10 Agent Orange,: Da Nang, Phu Cat, Bien Hoa, trois arbres cachant la forêt tropicale anéantie

Publié le par Bernard Gasnot

Le mercredi 8 juin 2011, Mondialisation.ca publiait mon article 50e anniversaire du premier épandage d’ « Agent Orange » au Viêt Nam. Préférant prendre de vitesse la date anniversaire réelle avant que la vague de la « grande presse » déverse son habituelle incompétence, ayant pour inévitable conséquence de biaiser le sujet, en voici le texte :

Durant la guerre américaine au Viêt Nam, le premier épandage d’agent chimique se déroula le jeudi 10 août 1961, dans la province de Kontum, située au centre du pays. Il s’agissait d’un ultime test. Prélude à l’Opération Ranch Hand qui débutera quelques mois plus tard : la plus grande guerre chimique de l’Histoire de l’humanité. L’Agent Orange avait pour but la destruction de la forêt tropicale afin d’empêcher les indépendantistes vietnamiens de se cacher et d’évoluer sous son couvert végétal, mais aussi anéantir et empoisonner les ressources vivrières dans le but d’affamer les combattants et la population censée nourrir et renseigner la résistance.

L’année dernière, le 10 août 2010, la Vice-présidente de l’Assemblée nationale du Viêt Nam, Madame Tong Thi Phong, déclara que son pays comptait 4 millions de personnes contaminées par l’Agent Orange.

Encore largement ignorées, les effroyables conséquences sanitaires et environnementales de cette guerre chimique sont néanmoins d’une actualité brûlante. Pourtant si la dioxine contenue dans l’Agent Orange parvient un demi-siècle plus tard à traverser le placenta des mères vietnamiennes donnant naissance à des enfants aux formes inhumaines, l’information sur l’utilisation et la persistance de cette substance, elle, ne parvient toujours pas à percer le bouclier des « grands médias conventionnels ». Espérons que la date symbolique du 10 août 2011 (Journée des victimes de l’Agent Orange) sera l’occasion pour eux de tenir le rôle qui leur incombe, celui d’en parler réellement, régulièrement et d’une manière approfondie permettant d’alerter l’opinion publique afin qu’un jour justice soit rendue.

Il est capital que l’utilisation de cet « herbicide », expérimenté secrètement durant des décennies pour le métamorphoser en Arme de Destruction Massive (ADM) chimique, soit pleinement dévoilée et expliquée au public par nos chaînes de télévision, une façon pour elles d’échapper à l’insignifiance d’une arme de distraction massive.

Cependant, l’honnêteté oblige à reconnaître que des journaux, radios et chaînes de télévision commencent à aborder le sujet. D’ailleurs, comment un média aurait-il l’impudence d’ignorer des millions de victimes tandis que la plus grande partie de l’espace informationnel resterait consacré à des évènements qui n’en sont pas ?

Le Viêt Nam déploie beaucoup d’énergie pour faire connaître et comprendre à l’opinion publique internationale les conséquences de l’Agent Orange, l’existence de ses centaines de milliers de petites victimes innocentes puisque nées plusieurs générations après la guerre. Qu’ont-elles fait pour ne pas recevoir la moindre page d’empathie sur les dépêches des agences d’informations si promptes à ressasser les frasques glauques de notre gotha ? Une deuxième conférence internationale aura lieu les 8 et 9 août prochains à Hanoi. Elle réunira 150 délégués dont 80 étrangers, victimes, scientifiques, et représentants d’organisations internationales voulant une application non sélective du droit international.

Les États-Unis d’Amérique n’ont jamais reconnu leur responsabilité. Pourtant l’Académie nationale des Sciences de Washington a établi une impressionnante liste de maladies liées à l’Agent Orange (reconnaissance exclusivement valable pour les vétérans US), et cette lugubre recension augmente sans cesse au fur et à mesure des années qui passent. Le Rapport Stellman (du nom de la scientifique états-unienne Jeanne M. Stellman) indique que jusqu’à 4,8 millions de Vietnamiens furent directement exposées à l’Agent Orange dans les villages au sud du Viêt Nam. L’hydrologie étendra le champ funeste du poison qui s’introduit dans la chaîne alimentaire. Aujourd’hui arrive la quatrième génération et les dégâts sanitaires sont toujours là, catastrophiques.

