11 Agent Orange : Le retour.

Publié le par Bernard Gasnot

La forêt amazonienne empoisonnée par l'Agent Orange qui a détruit une grande partie de la forêt tropicale au Viêt Nam

Le 5 juillet 2011, Stephen Messenger, écrivain et défenseur de l’environnement vivant à Porto Alegre (État du Rio Grande do Sul, Brésil), dénonçait les agissements de Monsanto :

« Agent Orange est l’une des armes les plus dévastatrices de la guerre moderne, un produit chimique qui a tué ou blessé quelque 400.000 [hélas, bien davantage !] personnes au cours de la guerre du Viêt Nam – et maintenant il est utilisé contre la forêt amazonienne. Selon les responsables, les éleveurs au Brésil ont commencé la pulvérisation de l’herbicide hautement toxique sur des parcelles de forêt comme méthode secrète pour effacer illégalement feuillage, plus difficiles à détecter que des tronçonneuses et des tracteurs. Au cours des dernières semaines, un relevé aérien détecté quelques 440 hectares de forêt qui avaient été pulvérisés avec le composé – empoisonnant des milliers d’arbres et un nombre incalculable d’animaux selon IBAMA (Agence de l’environnement du Brésil) – ont d’abord été pressenti pour le défrichement illégal constaté par des images satellites de la forêt en Amazonie. Plus tard, un survol en hélicoptère dans la région révélé des milliers d’arbres laissés couleur de cendre et défoliés par des produits chimiques toxiques. IBAMA déclare que l’Agent Orange a probablement été dispersés au moyen d’un avion par un fermier encore non identifié pour défricher la terre pour le pâturage, car il est plus difficile à détecter que les opérations traditionnelles qui nécessitent des tronçonneuses et des tracteurs.

La semaine dernière, dans une autre partie de l’Amazonie, une enquête menée par l’Agence découvre quatre tonnes de pesticides hautement toxiques cachés dans la forêt dans l’attente de sa dispersion. En cas de rejet, les produits chimiques auraient pu potentiellement décimer quelque 7500 hectares de forêt, tuant toute la faune qui y habite et contaminant les eaux souterraines. Dans ce cas, la personne responsable a été identifiée et fait maintenant face à des amendes approchant 1,3 million de dollars.

Selon un article de Folha de Säo Paulo, la dernière fois que ces produits chimiques ont été enregistrés en cours d’utilisation pour défolier, c’était en 1999, mais les autorités disent que la distribution de l’herbicide dévastateur pourrait devenir plus fréquente et que les fonctionnaires devaient sévir contre ces types flagrants de crimes contre l’environnement.

«Ils [Déforesteurs] ont changé leur stratégie parce que, dans un laps de temps très court, plus de zones de forêt peuvent être détruits avec des herbicides. Ainsi, ils n’ont pas besoin de mobiliser des équipes d’abattage d’arbres et peuvent donc contourner le contrôle de l’IBAMA,” dit Jerfferson Lobato de l’IBAMA.

Bien que l’Agent Orange a été initialement conçu pour effacer la couverture forestière dans les situations de combat, son utilisation est devenue un sujet de controverse en raison de son impact sur les humains et la faune. Pendant la guerre du Viêt Nam, l’armée américaine a dispersé 12.000.000 de litres [un minimum de 84 millions, prouvés] d’herbicide, un impact sur la santé de près de 3 millions de personnes [actuellement, mais en tout, bien davantage], principalement des paysans, et citoyens vietnamiens, causant des malformations congénitales sur environ 500 mille enfants. En outre, l’effet du produit chimique sur l’environnement est profond et durable.

Le mois dernier, plus de trois décennies après la dernière utilisation de l’Agent Orange au Viêt Nam, les États-Unis ont commencé à participer au financement [pour moins de moitié] d’une opération de décontamination. Pendant ce temps, dans l’Amazonie brésilienne, le produit chimique hautement toxique avait été redécouvert et pulvérisé sur la forêt tropicale. »

Le 6 juillet 2011 goodplanet.info, de la fondation Yann Artus Bertrand, reprend : Épandage d’Agent orange et d’herbicides agrotoxiques sur la forêt amazonienne. L’Ibama (l’Institut brésilien de l’environnement et des ressources naturelles renouvelables) a découvert une zone de 178 ha, environ autant de terrains de football, dévastée par des herbicides épandus par avion. Repérée grâce au système de détection par satellite DETER (détection de la déforestation en temps réel), la zone a ensuite été survolée par les équipes de l’Ibama qui ont constaté que les arbres avaient perdu leurs feuilles et qu’ils étaient de couleur blanchâtre, rapporte le Folha do Sao Paulo.

