Le débarquement du 6 juin 1944 du mythe d’aujourd’hui à la réalité historique par notre camarade Annie Lacroix-Riz

Publié le par Bernard Gasnot

Professeur d’histoire contemporaine émérite de l’Université Paris VI Diderot, nous rappelle dans un article très documenté, for opportunément, les dimensions véritables du 6 juin 194.
La déferlante médiatique qui accompagne le 70e anniversaire de l’événement est à la hauteur du mensonge historique qui se met en place depuis des années sur la IIe guerre mondiale.

Il suffit de voir la chape de plomb sur le 70e anniversaire de la bataille de Stalingrad l’année dernière totalement passée sous silence par les médias dominant, alors que la seule commémoration le 2 février 2013 à Paris de cette victoire décisive pour la libération de la France à l’initiative du PRCF a été totalement censurée.

La criminalisation du communisme, l’ignoble équation Staline=Hitler, le silence de plomb des médias et de l’historiographie anti-communiste sur la simple réalité politique, militaire, sur le bilan humain et matériel de la guerre, le négationnisme des mêmes sur la guerre d’extermination menée par le Reich hitlérien contre l’URSS, contre le « judéo-bolchevisme », la part congrue faite sur les sacrifices et les combats titanesques des peuples de l’Union Soviétique, tout cela ne vise en fait qu’à camoufler la vérité et ancrer dans la conscience de nos concitoyens une vison conforme aux intérêts actuels des forces sociales qui mènent de nouveau les peuples à de nouvelles catastrophes à savoir le grand capital. Le PRCF a déjà pu s’en faire l’écho encore récemment dans une déclaration lors du 8 mai dernier.
Lisez cet article, diffusez-le, faites connaître la vérité non seulement pour rendre justice au passé mais pour préparer un avenir de paix ….voir article en dessous

Le triomphe du mythe de la libération américaine de l’Europe

En juin 2004, lors du 60e anniversaire (et premier décennal célébré au XXIe siècle) du « débarquement allié » en Normandie, à la question « Quelle est, selon vous, la nation qui a le plus contribué à la défaite de l’Allemagne » l’Ifop afficha une réponse strictement inverse de celle collectée en mai 1945 : soit respectivement pour les États-Unis, 58 et 20%, et pour l’URSS, 20 et 57%. Du printemps à l’été 2004 avait été martelé que les soldats américains avaient, du 6 juin 1944 au 8 mai 1945, sillonné l’Europe « occidentale » pour lui rendre l’indépendance et la liberté que lui avait ravies l’occupant allemand et que menaçait l’avancée de l’armée rouge vers l’Ouest. Du rôle de l’URSS, victime de cette « très spectaculaire [inversion des pourcentages] avec le temps », il ne fut pas question. Le (70e) cru 2014 promet pire sur la présentation respective des « Alliés » de Deuxième Guerre mondiale, sur fond d’invectives contre l’annexionnisme russe en Ukraine et ailleurs.

La légende a progressé avec l’expansion américaine sur le continent européen planifiée à Washington depuis1942 et mise en œuvre avec l’aide du Vatican, tuteur des zones catholiques et administrateur, avant, pendant et après la Deuxième Guerre mondiale de la « sphère d’influence “occidentale” ». Conduite en compagnie de et en concurrence avec la RFA (puis l’Allemagne réunifiée), cette poussée vers l’Est a pris un rythme effréné depuis la « chute du Mur de Berlin » (1989) : elle a pulvérisé les « buts de guerre » que Moscou avait revendiqués en juillet 1941 et atteints en 1944 (récupération du territoire de 1939-1940) et 1945 (acquisition d’une sphère d’influence recouvrant l’ancien « cordon sanitaire » d’Europe centrale et orientale, vieille voie germanique d’invasion de la Russie). Le projet américain avançait si vite qu’Armand Bérard, diplomate en poste à Vichy et, après la Libération, conseiller d’ambassade à Washington (décembre 1944) puis à Bonn (août 1949), prédit en février 1952 : « les collaborateurs du Chancelier [Adenauer] considèrent en général que le jour où l’Amérique sera en mesure de mettre en ligne une force supérieure, l’URSS se prêtera à un règlement dans lequel elle abandonnera les territoires d’Europe Centrale et Orientale qu’elle domine actuellement. » Les prémonitions, alors effarantes, de Bérard-Cassandre, sont en mai-juin 2014 dépassées : l’ancienne URSS, réduite à la Russie depuis 1991, est menacée à sa porte ukrainienne.

L’hégémonie idéologique « occidentale » accompagnant ce Drang nach Osten a été secondée par le temps écoulé depuis la Deuxième Guerre mondiale. Avant la Débâcle, « l’opinion française » s’était fait « dindonner par les campagnes “idéologiques” » transformant l’URSS en loup et le Reich en agneau. La grande presse, propriété du capital financier, l’avait persuadée que l’abandon de l’alliée tchécoslovaque lui vaudrait préservation durable de la paix. « Une telle annexion sera et ne peut être qu’une préface à une guerre qui deviendra inévitable, et au bout des horreurs de laquelle la France courra le plus grand risque de connaître la défaite, le démembrement et la vassalisation de ce qui subsistera du territoire national comme État en apparence indépendant », avait averti, deux semaines avant Munich, une autre Cassandre du haut État-major de l’armée. Trompée et trahie par ses élites, « la France » connut le destin prévu mais ses ouvriers et employés, subissant 50% de baisse des salaires réels et perdant 10-12 kg entre 1940 et 1944, se laissèrent moins « dindonner par les campagnes “idéologiques” ».