Les victimes vietnamiennes intentèrent des procédures aux USA : toutes débouchèrent sur un déni de justice. Actuellement s’opère un rapprochement entre les USA et le Viêt Nam à propos de ce crime. Un groupe de discutions vietnamo-états-unien a préconisé une aide de 300 millions de dollars étalée sur 10 ans (soit 30 millions de dollars par an), tandis que dans le même temps le budget prévisionnel 2010 états-unien pour ses seuls vétérans malades contaminés par l’Agent Orange dépassait les 13 milliards de dollars… Les vétérans US contaminés et malades sont aujourd’hui environ 200 000, tandis que les Vietnamiens sont des millions, condamnés à vivre sur une terre empoisonnée. De plus, il ne suffit pas de porter assistance aux victimes vietnamiennes mais aussi de décontaminer le territoire. Il se trouve qu’aucune technique connue à ce jour ne permet cela à l’échelle d’un pays. Alors on a identifié des « points chauds ». Loin de prendre en considération les millions d’hectares qui ont été aspergés (parfois à 10 reprises et plus), on dénombre 28 « points chauds ».

Ensuite, voici que seulement 3 d’entre eux sont pris en considération (faut dire qu’ils battent tous les records du monde) comme étant très hautement contaminés. Il s’agit d’anciennes bases américaines : Bien Hoa, Phu Cat, Da Nang. Pour finir, cette déclinaison nous conduit à Da Nang. En effet, après maints pourparlers, un projet de décontamination doit y démarrer cet été 2011. Même s’il s’agit d’une « pierre de touche », pourquoi décontaminer seulement l’ancienne base militaire US de Da Nang ? On apprend, non sans étonnement, qu’une coopération militaire entre les USA et le Viêt Nam est envisagée, voire engagée. Où se trouve l’intérêt commun aux deux pays ? Nous devons le chercher du côté de la Chine. Ce grand pays est source d’inquiétudes communes entre les deux anciens ennemis. Or, Da Nang est le seul port en eaux profondes pouvant recevoir les navires de l’US Navy. Doit-on simplement comprendre que les États-Unis veulent occuper cette position stratégique sans risquer de contaminer une nouvelle fois les leurs, s’appuyant sur ses anciennes victimes pour y parvenir… afin d’en guetter d’autres ?

Au mois de mai dernier, deux vétérans états-uniens révélèrent que l’US Army avait enterré en 1978 un stock d’Agent Orange (environ 50 000 litres) dans la base militaire US de Camp Carroll, à Chilgok, situé à 300 km au sud-est de Séoul, en Corée du Sud. Un autre ancien combattant US a déclaré qu’il avait participé en 1963-64 à l’enfouissement de « produits chimiques » à Camp Mercer, situé à Bucheron, près de la capitale sud-coréenne. Ceci nous rappelle que si l’Agent Orange fut utilisé pour commettre sciemment un écocide durant la guerre américaine au Viêt Nam, il fut aussi utilisé au Laos et au Cambodge. Les soldats US eux-mêmes, tout comme leurs alliés sud-coréens, new-zélandais, australiens, thaïlandais, furent contaminés. Bien entendu cette substance infecta largement les lieux où elle fut fabriquée, non seulement aux États-Unis mais aussi en Nouvelle-Zélande, ainsi que les endroits où elle fut stockée, comme aux Philippines ou sur l’Île Johnson dans l’océan Pacifique avant d’être incinérée en haute mer, sans oublier les innombrables endroits autour de la planète où elle fut abondamment expérimentée pour sa mise au point. Par ailleurs, il est utile de savoir que l’acide 2,4,5 trichlorophénoxyacétique, contenu pour moitié dans l’Agent Orange, est le composant chimique qui génère la dioxine 2,3,7,8-TCDD (tétrachlorodibenzo-para-dioxine) responsable de toutes sortes de cancers, de maladies systémiques, et d’effets tératogènes sur les nouveau-nés. Bien que dilué de 30 à 60 fois dans son utilisation civile, il fut violemment utilisé par l’agriculture intensive, collectivités territoriales, compagnies d’électricité, de chemin de fer et d’autoroutes, comme dans la gestion des forêts, et cela jusqu’à la fin des années 80 dans le monde entier.