D’après Jefferson Lobato, chef de la division de contrôle et de surveillance de l’Ibama, cette technique est encore récente. “Les “bûcherons” ont changé de stratégie. L’utilisation d’herbicidesleur permet de déboiser en peu de temps des surfaces plus importantes. Ainsi, ils n’ont plus besoin de mobiliser des équipes entières et peuvent déjouer notre surveillance.”

Les spécialistes de l’Ibama expliquent que les agrotoxiques tuent directement les arbres et contaminent le sol, les nappes phréatiques, les animaux et les hommes. Il y a quelques jours, une équipe de l’Ibama avait découvert cachées dans la forêt 4 tonnes d’herbicides agrotoxiques parmi lesquels figurait notamment du 2,4 D (acide 2,4 dichlorophénoxyacétique), un des principaux constituants de l’Agent Orange, responsable de la mort de plusieurs centaines de milliers de personnes lors de la guerre du Viêt Nam.

Pour l’instant, les responsables n’ont pas encore été identifiés mais déjà, les autorités ont qualifié le fait de répandre des herbicides sur la forêt par avion de crime environnemental.

Le 14 du même mois, vietnam.vnanet.vn, fait un portrait [de la merveilleuse Mme Nguyen Thi Ngoc Phuong], sous le titre : Une vie consacrée aux victimes de l’Agent Orange

Mme Nguyen Thi Ngoc Phuong, directrice et professeur de médecine, une des meilleures expertes vietnamiennes des effets de l’Agent Orange sur la santé, est actuellement vice-présidente de l’Association des victimes de l’agent orange/dioxine du Viêt Nam (VAVA). Elle a soutenu les victimes vietnamiennes dans leur combat pour la justice et a demandé à la partie américaine d’assumer ses responsabilités pour les conséquences sur la santé du peuple vietnamien des épandages massifs de ce produit toxique.

Dans les années 1970, alors qu’elle est obstétricienne, Mme Phuong est confrontée à de nombreux cas de bébés présentant des malformations, mais sans bien en cerner la cause. En parcourant des documents médicaux, elle tombe sur un rapport scientifique de l’Académie américaine des sciences daté de 1964, qui évoque la possibilité d’une relation entre les anomalies congénitales et l’Agent Orange-dioxine déversé pendant la guerre au Viêt Nam. Pour confirmer ses soupçons, en 1982, elle mène une étude auprès de plus de 1.000 familles de la commune de Thanh Phong, district de Thanh Phuc, province de Ben Tre. Le résultat montre que le pourcentage de bébés malformés dans les zones traitées par l’Agent Orange est trois ou quatre fois supérieur que dans les endroits épargnés. En 1983, elle dévoile les résultats de ses recherches dans un magazine britannique et n’a cessé depuis d’étudier les effets de l’Agent Orange sur le peuple vietnamien.

Grâce aux efforts de Phuong et de l’Association vietnamienne des victimes de l’agent orange, le 15 mai 2008, la Chambre américaine des représentants a ouvert une audience intitulée “Notre responsabilité oubliée : que pouvons-nous faire pour aider les victimes de l’Agent Orange”. Lors de cette conférence, Mme Phuong a été la première scientifique vietnamienne à parler de cette question dans ce lieu. Lors de la 3e audience, le 15 juillet 2010, elle a appelé la Chambre des représentants et les compagnies chimiques américaines incriminées à prendre leurs responsabilités et indemniser les plus de trois millions de victimes vietnamiennes.

Selon Mme Phuong, “la lutte pour la justice et l’indemnisation des victimes vietnamiennes se heurteront à d’énormes obstacles”. Cependant, de premiers résultats ont été obtenus. Lors de la 3eaudience, les représentants du gouvernement américain ont déclaré qu’ils étaient disposés à coopérer avec le Viêt Nam dans l’amélioration de l’environnement contaminé par l’Agent Orange. Le groupe de dialogue États-Unis-Viêt Nam sur l’Agent Orange va donner [recommande d’octroyer] 300 millions de dollars (30 millions par an pendant 10 ans) pour aider le Viêt Nam à traiter les zones contaminées et développer des services d’aides aux victimes.