Ils perçurent certes les réalités militaires plus tard que les milieux bien informés, mais, en nombre croissant au fil des mois, ils suivirent sur les atlas ou les cartes de la presse collaborationniste l’évolution du « front de l’Est ». Ils comprirent que l’URSS, qui réclamait en vain depuis juillet 1941 l’ouverture, à l’Ouest, d’un « second front » allégeant son martyre, portait seule le poids de la guerre. L’« enthousiasme » que suscita en eux la nouvelle du débarquement anglo-américain en Afrique du Nord (8 novembre 1942) était « éteint » au printemps suivant : « Aujourd’hui tous les espoirs sont tournés vers la Russie dont les succès remplissent de joie la population tout entière […] Toute propagande du parti communiste est devenue inutile […] la comparaison trop facile entre l’inaction inexplicable des uns et l’héroïque activité des autres prépare des jours pénibles à ceux qui s’inquiètent du péril bolchevique », trancha un rapport d’avril 1943 destiné au BCRA gaulliste

Si duper les générations qui avaient conservé le souvenir du conflit était délicat, l’exercice est aujourd’hui devenu aisé. À la disparition progressive de ses témoins et acteurs s’est ajouté l’effondrement du mouvement ouvrier radical. Le PCF, « parti des fusillés », a longtemps informé largement, bien au-delà de ses rangs, sur les réalités de cette guerre. Ce qui en demeure en traite moins volontiers dans sa presse, elle-même en voie de disparition, voire bat sa coulpe sur le passé « stalinien » contemporain de sa Résistance. L’idéologie dominante, débarrassée d’un sérieux obstacle, a conquis l’hégémonie sur ce terrain comme sur les autres. La sphère académique n’oppose plus rien (voire s’associe) à l’intoxication déchaînée dans la presse écrite et audiovisuelle ou le cinéma. Or, les préparatifs et objectifs du 6 juin 1944 ne sont éclairés ni par le film « Il faut sauver le soldat Ryan » ni par le long documentaire « Apocalypse ».

La Pax Americana vue par Armand Bérard en juillet 1941

C’est bien avant le « tournant » de Stalingrad (janvier-février 1943) que les élites françaises saisirent les conséquences américaines de la situation militaire née de la « résistance farouche du soldat russe ». En témoigne le rapport daté de la mi-juillet 1941 que le général Paul Doyen, président de la délégation française à la Commission allemande d’armistice de Wiesbaden, fit rédiger par son collaborateur diplomatique Armand Bérard :

1° Le Blitzkrieg était mort. « Le tour pris par les opérations » contredisait le pronostic des « dirigeants du IIIème Reich qui n’avaient pas prévu une résistance aussi farouche du soldat russe, un fanatisme aussi passionné de la population, une guérilla aussi épuisante sur les arrières, des pertes aussi sérieuses, un vide aussi complet devant l’envahisseur, des difficultés aussi considérables de ravitaillement et de communications.

Les batailles gigantesques de tanks et d’avions, la nécessité, en l’absence de wagons à écartement convenable, d’assurer par des routes défoncées des transports de plusieurs centaines de kilomètres entraînent, pour l’Armée allemande, une usure de matériel et une dépense d’essence qui risquent de diminuer dangereusement ses stocks irremplaçables de carburants et de caoutchouc. Nous savons que l’État-Major allemand a constitué trois mois de réserves d’essence. II faut qu’une campagne de trois mois lui permette de réduire à merci le communisme soviétique, de rétablir l’ordre en Russie sous un régime nouveau, de remettre en exploitation toutes les richesses naturelles du pays et en particulier les gisements, du Caucase. Cependant, sans souci de sa nourriture de demain, le Russe incendie au lance-flamme ses récoltes, fait sauter ses villages, détruit son matériel roulant, sabote ses exploitations ».

2° Le risque d’une défaite allemande (longuement détaillé par Bérard) contraignait les maîtres de la France à rallier un autre protecteur que l’impérialisme « continental » choisi depuis la « Réconciliation » des années 1920. Un tel tournant s’avérant impossible « dans les mois à venir », on passerait avec doigté de l’hégémonie allemande à l’américaine, inéluctable. Car « déjà les États-Unis sont sortis seuls vainqueurs de la guerre de 1918 : ils en sortiront plus encore du conflit actuel. Leur puissance économique, leur haute civilisation, le chiffre de leur population, leur influence croissante sur tous les continents, l’affaiblissement des États européens qui pouvaient rivaliser avec eux font que, quoi qu’il arrive, le monde devra, dans les prochaines décades, se soumettre à la volonté des États-Unis. » Bérard distinguait donc dès juillet 1941 le futur vainqueur militaire soviétique – que le Vatican identifia clairement peu après ‑, que la guerre d’attrition allemande épuiserait, du « seul vainqueur », par « puissance économique », qui pratiquerait dans cette guerre comme dans la précédente la « stratégie périphérique ».