Oui, l’Agent Orange est responsable d’une contamination intercontinentale.

HANOI – Des opérations de décontamination de l’Agent Orange ont commencé vendredi dans une ancienne base américaine dans le centre du Vietnam, une des zones les plus contaminées par ce produit toxique utilisé par les Américains lors de la guerre du Vietnam, ont indiqué des responsables. Les autorités ont commencé par enlever des munitions non explosées dans certaines parties de l’aéroport de la ville de Danang, dans le centre du pays, qui était à l’époque une base militaire américaine.

Cet effort est un premier pas important (…) pour nettoyer le sol et le sous-sol de l’aéroport contaminés par la dioxine, a indiqué l’ambassade américaine dans un communiqué… Le nettoyage de l’Agent orange sera effectué sur 29 hectares [?!] de terrain qui peuvent être utilisés pour des activités économiques et commerciales et réduira l’exposition humaine et ses conséquences potentielles sur la santé, a ajouté le général Do Minh Tuan, de l’armée vietnamienne, dans le communiqué.

Les deux anciens ennemis ont multiplié les efforts de coopération bilatérale depuis le rétablissement de leurs relations diplomatiques il y a 16 ans. L’opération de nettoyage de

Danang, financée [?!] par les Etats-Unis, coûtera 32 millions de dollars (22 M EUR) et les deux pays souhaitent la terminer d’ici octobre 2013 [ce ne sera hélas pas le cas] selon l’ambassade.

Des experts ont également identifié deux autres anciennes bases de l’armée de l’air américaine comme étant particulièrement contaminées. L’an dernier, les Nations unies avaient annoncé un projet de cinq millions de dollars (3,5 M EUR) pour nettoyer l’agent orange à l’aéroport de Bien Hoa, près d’Ho Chi Minh-Ville (sud, ex-Saïgon).

Le même jour, 17 juin, l’express (France), titre : Hanoi-Washington, le grand nettoyage

Plus de trente-cinq ans après la guerre, les Etats-Unis vont débarrasser l’aéroport de Danang des défoliants qui contaminent l’environnement: les travaux commencent ce vendredi. Une première, sur fond de rapprochement.

Hua Thi Thu Ha a vu beaucoup de voisins fuir le quartier. “Par peur de la dioxine”, lâche cette quadragénaire. Les fenêtres à l’arrière de sa maison s’ouvrent sur l’aéroport de Danang, dans le centre du Vietnam. C’est là qu’elle travaille, comme femme de ménage. Là aussi que, pendant la guerre, l’armée américaine stockait les défoliants – dont le fameux agent orange – épandus sur la jungle pour détruire les caches vietcongs.

Depuis, les terrains vagues, au nord des pistes d’atterrissage, sont gorgés de ces herbicides, responsables de cancers ou de malformations congénitales. L’eau, les volailles et les légumes des alentours sont contaminés. Les hommes, aussi. Selon une étude effectuée en 2009 par le cabinet canadien Hatfield, le sang ou le lait maternel de certains riverains contiendrait jusqu’à 100 fois plus de dioxine que les normes internationales.

