Le mystérieux décès d’Alexandre Le Grand

Publié le par Bernard Gasnot

encore un oublie de notre chère école

Il y a deux histoires : l'histoire officielle, menteuse, puis l'histoire secrète, où sont les véritables causes des événements

Une enquête exceptionnelle sur le décès du plus grand conquérant de l’antiquité avec les techniques du

21ème siècle.

S’agit-il d’un empoisonnement par l’un, ou plusieurs de ses fidèles lieutenants, ou bien Alexandre a-t-il été terrassé par une hygiène de vie douteuse ou encore par une maladie infectieuse ?

Nous sommes en 323 avant J-C, Alexandre Le Grand, régnant sur un empire qui s’étend de l’Egypte jusqu’aux confins de l’Inde, s’apprête à envahir l’Arabie, il est alors âgé de 32 ans.

Cependant, cette grande offensive ne verra jamais le jour car Alexandre va s’éteindre après 12 jours d’agonie, dans son palais de Babylone.

Une chose est sure, Alexandre de par sa nature brutale et sans pitié à l’égard de ceux qui se mettent en travers de son chemin, ou encore par la domination sans partage qu’il exerce sur son vaste empire, suscite bien des convoitises et de la jalousie, et ce, jusque dans son entourage proche !

L’empereur, en plus de ces querelles de pouvoir, et malgré son jeune âge, habite un corps fatigué par les nombreuses blessures reçues au cours des différentes batailles auxquelles il a pris part, et n’a pas non plus une hygiène de vie irréprochable ; son attirance pour les banquets qui se terminent en beuveries, et pour l’alcool en général, sont de notoriété publique, et cela a pu nuire sur le long terme à son état de santé général.

D’après des recoupements historiques et astrologiques, le décès d’Alexandre est survenu le 10 ou 11 juin de l’an 323 avant J-C.

L’empereur a agonisé pendant 12 jours depuis le jour où il est tombé malade, à la suite d’une fête donnée en présence de son entourage habituel. Deux thèses se dégagent alors, celle de l’empoisonnement, et celle d’un virus contracté et qui s’est déclaré la nuit même de cette fête.

Avant de se pencher sur l’éventualité d’une piste criminelle, comme dans n’importe quelle enquête qu’il mènerait, va d’abord tenter de savoir si la mort d’Alexandre n’est tout simplement pas naturelle. Ne disposant pas de cadavre, il s’attache à reconstituer un empereur virtuel en s’appuyant sur les descriptions effectuées sur les nombreux ouvrages écrits à son sujet au fil des siècles.

Comme suggéré ci-dessus, le corps d’Alexandre était meurtri des nombreuses blessures qu’il avait pu recevoir et en voici une liste non exhaustive : tête entaillée jusqu’à l’os, poitrine et poumon perforés par une flèche, cuisse déchiquetée, os du pied écrasé et cheville brisée, toujours par flèche,…Une liste qui laisse pantois, au regard des conséquences que de telles blessures peuvent engendrer au niveau de l’état de santé général d’un seul individu, et encore plus à une époque où les connaissances en médecine devaient s’avérer êtres des plus rudimentaires.

La fièvre dont il fût victime à partir de la fin du mois de mai, est symptomatique de la malaria qui sévit dans les marécages d’Iraq où était située Babylone.

D’après lui, le docteur John Marr, spécialiste Américain des maladies tropicales cette maladie provoque l’épaississement du sang jusqu’à une crise cardiaque, mais l’individu qui en soufre a une transpiration d’eau noire, couleur que va également prendre les urines. Le malade est également atteint de pointes de fortes fièvres sur trois jours ; hors, d’après le journal royal relatant les derniers jours d’Alexandre, il n’est nullement fait état de ces symptômes typiques de la malaria.

Il faut savoir que chez les notables Macédoniens, peuple guerrier par excellence, le goût du crime, du sang, de la violence, et la soif de pouvoir étaient quasi endémiques, et ce encore plus pour des prétendants au trône.

La jalousie, les trahisons, les complots, empoisonnements et autres assassinats politiques, étaient monnaie courante à cette époque. Un nom se dégage en premier lieu, celui d’Antipatros, fidèle général de Philippe II, puis d’Alexandre, qui vient d’être relevé de ses fonctions de gouverneur de Macédoine et qui craint d’être éliminé sur ordre de ce dernier.

Antipatros aurait pu faire empoisonner l’empereur, en faisant parvenir du poison par l’intermédiaire de son fils, Cassandre, qui aurait lui-même chargé Lolas, son frère, resté à Babylone, de l’administrer au roi ; c’est vrai qu’en tant que barbier et sommelier d’Alexandre, sa position était idéale pour se trouver en sa présence directe le docteur John Marr retrouve d’ailleurs la trace des 2400 km effectués par Cassandre, depuis la Macédoine vers Babylone, peu de temps avant la mort d’Alexandre.

Le docteur John Marr se rend ensuite sur le tombeau de Philippe II de Macédoine, père d’Alexandre le Grand et roi assassiné sous les yeux de son fils, afin de s’imprégner de la famille et de connaître les différentes menaces qui pouvaient peser sur l’empereur. De multiples ornementations figuratives, sous formes de statues d’époque, entourent la tombe du roi et John Marr ressent comme une ambiance malsaine, émanant de l’entourage proche, qui devait peser sur la régence macédonienne ; une sorte de malédiction ou prédisposition génétique au crime, au sein même de la famille royale.