« Stratégie périphérique » et Pax Americana contre l’URSS

Les États-Unis, n’ayant jamais souffert d’occupation étrangère ni d’aucune destruction depuis la soumission du Sud agricole (esclavagiste) au Nord industriel, avaient cantonné leur armée permanente à des missions aussi impitoyables qu’aisées, avant et éventuellement depuis l’ère impérialiste : liquidation des populations indigènes, soumission de voisins faibles (« l’arrière-cour » latino-américaine) et répression intérieure. Pour l’expansion impériale, la consigne du chantre de l’impérialisme Alfred Mahan ‑ développer indéfiniment la Marine ‑, s’était enrichie sous ses successeurs des mêmes prescriptions concernant l’aviation . Mais la modestie de leurs forces armées terrestres dictait leur incapacité dans un conflit européen. Victoire une fois acquise par pays interposé, fournisseur de la « chair à canon » (« canon fodder »), des forces américaines tardivement déployées investiraient, comme à partir du printemps 1918, le territoire à contrôler : désormais, ce serait à partir de bases aéronavales étrangères, celles d’Afrique du Nord s’ajoutant depuis novembre 1942 aux britanniques.

L’Entente tripartite (France, Angleterre, Russie) s’était en 1914 partagé le rôle militaire, finalement dévolu, vu le retrait russe, à la France surtout. C’est l’URSS seule qui l’assumerait cette fois dans une guerre américaine qui, selon l’étude secrète de décembre 1942 du Comité des chefs d’États-majors interarmées (Joint Chiefs of Staff, JCS), se fixait pour norme d’« ignorer les considérations de souveraineté nationale » des pays étrangers. En 1942-1943, le JCS 1° tira du conflit en cours (et du précédent) la conclusion que la prochaine guerre aurait « pour épine dorsale les bombardiers stratégiques américains » et que, simple « instrument de la politique américaine, une armée internationale » chargée des tâches subalternes (terrestres) « internationaliserait et légitimerait la puissance américaine »; et 2° dressa l’interminable liste des bases d’après-guerre sillonnant l’univers, colonies des « alliés » comprises (JCS 570) : rien ne pourrait nous conduire à « tolérer des restrictions à notre capacité à faire stationner et opérer l’avion militaire dans et au-dessus de certains territoires sous souveraineté étrangère », trancha le général Henry Arnold, chef d’état-major de l’Air, en novembre 1943[15].

La « Guerre froide » transformant l’URSS en « ogre soviétique » débriderait les aveux sur la tactique subordonnant l’usage de la « chair à canon » des alliés (momentanés) aux objectifs des « bombardements stratégiques américains ». En mai 1949, Pacte atlantique signé (le 4 avril), Clarence Cannon, président de la commission des Finances de la Chambre des Représentants (House Committee on Appropriations) glorifia les fort coûteux « bombardiers terrestres de grand raid capables de transporter la bombe atomique qui “en trois semaines auraient pulvérisé tous les centres militaires soviétiques” » et se félicita de la « contribution » qu’apporteraient nos « alliés en envoyant les jeunes gens nécessaires pour occuper le territoire ennemi après que nous l’aurons démoralisé et anéanti par nos attaques aériennes. Nous avons suivi un tel plan pendant la dernière guerre ».

Les historiens américains Michael Sherry et Martin Sherwin l’ont montré : c’est l’URSS, instrument militaire de la victoire, qui était la cible simultanée des futures guerres de conquête – et non le Reich, officiellement désigné comme ennemi « des Nations unies ». On comprend pourquoi en lisant William Appleman Williams, un des fondateurs de « l’école révisionniste » (progressiste) américaine. Sa thèse sur « les relations américano-russes de 1781 à 1947 » (1952) a démontré que l’impérialisme américain ne supportait aucune limitation à sa sphère d’influence mondiale, que la « Guerre froide », née en 1917 et non en 1945-1947, avait des fondements non idéologiques mais économiques, et que la russophobie américaine datait de l’ère impérialiste. « L’entente russo-américaine lâche et informelle s’était rompue sur les droits de passage des chemins de fer russes de Mandchourie méridionale et de l’Est chinois entre 1895 et 1912 ». Les Soviets eurent au surplus l’audace d’exploiter eux-mêmes leur caverne d’Ali Baba, soustrayant aux capitaux américains leur immense territoire (22 millions de km2). Voilà ce qui généra « la continuité, de Theodore Roosevelt et John Hay à Franklin Roosevelt en passant par Wilson, Hugues et Hoover, de la politique américaine en Extrême-Orient » ‑ mais aussi en Afrique et en Europe, autres champs privilégiés « d’un partage et d’un repartage du monde » américains renouvelés sans répit depuis 1880-1890.

