La destruction de l’humanité à Hiroshima et Nagasaki La vraie vérité

Publié le par Bernard Gasnot

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«Le bouclier antibalistique que nous allons construire en Europe de l’Est est seulement destiné à nous défendre contre les attaques d’Etats voyous et de groupes terroristes. Soyez donc rassuré: même si nous prenions l’initiative de vous attaquer par une première frappe nucléaire, vous pourriez aisément traverser le bouclier et anéantir mon pays.»

Le président Bill Clinton, s’adressant au président Vladimir Poutine le 6 juin 2000, à Moscou

Cette phrase résume à elle seule la doctrine de la dissuasion. Cette année 2015 a été l’année des commémorations en règle générale de ce que l’on appelle les Alliés: les vainqueurs. Ce terme prête à confusion pour deux raisons, car des vainqueurs il y en a eu deux, l’un que l’on appellera par la suite l’empire américain et ses vassaux qui s’attribuent les mérites sans en avoir payé le prix du sang ou plutôt, ils ont payé effectivement avec le sang des autres, ce fut pour l’Angleterre, les Indiens les Pakistanais et pour la France, l’essentiel de l’effort supporté par les Régiments de tirailleurs algériens, tunisiens et marocains sans oublier le petit peuple constitué par les Européens d’Algérie. L’autre allié qui n’a jamais été reconnu est l’Empire soviétique, le premier à planter le drapeau sur la chancellerie du Reich un certain jour de mai 1945 qui marqua symboliquement la fin de la guerre.

En face, deux peuples guerriers et leurs «alliés» comme l’Empire ottoman qui en paya un terrible prix: la curée était telle que la guerre n’était pas terminée que les acolytes diaboliques commençaient à se partager la dépouille encore fumante. Ce furent les accords de la honte de Sykes –Picot que les Etats Unis furent les premiers à dénoncer. Le président Woodrow Wilson, tentant de mettre en avant l’argument de l’autodétermination des peuples. Ces deux peuples guerriers étaient l’Allemagne qui n’a jamais accepté l’humiliation du traité de Versailles et le Japon qui s’estimait être l’héritier d’une grande civilisation. Nous verrons que le largage des deux bombes atomiques était plus fait pour donner un signe de Truman aux Soviétiques que de faire capituler un pays qui était déjà à genoux et qui ne demandait qu’une reddition dans l’honneur en sauvant l’empereur.

Le 16 juillet 1945, à l’issue du premier tir nucléaire grandeur nature, dit «Trinity», au Nouveau-Mexique, le physicien américain Kenneth Bainbridge, responsable de l’essai, avait déclaré à Robert Oppenheimer, patron du projet Manhattan: «Maintenant nous sommes tous des fils de putes» («Now we are all sons of bitches»). Trois semaines plus tard, le 6 août, le bombardier américain Enola Gay larguait la bombe «Little Boy» sur Hiroshima, au Japon, qui tuait 80.000 personnes d’un coup. L’aube d’une ère nouvelle», assurent certains scientifiques. 80.000 Japonais moururent (140.000 selon les Japonais) sur le champ. L’humanité entamait une ère nouvelle caractérisée par la possibilité de son extinction. Le P aout ce sera le tour de Nagasaki de recevoir le feu du ciel qui se termina par plus de 70.000 morts.

De leur côté les soviétiques ne croisèrent pas les bras. Il faut savoir en effet qu’ils s’employèrent eux aussi à maîtriser le feu nucléaire moins de trois ans plus tard, ils faisaient exploser leur bombe atomique. Ce qui a amené les Américains à aller plus loin et à faire exploser une bombe à hydrogène de 10 mégatonnes de TNT où le détonateur était constitué par une bombe atomique à l’uranium 235.Il y eut même des bombes au plutonium. Ce à quoi les Soviétiques firent exploser la bombe appelée Tsar bomba de 50MT soit près de 3000 fois la bombe d’Hiroshima. L’Angleterre fit elle aussi des essais et on connaît les essais de la France les 13 essais (Gerboises multicolores) L’histoire se souviendra du cri de joie de De Gaulle, le président français: «Hourra pour la France! Depuis ce matin, elle est plus forte et plus fière» le 13 février 1960 félicitant les militaires qui venaient de faire exploser une bombe 70 KT 5 fois plus puissance que celle d’Hiroshima, dans l’Algérie en guerre. Les Algériens paient encore le prix de l’ivresse de puissance.