Quand on parle de Mme Phuong, il est impossible de ne pas parler de sa contribution dans la création de 13 villages Hoa Binh (de la Paix) où des enfants touchés par l’Agent Orange sont pris en charge. En outre, elle est bien connue comme obstétricienne de haut niveau. Depuis 1997, elle mène des recherches sur les technologies de procréation médicalement assistée. Elle a réussi à mettre en application la technique de vitrification par congélation des embryons. Elle a également établi une banque de sperme, un réseau de soins pour les femmes enceintes et a organisé des cours de formation de sages-femmes dans les régions reculées. À ce jour, près de 700 sages-femmes de divers groupes ethniques vivant sur les Hauts Plateaux du centre ont été formées.

À l’âge de 70 ans, elle organise régulièrement des nombreux programmes de traitement des maladies pour les pauvres dans les zones montagneuses reculées.

Pour terminer cet article, nous publions un extrait de son discours prononcé lors de la 3e audience de l’Agent Orange à la Chambre américaine des représentants le 15 juillet 2010 : “Les patients souffrant de cancer et d’autres maladies causées par l’Agent Orange meurent tous les jours. Et chaque jour, des bébés malformés naissent. Justice doit leur être rendue et ils doivent être indemnisés pour les souffrances endurées par eux-mêmes et par leurs familles”.

Le Dr Nguyen Thi Ngoc Phuong, est Vice-présidente de l’Association vietnamienne des victimes de l’Agent Orange (VAVA), Vice-présidente de l’Association des obstétriciens-gynécologues du Viêt Nam et Présidente de l’Association de lutte contre l’infertilité de Ho Chi Minh-Ville. Née en 1944 à Bien Hoa – Dong Nai elle est Diplômée de la faculté d’obstétrique. En 1994, elle est élue au sein du Conseil des professeurs français et reconnue comme professeur de médecine par le président français. Par ailleurs, elle fut Vice-présidente de la 8e Assemblée nationale (1987-1992) ; Vice-présidente de la Commission des Relations internationales de la 9e Assemblée nationale du Viêt Nam (1992-1997) ; Directrice de l’Institut de cardiologie de Ho Chi Minh-Ville (1989-1991) ; Directrice de l’Hôpital Tu Du de Ho Chi Minh-Ville (1990-2005). En 2000, elle reçoit le titre de “Héros du Travail” ; en 2004, elle reçoit le titre de “Médecin du peuple”. Elle est maintenant membre du Conseil sur la santé des femmes en Asie, de l’Initiative Asie-Pacifique sur l’endocrinologie de la reproduction et du Groupe de dialogue Viêt Nam-États-Unis sur l’Agent Orange/dioxine [son nom fut avancé pour le Prix Nobel de la Paix].

À la mi-juillet, thanhniennews (Viêt Nam), rappelle que la destruction de l’environnement est un crime majeur. Le journal évoque l’article de Stephen Messenger qui a donné lieu à des centaines de commentaires en quelques jours est a recueilli l’attention internationale.

La plupart des commentaires expriment l’indignation à la destruction du poumon vital de la planète. L’histoire a également rappelé les conséquences mortelles de dix années de pluies de défoliants déversés sur le sud du Viêt Nam par l’armée américaine. Les gens se posent des questions au sujet de la responsabilité de ceux qui ont produit l’Agent Orange, et sur la responsabilité de l’armée américaine en la matière, et de l’absence d’indemnisation des victimes.

Et ils ont raison de le faire. Un demi-siècle après les premières pulvérisations, non seulement il y a encore des millions de victimes dont la santé a été ruinée, et pas seulement les enfants de la troisième génération nés avec des problèmes mentaux et de santé graves, mais le pays souffre aussi d’une entrave de son économie et de son développement du pays à cause de l’écocide commis contre le Viêt Nam.