Washington prétendait opérer ce « partage-repartage » à son bénéfice exclusif, raison fondamentale pour laquelle Roosevelt mit son veto à toute discussion en temps de guerre avec Staline et Churchill sur la répartition des « zones d’influence ». L’arrêt des armes lui assurerait la victoire militaire à coût nul, vu l’état pitoyable de son grand rival russe, ravagé par l’assaut allemand. En février-mars 1944, le milliardaire Harriman, ambassadeur à Moscou depuis 1943, s’accordait avec deux rapports des services « russes » du Département d’État (« Certains aspects de la politique soviétique actuelle » et « La Russie et l’Europe orientale ») pour penser que l’URSS, « appauvrie par la guerre et à l’affût de notre assistance économique un de nos principaux leviers pour orienter une action politique compatible avec nos principes », n’aurait même pas la force d’empiéter sur l’Est de l’Europe bientôt américaine. Elle se contenterait pour l’après-guerre d’une promesse d’aide américaine, ce qui nous permettrait « d’éviter le développement d’une sphère d’influence de l’Union Soviétique sur l’Europe orientale et les Balkans ». Pronostic manifestant un optimisme excessif, l’URSS n’ayant pas renoncé à s’en ménager une.

La Pax Americana dans le tronçon français de la zone d’influence

Les plans de paix synarchique…

Ce « levier » financier était, tant à l’Ouest qu’à l’Est, « une des armes les plus efficaces à notre disposition pour influer sur les événements politiques européens dans la direction que nous désirons ».

En vue de cette Pax Americana, la haute finance synarchique, cœur de l’impérialisme français particulièrement représenté outre-mer – Lemaigre-Dubreuil, chef des huiles Lesieur (et de sociétés pétrolières), le président de la banque d’Indochine Paul Baudouin, dernier ministre des Affaires étrangères de Reynaud et premier de Pétain, etc. –, négocia, plus activement depuis le second semestre 1941, avec le financier Robert Murphy, délégué spécial de Roosevelt en Afrique du Nord. Futur premier conseiller du gouverneur militaire de la zone d’occupation américaine en Allemagne et un des chefs des services de renseignements, de l’Office of Strategic Services (OSS) de guerre à la Central Intelligence Agency de 1947, il s’était installé à Alger en décembre 1940. Ce catholique intégriste y préparait le débarquement des États-Unis en Afrique du Nord, tremplin vers l’occupation de l’Europe qui commencerait par le territoire français quand l’URSS s’apprêterait à franchir ses frontières de 1940-1941 pour libérer les pays occupés. Ces pourparlers secrets furent tenus en zone non occupée, dans « l’empire », via les « neutres », des pro-hitlériens Salazar et Franco, sensibles aux sirènes américaines, aux Suisses et aux Suédois, et via le Vatican, aussi soucieux qu’en 1917-1918 d’assurer une paix douce au Reich vaincu. Prolongés jusqu’à la fin de la guerre, ils inclurent dès 1942 des plans de « retournement des fronts », contre l’URSS, qui percèrent avant la capitulation allemande mais n’eurent plein effet qu’après les 8-9 mai 1945.

Traitant d’affaires économiques immédiates (en Afrique du Nord) et futures (métropolitaines et coloniales pour l’après-Libération) avec les grands synarques, Washington comptait aussi sur eux pour évincer de Gaulle, également haï des deux parties. En aucun cas parce qu’il était une sorte de dictateur militaire insupportable, conformément à une durable légende, au grand démocrate Roosevelt. De Gaulle déplaisait seulement parce que, si réactionnaire qu’il eût été ou fût, il tirait sa popularité et sa force de la Résistance intérieure (surtout communiste) : c’est à ce titre qu’il entraverait la mainmise totale des États-Unis, alors qu’un « Vichy sans Vichy » offrirait des partenaires honnis du peuple, donc aussi dociles « perinde ac cadaver » aux injonctions américaines qu’ils l’étaient aux ordres allemands. Cette formule américaine, finalement vouée à l’échec vu le rapport de forces général et français, eut donc pour héros successifs, de 1941 à 1943, les cagoulards vichystes Weygand, Darlan puis Giraud, champions avérés de dictature militaire, si représentatifs du goût de Washington pour les étrangers acquis à la liberté de ses capitaux et à l’installation de ses bases aéronavales.