Ces bases empoisonnées. Des “aéroports de Danang”, le Vietnam en compte au moins deux autres: Bien Hoa, au sud, et Phu Cat, sur la côte du centre. Ces anciennes bases de l’aviation militaire américaine servaient aussi de lieu de stockage de défoliants. Selon le cabinet canadien Hatfield, 25 autres “points chauds”, dont l’actuel aéroport d’Hô Chi Minh-Ville, menacent, dans une moindre mesure, la santé des riverains. “Les Etats-Unis se concentrent uniquement sur Danang, reconnaît Francis Donovan, directeur à Hanoi de l’agence américaine USAID. Espérons que ce premier nettoyage servira d’exemple.” Qui paiera les suivants ? Washington souhaite passer le relais au Programme des Nations unies pour le développement. Le coût total des décontaminations de Danang, Bien Hoa et Phu Cat est estimé à 60 millions de dollars (41 millions d’euros) [3 fois plus minimum].

H. L. Bientôt, la menace ne sera plus qu’un souvenir, car les Américains reviennent à Danang pour décontaminer l’aéroport. Une première historique. Ces jours-ci, les autorités vietnamiennes ont commencé à préparer le terrain, en retirant les munitions encore actives de la zone polluée. Le nettoyage démarrera dans la foulée: les sols seront creusés puis chauffés à très haute température; d’ici à 2014, environ 95% de la dioxine devraient être éliminés. Le coût de l’opération serait de 34 millions de dollars (23 millions d’euros). Jusqu’à présent, Washington n’a dépensé que 6 millions de dollars (4 millions d’euros) pour des programmes d’aide aux personnes handicapées de la région. “L’agent orange a été et reste un problème entre les deux gouvernements. Mais le nettoyage de Danang représentera une évolution majeure, de nature à renforcer nos relations diplomatiques”, souligne Francis Donovan, directeur à Hanoi d’Usaid, l’agence gouvernementale américaine chargée de l’entreprise. Reste que le conflit armé a pris fin en 1975… Pourquoi avoir attendu plus de trente-cinq ans? “La méthode utilisée n’a été mise au point que très récemment”, se défend Francis Donovan.

Mais les aspects techniques ne sont pas les seuls. Car l’administration Obama cherche à contenir la montée en puissance de la Chine, un intérêt partagé par l’ancien ennemi vietnamien. Pas question, alors, de laisser les mauvais souvenirs entraver le rapprochement avec Hanoi, désormais choyé comme un allié. En mai 2009 déjà, un rapport du Congrès américain préconisait de régler la question de l’agent orange afin d’améliorer “l’image” des Etats-Unis en Asie.

Un enjeu entre Hanoi et Pékin. Danang, où les premiers GI ont posé leurs bottes en 1965, redevient un enjeu stratégique. La ville compte un port en eaux profondes, permettant l’accès direct à la mer de Chine (ou “mer de l’Est” pour les Vietnamiens). Or Hanoi et Pékin s’y disputent des dizaines d’îlots. Après une série de déclarations hostiles, le 9 juin, le Vietnam a dépêché dans la région des navires militaires, le 13, afin d’y mener des manœuvres. Les Américains ont érigé la résolution de ce conflit en “intérêt national”, selon les termes de la secrétaire d’Etat Hillary Clinton. Et le pétrolier ExxonMobil a commencé, en avril, des forages d’exploration au large de Danang.

Ces considérations de haute politique laissent froide Nguyen Thi Hien: “Nettoyer l’aéroport ne suffira pas!” La présidente de l’Association locale des victimes de l’agent orange (Vava) réclame avant tout des compensations financières, sans succès. “Les Etats-Unis sont responsables de la souffrance des familles”, se lamente Hien, en montrant du doigt les photos d’enfants physiquement déformés qui tapissent son bureau.