Plus de 2,5 millions d’hectares de terres ont été contaminées et détruites par la pulvérisation de millions de litres de défoliants, principalement l’Agent Orange, qui contient de la dioxine, le poison le plus toxique et durable au monde. Les forêts couvraient 60 % du sud du pays – dont 5,8 millions d’hectares de forêt primitive et un demi-million d’hectares de forêts tropicales. Cette attaque sur la biodiversité est patente d’autant plus que de nombreuses espèces de la flore et la faune endémiques au Viêt Nam ont maintenant disparu ou sont en voie d’extinction. Les forêts de mangroves protégeaient le pays de la salinisation des terres, et ces forêts abritaient un règne animal riche incluant poissons rares, coquillages, oiseaux, crocodiles et de nombreux mammifères. La forêt tropicale est un écosystème complexe composé de grands arbres qui fournissant un abri pour les petits, eux-mêmes aux buissons et nombreuses plantes. Elle était habitée par des éléphants, des tigres, des rhinocéros, antilopes, serpents, oiseaux, papillons et autres insectes. Quand les grands arbres meurent, le système s’effondre. Les gens vivant dans la forêt nourricière et protectrice depuis d’innombrables générations ont dû fuir lorsque le poison américain tombait en pluie sur eux. Ces communautés ont perdu non seulement leur subsistance, mais ont aussi lutté pour maintenir leurs cultures. La forêt ne se régénère pas spontanément. De nombreux versants de bassins ont été défoliés et les inondations imprévisibles causent des dommages graves, mettant en péril le pays. Le sol non protégé est emporté par les pluies de mousson. Les glissements de terrain se produisent et enterrent les routes et les maisons. La déforestation a aggravé les effets du changement climatique. Dans un siècle ou deux, pourra-t-on espérer revoir les précieux arbres à croissance lente qui fournissent les belles colonnes de bois rouge aux temples et pagodes ? La restauration de l’environnement ravagé par la guerre est une énorme tâche qui requiert des ressources considérables et un engagement à long terme. Les Vietnamiens ont le savoir-faire, ils ont besoin de financement. Monsanto, Dow et d’autres producteurs de l’Agent Orange ont fait un énorme profit en vendant ce poison à l’armée américaine. Ils doivent donner cet argent à ce pays meurtri.

26 juillet, www.aspeninstitute.org, US-Viêt Nam Dialogue Group sur l’agent orange / dioxine, fait son premier rapport annuel.

Le groupe de dialogue américano-vietnamien sur l’Agent Orange / dioxine à l’Institut Aspen a passé en revue les progrès réalisés au cours des 12 mois écoulés depuis la publication de la Déclaration et du Plan d’action en Juin 2010. Leurs constatations et conclusions sont contenues dans ce premier rapport, y compris les sources et utilisations des fonds pour les travaux AO. Le rapport détaille les débuts de convergence sur le nettoyage de trois points chauds (parmi les 28 reconnus) avec la collaboration des programmes de santé et de services publics et de protection pour les personnes handicapées dans les zones environnantes.

La déclaration de juin 2010 originale du groupe et le plan d’action serait un effort humanitaire pour nettoyer les sols contaminés au Viêt Nam, restaurer les écosystèmes endommagés et développer les services aux personnes ayant des incapacités liées à la dioxine et aux personnes atteintes d’autres formes de handicap et à leurs familles. Le plan prévoit [prévoirait] un investissement de 30 millions de dollars par année sur une période de dix ans.
Agent Orange de l’Aspen Institute programme du Viêt Nam (AOVP) est un projet pluriannuel visant à aider la santé des vietnamiens et l’environnement impacté en continu par les herbicides pulvérisés pendant la guerre, et favoriserait le dialogue sur des solutions entre les États-Unis et le Viêt Nam.

La mission Aspen Institute est double: favoriser le leadership fondé sur les valeurs, en encourageant les individus à réfléchir sur les idéaux et les idées qui définissent une bonne société, et de fournir un lieu neutre et équilibré pour discuter et agir sur les questions essentielles. L’Institut Aspen le fait principalement de quatre façons: séminaires, bourses jeune leader à travers le monde, des programmes politiques, des conférences et des événements publics. L’Institut est basé à Washington, DC; Aspen, au Colorado, et sur la rivière Wye, sur la Rive Est du Maryland. Il dispose également d’un réseau international de partenaires.

Le 27 juillet, wilsoncountynews, titre « Agent Orange au Viêt Nam: Fin d’un héritage de 50 ans », par Constance Morella (ancien membre du Congrès – républicain du Maryland.) et Bob Edgar (ancien membre du congrès – démocrate de Pennsylvanie).

« Août marque le 50e anniversaire de la première utilisation d’herbicides par les forces militaires des États-Unis pendant la guerre du Viêt Nam. De 1961 à 1971, plus de 20 millions de galons d’Agent Orange et d’autres herbicides ont été stockées, mélangées, manipulés par les troupes américaines et pulvérisés par des avions américains sur des millions d’hectares de forêts et de terres agricoles vietnamiens. Le but de cette opération militaire était d’anéantir la couverture de l’ennemi sur le terrain.