Les motifs réels

On est en droit de se demander pourquoi les Etats-Unis ont largué une bombe atomique sur un pays à genoux! Mieux encore, pourquoi trois jours après, une autre bombe sans motif apparent. Dans le documentaire de Arte à ce sujet ,nous lisons « Cette investigation ambitieuse éclaire aussi bien les motivations réelles des Américains que les conséquences sociales, sanitaires et environnementales du désastre. Little Boy était-elle un «mal nécessaire» pour forcer les Japonais à capituler? Hiroshima démontre que le pays de l’empereur Hirohito avait de toute façon déjà perdu la guerre et s’apprêtait à négocier. Les objectifs de Truman étaient autres: tester in vivo l’efficacité de la bombe et devancer les Russes dans la course à l’armement. Même duplicité après la seconde explosion atomique (Nagasaki, le 9 août): les Américains font des études scientifiques mais ne soignent personne. Le quotidien des irradiés est occulté: considérés comme des pestiférés, ils doivent subir l’emprise rapace des mafias japonaises et la désagrégation des rapports humains. Dans le même temps, aux EU, une propagande gouvernementale massive tente de rendre populaire le recours au nucléaire.

Les causes qui font diversion

On prête aux physiciens juifs allemands réfugiés aux Etats-Unis leur intervention auprès d’Einstein pour qu’il puisse informer le président Roosevelt que les physiciens allemands étaient proches de la confection d’une bombe atomique et qu’il fallait arrêter cela. Pourquoi alors une bombe sur Hiroshima et pas sur Berlin?

Une autre raison invoquée par les boute-feux qui ont encouragé Truman est que la simple prise de l’île d’Okinawa a coûté 7600 morts à l’armée américaine. L’état-major américain craint, non sans exagération, de perdre 500.000 soldats pour conquérir Honshu, l’île principale de l’archipel. C’est ainsi qu’émerge l’idée d’utiliser la bombe atomique contre l’Empire du Soleil levant, pour briser sa résistance à moindres frais. Comment peut-on comprendre l’ambivalence du discours américain. N’est-ce pas le président Roosevelt, le 1er septembre 1939 lors d’un appel aux Européens: «Le bombardement aérien sans pitié de civils dans des régions urbaines non fortifiées, au cours des hostilités qui ont fait rage dans différentes parties du monde ces dernières années, qui a mutilé et tué des milliers de femmes et enfants sans défense, a profondément choqué la conscience de l’humanité.» On dit aussi parmi les causes, qu’en réponse à la déclaration de Potsdam du 26 juillet, le gouvernement japonais organisa le 28 une conférence de presse au cours de laquelle le Premier ministre Kantarô Suzuki annonça l’intention du Japon «d’ignorer» (mokusatsu) l’ultimatum.

Les réticences multiples de l’état-major

Pourtant pratiquement tout l’état-major était contre. A commencer par le général Dwig Eisenhower. D’autres voix se sont élevées contre l’utilisation militaire des bombes atomiques. Il est admis que le Japon était à genoux et cherchait une reddition dans l’honneur. A l’été 1945, le blocus du Japon était presque complet. Les sous-marins et l’aviation américaine avaient le contrôle des eaux côtières. Il a été avancé que l’utilisation d’armes atomiques à grande échelle contre les populations civiles était un crime de guerre, voire un crime contre l’humanité. La Convention de La Haye stipulait: le bombardement aérien visant à terroriser la population civile, à détruire ou endommager des biens de nature non militaire ou à blesser des non-combattants est interdit (Art. 22). Le Japon était déjà profondément affaibli dès le début de 1945 et la capitulation inéluctable. L’officier le plus haut gradé dans le théâtre des opérations en Pacifique était le général Douglas MacArthur. Il ne fut pas consulté au sujet des bombardements mais dira après coup qu’il n’y avait pas de justification militaire pour cette attaque.