Nguyen Thi Thuy Phuong, habitante de la province de Quang Nam, limitrophe de Danang, se réjouit néanmoins de la décontamination: “C’est un bon début”, confie-t-elle. Une jambe atrophiée, enserrée dans une coquille plastique, elle se déhanche à chaque pas. Les médecins l’ont déclarée victime “de seconde génération”: née après la guerre, elle a été contaminée par l’environnement ou un parent qui a survécu aux épandages. Do Sinh est dans le même cas. Agé de 46 ans, fils de “bo-doï” (soldat du Vietcong), cet aveugle de naissance souhaite une indemnisation des Etats-Unis pour compléter les 770 000 dôngs (25 euros) mensuels versés par les autorités vietnamiennes. “Je ne nourris aucune rancœur envers les Américains, dit-il. On leur a déjà pardonné.”

Pas de tests médicaux systématiques, trop chers

Selon la Croix-Rouge locale, 27 000 victimes de l’agent orange vivent à Danang et dans la région. Un chiffre contesté, faute de tests médicaux systématiques, trop chers. “A proximité de l’aéroport, la proportion de personnes handicapées est plus élevée que dans le reste de la population”, observe néanmoins Nguyen Van Linh, de la fondation East Meets West, financée par Washington.

Avant 2007, les habitants consommaient les graines de lotus de la zone contaminée et pêchaient dans les étangs: personne n’a songé à les informer que la dioxine se transmet facilement à l’homme par la graisse des poissons. A présent, un long mur de briques, au ras des maisons, isole les abords des pistes d’atterrissage. Tran Thi Hai Yen réside à quelques dizaines de mètres. “Je n’ose ni boire l’eau ni manger les agrumes des arbres d’ici, grimace cette hôtesse d’accueil de Vietnam Airlines. J’espère être protégée, mais je m’inquiète pour mes futurs enfants…”

Le 24 du même mois, thanhniennews (Viêt Nam) publie : Les poisons de guerre persistent à Bien Hoa.

Les écologistes espèrent que la première étude internationale de contamination par les dioxines autour de la base aérienne de Bien Hoa va ouvrir la voie à un nettoyage financé par les Américains. Lors d’un récent après-midi au Parc Bien Hung, un jeune couple discutait joyeusement sur une pelouse vert vif. Un garçon de huit ans, errait à travers les arbres, vendant des billets de loterie à quiconque passait. Les couples âgés se promenaient le long des allées ombragées. À première vue, le parc, situé dans la ville de Bien Hoa, apparaît comme idéal pour échapper à l’étouffement de Ho Chi Minh-Ville – qui se trouve à seulement 35 km au sud-est. Mais, en Avril, Hatfield Consultants, une firme canadienne de l’environnement, a mis en garde le gouvernement provincial de dire aux résidents locaux de ne pas consommer poissons et canards, ainsi que le bétail à proximité de la base aérienne de Bien Hoa. La base aérienne de Bien Hoa et Da Nang et les aéroports de Phu Cat au centre du Vietnam sont largement reconnues comme les principaux «points chauds de la dioxine”, où l’agent Orange et d’autres herbicides toxiques ont été stockés, chargés et renversé par des militaires américains pendant la guerre du Vietnam qui a pris fin en Avril 1975. Cette semaine, les chercheurs Hatfield ont publié leurs nouvelles découvertes, qui ont confirmé la présence de défoliants militaires dans les sédiments du lac Bien Hung. Peu a été fait dans le parc de la ville pour informer le public des résultats pour sauvegarder quelques maigres “ places de pêche”. Le Van Khanh, un garde de sécurité, a déclaré qu’il n’était pas nécessaire d’avertir les gens que le lac contenait des toxines : “Tout le monde le sait”, a-t-il déclaré à l’hebdomadaire Thanh Nien. Mais Khanh a semblé être faux. “Je ne sais pas si le lac est contaminé”, a déclaré une femme d’âge moyen dans le parc qui a seulement donné son prénom, Oanh. “Aucune annonce officielle n’a été faite.” Une femme âgée nommé Ba Hai a dit qu’elle croyait que la pêche venait d’être interdite pour protéger la population de poissons.