Si Alexandre avait autant d’ennemis potentiels, c’est aussi dû au fait de son impulsivité criminelle, qui le poussait parfois à éliminer illico presto certains de ses plus fidèles compagnons, si l’un d’eux osait le contredire ou le dénigrer.

Aristote, lui-même, grand philosophe devant l’éternel et éducateur privé durant la jeunesse d’Alexandre, Fût accusé par ses contemporains d’avoir ourdi l’empoisonnement du roi.

Autre entourage proche d’Alexandre qui peut éveiller les soupçons, le militaire. En effet, l’armée était épuisée à force de longues marches pour conquérir le monde, et des tensions étaient apparues au grand jour avant l’ultime conquête en préparation vers l’Arabie. A titre d’exemple, un an auparavant, le même genre de campagne avait vu périr 60 000 hommes, femmes, et enfants qui avaient trouvé la mort durant l’expédition et en dehors des combats !

Le fait de mélanger des soldats Perses à l’élite macédonienne n’était pas non plus du goût de l’état-major, considérant ceux-ci comme des hommes de second rang. Par ailleurs, aux yeux de bon nombre de ses officiers, Alexandre n’était « que » le roi de Macédoine par filiation de Philippe II, et sa tendance mégalomaniaque, y compris à prétendre qu’il était le fils de Zeus, commençait à sérieusement agacer le haut commandement de son armée !

Revenons au soir de l’ultime fête ; Alexandre est entouré de sa garde rapprochée et se gave d’alcool comme à son habitude, aussi, après avoir bu le breuvage tendu par Lolas, il s’écroule, ivre mort ! Ce n’est qu’une demi-heure plus tard, qu’il ressent les premiers effets de sa longue agonie.

John Marr se tourne vers le meilleur spécialiste selon lui, en poisons, le docteur néo-zélandais Leo Schep. Celui-ci reproduit à partir d’un mannequin les douze jours de maladie du roi en simulant l’administration de différents poisons et les effets qu’ils produisent.

Sur 25 produits testés, seuls deux ou trois retiennent l’attention de Schep. Il se penche plus particulièrement sur la racine de l’hellébore blanc, plante commune en Macédoine, et en analyse les probables effets ; le verdict est sans appel et cette plante a pu causer le décès d’Alexandre car elle est bel et bien mortelle. le docteur John Marr approfondit alors ses recherches, afin d’en savoir plus sur les effets de ce poison sur l’homme.

Un exemple surgit de l’histoire proche, la guerre de Corée, où des soldats Américains auraient mélangé la plante afin de garnir leur soupe ; les soldats tombèrent malades ½ heure plus tard, et le reste des symptômes comportent également de nombreuses similitudes avec ceux d’Alexandre, John Marr pense tenir le poison responsable du décès du roi.

Cependant, si le poison semble correspondre, une seule dose n’a pu suffire à terrasser Alexandre qui se serait remis de l’empoisonnement. Une seconde dose, il suffit d’un gramme pour que le poison ne soit mortel, aurait été administrée par le biais d’une plume que l’on enfonce par la bouche et destinée à faire vomir Alexandre, à sa propre demande.

Cette seconde dose affaiblit encore plus l’organisme et le poison ne s’évacue plus aussi facilement, c’est alors le déclin physique général et peut-être l’administration d’une ultime dose létale, le douzième jour, a-t-elle provoqué la mort du roi ?

Le poison étant quasi certainement identifié, il ne reste plus à qu’à dénouer l’écheveau des éventuels complots cités dans les différents écrits à propos d’Alexandre. Tout d’abord, on écarte la fumeuse piste d’Aristote, qui considérait presque Alexandre comme son fils.

le docteur John Marr s’interroge aussi sur le recours au poison pour éliminer un adversaire, car chez les Macédoniens, c’est plutôt le glaive qui servait à assassiner l’ennemi, il s’écarte donc de plus en plus de l’hypothèse criminelle.

Une nouvelle piste attire l’attention de celui-ci, à savoir que l’hellébore, à faible dose, était aussi employée comme remède par la médecine de l’époque, et ce afin de purger le corps du malade ou encore pour soigner une dépression ; hors Alexandre était dépressif depuis la mort huit mois auparavant, de son plus fidèle compagnon et amant, Héphaestion.

Ainsi, Alexandre a pu avoir recours de manière régulière à l’hellébore, sur une période assez longue précédant sa mort et ce, pour soigner des symptômes physiques, respiratoires et cardiaques liés à sa déprime.

Avec l’aide de Schep, notre détective consulte alors les archives pour savoir de quelle manière et à quelles doses était employé l’hellébore dans l’antiquité. Ils découvrent notamment qu’un médicament tiré de cette plante a vu le jour dans les années 50, mais que celui-ci a rapidement été retiré du marché, car la marge était infime entre la valeur médicinale du produit et sa transformation en un médicament mortel ! On comprend d’autant mieux la difficulté à faire les bons dosages pour les médecins antiques.

En voulant se remettre sur pieds le plus vite possible, pour démarrer son expédition vers l’Arabie, Alexandre a mis la pression sur ses médecins, qui ont alors fait preuve de complaisance en lui administrant de l’hellébore à dose constante et évolutive, et ce afin d’accélérer la guérison du grand chef.

Alexandre ne verra jamais son ambition d’envahir l’Arabie, Rome, puis le reste de l’Europe se réaliser, évènements qui auraient sensiblement changé le cours de l’histoire, et par là même ce que nous sommes

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