gryzlov proclamait enfin la responsabilité des bolcheviques et condamnait l’horrible crime, avant que la famille Romanov soit officiellement réhabilitée en octobre 2008. Quelques mois auparavant, et après bien des recherches les deux corps manquants avaient été retrouvés puis identifiés.

Bon nombre d’autres Romanov et membres de l’aristocratie ou de l’élite russe subirent le même sort, 19 en tout, dont le Grand-duc Michel qui fut assassiné d’une balle dans la tête et son corps brûlé dans la nuit du 12 au 13 juin 1918. Citons aussi, le massacre d’Alapaïevsk moins connu, qui ne doit rien dans l’horreur à celui de la maison Ipatiev. Les bolcheviques assassinent ce jour-là, le Grand-duc Serge, la Grande duchesse Elisabeth et plusieurs autres Romanov. Ils furent sauvagement frappés, abattus à coup de revolver au-dessus d’un puits, où les tortionnaires jetèrent encore quelques grenades.

Il serait trop long d’énoncer ainsi la longue liste de ces sinistres exécutions. La Fédération de Russie, grâce notamment au gouvernement russe et aux présidents qui se sont succédé entre 1990 et 2009, a courageusement pris l’histoire à bras le corps, et a pu par son action jeter la lumière sur ces abominables crimes et en même temps fermer la page d’une période pour le moins sinistre de l’histoire de la Russie. Les criminels ont-ils été punis ? Bien sûr cela été impossible, ils étaient et depuis longtemps tous morts. Toutefois à l’abri des tours du Kremlin dans un mausolée repose la dépouille de l’ordonnateur, du chef d’orchestre de cette sinistre symphonie, Lénine.

Certes, le mausolée est fermé, certes depuis deux ans il est impossible de voir son cadavre, triste spectacle. Mais l’histoire a rattrapé Lénine, personne n’échappe à l’histoire. Il est à souhaiter que ses restes artificiellement conservés seront bientôt inhumés, c’est une insulte à toute la Russie et à la mémoire des victimes de garder ainsi comme trophée ce qui reste de lui. Souhaitons que la fermeture temporaire devienne définitive et que ses restes soient traités selon les désirs de Lénine lui-même dans son testament, reposer auprès de sa mère, il n’aura Dieu merci pas le droit à quelques bonbonnes d’acides ou grenades, l’histoire est déjà son échafaud et son jugement devant les hommes.

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Winsley 28/06/2017 11:44

Bonjour à toutes et à tous,
Écrivain historien, je rêve d'une grande émission historique avec les plus éminents historiens spécialistes de la Russie.