Derniers résultats

Des scientifiques de Hatfield Consultants ont rapporté des niveaux plus élevés de composés chimiques toxiques dans ce lac sans prétention que furent découverts dans une étude vietnamienne qui a été menée il y a six ans. Dans leurs résultats définitifs, publiés cette semaine, la firme a constaté que les poisons déployés à partir de la base aérienne de Bien Hoa rester persistant dans le lac. De plus, «des niveaux élevés de dioxine” ont été trouvés dans les poissons et autres animaux vivant autour de la base aérienne de Bien Hoa.

Entre 1961 et 1971, l’armée américaine a pulvérisé quelque 80 millions de litres d’agent orange contenant 366 kg de dioxine hautement toxique sur le sud Vietnam. Entre 2,1 et 4.800.000 Vietnamiens ont été directement exposés à l’agent Orange et d’autres herbicides (qui ont été liés à des cancers, des malformations congénitales et autres maladies chroniques), selon la Croix-Rouge du Vietnam.

La dioxine n’a pas disparu. Au lieu de cela, elle reste piégée dans le sol et dans les organismes de la population environnante de Bien Hoa. “Il ya un certain nombre de points chauds qui n’ont pas encore été nettoyés sur le [Bien Hoa] Airbase», a déclaré Thomas Boivin, directeur des opérations internationales de HatfieldConsultants.

Ce qui est pire, les effets ont été transmis de parent à enfant. “Les poissons élevés sur la base aérienne sont contaminés par des dioxines et ne doit pas être consommé. Les gens qui mangent du poisson de la base aérienne ont des niveaux élevés de dioxines dans le sang et le lait maternel. Pêche et aquaculture devraient être interdits sur la base aérienne “, selon l’étude qui a été menée en novembre dernier, en collaboration avec le bureau 33 du ministère des Ressources naturelles et Environnement. Boivin a dit, “la base a besoin d’être nettoyée pour protéger la population locale.”

Vendredi dernier, le Vietnam et les Etats-Unis ont commencé la première phase d’un plan conjoint pour nettoyer les dommages environnementaux causés par l’agent orange dans une ancienne base aérienne américaine dans la ville centrale de Da Nang. Le ministère de la Défense du Vietnam a déjà commencé à balayer les zones autour de l’ancienne base des munitions non explosées. Le ministère commencera à travailler avec l’Agence américaine pour le développement international (USAID) afin d’éliminer la dioxine dans le sol et les sédiments sur le site. Un nettoyage de 32 millions de dollars vise à éliminer la dioxine contaminant 29 hectares de terre sur le site de Da Nang où une étude Hatfield de 2009 a révélé que les niveaux de produits chimiques étaient 300 à 400 fois plus élevés que les limites internationales.
“Je pense qu’il est juste de dire que la contamination à la dioxine de l’Agent Orange a été l’une des questions les plus névralgiques dans les relations Américano-vietnamiennes”, a déclaré le chargé d’affaires américain Virginia Palmer.

Malgré des preuves accablantes de malformations congénitales répandues et de maladies chroniques autour des anciennes bases aériennes, les États-Unis ont continuellement appelé à davantage de recherches sur les effets de la contamination par la dioxine au Vietnam. Au fil des ans, le ministère américain des Anciens combattants a reconnu 14 maladies (de la maladie de Parkinson au spina bifida) comme étant lié à l’exposition de l’Agent Orange.

Quoiqu’il en soit, le gouvernement américain a refusé d’appliquer le même traitement pour les civils qui se trouvaient sous la campagne de pulvérisation. “Nous espérons que ce rapport contribuera à ouvrir la voie pour le nettoyage de la base aérienne de Bien Hoa, et que le gouvernement américain va également aider», a déclaré Thomas Boivin de Hatfield.

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Lesdi 18/09/2015 17:33

Idem, tous ces articles sont d'André Bouny, auteur de "Agent Orange, Apocalypse Viêt Nam" aux éditions Demi Lune, que ce blogeur s'approprie sans vergogne ! :-(