On ne s’efforçait pas d’esquiver de Gaulle pour subir les Soviets : épouvantés par l’issue de la bataille de Stalingrad, les mêmes financiers français dépêchèrent aussitôt à Rome leur tout dévoué Emmanuel Suhard, instrument depuis 1926 de leurs plans de liquidation de la République. Le cardinal-archevêque (de Reims) avait été, la Cagoule ayant opportunément en avril 1940 liquidé son prédécesseur Verdier, nommé à Paris en mai juste après l’invasion allemande (du 10 mai) : ses mandants et Paul Reynaud, complice du putsch Pétain-Laval imminent, l’envoyèrent amorcer à Madrid le 15 mai, via Franco, les tractations de « Paix » (capitulation) avec le Reich. Suhard fut donc à nouveau chargé de préparer, en vue de la Pax Americana, les pourparlers avec le nouveau tuteur : il devait demander à Pie XII de poser « à Washington », via Myron Taylor, ancien président de l’US Steel et depuis l’été 1939 « représentant personnel » de Roosevelt « auprès du pape », « la question suivante : “Si les troupes américaines sont amenées à pénétrer en France, le gouvernement de Washington s’engage-t-il à ce que l’occupation américaine soit aussi totale que l’occupation allemande ?” », à l’exclusion de toute « autre occupation étrangère soviétique. Washington a répondu que les États-Unis se désintéresseraient de la forme future du gouvernement de la France et qu’ils s’engageaient à ne pas laisser le communisme s’installer dans le pays ». La bourgeoisie, nota un informateur du BCRA fin juillet 1943, « ne croyant plus à la victoire allemande, compte sur l’Amérique pour lui éviter le bolchevisme. Elle attend le débarquement anglo-américain avec impatience, tout retard lui apparaissant comme une sorte de trahison ». Ce refrain fut chanté jusqu’à la mise en œuvre de l’opération « Overlord ».

… contre les espérances populaires

Au « bourgeois français qui avait toujours considéré le soldat américain ou britannique comme devant être naturellement à son service au cas d’une victoire bolchevique », les RG opposaient depuis février 1943 « le prolétariat », qui exultait: « les craintes de voir “sa” victoire escamotée par la haute finance internationale s’estompent avec la chute de Stalingrad et l’avance générale des soviets ». De ce côté, à la rancœur contre l’inaction militaire des Anglo-Saxons contre l’Axe s’ajouta la colère provoquée par leur guerre aérienne contre les civils, ceux des « Nations unies » compris. Les « bombardements stratégiques américains », ininterrompus depuis 1942, frappaient les populations mais épargnaient les Konzerne partenaires, IG Farben en tête comme le rapporta en novembre « un très important industriel suédois en relations étroites avec [le géant chimique], retour d’un voyage d’affaires en Allemagne » : à Francfort, « les usines n’ont pas souffert », à Ludwigshafen, « les dégâts sont insignifiants », à Leverkusen, « les usines de l’IG Farben n’ont pas été bombardées ».

Rien ne changea jusqu’en 1944, où un long rapport de mars sur « les bombardements de l’aviation anglo-américaine et les réactions de la population française » exposa les effets de « ces raids meurtriers et inopérants » : l’indignation enflait tant depuis 1943 qu’elle ébranlait l’assise du contrôle américain imminent du territoire. Depuis septembre 1943 s’étaient intensifiées les attaques contre la banlieue de Paris, où les bombes étaient comme « jetées au hasard, sans but précis, et sans le moindre souci d’épargner des vies humaines ». Nantes avait suivi, Strasbourg, La Bocca, Annecy, puis Toulon, qui avait « mis le comble à la colère des ouvriers contre les Anglo-Saxons » : toujours les mêmes morts ouvriers et peu ou pas d’objectifs industriels touchés. Les opérations préservaient toujours l’économie de guerre allemande, comme si les Anglo-Saxons « craignaient de voir finir la guerre trop vite ». Ainsi trônaient intacts les hauts-fourneaux, dont la « destruction paralyserait immédiatement les industries de transformation, qui cesseraient de fonctionner faute de matières premières ». Se répandait « une opinion très dangereuse dans certaines parties de la population ouvrière qui a été durement frappée par les raids. C’est que les capitalistes anglo-saxons ne sont pas mécontents d’éliminer des concurrents commerciaux, et en même temps de décimer la classe ouvrière, de la plonger dans un état de détresse et de misère qui lui rendra plus difficile après la guerre la présentation de ses revendications sociales. Il serait vain de dissimuler que l’opinion française est, depuis quelque temps, considérablement refroidie à l’égard des Anglo-Américains », qui reculent toujours devant « le débarquement promis. La France souffre indiciblement Les forces vives du pays s’épuisent à une cadence qui s’accélère de jour en jour, et la confiance dans les alliés prend une courbe descendante. Instruits par la cruelle réalité des faits, la plupart des ouvriers portent désormais tous leurs espoirs vers la Russie, dont l’armée est, à leur avis, la seule qui puisse venir à bout dans un délai prochain de la résistance des Allemands ».