Le gouvernement américain compense maintenant aux États-Unis ses vétérans du Viêt Nam pour 15 problèmes de santé graves et un défaut de naissance liée à l’exposition à la dioxine qui faisait partie de ces herbicides.

Mais quelque 3 millions de Vietnamiens souffrent également des effets sur la santé, y compris 150.000 enfants d’aujourd’hui avec des malformations congénitales. Leurs besoins ont longtemps été négligés, pris dans le conflit géopolitique et scientifique qui a suivi la guerre. Le gouvernement vietnamien, plusieurs fondations américaines, et les organisations non gouvernementales ont mis en place des hôpitaux et des petits programmes d’assainissement, et jusqu’ici elles ont remédié à moins de 10 pour cent des besoins nécessaires. L’héritage dévastateur de l’Agent Orange est l’ombre restante de cette guerre – en voie d’être résolue si les tendances actuelles se poursuivent. Nous avons eu des désaccords sur beaucoup de choses dans le passé, mais lors d’un récent voyage au Viêt Nam nous avons assisté à un nouvel esprit de coopération et de partenariat entre anciens adversaires. Tous les côtés sont maintenant déterminés à alléger les dommages de santé et d’environnement causés par l’Agent Orange, dommages qui continuent à ce jour.

Dans un centre situé près d’Ho Chi Minh-Ville, nous nous sommes agenouillés sur le sol pour répondre Nguyen Van Minh, 14 ans, l’un des 60 enfants gravement handicapés qui reçoivent là des soins médicaux et de réadaptation. Comme tout enfant, il riait et chantait avec nous une chansonnette tandis que les autres enfants participaient en tenant nos mains et nous faisant des câlins. Leur joie simple dans la vie transcende les différences partisanes, ce qui rend évident la façon nouvelle de voir l’héritage de l’Agent Orange comme une préoccupation humanitaire [humaine], et nous pouvons faire quelque chose.

Nos anciens collègues au Congrès sont d’accord pour une aide à hauteur de 18,5 millions de dollars pour l’assainissement de l’Agent Orange au Viêt Nam [comprendre ici l’assainissement de l’aéroport de Danang pour un coût estimé initialement à plus du double…] suite à la récente bataille [au Congrès] sur les crédits de 2011. Sur une ancienne base militaire américaine, l’aéroport de Da Nang, l’Agence américaine pour le développement international est déjà au travail pour le nettoyage “sur les points chauds » [mortels] des résidus de dioxines qui rendent toujours les gens malades, et où les herbicides ont été déversés dans le sol. Le Département d’État commence un nouveau projet d’assainissement en attendant la confirmation du Sénat.

Le nouvel ambassadeur américain s’est engagé à poursuivre l’aide aux citoyens handicapés du Viêt Nam.

Il s’agit de très bonnes nouvelles, ce qui reflète la compréhension avisée de la mission américaine en ce qui concerne les intérêts commerciaux et la sécurité de l’Amérique, ils sont bien servis par cette façon d’aborder la question de l’Agent Orange. En poursuivant cette fenêtre d’opportunité, les États-Unis devraient adopter un plan d’action à long terme comme celui élaboré par le Groupe de dialogue américano-vietnamien sur l’Agent Orange / dioxine, un groupe non partisan composé d’éminents scientifiques, des décideurs politiques et des citoyens des deux pays, parrainé par l’Institut Aspen.

Pour un investissement de 30 millions de dollars par année pendant 10 ans, partagé avec le Viêt Nam et d’autres donateurs, le plan du Groupe de Dialogue permettrait de restaurer les écosystèmes endommagés, nettoyer les sols contaminés et de développer des services humanitaires aux personnes handicapées [cette somme est très loin du compte]. Les progrès de la technologie et de savoir-faire ont rendu cela possible, et c’est maintenant le temps de le faire. L’Amérique est à son meilleur quand elle répond à des préoccupations humanitaires, redonne espoir et dignité à un peuple dévasté en refermant les plaies du passé. Aider les enfants innocents comme Minh, qui souffrent de l’exposition de leurs parents [ou de la sienne] à l’Agent Orange / dioxine, est un traitement qui peut guérir tous. »

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Lesdi 18/09/2015 17:33

Idem