L’ivresse de puissance de Truman en mal de légitimité

Le major-général Curtis LeMay, l’amiral Ernest King (chef des opérations navales), l’amiral Chester Nimitz (chef de la marine dans le Pacifique) émettront également des doutes au sujet des bombardements atomiques. Eisenhower écrira dans son mémoire The White House Years: «En 1945, le secrétaire de la Guerre Stimson, alors en visite dans mon quartier général en Allemagne, m’informa que notre gouvernement était en train de préparer le largage d’une bombe atomique sur le Japon. J’étais de ceux qui avaient le sentiment qu’il devait y avoir un certain nombre de raisons valables pour mettre en doute la sagesse d’un tel acte. Plus loin, il ajoute: «MacArthur pensait que le bombardement était complètement inutile d’un point de vue militaire.» Les Etats-Unis savaient déjà depuis longtemps décoder les messages japonais et savaient donc que les Japonais cherchaient depuis des mois à déposer les armes. L’amiral Chester W. Nimitz, commandant en chef de la flotte US du Pacifique, fit écho à cette réalité lorsqu’il écrivit: «En fait, les Japonais avaient déjà avoué leur défaite, la bombe atomique n’a joué aucun rôle sur le plan strictement militaire.»

Il existe un autre argument: l’ambition démesurée de Truman. Roosevelt meurt en Avril 1945, le vice-président Truman lui succède pour la fin du mandat. Voulant se légitimer et peut-être militer pour un mandat de président, il décide du largage des bombes, cette décision renforcerait rapidement sa popularité. De plus, Truman lui-même déclara hypocritement que l’objectif des deux bombardements nucléaires était de «ramener les boys à la maison». Il pouvait être tenté enfin de surfer sur l’argument «il faut laver l’affront de Pearl Harbour». Encore une fois le Japon était à genoux, il demandait une reddition dans l’honneur. Pour l’Histoire, cependant, l’embargo complet sur le pétrole et l’acier ainsi que le gel des avoirs japonais sur le sol américain a fait que le Japon étranglé n’avait pas d’autre choix que de se battre. Ce fut Pearl Harbour le 7 décembre 1941. Le mythe du «Jour d’infamie» de l’Amérique, consolide fortement l’idée que l’Amérique n’attaque que pour se défendre.»

La vraie vérité: intimider l’Union soviétique

La réponse se trouve en fait dans l’attitude des Etats-Unis envers les Russes. En février 1945, les Etats-Unis ne savaient pas encore si la bombe allait fonctionner. L’analyse de Jacques Pauwels historien canadien se tient:

«L’irruption des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale doit-elle être considérée comme une croisade contre la barbarie nazie, la lutte du Bien contre le Mal? les Américains étaient, en effet, loin d’être indifférents aux ressources économiques et la dimension géostratégique des régions qu’ils allaient libérer. En Europe de l’Ouest, les Américains et les Britanniques avaient déjà créé un nouvel ordre presque un an auparavant, et Staline avait accepté cet arrangement. En Europe de l’Ouest, tout avait déjà été décidé; en Europe de l’Est, et en Allemagne, tout restait possible. Le 25 avril 1945, Truman prit connaissance du projet ultrasecret Manhattan Truman et ses conseillers se trouvaient fascinés par ce que le célèbre historien américain William Appleman Williams a appelé une «vision d’omnipotence». La bombe atomique constituait «un marteau», comme disait Truman lui-même, qu’il brandirait au-dessus de la tête de «ces gars au Kremlin». Ainsi naquit la diplomatie de l’atome, qui a été dévoilée d’une manière si captivante par l’historien américain Gar Alperovitz.»

«A la conférence de Postdam du 17 juillet au 2 août 1945, Truman reçut le message tant attendu lui annonçant que la bombe avait été testée avec succès le 16 juillet à Almagordo, au Nouveau-Mexique. Le président américain se trouvait maintenant assez fort pour prendre l’initiative, il rejeta catégoriquement toutes les propositions qui émanaient du côté soviétique. Or, Staline ne montra aucun signe de faiblesse, même pas lorsque Truman essaya de l’intimider en lui soufflant dans l’oreille que l’Amérique avait acquis une nouvelle arme terrifiante. Le sphinx soviétique, qui avait certainement déjà été informé du projet Manhattan par ses espions, écouta dans un silence de plomb. Truman en conclut que seule une démonstration réelle de la bombe atomique pouvait persuader les Soviétiques de plier.»