C’est donc dans une atmosphère de rancœur contre ces « alliés » aussi bienveillants pour le Reich qu’avant et après 1918 qu’eut lieu leur débarquement du 6 juin 1944. Colère et soviétophilie populaires persistèrent, donnant au PCF un écho qui inquiétait l’État gaulliste imminent : « le débarquement a enlevé à sa propagande une part de sa force de pénétration », mais « le temps assez long qu’ont mis les armées anglo-américaines à débarquer sur le sol français a été exploité pour démontrer que seule l’armée russe était en mesure de lutter efficacement contre les nazis. Les morts provoquées par les bombardements et les douleurs qu’elles suscitent servent également d’éléments favorables à une propagande qui prétend que les Russes se battent suivant les méthodes traditionnelles et ne s’en prennent point à la population civile »

Le déficit de sympathie enregistré dans ce morceau initial de la sphère d’influence américaine se maintint entre la Libération de Paris et la fin de la guerre en Europe, comme l’attestent les sondages de l’Ifop d’après-Libération, parisien (« du 28 août au 2 septembre 1944 ») et de mai 1945, national (déjà cité). Il fut après-guerre, on l’a dit, d’abord progressivement, puis brutalement comblé. Il n’est donc plus grand monde pour rappeler qu’après la bataille des Ardennes (décembre 1944-janvier 1945), seuls combats importants livrés par les Anglo-Saxons contre des troupes allemandes (9 000 morts américains), le haut-commandement de la Wehrmacht négocia fébrilement sa reddition « aux armées anglo-américaines et le report des forces à l’Est »;

que, fin mars 1945, « 26 divisions allemandes demeuraient sur le front occidental », à seule fin d’évacuation « vers l’Ouest » par les ports du Nord, « contre 170 divisions sur le front de l’Est », qui combattirent farouchement jusqu’au 9 mai (date de la libération de Prague);

Que le libérateur américain, qui avait doublé à la faveur de la guerre son revenu national, avait sur les fronts du Pacifique et d’Europe perdu 290 000 soldats de décembre 1941 à août 1945 : soit l’effectif soviétique tombé dans les dernières semaines de la chute de Berlin, et 1% du total des morts soviétiques de la « Grande guerre patriotique », près de 30 millions sur 50.

Du 6 juin 1944 au 9 mai 1945, Washington acheva de mettre en place tout ou presque pour rétablir le « cordon sanitaire » que les rivaux impérialistes anglais et français avaient édifié en 1919 ; et pour transformer en bête noire le pays le plus chéri des peuples d’Europe (français inclus). La légende de la « Guerre froide » mériterait les mêmes correctifs que celle de l’exclusive libération américaine de l’Europe.

Les 8 et 9 mai 1945, la Coalition antifasciste mondiale mettait fin, au prix de sacrifices sans nom, au « Grand Reich » nazi, synonyme de génocides, d’abominations et d’exterminations sans précédent.

Dans cette Coalition, l’U.R.S.S. et l’Armée rouge, mais aussi la Résistance communiste armée en France et dans toute l’Europe, avaient joué un rôle central, à côté d’autres forces patriotiques. L’U.R.S.S. était alors unanimement perçue comme le pays de Stalingrad et de Koursk, comme le fer de lance de la résistance antinazie. Quant au P.C.F. alors dirigé par Cachin, Thorez, Duclos, Tillon et Frachon, il était reconnu par tous, conformément aux réalités historiques, comme le Parti des Fusillés. Les glorieux F.T.P.F. et F.T.P.-M.O.I furent en effet la force dirigeante de l’insurrection nationale qui culmina lors de la Libération de Paris.

Sans minimiser en rien les sacrifices des soldats américains, il faut rappeler que le Débarquement du 6 juin 1944 (l’ouverture du « second front », que l’U.R.S.S. réclamait depuis juillet 1941 !), ne fut mis en place que lorsque l’Union soviétique eut entamé la libération des territoires situés à l’Ouest du sien. L’U.R.S.S., qui se heurta jusqu’au 9 mai 1945 à une résistance allemande féroce (près de 300 divisions allemandes à l’Est jusqu’au bout, 27 à l’Ouest, dont 26 pour évacuer la Wehrmacht à l’Ouest depuis janvier 1945, et Berlin prise par la seule Armée rouge au prix final de 300.000 morts soviétiques supplémentaires) ne devait surtout pas gagner seule la guerre contre l’Allemagne, guerre qu’elle avait pourtant conduite pratiquement seule. Les plans des Anglo-Saxons visaient à se ménager la zone d’influence maximale dans l’Ouest de l’Europe, le plus riche et le plus industriel, et qui serait soumis à la tutelle américaine quasi exclusive (l’Angleterre étant très affaiblie) par le biais de l’A.M.G.O.T (gouvernement militaire américain) : c’est la force du P.C.F. dans l’insurrection patriotique qui fit échouer ce projet néocolonial avéré et qui permirent à la France, sur proposition de Moscou, de retrouver son statut de grande puissance, de siéger dans le camp victorieux et d’obtenir un siège permanent et un droit de veto au Conseil de sécurité de l’O.N.U.

A l’issue du 8 mai, le continent européen fut largement purgé du nazisme – malgré les criminelles complaisances dont celui-ci continua de bénéficier jusqu’à nos jours, notamment en Allemagne occidentale en France même – et de grandes avancées sociales purent se faire jour sur le sous-continent européen. En France, inspirés par le lumineux programme du C.N.R. Les Jours heureux, les ministres communistes de 1945, les Thorez, Croizat, Paul, Wallon, Grenier, Tillon, Billoux, sans oublier Joliot-Curie (qui mit en place le C.E.A.) créèrent la Sécurité sociale, les retraites par répartition, le Code du travail, les comités d’entreprises, les nationalisations industrielles, le statut de la fonction publique, le statut des mineurs et les nouvelles conventions collectives nationales, avant d’être chassés du gouvernement en 1947 sur l’ordre de Washington.

C’est cette visée politique d’une Europe pacifique, démocratique et progressiste, que portaient les forces antifascistes par-delà les calculs malsains de l’impérialisme américain et de la grande bourgeoisie française (celle-ci était passée sans débotter de la Collaboration avec l’Occupant à l’atlantisme le plus débridé, que la « construction » européenne, préparée pendant la guerre et fortement relancée dès l’immédiate après-guerre par l’impérialisme américain et l’impérialisme allemand vite réconciliés), que la « construction européenne » a eu pour mission d’annihiler.

En fait de « paix », toute la « construction européenne » d’après-guerre s’est faite sous l’égide du bloc belliqueusement antisoviétique piloté par l’Alliance atlantique ; quant au progrès social, les concessions que les travailleurs d’Europe occidentale, y compris ceux de la R.F.A., ont pu momentanément arracher au patronat, n’ont « tenu » bon qu’aussi longtemps que de grands Partis communistes fidèles au léninisme, que de puissantes Confédérations syndicales affiliées à la F.S.M., qu’un camp socialiste européen allié à l’U.R.S.S., qu’une Allemagne antifasciste débarrassée du capitalisme (la R.D.A.), ont contraint les capitalistes occidentaux à céder du terrain pour préserver leur pouvoir et préparer l’heure de la revanche sur les forces antifascistes.

Sans remonter aux prémices réactionnaires de l’actuelle U.E. et de l’Axe Washington-Berlin (dont le livre récent d’A. Lacroix-Riz Aux origines du carcan européen montre qu’ils remontent à… 1918 !), il est facile de montrer que le plan Charbon-Acier, que le Traité de Rome, que le Marché commun, que le Plan Davignon contre la sidérurgie française, que la P.A.C., etc. n’ont apporté aux salariés et aux paysans travailleurs que des régressions et des mauvais coups.

Les choses se sont brutalement aggravées à la suite du démantèlement sous influence du camp socialiste, de l’annexion pseudo-démocratique de la R.D.A. à la R.F.A., de l’implosion contre-révolutionnaire de l’U.R.S.S. accompagnés et précédés par la mutation « eurocommuniste », puis franchement social-démocrate des P.C. italien, français et espagnol –

Le traité de Maastricht, qu’un chef de la droite française a défini comme une « assurance tous risques contre le socialisme en Europe », a imposé la clause léonine selon laquelle l’U.E. est « une économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée », ce qui revient à y interdire, non seulement le socialisme, mais n’importe quelle politique tant soit peu progressiste. Sur cette base, la droite parlementaire européenne et la social-démocratie ont fusionné stratégiquement en privant de tout sens la fameuse « alternance démocratique » et en creusant le lit de l’extrême droite raciste : celle-ci fonctionne en effet comme un verrou politique et comme un recours éventuel du système face aux possibles insurrections populaires.

En fait de « paix » continentale, l’Europe atlantique s’est signalée dès les années 90 par la destruction et le repartage impérialiste de la République Socialiste Fédérative de Yougoslavie, puis par le démembrement de la Serbie en violation du droit international. Franchissant un seuil supplémentaire dans l’agressivité et le « Drang nach Osten » (ruée vers l’Est), l’U.E. atlantique participe aujourd’hui sous l’égide de Washington et de l’O.T.A.N., à une ingérence grossière en Ukraine. Elle n’hésite pas pour cela à prendre appui sur un « gouvernement » putschiste et néo-nazi dont l’action vise à réprimer les communistes ukrainiens, à discriminer les russophones, à soumettre par la force les populations ouvrières de l’Est, à provoquer la Fédération de Russie en travaillant à l’annexion de fait de l’Ukraine par l’U.E. et par l’O.T.A.N., ce qui constituerait très officiellement un casus belli pour Moscou.

En fait de respect des frontières de 1945, la « nouvelle Europe » a mis ses pas dans ceux de l’impérialisme allemand. Non content d’annexer la R.D.A. et d’humilier sa population en brisant systématiquement la mémoire historique de cet Etat, Berlin a manipulé l’éclatement de la Tchécoslovaquie, la sécession unilatérale de la Croatie (avec l’aide avérée du Vatican), et qui n’est pas pour rien dans l’ « évaporation » en cours de la Belgique sur la base d’une sécession de fait de la Flandre belge. Nous sommes d’ailleurs confrontés actuellement à un projet d’euro-balkanisation de l’Europe occidentale avec l’encouragement donné aux mouvements euro-séparatistes en Italie (Ligue du nord), en Espagne (Catalogne, voire « Grande Catalogne » englobant Perpignan), et la décision de Hollande de procéder à la « länderisation » de la France (suppression des communes et des départements, redécoupage en 10 grandes régions métropolitaines, régions transfrontalières…) sans la moindre consultation du peuple. Pour liquider la République une, laïque et indivisible issue de la Révolution française, le gouvernement « socialiste » ne craint pas de prendre appui sur des mouvements grossièrement antirépublicains impulsés par le M.E.D.E.F (prétendus « bonnets rouges » bretons, mafia séparatiste corse, grand patronat alsacien tourné vers le Land de Bade-Wurtemberg, etc.)…