Les Japonais devraient remercier les USA pour avoir reçu une bombe sur la tête

D’après un sondage de l’Institut de recherche américain Pew Research Center, la majorité des Américains considèrent les attaques nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki comme justifiées. Mieux encore, ils pensent qu’ils ont rendu service à ce pays. Ainsi, à l’occasion du 70e anniversaire d’Hiroshima, les médias occidentaux, dont Foreign Policy fait partie, sont truffés d’articles, analysant la dimension historique des événements tragiques d’août 1945. Ces derniers expliquent que la véritable menace pour le Japon en 1945 était l’URSS, et en particulier Joseph Staline et sa faim dévorante pour les territoires au-delà de son contrôle. Foreign Policy mentionne même une stratégie militaire de l’Union Soviétique, présupposant la défaite du Japon impérial et l’occupation ultérieure de ses territoires terrestres et maritimes.

Si l’on suit cette logique, les Japonais devraient remercier les Américains qui ont largué à point nommé les bombes salvatrices sur Hiroshima et Nagasaki. « Merci » — c’est juste le mot que les Etats-Unis rêvent d’entendre de la part du Japon ».

« Dans la suite de l’article, l’observateur « dévoile » un plan militaire diabolique de l’Union Soviétique, selon lequel, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, l’armée soviétique était prête à envahir le Japon. Selon l’auteur, les sous-marins soviétiques entouraient Hokkaido, projetant de capturer la péninsule ». Ces interprétations de la tragédie et de sa justification à tout prix a fait réagir des Cependant, une telle interprétation des événements de 1945, ne ressemble-t-elle pas à une difficile tentative de réécriture de l’histoire? Ce type de conspirationnisme, circulant dans le monde, est un exemple clair et net du révisionnisme historique, qui sert à distraire l’attention publique des bombardements nucléaires des Etats Unis et à cantonner l’intrigue autour de M. Staline, le nouveau souffre-douleur de la Seconde Guerre Mondiale, dans le nouvel imaginaire de l’Occident, » conclut l’analyste politique Andrez Korybko ».

Helga Zepp-LaRouche, fondatrice de l’Institut Schiller à Washington, va plus loin, elle s’inscrit en faux contre cette argumentation et déclare que ce type d’interprétation s’inscrit dans une dynamique plus large visant à diaboliser encore et toujours la Russie et la Chine.

« Dans une interview pour Spoutnik, qu’historiquement, il n’y avait pas de raisons pour un bombardement atomique, car les pourparlers de paix étaient déjà engagés. D’après Mme Zepp-LaRouche, l’argument voulant que le double-bombardement ait été effectué pour sauver des soldats américains ne vaut rien. Le bombardement atomique a été entrepris écrit-elle pour créer une atmosphère d’horreur, c’était un geste d’instauration de l’ère d’après-guerre, pour prolonger le gouvernement colonialisme et impérialisme qui n’aurait jamais eu lieu si Franklin Roosevelt avait été vivant »

« La réécriture de l’histoire conclut elle, fait partie de la logique d’aujourd’hui. Beaucoup de gens avertissent — les Etats-Unis et l’OTAN se préparent à une guerre contre la Russie et la Chine. La période la plus dangereuse sera août, parce que le Congrès des Etats-Unis part en vacances. Toutes les guerres au XXème siècle ont commencé en août »

D’Hiroshima à la cyberguerre, l’impossible désarmement

C’est par ce titre que Pierre Haski fait le parallèle avec un autre défi celui de la cyber guerre qui fait suite à cet équilibre de la terreur. Une guerre sans morts dirait François Mitterrand mais capable de détruire économiquement l’adversaire :

« Il a fallu trois décennies après Hiroshima pour que les grandes puissances s’engagent dans le désarmement nucléaire. Faudra-t-il un Hiroshima de la cyberguerre pour négocier ses codes ? Lorsque la période aigüe de la guerre froide entre les deux blocs a commencé à céder le pas à la « détente », la désescalade nucléaire a été l’un de ses grands chantiers. Chaque pays possédait de quoi détruire plusieurs fois l’autre Mais on est encore loin d’approcher le rêve, exprimé notamment par Barack Obama en juin 2013, d’un monde sans arme nucléaire ».