En fait de respect du droit des peuples, l’U.E. signifie le déni constant des souverainetés nationales, l’humiliation permanente des peuples du Sud et de l’Est européen ; l’U.E. et ses proconsuls français Hollande et Sarkozy, c’est aussi le viol du Non français à la constitution supranationale (imposition par la bande du Traité de Lisbonne et du Traité budgétaire mettant le budget français sous la tutelle même plus dissimulée de Berlin), c’est la mise en place d’une monnaie unique dédiée aux intérêts commerciaux de Washington et de Berlin soutenus par leurs collaborateurs compradores du C.A.C.-4O aux dépens de ce qui subsiste du « produire en France ». Plus gravement encore, l’U.E. signifie la mise en place dans le dos des peuples, d’une « Union transatlantique » qui parachèverait la casse de notre économie productive, l’écrasement des langues nationales européennes au profit du Business-English patronal, l’agonie assurée de l’ « exception culturelle », du cinéma, de la chanson et de la recherche scientifique indépendantes au profit des monopoles transcontinentaux et de leur projet inhumain de marchandisation absolue de la culture, de la Santé, de l’école et de l’ensemble des modes de vie.

En fait de progrès social, l’U.E. signifie aussi l’explosion des inégalités, le cancer des paradis fiscaux, le feu roulant des plans d’ajustement structurels tels que le Pacte Merkel-Valls-MEDEF qui vise à extorquer 50 milliards au peuple français pour le transférer aux monopoles capitalistes et aux usuriers des « marchés financiers » internationaux.

En fait de « démocratie » et d’ « humanisme », l’U.E. signifie l’anticommunisme déchaîné et le révisionnisme historique permanent par le dénigrement permanent de toute l’histoire révolutionnaire du continent, qu’il s’agisse de l’expérience socialiste née de la Révolution d’Octobre ou de la Révolution française elle-même ; l’U.E., c’est aussi la promotion du cléricalisme, du communautarisme religieux, c’est la banalisation des nostalgiques du Troisième Reich qui, de Kiev à Vilnius en passant par Budapest, tiennent le haut du pavé alors que les symboles, les partis, les activités antifascistes sont réprimés sur toute une partie du sous-continent et que des populations entières (russophones d’Ukraine et de la Baltique, Roms, et de plus en plus, Belges francophones vivant en Flandre) sont discriminée avec la complicité de Bruxelles, que les migrants venus d’Afrique périssent en masse en Méditerranée quand ils essaient de rallier la « forteresse Europe » pour fuir leur continent dévasté par les opérations néocoloniales de l’O.T.A.N., de Sarkozy ou de Hollande au Proche-Orient, en Libye ou en Afrique subsaharienne !

Dans ces conditions, les discours ronflants sur « l’Europe, notre destin », qui ciblent les enfants dès l’école primaire, ne sont que propagande d’Etat. Honte aux dirigeants euro-formatés et euro-subventionnés du Parti de la Gauche Européenne et de la Confédération Européenne des Syndicats qui, à défaut d’organiser l’action contre Bruxelles et contre les plans d’austérité, paralysent et dévoient l’action populaire en faisant miroiter une introuvable « Europe sociale » !

Plus que jamais, l’heure est à l’engagement uni des organisations communistes et démocratiques, en France et en Europe, pour les « quatre sorties » : sorties de l’euro et de l’U.E., sortie de l’O.T.A.N. et sortie du capitalisme fauteur de crise, de fascisation, d’ingérence et de nouvelles guerres mondiales.

C’est dans cet esprit, fidèle au meilleur du 8 mai 45 et à l’héritage du C.N.R., que le P.R.C.F. invite les forces communistes, syndicales, patriotiques, antifascistes et internationalistes à refuser de cautionner la mascarade des élections au parlement supranational européen, lequel n’est que la façade d’une dictature supranationale capitaliste, impérialiste et fascisante dont on ne peut attendre que des agressions de plus en plus graves contre les travailleurs, contre les nations souveraines et contre les peuples de l’Est et du Sud.

L’avenir de l’Europe des Lumières, de l’Europe des peuples libres, ne se construira pas dans l’U.E., cette antithèse de l’Europe du 8 mai 1945, mais contre elle. L’avenir est en effet dans l’insurrection démocratique des peuples pour la souveraineté nationale et populaire, pour la coopération entre les Etats souverains de tous les continents, pour la paix mondiale, dans la perspective d’une France, d’une Europe et d’un monde débarrassés du capitalisme et de son U.E. « réactionnaire sur toute la ligne » (Lénine).

Plus que jamais, honneur aux vainqueurs antifascistes du 8 mai 1945 et non, mille fois non, à l’U.E. atlantique, socle politique du IVème Reich transatlantique en gestation.

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