Et la cyber guerre ?s’interroge Pierre Haski Quelles leçons, quels enseignements peut-on tirer de 70 ans de tensions et de diplomatie autour de l’arme nucléaire pour les nouvelles formes de guerre de l’ère numérique ? Cyber guerre, robots tueurs, guerre de l’espace… Toutes ces nouvelles formes de conflit déjà opérationnelles ou encore dans les centres de recherche des fabricants d’armes posent des défis dont certains se rapprochent de ceux de l’arme nucléaire ; d’autres non. un « bombardement » massif russe en « déni de service » de l’Estonie qui a paralysé tout son système électronique pendant trois jours ; un virus informatique israélo-américain, baptisé Stuxnet, qui a contaminé les ordinateurs du programme nucléaire iranien ; Fin juillet, sous l’égide des Nations Unies, s’est ainsi tenue une rencontre internationale destinée à élaborer un « code de conduite » pour la guerre dans l’espace. Il ne s’agit pas d’un remake de « Star Wars » mais d’une menace bien réelle de déplacer nos conflits terrestres dans la stratosphère ».

Le Japon est-il responsable ?

Voilà encore, un autre canular occidental ! Responsable de quoi ? D’avoir autant de morts ? On estime à 140 000 le nombre de morts, au moment de l’impact puis ultérieurement, sous l’effet de l’irradiation. Une foule de plus de 50 000 personnes s’est recueillie dans le parc mémorial de la paix de cette ville Son maire, Kazumi Matsui, a demandé la suppression des armes nucléaires, « le mal absolu », et la création de systèmes de sécurité qui ne dépendent pas de la puissance militaire. Il s’est adressé directement « aux leaders du monde », leur demandant « de venir dans les villes qui ont été bombardées, d’écouter les histoires des hibakusha et de connaître la réalité d’un bombardement nucléaire ». Shinzo Abe, a également prononcé un plaidoyer contre l’arme nucléaire : « En tant que seul pays frappé par l’arme atomique nous avons pour mission de créer un monde sans arme nucléaire. Nous avons la responsabilité de faire comprendre l’inhumanité des armes nucléaires, à travers les générations et les frontières. »

Le Journal Le Monde dont on connait de plus en plus les dérives droitières va plus loin :

« Victimes mais pas responsables, voilà l’ambiguïté véhiculée depuis des décennies à l’opinion publique japonaise par les différents gouvernements successifs. « Le Japon est devenu une grande puissance économique fondée sur un oubli, un mensonge, un reniement de notre histoire et nos responsabilités atroces avérées durant la Seconde Guerre mondiale », reconnaît Wami Wasada, 35 ans, ancienne professeur de relations internationales à l’Université de Sendai. Pour Gen Kikkawa, président de l’Institut de la paix de Hiroshima, intégré au sein de l’université de la ville, « le Japon a envahi la Mandchourie pour en faire une grande zone de prospérité asiatique ». Universitaire éclairé, fils d’un diplomate basé en Europe durant la guerre, Gen Kikkawa remet l’histoire dans un contexte global de l’époque mais ne reconnaît pas les accusations sur le massacre de Nankin en 1937 et sur les femmes de réconfort (coréennes, chinoises, philippines) ».

En fait, la réalité est plus nuancée. Le Japon s’est développé en acceptant que sa sécurité soit assurée par les Etats Unis ; la situation actuelle a changé. Le Japon ne renie rien de son passé, bien qu’il envisage d’indemniser la Chine. Il affiche sa volonté de se réarmer face à la Chine convaincu, qu’il faut qu’il se repositionne sur l’échiquier mondial. C’est le cas aussi de l’autre vaincu, l’Allemagne qui envisage aussi de se réarmer. Il reste que les deux bombes ont montré que l’homme était capable du pire. L’atome est remplacé par d’autres armes tout aussi terrifiante (Drones, armes chimiques, lasers, GBU…) qui, elles, sont utilisées sans retenue. Ce qu’il y a de sûr est que les Américains profitèrent des effets de la bombe pour mesurer médicalement, les conséquences sur les milliers de survivants qui moururent dans de pires conditions. Depuis les 210.000 morts de ces bombes, il y eut 55 conflits qui ont fait des millions de morts. Ainsi va le Monde.

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